Mer de nuages

Hier  se déroulaient les élections régionales en Bavière… et la terre a tremblé.  La toute puissante  CSU bavaroise (Union Chrétienne Sociale), parti conservateur allié historique de la CDU d’Angela Merkel, membre de la fragile coalition gouvernementale mise sur pied par la chancelière, n’a  pas obtenu  la majorité absolue…pour le seconde fois seulement depuis 1962. Avec 37% des voix, la CSU dévisse d’une dizaine de points par rapport au précédent scrutin de 2013. Les discours musclés et très critiques vis-à-vis de Mme  Merkel   de la CSU , et notamment de  l’actuel   ministre de l’Intérieur  Horst Seehofer qui en est membre, n’ont pas empêché l’hémorragie électorale.  Les Verts bavarois qui ont fait campagne sur le climat et l’éducation, au positionnement très éloigné des thématiques gauchistes habituelles des grünen,   réalisent  une belle percée. Ils se classent second  avec près de 18% des suffrages (17,8%). Les sondages avaient prévu ce bon score et ne s’étaient  pas non plus  trompés sur celui de Alternativ für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD), l’autre grand gagnant de cette élection qui, avec 10,6% des  suffrages,  fait son entrée au parlement régional. Le parti eurosceptique et anti-immigration  talonne les Freie Wähler, les conservateurs bavarois indépendants (11,6%). La défaite en revanche se révèle  cuisante  pour  les alliés de gauche de Mme Merkel au sein du gouvernement, les socialistes-sociaux-démocrates du SPD qui passent sous la barre des 10% (9,5% des voix) et pour  les Libéraux du FDP  qui arrivent en dernière position avec (5%).

Une véritable humiliation pour  le SPD qui  a perdu 21 points en 5 ans, et un sévère avertissement pour  la CSU qui ce dimanche a été grignotée  symétriquement sur sa gauche et sur sa droite:  180 000 électeurs  de la CSU de 2013 ont reporté leurs suffrages sur les Verts centristes et 180 000 autres ont voté pour Alternativ für Deutschland. Sa co-présidente et patronne de son  groupe parlementaire au Bundestag, Alice Weidel,  s’est logiquement félicitée de la percée de sa formation; un désaveu clair de la politique menée par la chancelière allemande et ses alliés de circonstance.  “Celui qui a voté AfD en Bavière a dit aussi Merkel doit partir”,  “libérez la voie pour des élections anticipées !” a déclaré Mme Weidel. Cette  hypothèse d’un scrutin anticipé est  renforcée par ce nouveau revers électoral du SPD qui ne cesse de dégringoler depuis sa participation à la coalition gouvernementale, attelage bancal  bricolé  dans la  douleur en mars dernier.

Le bon score de l’AfD a réjoui également le dirigeant de la Ligue et ministre italien de l’Intérieur. Matteo Salvini  a souligné  cette  “défaite historique des chrétiens-démocrates et des socialistes…”  “Au revoir Merkel”!  Marine n’a pas non plus caché sa joie de voir cette nouvelle illustration des recompositions des forces  qui se dessinent un peu partout en Europe: ” La dynamique enregistrée par l’AFD en Bavière et le Vlaams Belang en Flandre confirme un futur basculement des équilibres politiques au Parlement européen en mai prochain” a-t-elle écrit sur twitter.

En Flandre effectivement, et l’augmentation de la criminalité, l’accélération de la submersion  migratoire n’y sont  bien sûr pas pour rien,  les  élections communales de ce dimanche ont enregistré, après une éclipse,  un retour en force des nationaux du Vlaams Belang (VB), mouvement présidé par Tom Van Grieken.  Le VB repasse la barre des 10% , se classant troisième dans  la partie nord du pays, résultats de bon augure avant  les élections fédérales et régionales de mai 2019. “Quoi qu’on en pensent, quoi qu’en disent les médias, le grand vainqueur (du scrutin) est le Vlaams Belang. Le Vlaams Belang is back (de retour), a déclaré hier soir M. Van Grieken, pointant  des scores très importants dans de nombreuses  à Alost, Roeselare, Turnhout, et Ninove. Dans  cette dernière commune, le candidat du VB, Guy D’haeseleer,  frôle les 40% et a une chance sérieuse de devenir le   premier bourgmestre  (maire)  VB du pays, selon Tom Van Grieken.

Samedi Marine était pour sa part à Cublac (Corrèze) , à l’occasion de la Fête du drapeau. en déplacement  dans cette  France des oubliés, cette France périphérique dont le réveil dans les urnes pourrait provoquer les changements salutaires que l’on voit aujourd’hui à l’oeuvre notamment en Italie. Signe de ce changement d’ère (air) qui se dessine, la contre-manifestation, organisée sur cette terre historiquement rouge par le parti communiste, LFI, le NPA, le syndicat Solidaires, n’a rassemblé qu’une  petite centaine de personnes rameutées de tout le département mais aussi de  Dordogne et de  Haute-Vienne… A l’évidence la fin d’une époque, comme on le constatait à l’écoute des  quelques vieux slogans fumeux, entonnés sans grand entrain,  principalement par des  retraitées…dont les petits enfants votent national.

Dans son discours, fortement teintée des exigences de justice sociale qui sont consubstantielles du programme et du  combat mené par les nationaux, Marine a étrillé la politique gouvernementale, les taxes et les impôts qui s’abattent sur les classes moyennes et les catégories populaires. Elle a pointé, à la lumière des affaires récentes qui ont éclaboussé l’exécutif, à quel point la baudruche Macron  pourrait se dégonfler aussi vite que son ascencion fut rapide: “le roi est nu. Ce candidat Macron qu’on nous avait présenté comme étant un professionnel, un expert de l’économie avec une rigueur incroyable, en fait c’est l’amateurisme le plus total, c’est l’imprévision la plus totale et même l’irrésolution la plus totale”.

Macron était en quelque sorte le plan B de ce Système à bout de souffle, sa chute probable explique grandement les persécutions juridico-financières dont opposition nationale est la cible.  La  mise en examen dans l’affaire dite des assistants parlementaires de Marine  a été ainsi requalifiée en fin de semaine  de “détournements de fonds publics”! Cela  “ne m’émeut pas car je sais que nous sommes totalement innocents des faits qui nous sont reprochés. Par conséquent je suis assez sereine“, a-t-elle confié, avant d’ajouter:  “C’est vrai que l’on voit s’amonceler sur nous les persécutions. Avant c’était une par mois, puis une par semaine. Là, en ce moment c’est une par jour. Alors encore une fois, je signale à tout le monde et particulièrement à nos adversaires : ils n’arrivent pas à nous intimider.”  Car la roue tourne et “avec Matteo Salvini, nous avons lancé un mouvement des peuples” et à l”occasion des élections européennes,  “le 26 mai prochain,nous avons rendez-vous avec l’histoire! “

Oui, et Bruno Gollnisch, persécuté lui aussi par les mêmes,  l’affirme également  fort et clair:   rien ne nous fera dévier de notre mission historique consistant à rendre leurs libertés aux Français, à nous réapproprier le  droit de reprendre la maîtrise de notre destin. 

Ce n’est qu’un début continuons le combat!

Bruno Gollnisch