« Guerre et Paix »
Discours de Jean-Marie Le Pen prononcé aux Herbiers ( Vendée ) le 22 octobre 2006
Mesdames et messieurs,
Permettez-moi tout d’abord, en exergue à mon propos du jour, de
vous dire mon plaisir d’être ici, avec vous, au cœur de la Vendée
profonde.
Pourquoi ce déplacement ?
Certains diront que, Breton, je considère cette belle région comme
une Marche de la Bretagne historique. Il est vrai que les découpages
administratifs contemporains ne respectent pas toujours les réalités
charnelles et culturelles des anciennes Provinces.
D’autres écriront que le chef de la droite nationale, sensible aux pays
de traditions et aux hommes de la terre, attentif aux « petites patries
» et conscient de la grandeur monarchique passée de notre pays, ne
pouvait manquer de venir saluer, à l’occasion de la campagne, les
vestiges de la Chouannerie, étendards éternels de la vieille France
catholique et royale.
Oui, c’est vrai, je pense toujours avec émotion à l’insurrection
vendéenne, à Charette, la Rochejaquelein ou Lescure, et aux Colonnes
Infernales de Turreau.
Le fait de considérer l’Histoire de France comme un tout n’exclut
pas de condamner le véritable génocide dont fut victime une population
de paysans vendéens dont le seul crime fut d’être fidèle à Dieu et au
Roi et j’avoue que les grandes figures de la Vendée militaire m’on
attiré ici autant que d’autres personnages, acteurs majeurs de
l’histoire de France, tels Georges Clémenceau et Jean de Lattre de
Tassigny, tous deux originaires de Mouilleron-en-Pareds, qui se
couvrirent de gloire durant les deux guerres mondiales du XXème siècle,
et y jouèrent un rôle de premier plan.
J’ai d’ailleurs visité ce matin, à Mouilleron, la Maison de Clémenceau,
puis le Musée des Deux Victoires, qui présente à la fois l’action de
Clémenceau et de Lattre, avant de me rendre, pour un hommage solennel,
à la stèle aux combattants de l’Union Française qui commémore les trois
généraux commandants en chef en Indochine, de Lattre de Tassigny,
Leclerc et Salan. Chacun de ces hommes a attaché son nom à l’histoire
de France. Notre ami Alain de Lacoste-Lareymondie, père de Jean-Marc,
notre Secrétaire Départemental de Charente-Maritime, fut, au titre du
Conseil d’Etat, chef du Cabinet civil du Général de Lattre en Indochine
et membre du Cabinet civil du Général Salan en Algérie.
Clémenceau, le Tigre, médecin de formation, fut pendant la Commune
de Paris, à l’âge de 30 ans, maire du 18ème arrondissement, député
puis, à la fin du XIXème siècle, le redoutable chef du parti
républicain radical. Président du Conseil de 1906 à 1909, partisan
acharné de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, il réprima durement
les grandes grèves du Nord et de l’Est, tout en créant le ministère du
travail. Il réorganisa la police et fonda avec Hennion les fameuses
Brigades du Tigre pour lutter contre les anarchistes.
A contrecœur, Poincaré le rappela au pouvoir en 1917, au moment où
le moral de l’armée comme celui des Français commençait à vaciller.
Patriote intraitable, Clémenceau fit arrêter les « défaitistes »
Caillaux et Malvy et mena la guerre jusqu’au bout, ce qui lui valut le
surnom de Père La Victoire.
Un de ses propos résume à merveille sa volonté de fer :
« Celui qui peut moralement tenir le plus longtemps est le vainqueur
: celui qui est vainqueur, c’est celui qui peut, un quart d’heure de
plus que l’adversaire, croire qu’il n’est pas vaincu »
Malheureusement pour lui, on ne peut plaire toujours au peuple et aux élites.
En dépit de son extrême popularité - il entra à l'Académie
française par acclamation - il ne fut pas élu Président de la
République en 1920 par les parlementaires, que le spectre d'un pouvoir
personnel effrayait.
Qui pouvait sérieusement croire pourtant qu’à 79 ans, il allait
entamer une carrière de dictateur ? D’une santé pourtant assez fragile,
il mourra en 1929 à l’âge de 88 ans.
Jean De Lattre de Tassigny, Maréchal de France, s’illustra lui
aussi en temps de guerre. Saint Cyrien puis cavalier de Saumur, il
était lieutenant de dragons lorsque la guerre éclata en 1914.
Blessé à quatre reprises, laissé pour mort en septembre 1914 à la suite
d’une embuscade de uhlans, présent sur le front à Verdun et au Chemin
des Dames, il fut cité huit fois au combat lors de la Grande Guerre.
Après la débâcle de mai 1940, il resta dans l'armée d'armistice
jusqu’à l'invasion de la zone libre par les Allemands, en novembre
1942. Il gagna alors l’Angleterre grâce à un avion de la RAF, après que
sa femme et son fils l’eussent aidé à s’évader de la prison de Riom où
il avait été confiné après avoir donné l’ordre à ses troupes de
résister.
Ayant rejoint le Général de Gaulle à Alger, De Lattre réalisa
l'amalgame des troupes d'Afrique du Nord avec les Forces Françaises
Libres et les volontaires évadés de France et de l'Empire dans la Ière
Armée Française.
Consécration suprême, le 8 mai 1945, le général de Lattre de
Tassigny signa à Berlin, au nom de la France, l’acte de capitulation
des armées allemandes.
Nommé au poste de Haut-commissaire en Indochine, en 1951, chargé
de rétablir une situation critique due à la progression du Viêt-Minh,
il fut très affecté – qui ne le serait ? - par la mort de son fils
Bernard, tué au cours de cette campagne.
Atteint d'un cancer, le « Roi Jean » mourut à Paris le 11 janvier
1952 et fut élevé à titre posthume à la dignité de maréchal de France.
Vous le voyez, mesdames et messieurs, d’évocation des grandes
guerres mondiales en rappel des guerres coloniales, Mouilleron apparait
un peu comme le lieu de mémoire des derniers conflits d’une histoire de
France qui en compte, depuis Alésia, plus de deux cent !
L’alternance des périodes de guerre et de paix n’est pas propre à
notre patrie. Elle semble être la condition profonde de tous les
peuples du monde.
Embrassant d’une phrase des siècles de vie humaine, ainsi qu’il
aimait le faire aux dires de ses biographes, Lénine affirma un jour :
« Toute l’histoire montre que la paix n’est qu’une trêve pour la
guerre ; la guerre, le moyen d’obtenir une paix un peu meilleure ».
Cette formule réaliste doit être méditée, et appliquée à la géopolitique mondiale contemporaine.
I- Après la défaite de l’Allemagne et du Japon en 1945, l’ordre
international s’est structuré autour de l’affrontement entre l’Est et
l’Ouest.
Au camp de la démocratie libérale, dirigé par les Etats-Unis
d’Amérique, répondait le camp des Etats dits socialistes, sous la
terrible férule de l’URSS.
Les historiens ont qualifié cette période du terme ambigu de «
Guerre Froide ». Je dis ambigu puisque jamais aucun conflit armé de
grande envergure n’a opposé de façon directe et massive les Etats-Unis
et l’URSS, même si, ça et là, ils ont pu s’affronter par peuples
interposés.
La Guerre Froide était une paix par l’équilibre des forces
militaires, par l’équilibre de la terreur nucléaire, chacun des
protagonistes étant contraint à l’abstention prudente par le risque
d’une destruction mutuelle.
La paix relative du monde, et singulièrement celle de l’Europe
entre 1945 et 1991, doit beaucoup, il faut le dire, à l’existence même
de l’arme nucléaire.
Or, on fait souvent à celle-ci le procès injuste d’être un facteur de guerre entre les nations.
Autre lieu commun fréquent, on entend souvent les eurofédéralistes dire
que la construction européenne ayant garanti la paix sur le Vieux
Continent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, il faudrait
faire l’Europe pour bannir à jamais la guerre.
Faut-il ne rien comprendre à l’histoire….
Je le répète, ce n’est absolument pas la construction européenne
qui a garanti pendant cinquante ans la paix en Europe. Celle-ci a été
préservée en raison de l’équilibre des forces entre l’OTAN et le Pacte
de Varsovie, chacun des deux camps refusant de courir le risque d’une
destruction complète, en raison de la puissance de l’autre.
J’ajoute que l’Union fédérale que l’on nous impose désormais contre la
volonté des peuples telle qu’exprimée en France et en Hollande à
l’occasion du référendum sur la Constitution, cette Europe là,
pourrait, hélas, nous conduire à la guerre.
Selon le traité de Maastricht, le passage à la monnaie unique est
“ irréversible ”, ce qui signifie qu’on ne peut pas revenir en arrière.
Comme l’affirme régulièrement Joaquin Almunia, Commissaire européen aux Affaires économiques, « l'euro est un mariage à l'ancienne, de ceux qui se faisaient quand le divorce n'existait pas ».
Est-ce à dire que l’Europe pourrait donc employer éventuellement
la force pour empêcher un peuple de retrouver sa liberté ?
Ce sous-entendu lourd de sens prouve que les fédéralistes ne
comprennent rien à la nature des peuples, ni aux relations qu’ils
entretiennent entre eux.
La meilleure façon d’éviter le nationalisme guerrier, c’est précisément de respecter la liberté des nations.
En effet, lorsqu’on méconnaît la liberté des peuples, ceux-ci finissent toujours par briser leurs chaînes.
Le destin des derniers empires en Europe le montre clairement :
l’ex-URSS et l’ex-Yougoslavie se sont effondrées sous les coups de
boutoir des peuples, occasionnant de terribles guerres. Ce n’est donc
pas la nation, mais précisément la négation de la nation qui conduit à
la guerre.
La guerre est en effet revenue sur le Vieux Continent, dans le ventre
mou traditionnel de l’Europe, les Balkans, après la fin de la Guerre
Froide, alors que le Président George Bush père promettait, en 1991, un
«nouvel ordre mondial », c’est-à-dire l’émergence d’une ère nouvelle,
New Age, pacifique et éclairée, marquée par la réconciliation des
peuples.
La fin de l’affrontement Est-Ouest nous disait-on, c’était :
le triomphe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
- la victoire de la démocratie, de l’individu, du marché, tous
principes au service desquels, nous disait-on, les Etats-Unis
d’Amérique se mettaient spontanément.
C’était d’abord oublier que le communisme mort, d’autres systèmes de
valeur que celui de l’Occident restaient en course dans la compétition
géopolitique mondiale : l’islam par exemple, conquérant et dynamique,
tout à la fois religion, politique et société.
Outre l’islam, une autre tendance à la fragmentation traverse le monde
moderne : la prégnance du fait national, qui a détruit les empires
russes, tchécoslovaques, yougoslaves et zaïrois.
Tout cela est perceptible depuis longtemps : mais les rares Cassandre
sont étouffées par le torrent unanime de l’optimisme le plus béat et de
l’universalisme le plus naïf.
On a pu entendre que le mouvement d’ouverture des frontières, ainsi que
la multiplication des échanges, allait définitivement rapprocher les
hommes.
Le nouvel ordre mondial, garant de la paix perpétuelle, devait reposer
sur le droit international élaboré par l’O.N.U., Parlement mondial et
égalitaire des Etats, qui assurerait par ses résolutions la paix et la
sécurité internationale, ainsi que la concorde universelle.
II- Cette célébration utopique d’une ère nouvelle a pourtant rapidement
laissé place à la réalité d’une paix impériale très agressive.
Peu à peu en effet, il est apparu que la disparition de l’URSS, pour
salutaire quelle fût, déséquilibrait profondément les rapports de
forces internationaux, désormais dominés par les Etats Unis, seule
superpuissance mondiale.
Il faut bien le dire, la guerre est souvent faite aujourd’hui à l’instigation des américains.
Ce sont eux qui ont voulu et conduit les interventions militaires
contre les « Etats perturbateurs » de l’ordre nouveau, c’est à dire
l’Irak, la Serbie, l’Afghanistan, et peut-être demain l’Iran, la Corée
du Nord ou Cuba.
Bush père, Clinton puis enfin Bush fils ont littéralement
assujetti leurs vassaux au service des armes, version moderne du
«service d’ost » par lequel Charlemagne obligeait les siens à envoyer
des soldats à la guerre pour aider leur suzerain.
Les gouvernements des Etats-Unis n’ont hésité devant aucune
manipulation ni aucun mensonge, comme l’a montré la préparation
psychologique de l’invasion de l’Irak.
Lors de la première guerre d’Irak en 1991, on a fait croire en effet au
monde entier, après l’avoir sciemment désinformé, que l’armée irakienne
était la 4ème du monde et que les soldats iraquiens avaient massacré
des bébés, arrachés à leurs couveuses dans un hôpital de Koweït City.
Puis, lors de la seconde guerre en 2003, on a dit, répété, martelé
que Saddam possédait des armes de destruction massive, lesquelles, on
le sait aujourd’hui, n’ont jamais existé.
Lorsqu’on observe le chaos en Irak ou au Kosovo, force est de constater
que le monde pacifié promis par la pax americana se heurte à la réalité
du désordre établi.
Plus encore que la loi du plus fort, le monde contemporain subit en effet le désordre du plus fort.
La domination mondiale de Washington dessine en effet un ordre partial et contesté.
Celui-ci doit être analysé dans un esprit d’objectivité. Pour en avoir
souffert, nous n’acceptons pas la diabolisation gratuite et sans
fondements.
C’est un ordre partial, parce que Washington est intervenu au bénéfice
du Koweït contre l’Irak au nom du droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes et au nom de la souveraineté des Etats mais l’Amérique
refuse de faire de même au profit des palestiniens dans les territoires
occupés, en raison de son indéfectible alliance avec Israël.
Loin d’avoir la posture de médiation et d’arbitrage qui devrait être la
leur, les Etats-Unis expriment clairement leur préférence.
Ils ont donc instauré un ordre injuste. C’est la raison pour laquelle cet ordre est partout remis en cause.
Les attentats du 11 septembre dernier à New-York montrent bien que la rébellion couve.
Comme l’a écrit Machiavel « Le vainqueur rêve d’une éternelle
paix selon une éternelle victoire. Mais le vaincu sous sa botte se
refait une force et une volonté »
Il avait bien observé cette loi de la politique internationale, et
d’ailleurs, toute l’histoire montre que le propre des empires est
d’être contesté.
Il l’est aujourd’hui par des organisations internationales qui jouent
de la vulnérabilité des Etats et des Sociétés modernes par la mise en
œuvre d’actions terroristes, comme celle, la plus spectaculaire du
World Trade Center à New-York.
En effet, depuis la première Guerre Mondiale où l’on crut avoir
soustrait aux conflits les populations civiles par la définition de
combattants en uniformes, celles-ci ont hélas été replongées dans la
guerre par des actions que l’on peut dire terroristes, si l’on accepte
la définition :
Peut être dite terroriste, toute action qui vise des populations
civiles sans défense dans le but de chantage sur les autorités
politiques d’un pays.
Dans cette sinistre rubrique, on peut ranger les bombardements massifs
et délibérés des villes ouvertes, comportant de véritables massacres
comme à Dresde, Hiroshima et Nagasaki, véritable terrorisme d’état mis
en œuvre pour obtenir la capitulation militaire des pays belligérants.
On peut y ranger aussi les actions terroristes dont les victimes sont
des individus ou des groupes de civils, comme au Proche ou Moyen Orient
et dans de nombreux pays du Monde et dont on peut et doit craindre la
généralisation articulée sur des réseaux intégrés aux populations
immigrées.
Pour contestable qu’il soit, pour déstabilisant qu’il apparaisse, il
faut bien comprendre le sens, bien entendre le message contenu dans
l’utilisation de méthodes terroristes. C’est souvent l’arme du
désespoir.
Le nouveau désordre mondial est aussi juridique puisque les Etats Unis
ont mis en place un droit de la force, droit qu’il leur permet
d’intervenir, de juger et de condamner à leur guise.
Le principe de souveraineté des Etats et de non-ingérence dans les
affaires intérieures est ainsi remis en cause au travers de l’émergence
du fameux droit d’ingérence.
Crée par l’O.N.U., cette notion d’ingérence a d’ores et déjà permis aux
Etats-Unis et à leurs alliés d’intervenir sur les territoires croates,
irakiens, soudanais, serbes et afghans.
Et pourquoi pas bientôt en Corse, au Pays Basque voir à Paris ou même
dans le Parc de Montretout. Après tout, le Diable y habite...
Le droit d’ingérence de l’O.N.U., c’est d’abord le droit des Etats-Unis de se mêler des affaires des autres.
C’est déjà énorme mais Washington est allé plus loin encore, en soutenant l’émergence d’une juridiction pénale internationale permanente,
qui se permet de juger tel ou tel «criminel de guerre », tel Milosevic
ou Mladic ou encore notre ami Seselj, Chef du Parti Radical Serbe qui a
82 députés, qui est détenu à La Haye sans jugement depuis plus de 4
ans, à l’exception notable des citoyens américains exclus par principe
et en droit de la juridiction de ces instances.
Mais ce n’est pas tout…
A la politique du plus fort, au droit du plus fort s’ajoute également la loi économique du plus fort.
Aux mutations de la guerre militaire s’ajoute désormais la guerre économique.
Les Etats-Unis appliquent en effet en matière de commerce international
les principes les plus égoïstes qui soient : se protéger soi- même et
pénétrer les marchés des autres.
L’ensemble des nations subit les effets du chaos issu de l’ouverture
généralisée des frontières, dont les Etats-Unis s’exonèrent mais qu’ils
imposent à tous les autres peuples, par le biais des institutions
qu’ils contrôlent : Organisation Mondiale du Commerce, Banque Mondiale,
Fonds Monétaire International…
A moyen terme, l’ouverture des frontières détruit nos industries et nos
emplois, au profit des pays du tiers monde dans lesquels les coûts
salariaux sont jusqu’à 80 fois plus faibles que dans nos contrées.
Privée d’emploi et donc de revenus, une partie de notre population
s’appauvrit, tandis qu’on ne compte plus les pays dans lesquels
l’esclavage, la malnutrition, et le travail des enfants sont monnaies
courantes.
Voilà les fruits vénéneux du libéralisme sauvage : la pauvreté en
occident, la jungle dans le tiers monde. Est-ce donc cela le nouvel
ordre économique mondial ?
Il s’agit bien plutôt d’un désordre économique, qui produit et
entretient un gigantesque désordre démographique.
Fuyant la misère, les masses du Sud se dirigent vers le Nord qui a
commis l’erreur d’ouvrir ses frontières, voire de mettre en place des
mécanismes sociaux qui aspirent l’immigration. Souvenons nous de
l’avertissement contenu dans le discours du Président algérien
Boumediene : « le temps est proche où les masses affamées du Sud
partiront à la conquête des pays du Nord. Cette immigration ne sera ni
pacifique ni fraternelle ».
Les germes de conflits civils et territoriaux sont désormais présents
dans les pays occidentaux, dont les sociétés deviennent
multi-culturelles.
Aujourd’hui, Mesdames et messieurs, les exemples libanais, yougoslaves
ou soviétiques montrent bien que les sociétés multi-culturelles sont
toujours multi-conflictuelles.
Pis encore, les flux multiples et divers de population favorisent tous
les désordres sanitaires : SIDA, tuberculose, grippe asiatique, sans
même parler de la rapide diffusion mondiale des épizooties ou des
maladies des cheptels (vache folle, grippe du poulet...).
Désordres économiques, désordres commerciaux, désordres sociaux,
désordres démographiques, désordres sanitaires, autant de maux issus de
la libre circulation des hommes et des produits.
On le voit bien, le libre échangisme mondial débouche sur une anarchie
internationale, qu’arbitre cependant à son profit « Frère Grand ».
III- Confrontée à ces menaces et à ces
risques, la France doit avant tout se protéger en se préparant. Elle
doit aussi œuvrer à la promotion d’un autre ordre international, juste
et durable celui-là.
La vie internationale est une jungle. C’est l’environnement de chaque peuple, mais c’est un environnement hostile.
Aussi devons-nous avant tout retrouver le contrôle et la maîtrise de l’accès à notre territoire.
Protéger la sécurité et la prospérité des français implique de rétablir nos frontières physiques, commerciales et sanitaires.
Pour cela, il est impératif de sortir de cette Europe-là, fédéraliste
et colonisatrice, en dénonçant les traités, ce qui est tout à fait
possible, pour établir une Europe des Nations, défenseur des intérêts
communs de celle-ci.
Soyons clairs, à l’aune des siècles qui forgent et constituent les
peuples, à l’aune des dangers qui nous menacent, les traités relèvent
de la simple légalité. Mais lorsque l’essentiel est en jeu,
c’est-à-dire la survie, la nécessité fait office de légitimité.
Il est désormais impératif de reprendre les moyens de notre indépendance.
En effet, mesdames et messieurs, le monde dans lequel nous vivons est
particulièrement dangereux, car le risque de 3ème guerre mondiale y est
permanent.
Il est donc du devoir des pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour
que la préparation militaire française à une riposte en cas d’attaque,
soit la plus efficace possible.
Il faut donc renforcer drastiquement notre effort de Défense Nationale,
dans l’optique non de la guerre d’hier, mais de celle de demain, non
pour faire la guerre, mais pour s’en protéger. Comme le dit l’adage
romain : « Si vis pacem, para bellum », « Si tu veux la paix, prépare
la guerre ».
Je propose donc quatre grandes mesures, pour infléchir les axes principaux de notre politique de défense :
- Porter le budget de la Défense Nationale de 1,8 à 3,6% du PIB, 400
milliards de FF, soit l’équivalent de ce que la France donne chaque
année aux immigrés.
- Remettre sur pied une véritable Défense Opérationnelle du Territoire,
ce qui suppose d’abord l’établissement d’un service militaire
volontaire de 6 mois, assorti de droits spécifiques dans les carrières
de la fonction publique, mais aussi la création de corps de garde
frontières, d’une Garde Nationale et le développement de réserves
significatives. La sécurité intérieure doit devenir une priorité, car
la menace pourrait, demain, être intérieure.
- Donner aux forces d’intervention la capacité d’agir de manière
autonome, ce qui suppose, entre autres, le renforcement de la marine,
par la création de deux groupes de porte-avions, et de l’aviation, par
le lancement d’un programme de construction d’ avions gros porteurs.
- Renforcer l’activité de nos arsenaux en cessant d’étaler les
programmes d’armement et en subordonnant notre aide internationale ou
notre soutien diplomatique à des commandes extérieures.
Il nous faut augmenter de 30% les crédits d’équipement de l’armée de terre, puisque ceux-ci ont diminué de 30% depuis 1990.
De même, au cœur de l’avenir de nos industries d’armement, il nous faut
remettre certains programmes d’équipements à l’ordre du jour : missiles
antichars, antiaériens, bâtiments de guerre, avions et hélicoptères de
combat. Surtout, il faut créer un dispositif capable de faire face et
de vaincre une menace terroriste intérieure.
Dans cette perspective, l’esprit de défense, corollaire des moyens
physiques de la sécurité, doit être réhabilité dans les familles et à
l’école.
Surtout, il faut cesser d’engager systématiquement toutes nos forces
sur des théâtres d’opérations extérieurs, alors même que le feu couve
dans les banlieues de certaines de nos villes.
Les périls civils ou le terrorisme impliquent en effet de renforcer
considérablement nos services de renseignements, comme d’ailleurs nos
moyens opérationnels de surveillance du territoire.
Forte et respectée, la France pourra alors promouvoir un ordre international juste et durable.
Celui-ci ne peut reposer que sur le retour à un équilibre géopolitique mondial.
Aux antipodes de l’Europe fédérale que l’on nous construit aujourd’hui,
simple pavillon de complaisance couvrant une marchandise américaine,
aux antipodes disais-je de cette Europe de vassaux, il faut faire la
grande Europe des nations, la grande Europe de Brest à Vladivostok, qui
fera pièce aux visées hégémoniques de Washington.
Il existe en effet une solidarité naturelle et des
complémentarités évidentes entre les peuples de l’arc boréal.
Cette Europe fera contrepoids à la puissance américaine et aux
jeunes géants d’Asie. Elle empêchera nos amis d’outre-Atlantique
d’abuser de leur puissance. Elle garantira la paix par la balance des
forces.
Elle sera, enfin, l’Europe des identités, des peuples, des Etats indépendants.
Elle fonctionnera selon les principes de la coopération, lorsque
les intérêts sont communs, c’est-à-dire en matière diplomatique, mais
aussi migratoire, policière, industrielle et écologique.
Bien évidemment, je parle de l’Europe des peuples libres, c’est-à-dire souverains.
Il est en effet impératif de revenir à ce principe de souveraineté des
Etats pour rétablir un véritable ordre international, en abandonnant
tous les instruments juridiques qui permettent aujourd’hui de s’ingérer
dans les affaires intérieures des peuples.
La souveraineté est une des conditions de l’égalité des Etats, donc une
condition de l’équilibre géopolitique global, une condition d’un ordre
international stable et durable.
Celui-ci repose aussi nécessairement sur le développement des pays du Tiers Monde.
Seule une grande politique de co-développement peut sortir l’Afrique de
la misère, tarir les flux d’immigration vers le Nord, contribuer à
l’équilibre du monde.
La France est particulièrement bien placée pour mettre en œuvre cette
politique, puisqu’elle mène traditionnellement une politique arabe et
puisqu’elle a certains moyens d’action en Afrique.
Voilà, Mesdames et messieurs, l’état de la situation internationale et
les moyens de limiter les guerres et de garantir la paix pour nous et
nos enfants.
Après le temps de la réflexion vient celui de l’action, pour donner vie aux principes et aux analyses.
C’est donc le rendez-vous de l’action que je vous donne, dans la
perspective de 2007 bien sûr, mais surtout pour sortir le monde de
l’anarchie et du chaos, c’est-à-dire pour rendre à la France le sens de
sa mission universelle.
Pour sauver les valeurs auxquelles nous sommes attachés, parce
qu’elles seules permettent la vie et parfois le bonheur, nous devons
combattre pour sauver les structures, vérifiées par l’Histoire, qui ont
permis au travers de douloureux combats, de préserver nos libertés,
notre indépendance, notre sécurité, notre culture et notre identité.
Les ensembles cohérents ou qui s’efforcent de l’être, que sont les
nations, développent à partir de la notion d’intérêt commun, l’adhésion
et la participation du plus grand nombre.
Ils permettent l’harmonie politique et sociale minimum, en laissant le maximum de possibilités de développement individuel.
C’est pourquoi il faut défendre les nations dont la diversité et les
frontières jouent le rôle de cloisons de sécurité contre les
cataclysmes politiques, migratoires, ou autres.
Il y a des problèmes internationaux, ils doivent être résolus par le
concert des nations, au travers d’accords bi ou multilatéraux, au
travers de l’Europe des Nations ou de l’Organisation des Nations Unies.
L’objectif n’est pas de faire du passé table rase pour reconstruire un
monde nouveau qui ne peut être qu’une utopie meurtrière et une
réalisation injuste et désordonnée.
L’objectif n’est pas de refaire le monde, mais de le conserver, de
l’adapter dans le respect des règles morales salvatrices et des
organisations légitimes.
Encore une fois, dans un monde que menacent les ambitions prométhéennes
de certains, il faut garder raison, au plus proche de la terre, des
paysages, des hommes et de leurs attaches naturelles, et pour ne pas
désespérer, conserver toujours les yeux levés vers le ciel.
Palavas-les-Flots
http://www.frontnational.com
Conférence de presse de Jean-Marie Le Pen du 8 octobre 2006 à Palavas-les-Flots.
Permettez-moi tout d'abord de remercier les organisateurs de ce banquet
patriotique, et plus particulièrement le service des Grandes
manifestations, derrière Jean-Michel Dubois et Yann Le Pen, ainsi
qu'Alain Jamet, cadre départemental, élu régional du Front et mon plus
vieux compagnon de combat, qui nous a fait l'honneur de nous accueillir
dans cette jolie station de Palavas les Flots.
Nous sommes ici aux confins maritimes de la belle région du
Languedoc-Roussillon, terre de traditions s'il en est, terre des
corridas adulées ou décriées, mais aussi terre de vignobles renommés.
Si l'on en croit d'ailleurs le Professeur Martinez, éminent spécialiste
des problèmes agricoles au Parlement Européen, les vins du Languedoc
sont menacés de disparition, en raison de la PAC, de la concurrence
mondiale, et surtout de la pression foncière qui s'exerce sur une
région dont raffolent les millions de riches retraités de l'Europe du
Nord : Britanniques, Scandinaves et Allemands. Ceux-là, attirés par le
soleil et la douceur de vivre, s'installent, ici même, de plus en plus
nombreux.
Ces retraités du Nord, protégés par le pouvoir d'achat de leur monnaie
nationale, n'ont pas les mêmes problèmes que nos retraités à nous,
c'est sûr.
Leur retraite, elle, elle n'est ni amputée, ni menacée.
I- En la matière en effet, chacun d'entre vous, mesdames et messieurs, mesure, je l'espère, la gravité de notre situation.
Il est vrai que les minus qui nous gouvernent, s'empressent d'étouffer tout débat sur le sujet.
Récemment, François Fillon a affirmé qu'il faudrait réformer les
régimes spéciaux de retraite "au début de la prochaine législature ",
mais il n'a pas expliqué pourquoi il ne l'a pas fait, lui, lorsqu'il
était en charge de ce dossier.
Peu importe de toute façon, puisque Dominique de Villepin s'est employé
à clore la polémique en affirmant qu'il n'y avait "pas de projet du
gouvernement sur les régimes spéciaux", et en appelant "à ne pas monter
certains Français contre d'autres".
Bref, on évite les sujets qui fâchent, alors même que la maison brûle.
Au-delà même du cas des régimes spéciaux, la retraite de nos
compatriotes, notre retraite, fruit d'une vie de labeur et de
sacrifice, risque de n'être bientôt plus qu'une aumône, prélude à
l'annonce de la liquidation générale du système de répartition.
Dans celui-ci en effet, les cotisations des actifs sont immédiatement
utilisées pour le paiement des retraites des générations plus anciennes.
Ce système, fondé sur la solidarité des générations, a été mis en place en 1945.
Il correspond d'ailleurs tout - à - fait aux caractéristiques de cette
époque de prospérité, puisque la préservation de son équilibre
financier suppose d'abord une forte croissance démographique,
c'est-à-dire le maintien d'une pyramide des âges au moins aussi large à
la base qu'au sommet.
Les classes les plus jeunes, démographiquement les plus importantes,
assurent ainsi d'abondantes ressources au système, tandis que les
dépenses sont fonction du nombre de personnes âgées, c'est-à-dire
d'ayant droits.
Le mécanisme de la répartition suppose aussi une forte croissance
économique, puisque les recettes dépendent de la masse salariale,
c'est-à-dire de l'emploi, tandis que les dépenses sont moins
importantes lorsqu'il n'est pas nécessaire de financer de coûteux
régimes de préretraite pour faire face au chômage frappant certains
secteurs.
Tant que la France restait jeune, et tant que l'activité économique était prospère, tout allait bien.
Mais avec l'allongement de l'espérance de vie, avec l'apparition de
déséquilibres démographiques et économiques profonds, nos régime de
retraite commencent à connaître, et vont connaître encore plus demain,
de graves difficultés financières.
Le rapport cotisants / retraités, encore appelé rapport démographique,
se dégrade durablement en raison de l'arrivée à la retraite des
générations du Baby Boom, de l'allongement de l'espérance de vie, et de
la chute du nombre moyen d'enfants par femme (1,9).
Or, et c'est un cas d'aveuglement politique extraordinaire des
politiciens Français, de droite et de gauche, aucun d'entre eux n'a
prévu ni l'explosion démographique du Tiers-Monde, ni l'allongement de
la durée de la vie, ni le ralentissement de la natalité française. Pis
encore, ils ont fait exactement l'inverse de ce qu'il eut fallu faire :
la retraite à 60 ans et les 35 heures !
En 1980, 4 personnes cotisaient pour un retraité qui en profitait 10
ans. En 2000, 2 personnes cotisent pour un retraité, qui en profitera
20 ans, soit une charge 4 fois plus lourde.
Mesdames et messieurs, 4 actifs pour un retraité, c'était supportable.
2 actifs pour un retraité, c'est difficile. Mais un actif pour payer
les droits d'un retraité, ce n'est pas possible.
En outre, à l'opposé de la période des Trente Glorieuses, qui avait
connu des taux de croissance entre 5 et 8% par an, générant une masse
considérable de cotisations et donc de recettes, depuis 1970, la
croissance moyenne de la France s'est établie à une moyenne de 1,8% par
an, avec de très forts a - coups à la baisse. La faible croissance a
donné naissance à un fort chômage.
Là encore, le déséquilibre financier des caisses est inscrit dans cette
montée du chômage, qui non seulement diminue les recettes, mais encore
augmente les dépenses.
Cette évolution conduit mathématiquement à un doublement des
cotisations ou à une division par deux des retraites. Mais qui, à part
nous, a osé vous le dire ?
Pour l'ensemble du régime général, les dépenses de retraites se situent
autour de 135 milliards d'euros, soit 900 milliards de Francs en 2005.
Dès lors, l'alternative est simple : arrêter la répartition, c'est
ruiner 14 millions de retraités, continuer la répartition, c'est ruiner
20 millions d'actifs !!!
Alors même que l'on sait la vérité depuis le milieu des années 80, que
l'on connaît le risque d'implosion dans 15 ou 20 ans, les Gouvernements
successifs n'ont rien fait pour résoudre le problème au fond.
Ils n'ont cessé d'augmenter le montant de cotisations déjà 10% plus
élevées que la moyenne des pays industrialisés, sans que cela ne change
rien à la diminution des prestations : certaines retraites atteignent
péniblement 250 euros, soit 1800 Francs par mois, je pense notamment
aux prestations versées aux paysans.
Ils ont fixé une règle légale rigide appelée " droit à la retraite à 60
ans ", alors que la durée de vie s'allonge, comme d'ailleurs la durée
d'activité, dans tous les grands pays industrialisés comparables à la
France.
Le Gouvernement du bossu du Poitou, entendez monsieur Raffarin, s'est
vanté d'avoir réussi, en 2003, la grande réforme qui sauverait les
retraites….
Certes, la loi prévoit l'allongement de la durée de cotisation à 40
ans, puis 41 ans, pour tout le monde, salariés du privé et
fonctionnaires, dans les années qui viennent.
Mais si on entre dans la vie active à 25 ans, pour cotiser 41 ans, il
faut partir en retraite à 66 ans. La retraite étant fixée à 60 ans, on
perd 6 ans.
On fera ainsi baisser la pension de 15 à 20%, et le cotisant ne s'en apercevra que le jour de son départ en retraite !
De l'aveu du Gouvernement, les quelques mesures de rééquilibrage
prévues par le projet de loi permettent de financer un peu moins de la
moitié du déficit prévu pour 2020.
J'affirme pour ma part que cette réformette n'en financera pas le quart.
Et puis, mesdames et messieurs, quand les pouvoirs publics en sont
réduits à avouer tout ou partie de leur impuissance vraiment, on peut
se dire que la situation est vraiment très grave….
Surtout qu'on évoque désormais le recours à l'immigration pour financer
nos retraites ! On veut faire venir des immigrés, alors que la France
est incapable de fournir du travail à ses propres fils.
Et puis il faudra m'expliquer comment un travailleur peu qualifié du
tiers-monde va pouvoir payer la retraite d'un cadre supérieur. Sauf à
envisager un véritable déferlement migratoire, le nombre compensant la
faiblesse unitaire des cotisations, c'est impossible !
Hélas, il y a plus fort encore. Je vous disais que le niveau des
prestations baisse déjà. Mais de surcroît, le pouvoir d'achat des
retraites est amputé.
Il est d'abord grevé par l'ampleur des prélèvements fiscaux : depuis
1990, les prélèvements sociaux - CSG, CRDS, prélèvement sécu - ont
augmenté de 9,7 points. En conséquence, le pouvoir d'achat des
retraites complémentaires et des retraites des cadres a baissé, et ce
d'autant plus que sur la période l'inflation a quand même augmenté de
12%.
Le pire, mesdames et messieurs, c'est que tous ces impôts
supplémentaires ne remédient en rien aux déséquilibres de fond qui
minent les régimes de répartition.
Si rien n'est fait pour inverser la tendance, la répartition va spolier
plusieurs générations de Français, parce que les lois de l'arithmétique
et de la démographie sont incontournables.
C'est la catastrophe, et pourtant tous les français ne sont pas égaux
devant le désastre qui s'annonce, la situation de certains étant à bien
des égards beaucoup plus favorable que celle des autres.
En effet, alors même que la répartition a été adoptée au nom de
l'égalité, de la justice et de la solidarité, aucun de ces principes
n'est plus aujourd'hui respecté.
Il existe 350 caisses et 538 régimes, mais on peut distinguer deux systèmes de retraites.
Il y a tout d'abord le régime de la répartition pure, soumise aux
contraintes que j'ai indiquées, et qui en l'état est condamné à la
faillite.
Il y a ensuite celui des fonctionnaires et assimilés, dont les pensions sont garanties par l'Etat.
C'est précisément entre les fonctionnaires et les salariés du secteur
privé qu'apparaissent les ruptures d'égalité les plus choquantes. Elles
sont bien loin d'avoir disparu avec la fameuse loi de 2003, comme
Chirac tente de le faire croire.
Il faut bien le dire, les agents publics bénéficient de privilèges exorbitants du droit commun.
. En effet tandis que dans le privé, il faut depuis longtemps 40
annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein, c'est seulement
en 2008 que la fonction publique sera assujettie à cette norme.
. Le montant des cotisations atteint 10,3 % du salaire dans le privé,
contre 7,8% seulement pour les traitements, c'est-à-dire la paie des
fonctionnaires.
. Le mode de calcul de la retraite repose sur les 25 dernières années
dans le privé, et sur les 6 derniers mois dans le secteur public.
. L'âge d'ouverture des droits est fixé à 60 ans par la loi, sauf
pour les fonctionnaires pour lesquels 15 ans de cotisations peuvent
suffire : c'est le cas pour les femmes mères de 3 enfants.
. Le cumul emploi - retraite est libre pour les fonctionnaires, il est restrictif pour les salariés du privé.
. La pension moyenne est supérieure de 10 à 20% aux retraites du privé.
. Les réversions sont sans conditions de ressources dans la fonction
publique, tandis qu'elles sont sous conditions de ressources pour les
salariés du privé.
. Avant tout le monde, les fonctionnaires ont pu cotiser à un fond de
pension, le PREFON, dont les cotisations sont déductibles des impôts.
. Enfin, au-delà des règles de droit en matière d'âge de départ à la
retraite, l'ensemble des études comparatives effectuées montrent que
l'âge moyen de départ à la retraite est de 61,2 ans pour les salariés
du privé, de 58,5 ans pour les agents de l'Etat, et de 50 à 57 ans pour
les assujettis aux régimes spéciaux.
Ah, les régimes spéciaux….
Ceux-là sont les grands privilégiés de la retraite.
Les employés des hôpitaux publics, de la Banque de France, les agents
des entreprises publiques comme la SNCF, la RATP ou EDF, supportent des
cotisations inférieures à 8% du salaire, la pension atteignant 75 % du
dernier salaire, tandis qu'elle est à peine de 50% pour les salariés du
privé.
. Les fonctionnaires des régimes spéciaux partent en retraite plus tôt (55 ans en moyenne),
. ils continuent à cotiser 37,5 annuités seulement,
.leur pension est calculée sur le salaire des 6 derniers mois, voire du dernier mois à EDF.
. Elle est supérieure de 20 à 60% aux retraites du privé
. La revalorisation des pensions est fonction non de l'évolution des
prix, mais de l'évolution générale des salaires servis par l'entreprise,
. ils peuvent cumuler retraite et emploi,
. les réversions sont là encore sans conditions de ressources,
. ils peuvent cotiser à un fond de pension, avec déduction fiscale des cotisations
. Depuis 2005, certains régimes versent un 13ème mois de pension (la RATP)
En bref, les salariés du privé paient trois fois plus de cotisations
pour toucher moitié moins que les agents des grandes entreprises
publiques.
Le pire, c'est qu'en raison du déséquilibre démographique de ces
régimes, c'est l'impôt qui finance ces avantages, et non les
cotisations des agents !
En 2007, les concours de l'Etat aux régimes spéciaux atteindront 30 milliards de Francs, soit 5 milliards d'euros !
Mais ce n'est pas tout ! après les contribuables, ce sont les actifs du
privé qui vont devoir financer la plus grande partie des super
retraites des agents des entreprises publiques, bénéficiaires de
régimes spéciaux.
Peu à peu en effet, il s'agit, selon les termes mêmes du Sénateur UMP
Gérard Larcher, " de refinancer les régimes spéciaux par les
cotisations du privé ".
C'est une pure folie, quand on sait qu'en 2006, il y aura davantage de
salariés du privé qui quitteront le marché du travail (850.000
personnes) que de jeunes qui y entreront !
Pour justifier tous ces privilèges, on nous dit que les fonctionnaires
et assimilés gagnent moins que les salariés du privé pendant toute la
vie active, et qu'il s'agit donc d'un juste retour des choses.
Outre que c'est complément faux - à poste égal, toutes les études
montrent que les fonctionnaires ont en moyenne un revenu supérieur de
20% aux salariés du privé -, je ne crois pas que l'on puisse défendre
pareils principes, parce que notre système de retraites ne se réduit
pas à un mécanisme original de prélèvement et de paiement. Il joue
aussi un rôle sociologique et politique.
II- Les retraites sont en effet à la fois un sujet crucial du point de vue de la cohésion nationale comme de l'égalité républicaine.
En effet, la répartition suppose la solidarité entre les générations.
Je crois ce lien de financement entre les classes d'âge important,
puisqu'il regroupe et unifie les générations dans un ensemble qui
s'appelle la Nation.
A ce titre, notre système témoigne pleinement de l'existence et de la nécessité de la communauté nationale.
Pour autant, la répartition ne peut faire sentir ses effets bénéfiques
que dans la mesure où les conditions de l'égalité devant la retraite
sont rétablies.
L'équité exige une harmonisation progressive des différents régimes de
base - durée et montant des cotisations, taux de remplacement, cumul
emploi-retraites, montant de la pension moyenne, conditions de la
réversion, espérance de vie à la retraite…
Elle exige également de s'atteler au plus vite à la réforme des régimes
spéciaux, par le biais d'un référendum si cela était nécessaire en
raison des oppositions corporatistes ou syndicales.
Vous le voyez bien, mesdames et messieurs, il est indispensable de
préserver les régimes de base, c'est-à-dire un plancher, un premier
étage de prestations, garanti par le retour à l'équilibre financier du
mécanisme de la répartition.
Par delà les mesures dérisoires de robinetterie technocratique
proposées dans le consensus politicien, la sauvegarde du système
implique cependant une politique globale : à la politique démographique
de redressement de la natalité française nécessaire aux financements
intergénérationnels, il faut adjoindre une politique de croissance
économique haute et durable, en réalisant les réformes nécessaires à
l'expansion.
Les pouvoirs publics n'ayant pas su prendre les bonnes décisions en
temps opportun, il faudra prévoir une période de transition durant
laquelle l'Etat pourra être amené à se substituer temporairement aux
caisses défaillantes.
Par ailleurs, en sus des systèmes de retraites de base et
complémentaires, des régimes optionnels de capitalisation sont bien sûr
souhaitables - il faut étendre à tous les salariés les garanties du
PREFON des fonctionnaires !
Les Fonds de pension ont été mis en place dans la plupart des grands pays industrialisés.
Outre qu'ils assurent un second, voire un troisième étage de
prestations, ils permettent d'augmenter l'épargne nationale, voire de
relancer l'économie mutualiste.
Toutes ces réformes sont indispensables, mesdames et messieurs, mais la véritable révolution est ailleurs.
La révolution qui sauvera les retraites par répartition, c'est la
réhabilitation du travail, c'est-à-dire de l'effort et de l'initiative.
Alors même qu'il est une source d'épanouissement personnel, la matrice
principale du développement de la cité, le travail, sang de la
civilisation, est depuis longtemps, pour une partie de la gauche
française, une véritable malédiction.
C'est d'ailleurs un homme de gauche, Lafargue, gendre de Marx, qui écrivit à la fin du XIXème siècle Un droit à la paresse.
Nos élites, démagogues parce que décadentes, ont laissé penser au
peuple français qu'il pouvait à la fois travailler moins, gagner autant
et bénéficier de l'ouverture de notre économie à la concurrence des
produits étrangers.
Le résultat est là : disparition de secteurs industriels, millions de
chômeurs, effondrement de la Sécurité Sociale et donc des retraites.
Il faut dire la vérité aux Français : le versement de leur retraite est
subordonné à leur travail. Il leur faudra donc travailler plus, plus
tôt et plus longtemps, pour espérer sauver le système de retraite, que
celui-ci repose uniquement sur la répartition ou sur le double pilier
de la répartition et de la capitalisation.
Il faut donc valoriser la notion de travail dans les familles, dans les
écoles et les universités, dans les institutions, dans les lois.
Le travail des Français est un bien précieux.
On le voit bien aujourd'hui, puisque la soumission de nos emplois et de
nos produits à la concurrence internationale est la première cause du
chômage de masse.
Pour rester compétitives, les entreprises n'ont le choix qu'entre trois solutions :
. licencier pour diminuer leurs coûts de production et faire face à la guerre des prix sur le marché mondial,
. se délocaliser dans les pays où le travail est moins cher, ce qui
signifie la disparition de nos grandes industries riches en
main-d'œuvre,
. ou remplacer les hommes par des machines afin d'améliorer la productivité, c'est-à-dire l'efficacité de la chaîne de production.
Il faut donc protéger nos frontières commerciales en relevant quand il
le faut les droits de douane, et protéger notre marché de l'emploi en
le réservant en priorité aux nationaux.
La valorisation du travail, c'est aussi le retour à la liberté du travail.
En France, la réduction du temps de travail est issue de la fixation
autoritaire de limites légales (35 heures, retraite à 60 ans).
Ce n'est donc pas l'individu qui choisit librement de travailler moins
- et donc souvent de gagner moins - pour avoir plus de temps libre -
pour le loisir, l'éducation des enfants ou des activités non marchandes
- , c'est l'Etat qui le lui impose.
La durée hebdomadaire moyenne du travail en France est de 36 heures,
contre 40 heures en Allemagne, et plus de 43 heures en Angleterre !
Souvent, nos compatriotes et nos entreprises souhaiteraient travailler d'avantage.
Il faut donc revenir à un principe simple : celui de la liberté du
travail. Celle-ci doit permettre à ceux de nos compatriotes qui le
désirent de travailler plus et plus longtemps, afin de bénéficier d'une
retraite plus confortable.
Une dernière chose, mesdames et messieurs…
En fin de compte, les salaires, l'épargne, les profits et les successions sont le fruit du travail.
C'est donc l'activité elle-même qui est pénalisée lorsqu'un niveau
hallucinant de prélèvements pénalise les revenus, ce qui décourage les
meilleures volontés.
Il faut donc, au plus vite, supprimer l'impôt sur le revenu et l'impôt
sur les successions en ligne directe, afin de redonner à nos
compatriotes la légitime récompense de leurs efforts, de leurs risques,
de leurs initiatives.
Malheureusement, sur cette question comme sur beaucoup d'autres, la France, encore une fois, est en retard.
Pourtant, dès le XVIIIème siècle, la République avait pour devise la
maxime " Liberté, Egalité, Fraternité ", qui aujourd'hui définit si
bien les voies de la préservation de nos retraites.
Liberté, parce que chacun doit pouvoir travailler aussi longtemps qu'il
le veut, et pouvoir choisir entre les caisses pour faire jouer la
concurrence entre elles.
Egalité, parce qu'à travail égal, la cotisation et la prestation doivent être égales.
Fraternité, parce que chacun doit disposer du minimum vital, et parce
que la nation existe au travers du lien entre les générations.
En ce sens, une politique des retraites suppose nécessairement une politique des berceaux.
" Appel aux magistrats qui jugent les jeunes Clandestini Corsi "
http://www.frontnational.com
Conférence de presse de Jean-Marie Le Pen du 7 octobre 2006 en Corse
Mesdames et messieurs,
Permettez-moi tout d'abord de vous remercier de votre présence,
ici-même, à Calenzana, pour cette conférence de presse qui trouve tout
logiquement sa place dans notre réunion militante, organisée à
l'initiative du Secrétaire Départemental de Haute Corse, Robert Jacob
Dit Luzie, que je tiens à remercier chaleureusement pour son invitation
et la qualité de son organisation.
Je voudrais consacrer mon propos à l'actualité corse, centrée sur le
procès des jeunes gens du groupe dit Clandestini Corsi, et appeler
solennellement les magistrats en charge de ce dossier à la clémence,
afin de ne pas faire porter à ces jeunes gens un costume bien trop
grand pour eux.
En matière judiciaire, il est toujours très difficile de se faire une opinion sans apprécier le contexte des faits.
I- Il y a en effet un contexte idéologique et
médiatique général à ce procès, qui n'est guère propice à la sérénité
indispensable à la justice.
Il y a également un contexte spécifiquement insulaire, qui permet de mieux comprendre ce qui s'est passé.
Par delà ce qui est reproché à ces jeunes, cette affaire est
tout-à-fait symptomatique, hélas, de la décadence contemporaine de la
société et de l'Etat.
Elle révèle d'abord la façon déplorable dont l'Etat traite l'épineux
problème de l'immigration, car somme toute, si l'Etat avait contrôlé
ses frontières et limité les entrées depuis 30 ans, s'il avait défendu
l'assimilation des néo-entrants au lieu de l'intégration, il y aurait
probablement moins de conflits, moins d'affrontements et moins de
violences entre les communautés.
L'affaire des Clandestini Corsi révèle aussi la méfiance et même
l'hostilité des élites en place pour l'identité corse, comme d'ailleurs
pour toutes les identités constituées.
Elle met en exergue, enfin, la conception que l'oligarchie dirigeante
se fait de la République, nécessairement déracinée, cosmopolite,
mondialisée, à l'encontre d'ailleurs des idéaux républicains de
toujours.
Ce n'est pas un hasard en effet si, sur le continent, l'on a choisi de
donner à l'affaire des Clandestini Corsi, une importance médiatique et
politique démesurée.
Ce n'est pas un hasard si depuis quelques années, les lobbies
antiracistes se sont investis de plus en plus ostensiblement en Corse.
Depuis longtemps, on sent en haut lieu la résistance farouche et instinctive de l'île à l'idéologie dominante.
L'idéologie dominante, c'est celle qui veut abolir les traditions, les
identités et les cultures au nom du brassage, de la libre circulation
et du consommateur-roi.
Cette idéologie, c'est aussi, largement, l'idéologie jacobine qui
pervertit la République en privant l'homme de toute référence terrienne
ou culturelle, en l'amputant de ses attaches, locales, régionales ou
nationales.
On ne doit plus être Corse ou Breton, Français ou Européen, mais
citoyen, ce qui permet à un immigré de fraîche date de venir en France,
de bénéficier de droits tout en conservant sa culture d'origine, et de
se dire, comme les Corses ou les Bretons, "citoyen Français".
Cette idéologie, c'est celle qui définit les collectivités humaines
comme des communautés de destin plutôt que comme des communautés de
culture.
C'est l'idéologie de Chirac, qui régulièrement, parle de la France
comme d'une communauté de destin, c'est-à-dire, en clair, comme d'une
société multiculturelle.
Pour cela, il faut éraser les particularismes et réduire les résistances.
II- Depuis de nombreuses années, l'Etablissement
antiraciste, c'est-à-dire l'Etat antiraciste, les medias antiracistes
et les associations antiracistes, montent de toutes pièces diverses
affaires pour mettre les corses au pas.
Je voudrais rappeler à l'opinion et aux magistrats les différentes
étapes de ces manipulations de l'opinion, véritable tir croisé
anti-corse:
- En septembre 2003, on monte en épingle un soi disant assassinat
raciste, celui Mohammed El Gouy, gérant de station service. L'enquête
montrera que le mobile n'était pas le racisme.
- En octobre 2004, diverses officines organisent une manifestation
antiraciste, qui est un véritable bide, mais aboutit quand même à jeter
l'opprobre et la suspicion sur l'ensemble des corses. Les medias
continentaux aux ordres, qui n'en demandaient pas tant, se déchainent.
- Le même mois, dans une remarquable synchronie, le gouvernement publie
le rapport de l'écrivain Jean-Christophe Rufin sur la lutte contre le
racisme et l'antisémitisme, selon lequel plus de la moitié des
violences racistes commises en France surviennent en Corse, visant
quasi-exclusivement la communauté maghrébine.
En dépit de manipulations statistiques grossières et de la mauvaise foi
évidente de son auteur, le sujet provoque la venue remarquée dans l'île
d'une équipe de la télévision du Qatar Al-Jazira.
- En novembre de la même année, le vrai-faux attentat contre l'Imam de
Sartène aboutit également à une fantastique mise en scène médiatique.
On sait aujourd'hui que la cause des tirs sur la maison de l'imam n'a
rien à voir avec le racisme, et que les autorités corses et françaises
ont tout fait, pendant l'affaire, pour régulariser discrètement l'imam,
en situation irrégulière sur le territoire français.
Désormais, avec l'affaire des Clandestini Corsi, un nouveau montage se met en place.
Disons la vérité.
1) On a assimilé les plasticages des Clandestini Corsi à du racisme là
où il n'y avait qu'une réaction de désespoir, le désespoir de jeunes
gens qui refusent de voir leur culture disparaître. Je rappelle à
messieurs les magistrats que les Corses vivent particulièrement mal la
disparition progressive de leur langue, de leurs traditions et de leur
mode de vie ancestraux.
Que je sache, aucun des plasticages de ce groupe de jeunes n'a été
revendiqué au nom de la supériorité d'une race sur une autre ! or c'est
cela, le racisme !
2) On a assimilé ces quelques réactions agressives de xénophobie à un
soi-disant racisme généralisé des corses. C'est proprement ridicule,
mensonger, et gravement attentatoire à la dignité des Corses.
Qu'on me comprenne bien.
Le Front National ne justifie pas ces réactions de xénophobie. Nous
avons toujours dit qu'il fallait s'en prendre à la politique
d'immigration des pouvoirs publics, et non à la personne des immigrés,
car les vrais responsables sont les premiers et pas les seconds.
L'Etat jacobin, lui, voudrait se servir de ces jeunes pour faire un exemple.
Même si ce qu'ils ont fait est répréhensible, ils n'ont tué personne,
que je sache, et pourtant la Ligue des Droits de l'Homme est là pour
les enfoncer, puisqu'elle s'est constituée partie civile contre eux!
Je crois pour ma part que la justice doit être au-dessus de l'idéologie
de l'Etat, au dessus de l'idéologie de certains média, au dessus de
l'idéologie de telle ou telle association.
Si la sanction était trop lourde, l'affaire des Clandestini Corsi
permettrait à l'Etat de faire un exemple en Corse, pour culpabiliser le
peuple corse, pour détruire en lui tout instinct de survie, pour lui
faire accepter la société multiculturelle.
Je vous le répète, mesdames et messieurs, l'antiracisme à sens unique est l'idéologie officielle de la République jacobine !
III- Pour ma part, je dis que ça suffit.
Nous sommes des millions, en Corse et sur le continent, à en avoir
assez du politiquement correct, de la dictature pseudo-morale, des faux
professeurs de vertus.
Les Corses ne sont évidemment pas racistes. Je peux même témoigner
personnellement de choses que j'ai vécu et observé, lors de mes séjours
en Indochine et en Algérie.
Partout, dans ces anciennes colonies où les Corses jouèrent un si grand
rôle, ils ont laissé une image de dévouement, d'humanité et de respect
d'autrui.
Présents dans l'armée, dans l'administration, dans le tissu économique
des colonies françaises, ils ont été, avec d'autres bien sûr, l'âme de
l'empire Français.
Ils ont très largement fait l'image de l'empire, en marquant les populations indigènes, par leur comportement et leurs valeurs.
Les Corses sont probablement ceux de nos compatriotes qui connaissent le mieux l'Afrique noire, l'Afrique du Nord et l'Asie.
Beaucoup se sont mariés, et ont eu des enfants, dans les colonies.
Voyez-vous, mesdames et messieurs, s'il y a une chose que j'ai apprise
au cours de mes contacts avec les Corses, en 50 ans de vie politique,
c'est qu'ils jugent l'homme, pas la couleur de sa peau.
Si l'homme leur semble valable, ils peuvent tout lui donner. Si ce n'est pas le cas, ils s'en détournent.
Alors les billevesées sur le racisme des Corses, BASTA !
Je le dis aux magistrats en charge de cette affaire, le risque de ce
procès, c'est de juger tous les corses et pas quelques jeunes, le
risque de ce procès, c'est de contribuer à la stigmatisation de l'île,
le risque de ce procès, c'est de prêter la main à une opération de
manipulation idéologique.
Il ne faut pas en effet tout mélanger, ni tout confondre.
Dans leur immense majorité, les corses sont viscéralement accueillants
et hospitaliers, mais aussi profondément fiers et enracinés dans leurs
traditions.
Simplement, oui, en raison de l'immigration incontrôlée, il y a des problèmes, en Corse comme ailleurs.
Je voudrais rappeler que dans l'île, la situation de l'immigration est particulièrement grave.
Avec 35.000 immigrés d'origine maghrébine, sans compter les
clandestins, pour une population de 270.000 habitants, la Corse est la
région de France où le poids de l'immigration dans la population totale
est le plus élevé.
Cette immigration fut d'abord essentiellement constituée de braves
travailleurs saisonniers marocains, au cours des années 60. C'était
alors une immigration individuelle et temporaire.
Puis, dans la foulée des lois sur le regroupement familial et
l'ouverture des droits sociaux aux étrangers, cette immigration est
devenue familiale et définitive. Et aujourd'hui, les enfants de ces
travailleurs immigrés, ils sont imprégnés des valeurs décadentes de la
société française, comme tous les autres jeunes, d'ailleurs.
Mais eux en particulier, ils sont influencés par les révoltes des banlieues continentales.
Ils sont influencés par toute la propagande de repentance qui se
déverse dans les média et à l'école, salissant la France et les blancs,
et qui ne conduit ces jeunes qu'à la haine de notre société.
Ils sont travaillés par l'islam politique et fondamentaliste, qui est installé en Corse aussi.
Enfin, la Corse, comme d'ailleurs la France continentale, n'a plus de capacité d'assimilation.
Notre formation a été la première et reste la seule qui ait averti et
qui avertisse les corses des dangers du laxisme migratoire dans une
société vieillissante et en perte de repères culturels et moraux.
Pour autant, les Corses ont une conscience toujours très forte de leur identité, et ils sont fiers et ombrageux.
Ils n'aiment pas qu'on leur marche sur les pieds, et à Bastia, avant
même la création du groupe Clandestini Corsi, il y a eu des
provocations, nombreuses, émanant de jeunes d'origine maghrébine.
Oui, il faut le dire, en raison de l'immigration massive, il y a des
problèmes de cohabitation, il y a des problèmes de délinquance, il y a
des problèmes d'identité, et la réponse à ces difficultés, ne peut être
que politique.
La justice doit donc, dans cette affaire, juger autant les jeunes que
les manques, les carences et les échecs de la politique d'immigration
suivie de puis 30 ans.
Dans ce contexte, le devoir des juges, c'est de contribuer à la pacification, par une décision modérée.
Le devoir des hommes politiques, en revanche, c'est d'avoir le courage des paroles vraies et des décisions salvatrices.
Ici comme ailleurs, personne n'a osé dire, personne n'a osé suggérer
que l'immigration incontrôlée était un problème gravissime, ni les
élus, ni les journaux, ni les universitaires.
Un silence de plomb entoure ces questions tabous.
IV- Il faut stopper ces mouvements démographiques de
masse, avant qu'il ne soit trop tard, avant que l'irréparable
n'advienne, sous la forme de conflits ethniques terribles, ou sous la
forme d'une véritable colonisation de peuplement de plus en plus rapide.
Ces conflits prendront peut-être, ici même, une forme exacerbée.
Il ne faut donc pas mettre en œuvre " l'immigration choisie ", comme le
propose monsieur Sarkozy, car elle va s'ajouter à l'immigration subie.
Il faut instituer l'immigration zéro, car nous n'avons plus les moyens
d'accueillir de nouveaux immigrés :
L'immigration zéro, jamais mise en œuvre depuis 50 ans, en dépit des
déclarations des uns et des autres, est à la fois politiquement
indispensable et techniquement tout à fait réalisable :
C'est une nécessité particulièrement urgente, particulièrement vitale
pour la Corse. Mais c'est aussi une urgence et un impératif pour la
France continentale, et pour l'ensemble de l'Europe.
Pour que la Corse reste corse, il faut aussi changer radicalement de
politique démographique, inciter les couples à faire des enfants, il
faut changer de politique fiscale, revenir sur la suppression
programmée des arrêtés Miot, imposée par l'Europe de Bruxelles au nom
de l'harmonisation fiscale.
L'absence de droits de succession sur le patrimoine est un droit
légitime de tout citoyen qui a travaillé toute sa vie et gagné
honnêtement son pain.
Il faut rétablir la zone franche en Corse, également supprimée par
l'Europe. Elle a été remplacée par un crédit d'impôt à l'investissement
bien moins efficace.
Il faut surtout, mesdames et messieurs, retrouver et transmettre aux
enfants les valeurs fondamentales des sociétés vivantes : l'amour de la
patrie, l'amour de la terre et du travail, l'honnêteté, le respect
d'autrui, le sens de la famille. Ces valeurs, sont, vous le savez bien,
les principes qui conditionnent l'équilibre de la société et
l'épanouissement des personnes.
C'est une véritable politique de civilisation que nous devons mettre en place.
La campagne présidentielle est propice à l'examen des grandes questions
qui touchent à notre avenir collectif, à la prospérité nationale et au
développement local.
Je forme des vœux pour que durant celle-ci, nous examinions enfin,
entre candidats déclarés et sans esprit de parti, sous le regard et
l'arbitrage souverain des citoyens, les vrais problèmes qui se posent à
nous, pour assurer à nos enfants le meilleur avenir possible.
Je vous remercie
Nation et République
http://www.frontnational.com
Conférence de presse de Jean-Marie Le Pen du 20 septembre 2006 à Reims sur le thème " Nation et République ".
Mesdames et messieurs,
Permettez-moi tout d'abord de vous remercier de votre participation à cette conférence de presse.
En dépit des cris d'orfraie poussés par les uns et les autres à
l'annonce de mon déplacement, j'ai visité ce matin, comme n'importe
quel Français intéressé par
l'histoire de son pays, comme n'importe quel patriote, le site
historique de la bataille de Valmy, qui opposa, le 20 septembre 1792,
soit il y a 214 ans, les 47.000 soldats de l'armée de Dumouriez aux
35.000 prussiens du duc Charles de Brunswick.
En elle-même, la bataille fut marquée surtout par une intense canonnade
au cours de laquelle la nouvelle artillerie française créée par
Gribeauval marqua sa supériorité. Pour des raisons encore mal
élucidées, le duc Charles de Brunswick donna l'ordre de la retraite
prussienne. Le bilan de la bataille fut somme toute assez modeste,
puisqu'il n'y eut que 300 morts côté français et 184 chez les Prussiens.
La résonance de l'événement est ailleurs, dans une mystique toute
particulière qui, aux dires mêmes des plus grands esprits du temps,
annonce la fin de l'époque moderne et l'entrée dans l'époque
contemporaine.
Goethe, le grand poète allemand, qui assista à la bataille dans l'état-major prussien, l'exprima bien à sa
manière:
" De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque de l'Histoire du Monde ".
En effet, quand, quelques jours avant la bataille, le duc de Brunswick
a menacé Paris d'une exécution militaire et a qualifié les Français de
troupe de " boutiquiers et de savetiers ", il a fouetté à vif l'orgueil
national d'une armée composée autant de soldats issus des régiments de
l'ancienne armée royale que de Volontaires nationaux inexpérimentés,
mal vêtus et misérablement armés.
Il est étonnant de constater qu'en 2006, il y ait des gens pour
contester, à un candidat à la Présidence de la République, la liberté
de se rendre n'importe où en France et n'est-il pas scandaleux de voir
le maire UMP de Sainte-Ménehould lui interdire de tenir une réunion et,
comble de l'odieux, limiter en pleine Semaine nationale du Patrimoine
et même interdire aux photographes de presse, l'accès à ce haut lieu de
l'Histoire de France ?
VALMY est une charnière historique. Dernière victoire de la monarchie,
elle est la première de la République que va proclamer le lendemain la
Convention qui succède à l'Assemblée législative.
Cette victoire n'est pas un épisode de l'histoire intérieure. Elle est
remportée par deux généraux de la monarchie ralliés à la Révolution.
Dumouriez, qui était, quelques mois auparavant Ministre des Affaires
Etrangères et son adjoint Kellermann.
Elle est remportée sur les Prussiens du Duc de Brunswick, celui qui a
menacé de détruire Paris et ainsi donné prétexte aux ignobles massacres
de septembre dans les prisons parisiennes.
Mais l'épisode est célèbre car il est celui où pour la première fois, "
Vive la Nation ! " devient un cri de ralliement lancé par Kellermann
mettant son chapeau au bout de son sabre, imité par ses soldats qui
mettent le leur au bout de leur baïonnette en criant " Vive la Nation !
".
La Nation, en effet, a remplacé comme fondement de la souveraineté la monarchie abolie.
Dumouriez dira, après la victoire de Jemmapes qui coûta 50 000 morts
français le 6 novembre 1792 : "cette journée à jamais mémorable couvre
la Nation française d'une gloire immortelle".
Je n'entends pas, par ma visite, faire œuvre de partisan, mais au
contraire, rappeler à mes compatriotes que leur histoire compte deux
millénaires, qu'elle a été la plus illustre et celle qui, de toutes les
Nations, a exercé la plus grande influence.
Tramée de grandeurs et de faiblesses, chaînée d'erreurs et de succès,
elle est toute entière, d'un bout à l'autre, notre patrimoine français.
Elle est un héritage sur lequel nous n'avons pas l'outrecuidance de réclamer un droit d'inventaire.
Les 40 rois qui firent la France, les Républiques, les Empires dans les victoires et les défaites ont été l'Histoire de France.
Contrairement aux modes débiles de notre temps - repentance et
soumission - je dis : nous sommes fiers de la France, fiers d'être
Français.
La Nation peut n'être pas républicaine, mais la République ne peut être
que nationale. La République est cependant un terme ambigu. Il y a, en
effet, des Républiques socialistes, soviétiques qui ont été ou sont des
dictatures.
Il y en a qui sont islamiques - République islamique d'Iran - et qui sont des théocraties.
La République qui nous importe, c'est la République française, telle
que définie par sa Constitution. Celle-ci précise qu'elle est une,
indivisible (92), laïque, démocratique et sociale (58).
Nous allons voir que ceux qui veulent nous exclure de la communauté
politique au nom de la République sont des imposteurs et que nous,
Front National, nous respectons aussi bien dans nos statuts que dans la
pratique, tous les termes de sa définition constitutionnelle alors que
nos adversaires politiques en violent l'un ou l'autre ou encore l'un et
l'autre terme.
Article 3 - Le Front National est une formation politique
qui concourt à l'expression du suffrage dans le cadre des institutions
de la République et du pluralisme démocratique. Attaché à l'égalité
devant la loi de tous les citoyens français sans distinction d'origine,
de race ou de religion, le Front National défend la souveraineté
nationale et l'indépendance de la Nation.
I- Parce que j'ai l'amour de la Patrie chevillé au
corps, je suis donc fier de Valmy comme je le suis de tous les succès
que l'Histoire a porté au crédit de la
France et je fais partie de ceux qui disent que, si la France n'est pas
née en 1789, elle ne s'est pas non plus arrêtée à cette date.
J'assume le bon et le mauvais de mon pays aussi bien avant que depuis 1789 et, sur ce point, j'adhère à la
formule anglaise qui veut que : " Right or wrong, my country ! ".
A propos de cette unité des Français autour du sentiment patriotique,
je voudrais évoquer Jeanne d'Arc. La Pucelle, notre héroïne nationale
qui est vénérée dans la France entière, y compris dans les provinces
qui, à son époque, lui étaient opposées.
Alors, Français et fiers de l'être, cessons de brasser la rancune.
Sous tous les régimes, il s'est toujours trouvé des Français indignes, des Français lâches, des Français sans âme.
Mais de tous temps, il s'en est trouvé, plus nombreux, héroïques et
dignes, qui étaient prêts à lutter, à souffrir, à mourir pour la patrie.
Valmy illustre à merveille ces moments magiques où la mystique
nationale transcende le coeur des hommes : suite à l'explosion d'une
caisse de munitions, un début de débandade commença dans le camp
français. Plaçant son bicorne à la pointe de son sabre, Kellerman cria
alors, afin de reformer les rangs, " Vive la Nation ! ", indiquant aux
soldats, l'enjeu de la bataille. Galvanisés, les hommes reprirent leur
place et mirent leurs coiffures au bout de leur baïonnette en reprenant
le cri de ralliement " Vive la Nation " !
" Vive la Nation ", slogan des patriotes du monde entier à toutes les époques, résonne en 1792 comme une révolution.
Il consacre en effet un nouveau principe de légitimité du pouvoir, il
consacre la souveraineté nationale, au détriment de la souveraineté
divine, qui avait justifié le pouvoir royal depuis Hugues Capet.
Comme c'est souvent le cas dans les tourmentes révolutionnaires,
l'histoire événementielle accompagne immédiatement la rupture
philosophique : la République, assise sur la nation, fut proclamée le
lendemain de la bataille.
La marque d'appartenance à une nation, la nation française, apparaît
dès lors comme un élément fondamental, vital au sens premier du terme,
de l'appartenance à la République.
Tant la littérature et les arts que la philosophie juridique et politique témoignent de ce lien majeur depuis deux siècles.
Dans la mythologie des différentes républiques qui se sont succédées
depuis la Révolution française, ce lien entre la Nation et la
République s'est révélé comme la colonne vertébrale autour de laquelle
s'articulaient les institutions françaises.
I1 suffit, pour s'en convaincre, de se reporter à l'article 3 de la
Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 : "Le
principe de toute
souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul
individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément." Le
même souci lie intimement Nation et République dans le préambule de la
Constitution du 27 octobre 1946, et dans l'article 3 de la Constitution
de 1958.
Cette conception a également irrigué l'histoire de nos autres institutions, comme par exemple l'école.
Les hussards noirs de la république, qui pratiquaient avec ardeur
l'enseignement de l'instruction civique, apprenaient à leurs élèves
qu'il ne pouvait y avoir d'existence politique concevable que
républicaine et que l'espace dans lequel se manifestait concrètement
cette conception, était un grand corps appelé Nation.
La République fut donc, elle est donc, par nature, nationale. Il s'agit d'une République Française.
Or, l'Etablissement politique oppose aujourd'hui complètement l'idéal
républicain à l'idéal national, à tel point qu'en toute élection, il en
appelle au Front républicain contre le Front national.
Il faut s'interroger sur cette rupture sémantique, véritable reflet de
l'inversion de toutes les valeurs morales, intellectuelles et
spirituelles qui, hélas, marque l'époque actuelle.
La volonté contemporaine, savamment orchestrée, de dissocier les deux
termes de République et de Nation pour les opposer n'est pas innocente.
II- Depuis la commémoration du bicentenaire de la
Révolution Française en effet, on ne célèbre plus en effet la
République Française, régime politique d'un peuple vieux de plus de
2000 ans, mais une République universelle, abstraite, désincarnée, qui
pourrait et même qui devrait être formée demain par une population
d'origine mondiale.
C'était déjà le rêve de la République soviétique dans l'ex-URSS, qui
voulait créer un "peuple soviétique " en déracinant les peuples russes,
ukrainiens, baltes ou d'Asie Centrale, bien réels ceux-là, parce que
formés dans la lente alchimie de siècles entiers d'histoire.
Cette utopie, celle d'une société multiculturelle administrée dans le
cadre d'une République mondialisée, n'est hélas pas morte avec l'URSS.
Elle
est vivante et bien vivante, semblant avoir trouvé, en France, un nouveau champ d'expérimentation potentiel.
Tout, dans l'idéologie et dans la pratique de nos adversaires, trahit
ainsi les idéaux de Valmy, cette alliance puissante de la nation et de
la République.
Ainsi, la bataille est à l'origine du mythe du citoyen en armes qui va
fonder la conscription, supprimée par Chirac en 1995. Ce n'est pas un
hasard, bien sûr. Le service militaire obligatoire était un des
éléments fondamentaux qui donnaient corps au sentiment national, et la
nation est l'ultime verrou que la classe
politique s'évertue à faire sauter, pour mieux détruire la République elle-même.
Toutefois, le camp anti-national même s'il se croit tout-puissant avec
ses armées de lobbies, de sectes et de cénacles, ne peut s'affirmer
ouvertement
comme tel, car la nation reste bien évidemment l'idée-force qui meut les énergies populaires.
Les adversaires de la nation avancent donc masqués, et c'est derrière
l'effigie trompeuse d'une "République" fantasmatique qu'ils marchent au
combat, contre le peuple Français lui-même.
Ceux-là agitent leurs grigris en tout sens depuis 35 ans pour faire
accroire au peuple que le Front national est à la fois antirépublicain
et pourfendeur des droits de l'homme.
Alors, parlons clair et démontons cette supercherie.
L'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26
août 1789 cite avec précision les droits de l'homme et du citoyen. "Le
but
de toute association politique est la conservation des droits naturels
et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la
propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ".
Ce sont très exactement ces droits qu'entend défendre le Front
national, quand il réclame seul le rétablissement de la peine de mort,
quand il entend
seul défendre la libre entreprise, quand il propose seul des mesures
drastiques de réduction de la pression fiscale, quand il s'évertue à
réclamer de l'État qu'il se recentre sur ses fonctions régaliennes,
quand il dénonce la cruauté parfois sans nom et l'injustice du nouvel
ordre mondial...
Si l'on veut être orthodoxe en matière de droits de l'homme, on doit
convenir que le Front national est le meilleur garant de la défense des
droits essentiels de l'homme... et du citoyen.
Car la définition originelle se trouve de nos jours curieusement
tronquée. Le législateur de 1789 parle précisément de droits de l'homme
et du citoyen, alors
que l'agitateur moderne parle simplement de droits de l'homme.
Dans la République abstraite de nos adversaires, il n' y a plus que des
"hommes" et non des citoyens, parce que l'idée même de citoyen ramène à
la Patrie, à
l'attachement à la Terre, au peuple qui y déroule son devenir, à la
mémoire, à l'héritage et à la tradition qu'il entend défendre, assumer
et transmettre.
Il s'agit par ce biais d'évacuer la référence à la nationalité, à la patrie, aux racines.
Mais en détruisant la citoyenneté, on ne détruit pas seulement la
nationalité. On détruit aussi l'égalité devant la loi : c'est la raison
pour laquelle Monsieur
Sarkozy est anti-républicain, puisque la discrimination positive qu'il
préconise vise à donner plus de droits aux étrangers qu'aux nationaux,
plus de droits aux non-citoyens qu'aux citoyens eux-mêmes.
Que reste-t-il, enfin, de la fraternité lorsque la République n'est
plus nationale? En effet, la solidarité envers les plus démunis de nos
compatriotes s'explique et se justifie par les sacrifices consentis par
leurs ancêtres, depuis des siècles, pour l'édification ou la défense du patrimoine commun.
C'est cette histoire commune, ces souffrances partagées, ce passé de
gloire commun à tous qui confère des droits, des privilèges
particuliers au dernier des Français, fut-il victime du chômage, de la
crise ou de la mondialisation, du handicap ou de la pauvreté.
Mais ceux qui défendent la globalisation, ses vertus cachées ou ses
mérites supposés, ne rêvent pas d'une quelconque république, aussi
édulcorée soit-elle, mais d'un immense marché planétaire.
Ils ne veulent plus de citoyens, ils ne veulent plus de nationaux, ils
ne voient que des hommes, consommateurs dociles vivants dans une
société nomade.
Les atteintes aux principes fondamentaux
Depuis 20 ans, les différents gouvernements qui se sont succédés, de
droite comme de gauche, qu'il s'agisse de gouvernements RPR-UDF puis
UMP ou de gouvernement d'union de la Gauche, ont gravement porté
atteinte aux principes fondamentaux de la République. Ceux-ci sont
posés dans les 4 premiers articles de la Constitutions de 1958.
Les pouvoirs publics ont bafoué ou laisser bafouer les valeurs
républicaines. En effet, il y a deux façons de dévoyer des idéaux :
adopter des règles qui y contreviennent et laisser faire des choses qui
y portent atteinte.
En se livrant à l'examen attentif des différentes règles posées par
notre Loi Fondamentale, on se rend compte que pas une seule n'a été
respectée par ceux-là mêmes qui en appellent au Front républicain
contre le Front National.
L'Article 1 de la Constitution dispose que " La République est indivisible, laïque, démocratique est sociale ".
On va voir qu'elle n'est plus ni indivisible, ni laïque, ni démocratique, ni sociale.
A) Elle n'est plus INDIVISIBLE, puisque le droit français consacre
désormais tant le morcellement du territoire que le morcellement du
peuple. Concrètement, la loi établit désormais des distinctions entre
les territoires et entre les citoyens, ce sui, en stricte orthodoxie
républicaine, est absolument impensable.
1) Voyons d'abord le morcellement du territoire
Depuis le second septennat de Mitterrand, les pouvoirs publics
successifs sont entrés dans une logique de destruction de l'unité
nationale et de mise à mort de l'indivisibilité de la République, au
travers du transfert du pouvoir de décision à certaines collectivités
locales.
Les lois Rocard (juillet et novembre 1988), Juppé (avril 1996) et
Jospin (mars 1999) ont donné à la Polynésie Française et à Nouvelle
Calédonie tous les attributs d'un Etat :
S'y ajoute, concernant la Nouvelle Calédonie, la reconnaissance
d'un pouvoir législatif autonome, d'une citoyenneté néo-calédonienne,
reposant sur un droit de suffrage restreint et un droit prioritaire à
l'emploi, et l'organisation d'un référendum d'auto-détermination en
2013 (avec corps électoral gelé au début des années 90).
Au plan territorial, la République est donc en train d'exploser.
2) Au plan juridique aussi, puisqu'au morcellement du territoire s'ajoute la division du peuple en catégories.
- La loi Jospin de juin 2000 établissant la parité consacre une division des citoyens par sexe, première du genre.
- La loi Sarkozy d'avril 2006 sur l'égalité des chances consacre une
division des citoyens par race (quotas dans l'audiovisuel notamment).
Les quotas ethniques avaient déjà été consacrés à l'entrée de certaines
Grandes Ecoles (sans dire leur nom).
C'est la rupture avec les principes juridiques d'égalité des
citoyens devant la loi et devant les concours. Ces droits réservés
cassent également les principes philosophiques de l'école républicaine
: la méritocratie, c'est-à-dire la réussite liée au travail et à
l'effort, et l'élitisme, c'est-à-dire le recrutement et la formation
des meilleurs éléments dans des filières spécifiques ou des Grandes
Ecoles : ainsi, au mépris de la renommée et du niveau de l'école,
Sciences-Po va bientôt s'ouvrir aux jeunes des Zones d'Education
Prioritaire (ZEP).
Contrairement à l'article 1 de la Constitution, la République
n'assure plus l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans
distinction d'origine, de race ou de religion.
B) Second point fondamental, la République n'est plus LAIQUE
La laïcité, c'est la neutralité politique et religieuse de l'Etat, des services publics ou des entreprises publiques
1) La neutralité politique n'existe plus ni au sein de l'éducation nationale, ni au sein des médias.
La laïcité, neutralité politique, devrait commander de donner aux
partis des temps de parole proportionnels à leur influence électorale.
En 2005, le FN s'est vu accorder 1% du temps de parole accordé aux
partis politiques dans les télévisions publiques, alors qu'il
totalisait en 2002 aux élections législatives 11% des suffrages.
2) La neutralité religieuse s'est effondrée en raison de la poussée migratoire et démographique de l'islam
D'hésitations en compromis, l'Etat s'est mis à négocier sur tous les
sujets, refusant manifestement de défendre ce principe fondamental de
la République :
Mais hélas, les pouvoirs publics ont été plus loin, foulant méthodiquement au pied l'article 2 de la loi de 1905.
Celui-ci est pourtant clair : "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte."
En deux ans, la République a reconnu et subventionné le culte musulman.
a) D'abord, la Création du Conseil Français du Culte Musulman à
l'initiative de Nicolas Sarkozy en février 2003, marque la
reconnaissance officielle de cette religion par l'Etat.
b) Ensuite, La création et reconnaissance d'utilité publique de
"la Fondation des Oeuvres de l'Islam de France", par décret du ministre
de l'intérieur en date du 25 juillet 2005 avec la bénédiction du
Conseil d'Etat, marque le début du subventionnement de l'Islam.
Je cite les statuts :
Or, à l'évidence, le principe même de la reconnaissance d'utilité
publique de cette fondation par ledit décret est en contradiction avec
l'article 2 de la loi de 1905.
Tout cela correspond évidemment à un financement indirect voulu comme tel.
Dans son discours devant le CFCM durant l'été 2005, Dominique de
VILLEPIN , Premier Ministre de la République a rappelé les moyens qui
peuvent être mis en oeuvre par les collectivités publiques pour
……détourner la loi !
Jamais les catholiques n'ont pu obtenir autant à l'époque du Petit
Père Combes. Les défenseurs intransigeants de la laïcité républicaine
au début du XXème siècle doivent se retourner dans leur tombe.
L'article 2 de la Constitution dispose que " la République respecte
toutes les croyances ", mais de toutes évidences, certaines sont plus
respectées que d'autres. Certaines même, comme les Témoins de Jéhovah
ou l'Eglise de Scientologie, sont dénoncées comme sectes et persécutées.
C) Troisième violation de l'article 1 de la Constitution, la République n'est plus DEMOCRATIQUE.
Selon la maxime de la Constitution, la République devrait
être le gouvernement du peuple, par le Peuple, pour le Peuple. Elle ne
correspond aujourd'hui à aucun des trois termes de la formule.
1) Elle n'est plus le gouvernement du peuple
En effet, le peuple ne croit plus à la politique et participe de moins
en moins au jeu électoral : les dernières consultations ont en effet
été marquées une nouvelle fois par des taux d'abstention historique :
A l'instar de nombreux autres pays européens, la France subit une
désaffection croissante des citoyens pour la chose publique. Depuis le
début des années 80, l'abstention n'a cessé de progresser, lors de ce
type d'élection bien sûr, mais aussi plus généralement pour l'ensemble
des consultations.
- Qui ne le comprendrait ? Environ quinze millions de français
jouissant légalement de leurs droits civiques ne sont pas représentés à
l'Assemblée Nationale.
Différentes modifications de la loi électorale ont - par le biais du
scrutin majoritaire - entraîné une distorsion de la représentation des
Français : ces modifications tendent à accentuer la bipolarisation de
la vie politique, en instituant une nette surreprésentation des partis
établis.
Aux législatives de juin 2002, avec 2,8 millions de voix, le FN a
eu 0 députés, tandis qu'avec 1,2 millions de voix, l'UDF en obtenait
29.
Le peuple n'est donc plus correctement représenté.
2) Si elle n'est plus le gouvernement du peuple, la République n'est plus non plus le Gouvernement par le peuple
En effet, la France ne fabrique plus ses propres lois.
Toutes matières confondues, une norme sur quatre applicable en France
est d'ores et déjà issue de l'Union Européenne, et chaque année,
celle-ci introduit dans l'ordre juridique plus de règles que le
gouvernement français lui-même.
Ces normes (directives et règlements) sont édictées de plus en
plus souvent à la majorité qualifiée par le Conseil des Ministres de
l'Europe, ce qui signifie qu'elles peuvent s'imposer en France même si
notre pays a voté contre lors du Conseil.
Nous sommes donc dépossédés de notre droit souverain à décider par nous-mêmes de ce qui est bon pour nous.
De façon plus générale, la multiplication des structures
institutionnelles et des échelons de responsabilités laisse penser que
le pouvoir est à la fois loin, diffus et impalpable, et qu'il
n'appartient de toute façon plus au citoyen.
Le pouvoir de décision est en effet très dilué :
3) Toutes ces institutions se sont accaparées le pouvoir au
détriment du peuple, et la République ne peut plus être qualifiée de
Gouvernement " pour le peuple ".
Malheureusement, on observe depuis 20 ans que tous les titulaires
de charges ou d'emplois publics n'ont pas la vertu, cette qualité
cardinale nécessaire au mode de gouvernement républicain.
Plus de 800 affaires de corruption politico-financière ont été
jugées depuis 1985, éclaboussant l'ensemble des partis politiques, et
parfois tous ensemble dans une même affaire, à l'exception du Front
National.
On comprend pourquoi les pouvoirs publics successifs ont adopté
diverses lois d'amnistie, en juillet 1988, janvier 1990, août 1995 et
août 2002. Mitterrand et Chirac unis dans le privilège d'immunité,
voilà qui résume bien les 20 dernières années
Comme s'il s'agissait de protéger ce qu'il faut bien appeler le
gouvernement pour les copains et les coquins, et non le gouvernement
pour le peuple.
Ainsi, la République est devenue le Gouvernement d'une caste, par une caste et pour une caste.
Alinéa par alinéa, l'article 3 de la Constitution lui-même n'a plus aucune portée, plus aucune valeur, plus aucune actualité.
L'alinéa 1 est vidé de sa substance, puisque la souveraineté nationale n'appartient de toute évidence plus au peuple Français.
L'alinéa 2, qui dispose que le suffrage est toujours universel,
égal et secret, se heurte à la loi organique du 18 juin 1976, qui fixe
à 500 le nombre de parrains pour se présenter à l'élection
présidentielle, et prévoit la publication des parrains. Loin d'être
universel et secret, le parrainage est en fait un suffrage censitaire
et public.
Enfin, dernier alinéa bafoué du pauvre article 3, la phrase " sont
électeurs tous les nationaux français majeurs des deux sexes ", n'a
plus aucun sens, puisque la révision constitutionnelle Bérégovoy de
juin 1992 et la loi organique Jospin de mai 1998, en application de la
Directive 94/80/CE du 19 décembre 1994, fixent les modalités de
l'exercice du droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales
pour les citoyens de l'Union Européenne, prélude au droit de vote de
tous les étrangers en France !
Vous le voyez, mesdames et messieurs, ceux qui ont alterné aux
responsabilités depuis 20 ans, le PS et l'UMP, n'ont respecté ni la
souveraineté nationale, ni la démocratie, violant encore l'article 4 de
la Constitution, qui fait du respect de ces deux notions les
obligations fondamentales des partis politiques.
Derrière cette destruction systématique des vestiges de l'ordre ancien,
il y a une volonté de subversion manifeste. "Du passé faisons table
rase",
" de la République Française, de sa nature populaire et de ses idéaux,
faisons litière ", tels sont les buts inavoués de tous ceux qui
plébiscitent la mondialisation, prônent la disparition des frontières,
des nations et des républiques, c'est-à-dire la plupart de nos
adversaires.
Alors, oui, je le dis à tous nos compatriotes, nous sommes, nous,
militants et dirigeants du Front National, les véritables, les seuls,
les vrais défenseurs
de la République. Parce que nous savons que pour vivre et pour réaliser ses idéaux, la République ne peut être que nationale.
A la différence de tous les autres, nous ne nous battons ni pour des postes, ni pour des prébendes, ni pour faire carrière.
En 2007, pour les élections présidentielles et législatives, nous nous
battrons seulement pour restaurer la République Française et par
là-même,
pour rétablir notre peuple dans ses droits fondamentaux, sans autre
ambition que de servir notre peuple, tel Cincinnatus il y a 2 500 ans,
quittant ses champs pour courir au secours de la Patrie, mais pour y
revenir sitôt le devoir accompli.
Vive la République Française.
Je vous remercie.
Intervention de Marine Le Pen en Avignon
http://www.fnidf.com
Intervention de Marine Le Pen, vice-présidente du Front National lors des universités d'été du FN en Avignon les 1er et 2 septembre 2006.
Les transferts de la puissance publique vers le monde associatif
Chers amis, chers élus, mesdames
et messieurs les représentants du mouvement national, chers militants et
sympathisants,
Laissez moi tout d'abord vous
remercier de votre présence à ces journées, au cours desquelles nous avons
l'occasion de rassembler nos forces pour cette année cruciale de 2007. Le débat d'idées sera, je l'espère, au rendez
vous de la campagne électorale ;
aussi, c'est avec plaisir que je vais traiter aujourd'hui un sujet
sensible, celui des transferts de la puissance publique vers le monde
associatif.
Ce monde associatif, porté par
l'idéologie à la mode de la démocratie participative ou de la nouvelle
citoyenneté, est-il le fil que l'on tire pour détricoter la Nation et pour court-circuiter ses
élus, ou au contraire une manière de rapprocher la politique des citoyens et
d'en ainsi mieux comprendre les besoins ?
Telle pourrait être la
problématique de cette réflexion sur une tendance qui s'est révélée ou s'est
accentuée avec la montée en puissance des politiques sociales ainsi qu'avec la
décentralisation. Elle opposerait ceux
qui la trouvent dangereuse à ceux qui la considèrent opportune.
La réalité est complexe, mais je ne vous surprendrais pas en adoptant
une approche critique, et en m'attachant plutôt à dénoncer la dérive à laquelle
nous assistons à ce titre et les dangers qu'elle présente.
De quoi parle-t-on exactement ?
En guise d'introduction, je
tacherais de brosser le tableau de la pratique politique que nous connaissons
aujourd'hui.
1. Tout d'abord, le
contexte est celui de l'interventionnisme tous azimuts de la puissance
publique, entendons de l'Etat et des collectivités territoriales. Les logiques de l'Etat-Providence
tentaculaire font qu'on demande tout au Leviathan, qui prétend à son tour
répondre à tout. La progression vertigineuse
des dépenses publiques (qui représentent environ 54% du PIB aujourd'hui) s'est
traduite par des taches plus complexes, plus diverses et donc difficiles à
assumer sans en déléguer la charge.
2. Ensuite, les politiques publiques ont
changé de nature. De plus en plus,
les exécutifs mettent l'accent sur des dépenses de fonctionnement : emplois
aidés, animation des quartiers en politique de la ville, lutte contre les
discriminations, économie sociale et solidaire, promotion de toutes les
solidarités etc. Les dépenses sociales
au sens large ne cessent de gonfler, notamment à mesure que l'immigration vient
grossir les rangs de ses ayants-droits.
Ces politiques nouvelles se veulent proche de la société civile, elle
repose sur la société civile, elles se prêtent mal à une gestion directe.
3. Plus généralement en effet, la conscience
de la dislocation du lien social, la montée de l'abstention, des
communautarismes, la multiplication des conflits sociaux et ethniques amènent
les politiques à faire confiance à de nouveaux acteurs pour rétablir le lien
social menacé.
Tout ceci fait que le monde associatif est ainsi devenu
dans l'esprit des gouvernants le vecteur privilégié de la citoyenneté nouvelle,
pour rénover la démocratie et reconstruire le lien social, mais aussi pour
mettre en place les politiques publiques.
On a donc assisté à un double mouvement :
- D'une part, l'Etat, enserré par le carcan de sa
dette, se déleste sur les collectivités décentralisées,
principalement régions et départements, de la gestion des problèmes
sociaux en tous genre voire même de certaines missions régaliennes. Ce sont les lois de décentralisation
Acte II (en particulier la loi du 13 août 2004) mais aussi voire avant
tout la pratique des collectivités territoriales qui ont amené cet état de
fait, elles qui aiment à intervenir partout où elles jugent l'Etat
défaillant et où elles peuvent jouer les contre pouvoir.
- Ces collectivités, comme l'Etat lui-même, se
contentent de plus en plus d'agir au travers des subventions accordées à
une myriade de structures associatives, devenant de véritables guichets à
subventions. On pourrait alors
comparer la politique actuelle avec le schéma de la société
post-industrielle. Dans ce
dernier, la conception et la promotion
des biens et services sont assurées par les pays riches, la production
devient secondaire et est délocalisée.
Ici, les politiques conçoivent dans le meilleur des cas les
politiques et en assurent la promotion à grands renforts d'action de
communications diverses, puis ils en délèguent la réalisation à des
structures privées ou semi-privées.
Dans les deux cas, la phase naguère primordiale de la mise en
oeuvre devient secondaire, notamment au profit de la gestion de l'image.
J'examinerai donc successivement les points suivants :
- Je reviendrai dans un premier temps sur les
modalités de la délégation croissante de l'action publique au milieu
associatif et j'en donnerai quelques illustrations.
- Dans un second temps, je tacherai d'expliquer les
raisons de cette dérive et de souligner ses motivations et ses causes,
souvent peu avenantes.
- Cela me permettra de rappeler, dans un troisième
point, les conséquences néfastes notamment en termes perte du contrôle des
élus, d'arbitraire et de politisation des dépenses, mais aussi de
problèmes de légalité.
- Enfin, je terminerai par quelques propositions ou
pistes de réflexion pour notre mouvement face à ces questions.
I - Constat : une délégation
croissante de l'action publique au milieu associatif
Dans un premier point, je ferai
donc le constat d'une délégation croissante de l'action publique au milieu
associatif.
Je m'écarte ici du libellé exact
du propos qui m'a été assigné, dans la mesure où la notion de puissance
publique est plus restrictive que celle de politiques ou d'action
publique. C'est en effet une notion qui,
en droit public, implique l'exercice de prérogatives particulières, dites
exorbitantes du droit commun, comme le pouvoir de modifier unilatéralement des
conventions ou, pour être plus concret, le droit d'imposer aux autres acteurs
telle ou telle comportement.
Je parlerai donc plus
généralement de tous les cas où une politique publique n'est pas mise en œuvre
par l'Etat ou les collectivités, mais par des acteurs de type associatifs.
1. Quelles
organismes, tout d'abord.
Le monde associatif recouvre des
réalités très diverses.
On trouve pour schématiser
plusieurs types de structures à qui les pouvoirs publics délèguent:
- Avant tout, des associations lois de 1901, qui sont le gros de la troupe. Plus ou moins sérieuses, certaines
parfaitement respectables et établies, d'autres totalement factices,
crées ad hoc pour ne vivre que de subventions.
- On trouve ensuite les organismes dits associés, qui ont le plus souvent également le
statut d'association mais qui ont une relation particulière avec uns
institution. Ainsi, par exemple en
Ile de France, on trouve 28 de ces organismes, de l'Agence régionale de
développement à celle des espaces verts en passant par l'orchestre
national d'Ile de France.
-Enfin, on trouve plus rarement d'autres formes
juridiques, comme des établissements publics administratifs ou des
fondations.
Mais de par leur importance,
c'est surtout sur des associations loi de 1901 que porte notre analyse.
Par nature, et
traditionnellement, il s'agit de structures régies par une grande liberté, que
ce soit dans leurs statuts et leur fonctionnement. Elles relèvent de la sphère privée, et elles
n'ont pas vocation à faire des bénéfices.
Elles remplissent dans ce cadre une fonction de structuration de la
société civile.
Aujourd'hui cependant, parmi les
associations partenaires de l'Etat ou des collectivités, beaucoup ne vivent que
par l'argent public, ne travaillent que pour mettre en œuvre des politiques
sociales, voire pour certaines, accumulent de la trésorerie et des valeurs de
placement, faute de pouvoir utiliser l'argent qui leur est confié.
C'est ce passage de l'un à l'autre qu'il faut
dénoncer.
2. Dans quels
secteurs retrouve-t-on ce transfert de responsabilités ?
Les principaux domaines
sont :
A. Tout
d'abord l'apprentissage et la formation
professionnelle, notamment avec les innombrables missions locales, dont on rappelle que la principale
occupation consiste à aider les jeunes des quartiers. En Ile de France, par exemple, 73 missions
locales se sont partagées un peu moins de 10 millions d'Euros en 2005.
B. La
culture, ensuite, avec sa pléthore de théâtres locaux, de centres culturels
municipaux, ou de spectacles du vivant.
Il s'y développe le concept dit de la « permanence
artistique », comprenons le fait que les collectivités s'engagent à
financer dans la durée des emplois de permanents dans les structures
associatives.
C. Enfin,
dernier grand domaine, les solidarités
et la politique de la ville et plus généralement tout ce qui concerne
l'action sociale au sens large. C'est ce
qui est regroupé sous le vocable de lutte contre les inégalités dans le jargon
actuel. On y trouve par exemple l'aide
aux handicapés, les crèches, les structures d'accueil des personnes âgées. Mais la politique de la ville, entendue comme
la gestion de l'immigration, s'immisce en réalité dans quasiment tous les
domaines de la vie publique.
Or toutes ces politiques sont précisément ce sur quoi tous les exécutifs,
de droite ou de gauche, gouvernement en tête, mettent l'accent depuis plusieurs
années. Ainsi en est-il du Plan Borloo et de ses 35 milliards d'Euros
annoncés sur 5 ans, ou des contrats de Projets Etat région dont la solidarité
est un des trois piliers. Les exécutifs
de droite ou de gauche en région ou des grandes mairies appliquent globalement
cette même priorité.
Cela explique donc toute l'actualité et l'importance de la question.
D. Accessoirement,
l'appel à des associations partenaires se développe également dans d'autres domaines, à mesure que les politiques des
collectivités s'enhardissent, à mesure que les grands féodaux régionaux
entendent jouer les gouvernements de province.
Ainsi est-ce le cas :
- de l'enseignement (avec les nombreux programmes de
sensibilisations : à la shoah, à la sécurité routière, à l'Europe, à
l'éco citoyenneté etc.) ; qui
prennent la place de l'Education Nationale pour définir le contenu des
enseignements, mission traditionnelle de l'Etat
- mais c'est aussi le cas de l'environnement, avec
par exemple les emplois insertion environnement, des actions
internationales, avec les chantiers de jeunesse ou l'action humanitaire,
ou encore les politiques de loisirs pour tous.
En réalité et en définitive, tout
ce qui appartient au cercle des compétences
volontaires des collectivités, tout
ce qui fait social, tout ce qui peut être vu et où un logo peut être apposé est
un terrain privilégié.
3. J'en
terminerai avec l'état des lieux et indiquant ici qu'il est difficile de donner
des ordres de grandeur du phénomène.
Que ce soit au niveau national et
même au niveau d'une collectivité, compte tenu de leur nombre et du manque
parfois d'informations, donner des chiffres précis des sommes ainsi confiés au
monde associatif serait en effet fastidieux.
On peut toutefois le considérer
comme important voire essentiel dans certains secteurs. Je prendrai juste, un exemple parlant : sur
l'année 2005 en IDF, le total des sommes versées à des associations diverses ou
aux organismes associés pour le domaine de la culture se montent à plus de 55%
du budget total.
II - Les raisons de cette dérive : des
motivations peu avenantes
J'en viens à ma seconde partie,
qui tentera d'analyser les raisons de cette dérive. La question est de comprendre l'importance
prise par le monde associatif et notamment pourquoi les pouvoirs publics lui
délèguent de manière croissante la mise en place de leurs politiques.
Sans revenir sur les causes que
j'évoquais en introduction, j'aborderai trois points :
1. Tout
d'abord, des causes idéologiques
A. ... et en premier lieu, et
le poids des idées de gauche
La percée du monde associatif me
parait un corollaire des idéologies à la mode.
Par exemple, celle de la « Fin
du travail », popularisée par Jeremy Rifkind qui a directement inspiré
les emplois jeunes du gouvernement Jospin ; ou encore le concept d'économie sociale et
solidaire, et la place prééminente qu'elle donne à la société civile.
La société marchande n'offrant
plus à tous une place, l'Etat ne pouvant indéfiniment embaucher des
fonctionnaires, la solution pour maintenir la cohésion s'est imposée au travers
de l'univers associatif.
Ce tissu va occuper et fournir
une activité à ceux qui n'en ont pas ou qui ne peuvent intégrer le monde de
l'entreprise, il peut par la même occasion fournir des biens ou services
délaissés par le secteur marchand, comme par exemple aider à régler les
conflits par un travail de médiation, traduisons acheter la paix sociale dans
les quartiers ou encore prendre en charge les innombrables taches que l'Etat ne
peut assumer lui même et qui ne relèvent pas de son pouvoir régalien.
La crise sociale aidant, cette
grille de lecture s'est imposée depuis une dizaine d'années. Dans la lignée des emplois jeunes et leurs
succédanés divers comme les emplois aidés des collectivités, se développe ainsi
toujours plus les services aux personnes, certes souvent souhaitable, et
l'animation sociale des quartiers difficile, plus contestable.
B. Toutefois, les logiques libérales peuvent également y trouver leur compte
En effet, les théories du laissez
faire laissez passer aboutissent à vouloir cantonner l'Etat dans ses missions
élémentaires, ce qui légitimerait un système poussé de délégations au monde
associatif. Force cependant est de
constater que les chiffres de la France
sont ceux d'une société très étatisée, ce qui relativise cette approche.
Dans cette perspective encore, la
construction européenne milite pour
un même schéma dans sa volonté de supprimer l'échelon étatique et les nations
pour mieux permettre un dialogue direct entre l'Union européenne et les grandes
Régions. On retrouve là l'idée de
détricoter par le bas la Nation,
alors même que le droit communautaire la détruit par le haut.
2. Après les
idéologies, une seconde cause, plus évidente et moins avouable, explique
l'engouement des élus pour le monde associatif : le fait qu'il s'agisse d'un instrument très
efficace au service des ambitions et de la communication politique.
Des gens dépendents de l'argent
public, qui vous doivent leur budget, leur poste, leurs permanents, leur
activité, cela crée un réseau d'allégeances bien utile pour ce moment crucial
qu'est la réélection.
La vie politique vit ainsi au rythme des échéances
électorales, et le clientélisme est
une conséquence flagrante de cette mentalité.
Les collectivités territoriales se sont transformées en guichets à
subventions qui maintiennent sous perfusion ou engraissent bon nombre de
structures.
Les associations sont également d'excellents prescripteurs de terrains,
de merveilleuses machines à relayer auprès d'un public ciblé telle action du
maire, du président de la région ou d'un ministre de la ville. Directement sur le terrain, elles sont un vecteur de communication dans une société politique de l'image.
La méthode de Nicolas Sarkozy, la
campagne toute en slogans de Ségolène Royal ou les innombrables conférences de
presse des ministres, les colloques, publications, revues et blogs des
politiques et des collectivités en sont l'exemple parlant : le faire
savoir est plus important que le savoir faire et la communication est une
stratégie de pouvoir à part entière.
Les associations sont un des vecteurs de ce culte de
l'immédiateté. On communique le jour où
on dépense, on s'intéresse moins aux résultats concrets. Pour répondre à une crise, il faut agir vite,
et l'administration avec le poids de ses circuits, n'est pas toujours
suffisamment réactive. Les citoyens
attendent l'Etat vite, dans les banlieues ou ailleurs. Les associations sont des structures plus
souples pour réponde et sont déjà sur le terrain.
Le tissu associatif enfin est le relais parfait du
communautarisme : il est l'émanation des spécificités du public et est
à la politique ce que les campagnes publicitaires ciblées sont au
marketing. Il permet d'envoyer
directement où on le souhaite un message.
On veut séduire à l'électorat gay ? Une subvention pour la bibliothèque du centre
gay et lesbien. On veut entretenir de
bons rapports avec la communauté maghrébine ? Rien de tel que de financer un colloque sur
la colonisation présenté par cette association d'amitié algérienne. On doit calmer les jeunes du quartier des
4000 ? Finançons des cours
chantiers au Sénégal avec l'association Léo Lagrange.
Pour toutes ces raisons, le monde associatif est un instrument très
efficace au service des ambitions et de la communication politique.
3. Troisième
cause, la délégation au monde associatif permet de déconsolider les effectifs
et es charges.
Le poids de la fonction publique et la difficulté qu'il y a à grever
des budgets par des nouveaux postes de fonctionnaires met en avant les avantages
de la « sous-traitance associative ».
En faisant travailler telle
association de manière récurrente, on n'embauche pas des contractuels ou des
fonctionnaires qui alourdiraient le budget de cette mairie. On diminue aussi les dépenses de fonctionnement
en partageant avec d'autres les coûts de mise en place d'une politique.
Par exemple, avec les
financements croisés, chaque institution (Mairie, Conseil général, Conseil
régional et ministères) finance une partie des besoins de fonctionnement
de l'association Tamèrantong qui se propose de faire des spectacles pour les
jeunes dans les quartiers difficiles: cela fait moins au total pour chacun que
d'assumer en direct l'ensemble de la dépense.
C'est une facilité d'autant plus appréciée dans un contexte
où la problématique de l'endettement public se fait pressante.
On rappellera à ce titre que le
rapport Pébereau, que tout le monde a salué pour mieux l'oublier immédiatement
après, glace par les chiffres qu'il officialise : plus de 1.100 milliards d'euros de dette
publique, auxquels doivent s'ajouter de 500 à 900 autres milliards pour les
engagements comme des retraites. Chaque
semaine, l'Etat à lui seul dépense 1 milliard d'euros de plus que ce qu'il ne
gagne.
L'idée émise d'un nouveau Pacte
de stabilité des finances locales risque de limiter encore plus à l'avenir la
marge de manoeuvre des collectivités. Ce
pacte reprendrait une idée mise en œuvre par le gouvernement Jospin en plafonnant
l'augmentation des dépenses, à périmètre constant, au niveau de l'inflation.
La problématique de la
soutenabilité de la dette, l'importance de la fonction publique dans le total
de la population active avec ce que cela implique comme charge, notamment pour
les retraites, l'explosion des effectifs des collectivités locales sans
que l'on retrouve au niveau de l'Etat une baisse proportionnelle des dépenses
de personnel, tout cela, les pouvoirs publics à défaut d'avoir jamais voulu en
combattre efficacement les causes, en ont sans doute un peu conscience.
La sous-traitance associative est donc une parade qu'utilisent les
politiques, mais elle n'est certainement pas une solution.
4. Enfin, le
quatrième type de cause a trait au mécanisme des décisions publiques :
Les collectivités décident elles
mêmes (via leurs règlements budgétaires et financiers ou leur budget) les
structures qu'elles financent. Du coup,
on peut baisser considérablement le niveau de discrimination qui permet de
s'assurer du sérieux de celles-ci :
structures de moins d'un an d'existence, associations instables
financièrement ou au contraire opulentes et oisives qui ne font que placer des
fonds publics, tout peut être éligibles s'il le faut.
Cela ouvre un grand choix dans l'éventail des partenaires pour la mise
en place des politiques locales et cela crée une facilité que les élus locaux
utilisent souvent à l'excès.
On trouve ainsi aussi bien des
structures moribondes comme des bilans florissants: la Ligue des Oiseaux, par
exemple, demandait 7.500 Euros au conseil régional d'Ile de France alors
qu'elle possédait 11 Millions d'€ de disponibilités qu'elle n'arrivait pas à
dépenser... . Il n'est pas rare de
trouver des structures ayant 90 ou 95% de leur bilan en disponibilités : donnez
leur, elles placent l'argent public en SICAV !
III - Des conséquences néfastes : dérives,
perte du contrôle des élus, arbitraire et politisation des dépenses, problèmes
de légalité
Le troisième volet de mon propos
s'intéresse aux conséquences. J'en ai
retenu quatre : des dérives facilitées, une perte du contrôle des élus, un
arbitraire et une politisation dans les dépenses, et enfin des problèmes de
légalité
1. Mon premier
point sera donc consacré à l'importance de la délégation au monde associatif
permet d'une part des dérives plus faciles
Ces dérives peuvent être voulues
ou subies, mais elles pénalisent l'efficacité des politiques par la médiocrité
ou l'inadaptation des acteurs.
Le cas des associations « bidons » sont légion : on pourra à ce
titre évoquer les études récemment relayés par la presse faisant état
d'escroqueries à la formation
professionnelle : des
associations obscures proposent des formations fantaisistes en cuisine
tantrique, en parapsychologie ou autre ;
on y trouverait sectes ou sous marins de partis politiques en
nombre. Des charlatans aux
professionnels de l'affairisme, nombreux sont alors ceux qui captent la manne
des crédits de la formation professionnelle, et les Régions, qui ont un rôle
majeur dans ce domaine, y laissent des plumes.
Une autre tendance, est celle des
structures bureaucratisées à l'excès où les
frais de fonctionnement sont à la fois exagérés et exponentiels. C'est l'exemple des 100 Euros donnés par Mr
Dupont à l'association d'aide aux victimes du ras de marée en Syldavie. Une fois payés les frais de gestion, de
dossier, de personnel, de transport, de publicité et autres, le pauvre Syldave
reçoit 10 Euros... En mois drôle, on se
rappelle que le scandale de l'ARC de Monsieur Crozemarie commença avec ce même
type de constat.
Autre dérive, la politisation à outrance et le
copinage : sous couvert d'un choix objectif des partenaires, seule est en
fin de compte retenue l'association proche de la sensibilité du décideur. Les citoyens peuvent se sentir plus en
confiance avec des structures non politiques j'entends non élues et non
institutionnelles. Mais c'est bien
entendu un leurre, elles sont d'autant plus politisées et manipulables qu'elles
sont peu transparentes.
Pour ne citer qu'un exemple, la région Ile de France a
subventionné pas moins de 4 fois en 2005 et deux en 2006 la Ligue des Droits de l'Homme. Sous cette appellation flatteuse se cache
comme vous le savez des prosélytes des sans papiers et de toutes les causes de
la gauche et de l'extrême gauche. L'an
dernier, ce fut notamment pour leurs universités d'été. Cette année, c'était pour refaire
l'installation de sécurité dans leur siège parisien. Bilan ?
près de 500.000 Euros en deux ans...
le tout dans le cadre du programme... d'aide aux plus démunis ou de
démocratie participative!
Mais la politisation est parfois
plus ouverte. L'Ile de France, toujours
elle, a par exemple financé dans la même année la Fête
de l'Huma, SOS Racisme ou encore Ni Putes Ni Soumises. On donne sans vergogne de l'argent public à
des structures ouvertement dirigées par des cadres politiques, en l'espèce des
élus de gauche. L'ancrage à gauche du
tissu associatif subventionné n'est de tout manière pas une surprise...
2. Deuxième
conséquence de ces transferts : la baisse du contrôle démocratique des
élus.
Les parlements, déjà réduits à
des chambres d'enregistrement par les modes de scrutin dans les Régions et à
l'assemblée nationale, ne peuvent connaître toutes les structures
subventionnées. Or, plus le circuit est long entre l'impulsion politique et l'action, moins
le contrôle est bon et plus il y a de distorsions. De même, plus il y a d'organismes à
contrôler, plus le contrôle se fait par sondages et ne peut être
exhaustif.
En amont, les politiques perdent
le contrôle au profit des services c'est à dire de la technocratie qui prépare
et choisit pour eux les partenaires associatifs ; en aval, ils ne contrôlent pas la mise en
œuvre par d'organismes privés, régis par des modes de fonctionnement assez
largement laissés à leur discrétion.
C'est un peu dans la même logique
que la démocratie participative, où une quantité d'organismes créés ex nihilo
donnent leur avis sur la conduite des affaires publiques. On introduit une rupture face au monopole de
représentation et le droit de contrôle des élus. Autrement dit, les élus n'étant pas plus
légitimes que d'autres pour faire de la politique, il n'est pas grave qu'ils ne
contrôlent plus sa mise en œuvre ou l'utilisation finale des deniers publics.
Pour prendre un exemple parlant, je citerai le cas des
repas de Noël dans les quartiers difficiles. Cette opération existe par exemple depuis
plusieurs années en Ile de France, sous la houlette de Julien Dray. Il s'agit d'un moment de convivialité censé
raffermir le lien social en offrant aux habitants des quartiers bénéficiaires
de la politique de la Ville
un après-midi festif avec repas et parfois spectacles à l'occasion des fêtes de
fin d'année.
Il y en a plusieurs centaines,
dans autant de communes, organisées à chaque fois par une association
locale. Le financement de cette
opération est basé sur un forfait de 8 Euros par participant. Le problème, c'est que le budget global est
calculé et voté avant l'opération, en fonction du nombre de participants que
les associations pensent réunir.
Or il y a tellement
d'associations partenaires (plus de 100) qu'il est impossible de se rendre sur
les lieux pour vérifier combien il y a effectivement de participants. Les chiffres sont très probablement ainsi
gonflés sans qu'il soit possible de les contrôler, sauf à engager des moyens
disproportionnés.
3. J'aborderai enfin les
problèmes de légalité que posent ces délégations au monde associatif.
Ils sont nombreux :
A. Un
mot tout d'abord de la corruption ou de
la prise illégale d'intérêts.
Indubitablement, elles peuvent se trouver facilitées. En effet, faire transiter l'argent public par
des structures plus discrètes, soumises à des règles d'organisation souples et
aux règles du droit privé, voilà qui laisse une liberté assez grande pour les
renvois d'ascenseurs et autres manipulations de trésorerie.
Sans pouvoir dire s'il s'agit de
pratiques très répandues, il va de soi qu'on ne peut les exclure et que le
mouvement actuel de délégation des politiques publiques au monde associatif ne
rend pas plus compliqué ce type de fraudes, au contraire.
B. J'évoquerai
ensuite le cas de la gestion de fait.
Dans le cas de structures associatives crées exclusivement
pour déconsolider ou pour échapper à certaines règles, généralement plus
contraignantes, du droit public, il est possible d'invoquer la gestion de
fait. Il s'agit in fine de faire
réintégrer dans le giron de la collectivité ou du donneur d'ordre réel les
activités et les sommes concernées.
On appelle gestion de fait le maniement irrégulier
des deniers publics par une personne n'ayant pas qualité pour le faire. Le cas le plus fréquent est la situation où
un organisme, en apparence indépendant, est en réalité l'émanation d'une
collectivité, soit qu'il en dépende financièrement, soit que ses décisions
soient en réalité prises par celle-ci.
On peut la déceler à certains
indices comme le fait que le budget de telle structure soit en quasi-totalité
dépendant des contributions d'une seule personne publique, ou que son conseil
d'administration soit composé d'élus ou de fonctionnaires d'une même personne
publique.
La gestion de fait est
sanctionnée par les juridictions financières, son auteur est alors déclaré
« comptable de fait ». Et les
sanctions sont dissuasives : inéligibilité et mise en débet de
l'ordonnateur, c'est-à-dire sa condamnation à rembourser, le cas échéant sur
ses deniers personnels, les sommes.
A titre d'illustration, la
chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, le 20 avril 1995, a déclaré comptable de fait et
inéligible, François Bernardini, président PS du conseil général des
Bouches-du-Rhône, qui a été déclaré démissionnaire d'office de son mandat par
le préfet en juillet 1997. [1]
C. Outre
la gestion de fait, les juridictions administratives sanctionnent également les
subventions dépourvues d'intérêt
régional dans le cas des actions de coopération décentralisée, c'est-à-dire
des actions internationales.
Le secteur est, il est vrai, un
terrain fertile pour les subventions aberrantes : on a vu des conseils
régionaux financer des éoliennes au Venezuela, enseigner l'histoire du hip hop
dans les banlieues de Santiago du Chili, financer un « festival off de
musiques nomades » à Nouakchott ou un séjour d'études en Mauritanie pour
le vice président de l'assemblée démocratique de Kayes au Mali.
Trois critères cumulatifs doivent
être réunis pour qu'une subvention soit considérée comme répondant à un intérêt
régional, à défaut de quoi elle est illicite :
- elle doit se situer dans la sphère de compétence de
la collectivité,
- elle doit présenter un intérêt pour ses habitants,
- elles doivent en principe se situer dans le cadre
d'un accord de coopération décentralisée
Notre élu Jean-Romée Charbonneau
avait ainsi obtenu, dans un arrêt du 18 novembre 2004, gain de cause dans une
affaire de ce type devant le Tribunal administratif de Poitiers.
D. Dernier
point, celui du contrôle des aides publiques au titre du droit de la concurrence.
Le
droit communautaire soumet, dans certains cas et au-delà de certains seuils,
ces aides à l'autorisation de la
Commission européenne.
Théoriquement donc, certaines subventions peuvent être in fine
illégales à ce titre.
Toutefois, il est assez difficile
d'obtenir sur ce point une remise en cause des aides. D'une part, l'article 87 du traité instituant
la Communauté
européenne et la jurisprudence admettent diverses dérogations : outre
l'exception culturelle, les sommes consacrées au développement
de certaines activités ou de certaines régions, réalisation d'un projet
important d'intérêt européen commun etc.
De même, la jurisprudence Altmark de la CJCE (arrêt 24 juillet 2003) accepte
d'exclure la qualification d'aides publiques pour les sommes versées par une
collectivité publique ou un Etat en compensation d'une délégation de service
publique, si 4 conditions assez souples sont remplies (des critères objectifs
et établis a priori, établir la réalité de la délégation de service public etc.).
Dans ce cadre, les structures
destinataires sont assez facilement exclues du contrôle communautaire et
bénéficient d'une marge de manœuvre plus ample.
Pour toutes ces raisons, la remise en cause d'aides sur ce fondement est
un cas de figure assez isolé.
Enfin, de manière plus générale, il faut ici regretter un certain affaiblissement de l'Etat de droit en
France, c'est à dire de la réalité et l'efficacité du contrôle portant sur
le respect des règles de droit par les juges.
On regrettera par exemple qu'en matière de délibérations des assemblées
régionales, le déféré préfectoral tombe plus ou moins en désuétude au profit d'un
dialogue avec la collectivité, et que le contentieux administratif soit souvent
un contentieux de l'opportunité, se refusant de censurer une irrégularité qui
pourrait être couverte aisément, par exemple, par un nouveau vote.
Tout cela rend assez théorique
et fastidieuses les sanctions sur le plan juridique en l'état actuel des
choses.
IV - Position du
FN, comment agir / Conclusion
En définitive, et ce sera le dernier volet de mon propos,
quelles sont les propositions du Front National face à cette dérive, et quelles
attitudes pouvons nous adopter dans les assemblées lorsque nous sommes
confrontés à des abus manifestes ?
1. Tout
d'abord, notre action au travers de nos élus en régions et en municipalités
Nous n'avons, hélas, que des moyens assez faibles liés à
notre statut d'élus d'opposition. L'idée
néanmoins, est de monter aux exécutifs que nous restons vigilants et
informés. Je n'ai pas ici la prétention
d'apprendre à nos élus leur fonction, le Front National a d'excellentes équipes
comme chacun sait, aussi je ne fais ici que rappeler certains réflexes
utiles. Nous pouvons ainsi :
- Déposer des motions de renvoi, amendements ou
questions écrites remettant en cause certaines subventions (par
exemple: en cas de soupçon de
gestion de fait pour un organisme associé transparent, en cas d'absence
d'intérêt régional pour un chantier hors zone de coopération décentralisée
etc.)
- Nous pouvons également, pour lutter contre
l'opacité des attributions des crédits, exiger des listes récapitulatives
par association des sommes versées au cours d'un exercice voire sur une
mandature. Il s'agit d'éviter
qu'une même structure soit subventionnée par différentes
vice-présidences
- Nous devons nous astreindre à rechercher par
nous-mêmes dans les documents publics les informations qui permettent de
dénoncer les abus (le compte administratif, annexes du budget, etc.). Le cas échéant il faut utiliser les
possibilités offertes par les règlements intérieurs pour formuler des
questions écrites ou orales.
- Il est également possible de réclamer un débat public
sur les règles d'attribution des subventions, lors d'un débat sur un
rapport cadre ou lors du budget, afin de solenniser nos prises de
position ; Par exemple, en
suscitant un débat sur le projet de Pacte de stabilité des finances
locales.
- En dernier recours, déférer ou saisir les tribunaux
dans les cas d'abus les plus flagrants peut se révéler payant, même si les
déconvenues sont monnaie courante.
Tout cela est de nature à
inciter à la modération les exécutifs trop téméraires.
3. Mais le véritable enjeu est ailleurs, dans les
propositions que nous pouvons formuler dans le cadre de notre programme.
L'année 2007 se
profilant, il convient de s'interroger sur les dispositions que nous prendrions
si nous étions au pouvoir...
Dans cette perspective...
exaltante ! Les réponses que nous pourrions apporter sur ce problème
spécifique que j'ai abordé aujourd'hui rejoignent en réalité le programme du
mouvement. Preuve, s'il en était besoin,
de la justesse de nos vues.
A. Les plus
importantes tiennent en trois points essentiels:
- Rétablir une démocratie véritable avec des élus
représentatifs de la Nation,
et dont le rôle serait réaffirmé face aux dérives de la démocratie
participative ;
- Moraliser et réformer la dépense publique en
faisant la chasse aux subventions de complaisance, aux gaspillages et au
clientélisme ;
- Recentrer l'Etat sur ses missions essentielles,
notamment en concentrant l'effort social de la Nation sur nos compatriotes,
avec l'instauration de la préférence nationale.
La première réforme dans l'ordre
logique serait donc la réforme des
institutions : construire une démocratie réelle c'est-à-dire où les
élus sont réellement représentatifs du Peuple.
Cela impliquerait une modification des modes de scrutins au moins
pour les élections législatives, régionales voire européennes. Il s'agit là d'une question de principe, même
si la principale victime de ces législations de circonstance a toujours été le
Front National.
Il s'agirait d'instaurer la
proportionnelle ou une dose significative de proportionnelle pour l'Assemblée,
de supprimer dans le cas des régionales la prime instituée en 2002, et de
rétablir la circonscription nationale pour les européennes. Un tel toilettage pourrait être assorti d'une
inscription dans la Constitution
d'un principe de représentativité des assemblées élues formulé de manière
explicite, et rendant impossible les distorsions qui existent depuis deux
décennies entre les scores électoraux et le nombre de représentants.
Enfin, le décalage d'un scrutin
pour l'application des modifications des lois électorales, suggéré par de
nombreux constitutionnalistes, pourrait être étudié et aurait pour effet de
décourager les réformes purement opportunistes.
Une telle réaffirmation de la
nature et du rôle des élus ne dispenserait pas de rétablir un dialogue réel
avec le Peuple via des référendums plutôt que de s'en couper en ne
dialoguant que via des structures associatives faciles à noyauter pour les
professionnels de la manipulation.
Le deuxième volet de réformes,
moins sujet à la formulation juridique donc plus délicat, aurait pour ambition
de moraliser et de réformer la dépense publique en faisant la chasse aux
subventions de complaisance, aux gaspillages et au clientélisme ; elle passerait par un encadrement et des contrôles
plus rigoureux, de sanctions dissuasives, notamment en termes d'inéligibilités,
ce qui implique diverses réformes en ce sens.
Mais tout ceci découlerait
également du point précédent, c'est à dire d'assemblées plus représentatives,
donc plus écoutées, et moins concurrencées par des structures associatives qui
leur contestent aujourd'hui leur raison d'être.
L'engagement moral des exécutifs locaux, par exemple dans une charte de
moralité publique devrait être généralisée et pouvoir être sanctionnée.
La réaffirmation de l'Etat de
droit devrait également être une priorité , par une politique de contrôles plus
stricts par les représentants de l'Etat mais aussi au travers d'une impulsion
claire en ce sens auprès des juridictions administratives.
Enfin, il conviendrait de recentrer l'Etat :
qu'il
fasse d'abord bien ce qui est sa mission première : la justice, la
sécurité, la place de la France dans le Monde. S'agissant de ses
politiques sociales, il est
indispensable de concentrer l'effort social de la Nation sur nos
compatriotes, avec
l'instauration de la préférence nationale.
Il est en effet clair que l'immense saut qualitatif dans
la résorption de nos déficits et de la dette ne peut venir que d'une remise à
plat des politiques sociales laxistes combinées à une ouverture inconsidérée
des frontières et à un égal accès des étrangers des nationaux aux droits
sociaux.
Mécaniquement, compte tenu du niveau de vie des pays
d'origine des migrants, et compte tenu de la très faible proportion de
travailleurs déclarés, donc cotisants, dans ces flux, ceux-ci sont débiteurs
nets vis à vis du système français. Ils
sont donc une charge pour les systèmes de santé, de logement social, pour
l'éducation nationale, pour les caisses d'allocations familiales, une charge
que la collectivité nationale ne pourra pas financer éternellement.
On ne pourra pas faire longtemps
du social avec la terre entière, a fortiori comte tenu de la croissance modeste
que connaît notre économie depuis 30 ans, c'est ce type d'évidences qu'il
conviendrait de traduire en réinstaurant un principe général de préférence
nationale, seule à même de tarir les flux continus de l'immigration d'ayants
droits qui ruine notre pays.
B. D'un
point de vue plus technique ensuite, il faudrait ensuite envisager diverses
mesures
- Encadrer
les attributions de subventions dans un sens plus restrictif (en filtrant les
structures opulentes ou moribondes, celles dont le budget est intégralement
dépendant des financements publics, etc)
- Réformer
le droit budgétaire en supprimant les Autorisations d'engagement et le
mécanisme des services votés. Au cœur de
la spirale de la dépense se trouvent en effet les services votés[2], dépenses
reconduites sans débat d'une année sur l'autre.
Elles représentent plus de 90% du budget de l'Etat. Si certaines dépenses sont par nature
reconductibles (salaires des fonctionnaires), un tel mécanisme crée un effet de
cliquet qui empêche un véritable contrôle des dépenses.
Les
autorisations d'engagement (AE) sont un autre élément du droit budgétaire qu'il
faudrait reconsidérer voire supprimer.
Elles pérennisent des dépenses de fonctionnement qui peuvent être
reconduites d'une année sur l'autre, alimentant ainsi la spirale des subventions
récurrentes aux associations, notamment pour payer du personnel plus ou moins
permanent. La programmation
pluri-annuelle des crédits se justifie parfaitement pour les investissements
(par ex la construction d'une route), en revanche elle n'a guère lieu d'être
pour des dépenses de fonctionnement.
[1]
NB : Le conseil d'Etat a confirmé cette sanction dans un arrêt du 19 juin
1998.
[2] Les services votés représentent le
minimum de dotations que le gouvernement juge indispensable pour poursuivre
l'exécution des services publics dans les conditions qui ont été approuvées
l'année précédente par le Parlement" (art. 33 de l'ordonnance du 2 janvier
1959).
Jean-Marie Le Pen : Défense nationale
http://www.frontnational.com
Intervention de Jean-Marie Le Pen le 4 septembre 2006 à Toulon.
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre présence pour
cette Conférence de presse, à l’occasion de l’inauguration de la
nouvelle permanence du Front National à Toulon.
J’éprouve toujours un petit pincement au cœur lorsque je me rends ici
même dans cette vieille ville de tradition militaire, haut lieu de
faits d’armes qui ont marqué la patrie, dans les victoires et dans les
défaites.
Je voudrais d’ailleurs profiter de mon passage ici pour évoquer la
situation de nos forces armées, à l’heure de l’aggravation des tensions
au Moyen-Orient et de la montée générale des risques et des menaces.
I – La situation au Moyen-Orient est, en cette fin d’été 2006, particulièrement préoccupante.
En effet, au moins quatre foyers de tension apparaissent, tous susceptibles de déstabiliser gravement la région.
Le premier facteur d’inquiétude est incontestablement la situation au Liban.
Le sud du pays est en effet en proie à un conflit permanent entre les milices du Hezbollah et l’Etat d’Israël voisin.
Au début de l’été, celui-ci a engagé une opération militaire de grande
ampleur pour répondre, dit-on, à l’enlèvement de deux soldats de Tsahal
et aux attaques par missile du Hezbollah sur le nord d’Israël.
La disproportion de la riposte israélienne fut particulièrement
manifeste : bombardements du nord du pays, du mont Liban, de la
capitale Beyrouth et des villes du sud, destruction systématique des
infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, entraînant le
déplacement de plus de 500 000 personnes.
Il s’agissait, c’est sûr, de punir le Liban. Mais en quoi la population
libanaise est-elle collectivement responsable des agissements d’une
minorité ?
J’observe également la dissymétrie des réactions de la communauté
internationale face à cette agression : d’ordinaire très prompte à
mettre en cause la puissance attaquante, la communauté mondiale des
Etats a été très lente à condamner, d’ailleurs du bout des lèvres,
l’opération militaire israélienne.
Alors même qu’elle frappait un état souverain, qu’elle ne respectait
aucune des règles du Droit International de la guerre, un silence
pesant a entouré cette affaire.
En France comme ailleurs, peu d’hommes politiques se sont élevés pour dénoncer le scandale.
Quasiment aucun pour tout dire, et surtout pas les fameux « quadra »
des années 80 qui, Philippe de Villiers en tête, avaient manifesté il y
a 20 ans, très bruyamment, au Liban, leur solidarité avec ce pays, en
défilant dans les rues dévastées des villes libanaises.
Je dois dire que je n’approuve pas la réaction officielle de la France
dans cette crise internationale. Je suis personnellement d’avis qu’il
ne faut pas s’engager dans cette bataille où notre pays, qui n’a déjà
plus de moyens militaires, a tout à perdre.
D’abord, je ne vois pas comment la France pourrait ramener la paix et
le droit dans la région, sachant que deux protagonistes principaux de
la crise, les Etats-Unis et Israël, ne respectent aucune des décisions
de l’Organisation des Nations-Unies dans ce dossier.
Ensuite, en envoyant des moyens militaires supplémentaires pour la
FINUL, Jacques Chirac condamne les soldats français à être entre le
marteau et l’enclume, à servir de tampon entre les israéliens et le
Hezbollah.
Nos soldats auront-ils le droit de tirer s’ils sont attaqués ou mis en
danger ? Vont-ils déclarer la guerre à l’armée israélienne ou vont-ils
se trouver en conflit avec le Hezbollah ? A la vérité, nos troupes
serviront de plastron, de cible, et je dois dire que j’en ai marre de
voir les Français mourir sous les balles des autres.
Comment pourront-ils contrôler plus de 110 kilomètres de frontière
entre le Liban et Israel, sans compter la frontière syrienne tout
proche ?
Enfin, j’observe qu’en envoyant 2 000 soldats français, en fait 6 000
compte tenu des rotations que nécessite notre intervention dans ce
pays, nous n’avons plus aucune masse de manœuvre, plus aucune troupes
disponibles, plus aucun matériel opérationnel.
Tout cela, le Président Chirac le sait.
Pourquoi donc a-t-il éprouvé le besoin de mettre la France dans ce nouveau guêpier ?
A la vérité, c’est une opération de politique intérieure à laquelle se
livre Chirac. Complètement décrédibilisé au plan de ses résultats en
matière économique, sociale, migratoire ou de sécurité, il tente de se
remettre en selle pour une nouvelle candidature à l’élection
présidentielle par le biais de grandes gesticulations au plan
international.
En effet, chacun sait qu’en cas de crise grave, le réflexe de
légitimité naturel de l’opinion la pousse naturellement dans les bras
des sortants.
Jacques Chirac cherche donc à se refaire une santé politique.
Est-ce que la vie de nos hommes vaut les ambitions personnelles de
Jacques Chirac ? Je ne le crois pas et je m’insurge contre cette
utilisation cynique des vies françaises.
Outre le Liban, la question du nucléaire iranien devient de plus en plus épineuse.
Les Etats-Unis d’Amérique sont, je le crois, décidés à la guerre contre
l’Iran. Les diplomates américains ont d’ores et déjà fait savoir que
leur pays pourrait se dispenser d’un recours au Conseil de Sécurité
pour prendre des sanctions contre ce pays.
J’ai déjà eu l’occasion de dire que je ne voyais pas comment on
pourrait empêcher un état souverain de se doter de la maîtrise de la
technologie nucléaire.
En effet, il est du devoir de tout gouvernement d’essayer d’accroître
la prospérité de sa population par le nucléaire civil, dans un contexte
où, on le sait les énergies fossiles ne sont pas inépuisables.
Il est également naturel pour un gouvernement d’améliorer la sécurité
de son peuple en cherchant à se doter d’armes particulières, lesquelles
de toutes façons, sont des armes de non emploi, c’est-à-dire des armes
dont on ne se sert jamais, des armes qui n’ont qu’une portée
dissuasive.
En effet, celui qui se sert de l’arme atomique est sûr d’être lui-même détruit dans les minutes qui viennent.
A l’heure où l’ultimatum adressé à l’Iran, à l’initiative du Conseil de
Sécurité de l’ONU, vient d’expirer, je vous avoue mon inquiétude, car
je crois que le gouvernement américain est décidé, à plus ou moins long
terme, à en finir.
En cas de guerre avec l’Iran, ce pays bloquera le détroit d’Ormuz,
rompant les voies de communication et d’acheminement du pétrole vers
l’Europe et l’Asie. A ce moment là, le baril de brut pourrait dépasser
les 200 dollars, plongeant l’économie mondiale dans une crise sans
précédent.
Troisième problème grave au Proche-Orient, l’Irak.
Incontestablement, ce que nous avions dit se réalise, hélas, dans des proportions dramatiques pour les populations civiles.
L’intervention américaine de 2003 a plongé l’Irak dans le chaos, et
même dans une véritable guerre civile. Les affrontements entre les
sunnites et les chiites, entre les kurdes et le gouvernement fantoche
de Bagdad, rendent le pays absolument ingérable.
Le chef des troupes américaines en Irak, le général John Abizaïd, a
récemment brisé le tabou en disant : « qu’il était possible que l’Irak
sombre dans la guerre civile ».
Merci mon général, merci de cet aveu ! Il reste que ce constat effectué
par un militaire aujourd’hui aurait dû être prévu et anticipé par les
hommes politiques américains avant l’intervention de leurs forces
armées.
La situation en Irak est absolument incontrôlable, tout comme en
Afghanistan, où les talibans ont repris du poil de la bête. Les
affrontements se multiplient dans ce pays avec les troupes américaines
et il est également à craindre que la région toute entière ne s’embrase
à partir de ce pays. Enfin, la Turquie est désormais régulièrement
livrée aux attentats.
Vous le voyez bien, Mesdames et Messieurs, le monde dans lequel nous
vivons est particulièrement dangereux, car le risque de 3ème guerre
mondiale y est permanent.
Il est donc du devoir des pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour
que la préparation militaire française à une riposte en cas d’attaque,
soit la plus efficace possible.
II- J’observe, hélas, que ce n’est pas le cas, en raison de la situation catastrophique de notre armée.
Notre système de défense, principal gage de notre sécurité, n’existe plus.
Jacques Chirac l’a tué, depuis 1995, en arguant de la fin de la guerre Froide et des difficultés budgétaires du pays.
En réalité, il s’agissait de désir de construire une défense européenne
et non plus française, et d’accepter l’inféodation de cette armée
fédérale à l’OTAN, car nos gouvernants ont cessé de penser la France
comme un Etat indépendant et souverain, ayant des intérêts nationaux à
préserver avec des moyens propres.
Chirac a engagé un soi-disant processus de professionnalisation des
armées, qui, avec la suppression de la conscription, la suspension des
essais nucléaires et la réduction des moyens humains et matériels de
l’armée, nous ravale au rang de pays de seconde zone, sans défense et
sans poids international.
Il est temps en effet que quelqu’un parle. Que l’on ose avouer enfin la
grande misère de nos armées, la situation alarmante des hommes et des
matériels et le délitement de la sécurité de notre territoire.
Les moyens alloués à la Défense sont désormais dérisoires : de 4% du PIB en 1965, on est passé à 1,8% en 2005.
Nous avions 500.000 hommes sous les drapeaux en 1995, contre 250.000
aujourd’hui, et 190.000 prévus fin 2007, dont 15% de femmes.
La vétusté des matériels est plus qu’inquiétante : en matière aérienne,
les Mirages ont plus de 25 ans, les super-étendard plus de 30 ans, dans
l’attente de Rafales qui n’arrivent toujours pas ou peu.
Dans le domaine de la Marine, les frégates anti-aériennes et anti
sous-marines ont près de 35 ans, tout comme une dizaine de nos
bâtiments de surface.
La France n’a quasiment pas de transports de troupe modernes et
opérationnels, ni dans le domaine terrestre, ni dans le domaine aérien,
ni dans le domaine maritime.
De nombreux équipements sont en panne, ou inutilisables. On estime que
la disponibilité moyenne des matériels des 3 armes est de 60%
aujourd’hui, contre 90% il y a 20 ans.
Pour prendre quelques exemples :
- seul un hélicoptère sur 2 est utilisable,
- 1 frégate sur 2, 1 sous-marin d’attaque sur 2 peuvent effectuer des missions océaniques,
- 2 lance-roquettes sur 3 ne fonctionnent pas.
Résultat, il faut dépouiller tous les régiments « statiques » pour
permettre l’équipement des troupes partant en opération au Liban !
En matière d’équipement, pas une seule des cinq lois de programmation
militaire adoptées depuis quinze ans n’a été respectée : les programmes
de chars LECLERC, d’avions RAFALE et du porte-avion CHARLES DE GAULLE
ont absorbé une part considérable des crédits, au détriment des autres
équipements. Et pourtant, aujourd’hui, seuls de rares exemplaires de
ces chars et de ses avions sont en service, tandis que notre
porte-avion nucléaire n’en finit pas de sortir de ses maladies de
jeunesse….
Ce n’est pas tout. Nous n’avons plus d’industrie aérienne militaire,
pratiquement plus de chantiers de construction et de réparation navale,
plus d’industrie d’armement.
L’armée est donc à la limite de ses possibilités, et ce qui reste de sa
capacité opérationnelle ne tient plus pour l’instant qu’au dévouement
et à la qualité de ses hommes.
Or aujourd’hui, les menaces n’ont pas disparu, loin de là.
Elles peuvent venir de l’extérieur, et notamment je le disais du Moyen-Orient, mais aussi de l’intérieur.
On connait l’extrême sensibilité de certaines populations étrangères ou
d’origine étrangères aux événements du Moyen-Orient, l’extrême
vulnérabilité de certains à la propagande religieuse et haineuse des
imams intégristes, qu’on laisse, contre toute raison, prêcher en toute
impunité.
Les ennemis de la France peuvent ainsi viser notre territoire, de
manière conventionnelle ou terroriste, allant de l’attentat sanglant à
la destruction d’un site sensible, comme une centrale nucléaire ou une
usine chimique, en passant par l’empoisonnement du réseau d’eau potable
d’une grande ville.
On peut également viser nos intérêts économiques dans le monde, ou nos ressortissants, comme en Côte d’Ivoire.
Enfin, il faut prendre aussi en compte et anticiper sur les facteurs
futurs de déstabilisation de régions entières de la planète.
Le siècle naissant verra indubitablement des conflits de toutes
intensités autour de l’eau potable, nouvel enjeu de survie et de
puissance.
III- Alors, me direz-vous, mesdames et messieurs, que faut-il faire pour redresser les choses ?
Il nous faut reconstruire un outil militaire indépendant, adapté à la
menace, à nos besoins et à nos intérêts, à la défense prioritaire de la
France et des Français, où qu’ils se trouvent dans le monde.
Cette politique nationale et autonome n’exclut aucune coopération,
aucune alliance, à partir du moment où elle est conforme et utile à nos
intérêts.
Il s’agit du rang de la France, de sa liberté de manœuvre stratégique
et militaire, donc politique. Il s’agit, je le répète, de sa capacité à
assurer elle-même sa propre survie.
Je propose donc d’infléchir les grands axes de notre politique de défense :
Ces mesures tiennent en 4 points :
- Porter le budget de la Défense Nationale de 1,8 à 4% du PIB, 400
milliards de FF, soit l’équivalent de ce que la France donne chaque
année aux immigrés.
- Remettre sur pied une véritable défense opérationnelle du territoire,
ce qui suppose la création de corps de garde frontières, d’une garde
nationale et le développement de réserves significatives.
- Donner aux forces d’intervention la capacité d’agir de manière
autonome, ce qui suppose, entre autres, le renforcement de la marine,
par la création de deux groupes de porte-avions, et de l’aviation, par
le lancement d’un programme de construction d’ avions gros porteurs.
- Renforcer l’activité de nos arsenaux en cessant d’étaler les
programmes d’armement et en subordonnant notre aide internationale ou
notre soutien diplomatique à des commandes extérieures.
Bien sûr, il ne s’agit que là des mesures d’urgence, c’est-à-dire indispensable à notre survie.
Pour assurer l’avenir des jeunes générations, il faut bien autre chose.
Il faut une véritable révolution intellectuelle et morale, pour
rétablir le lien intellectuel et charnel entre l’armée et la nation.
C’est en restaurant les valeurs patriotiques, religieuses et humaines
qui ont fait la grandeur de notre peuple, dans l’esprit de nos
compatriotes, en particulier chez les jeunes générations, que l’on
renforcera l’esprit de défense.
C’est en luttant contre les campagnes de désinformation, les calomnies
et les atteintes à l’honneur de l’Armée française, en commémorant les
hauts faits de notre histoire militaire, et en honorant la mémoire des
héros qui ont donné leur vie pour la France, que l’on donnera aux
Français la volonté de vivre, de se défendre et de rester libres.
Voilà, mesdames et messieurs, l’essentiel de mon programme en matière de Défense nationale.
Je vous remercie
Colloque sur l'Europe, le discours de Le Pen
Discours de Jean-Marie Le Pen, président du Front National prononcé lors du colloque " Quelle France et quelle Europe dans le monde de demain ". Juin 2006
Permettez-moi tout d’abord, en exergue à l’intervention de ce jour, d’adresser mes plus vifs remerciements aux maîtres d’œuvre principaux de ce colloque, et notamment à Hugues Petit et Bruno Gollnisch, qui ont magnifiquement organisé les interventions et les travaux. Mes remerciements s’adressent aussi aux différents intervenants, dont la qualité personnelle n’avait d’égale que la précision et la justesse du propos.
Je n’ai pas pu, hélas, être présent à tous les exposés, mais ceux que j’ai écoutés et les commentaires élogieux sur ceux que je n’ai pas pu entendre ne me laissent aucun doute quand à la réussite de notre manifestation.
Vous me pardonnerez, j’en suis sûr, de répéter certaines analyses déjà développées par certains d’entre vous. C’est un peu la règle du genre, et il est dans mon rôle, dans l’effort de synthèse qui est le mien, d’essayer de ne rien oublier.
Merci enfin à tous les participants, à cet auditoire attentif et chaleureux sans lequel le succès du colloque n’aurait pu être assuré. Faisons ensemble, si vous le voulez bien, un petit effort de mémoire. Souvenez-vous, mesdames et messieurs: le 29 mai 2005, il y a un peu plus d’un an, ce fut un formidable coup de tonnerre non seulement en France, mais dans l’ensemble de l’Europe.
Le peuple français, l’un des six Etats fondateurs de la Communauté européenne, rejetait la Constitution européenne qui lui était soumise par referendum sur un score sans appel : plus de 54 % de NON soit 15,5 millions d’électeurs avec une participation de 70 %, la plus élevée pour ce type de scrutin depuis 1969 et le départ du Général de Gaulle. Ce résultat remarquable, signe de la sagesse et de la maturité du peuple
français, était loin d’être gagné d’avance.
En effet, le Président de la République jouait gros dans cette affaire et ne pouvait échouer sous peine de perdre tout crédit à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il fit donner le ban et l’arrière-ban de la classe politico-médiatique et des groupes de pression : l’ensemble des média se mobilisa en faveur du OUI et fit preuve d’une volonté de désinformation et d’une partialité tellement évidentes qu’elles en étaient inconvenantes.
Il en fut de même des syndicats, y compris la CGT et la FNSEA, des Eglises, de l’Université et des différents groupes de pression, souvent autoproclamés. Pour un peu, on se serait cru revenu trois ans en arrière, après un certain 21 avril 2002, au moment où l’accession de Le Pen au second tour faisait basculer subitement la France
dans une véritable dictature néo-communiste. Je n’ai garde d’oublier la grande majorité de la classe politique, y compris des personnalités étrangères, qui défendit un OUI béat, à moins qu’il n’ait été dicté que par de sombres arrières pensées politiciennes.
Bref, tout le monde était sur le pont aux ordres du capitaine Chirac qui luimême obéissait au commandant Barroso à Bruxelles, lequel, pour s’acheter les bonnes grâces des électeurs, multipliait les “cadeaux” et les dérogations de toutes sortes à l’adresse de la France. Dans l’esprit de ceux qui nos gouvernent, l’opération “Chirac Overlord” ne pouvait échouer.
Et bien, elle échoua.
Souvenez-vous de ce fameux débat où Chirac invita des jeunes à débattre avec lui : le Président, pitoyable, découvrit les problèmes des Français, emploi, précarité, insécurité…
Confronté aux angoisses légitimes de notre jeunesse, il n’avait à proposer comme solution qu’une Europe déjà discréditée, déjà impuissante, déjà catastrophique. Dès ce jour, il commençait une descente aux enfers qui n’est, sans doute, pas terminée.
Si vous me le permettez, je voudrais faire deux remarques liminaires, afin de remettre, en ces temps de déformation médiatique, les pendules à l’heure et les esprits à l’endroit.
1) Ce texte constitutionnel fut soumis au vote du Parlement français réuni en Congrès à Versailles le 28 février 2005. Il fut adopté à une écrasante majorité : plus de 91 % des voix ! avant d’être rejeté par 55% de nos compatriotes, ce qui démontre à l’envie que le peuple français n’est pas représenté par ses députés et ses sénateurs. Sur 796 suffrages exprimés : 730 s’exprimaient pour et seulement 66 contre. En effet, tous les partis représentés à l’Assemblée Nationale, à l’exception du parti communiste, étaient favorables à la Constitution européenne. Preuve, s’il en était besoin, qu’il est urgent de rétablir le scrutin proportionnel pour éviter que la voix du peuple ne soit confisquée arbitrairement par la multinationale UMPS, même si elle est en passe de déposer son bilan.
2) Deuxième remarque : on a présenté M. de Villiers, que l’on entend et voit moins d’ailleurs depuis qu’il a refusé ma proposition d’Union Patriotique, comme le héraut du NON de droite, le porte-étendard de la résistance nationale. Cette escroquerie doit cesser. Je tiens à signaler aux media malveillants ou mal informés que le gros des bataillons du NON de droite ne venait pas du MPF mais du FN. Les chiffres sont très clairs et là aussi sans appel. D’après la SOFRES, le Front National a représenté 28 % de l’ensemble des voix du NON, soit 5,5 millions
d’électeurs, le nombre de mes voix au 1er tour de la présidentielle. La droite parlementaire et souverainiste n’a représenté, toutes tendances confondues que 15 % de l’ensemble des voix du NON, dont une partie seulement pour M. de Villiers. Ceci devait être rappelé. La victoire du Front national lors du référendum du 29 mai 2005 ne doit cependant pas faire illusion. Certes, la Constitution européenne est morte, juridiquement et politiquement. Mais la situation du pays reste en effet extrêmement critique, à tous points de vue. En signant l’Acte unique (17 février 1986), les traités de Schengen (14 juin 1985 et 19 juin 1990), Maastricht (7 février 1992) Amsterdam (2 octobre 1997) et Nice (26 février 2001), les gouvernements français successifs ont accepté de transférer aux institutions européennes l’essentiel des attributs de la puissance publique, c’est-à-dire de l’Etat.
Depuis 50 ans, c’est vrai, l’Europe propose de troquer des abandons de pouvoirs contre une promesse de prospérité matérielle. Il y a douze ans encore, la construction européenne était présentée comme l’horizon indépassable de la modernité, de la prospérité et de la sécurité.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Il est temps, à tout le moins, de faire un bilan.
La réalité est en effet cruelle, autant pour les Français que pour les sectateurs de l’Europe fédérale: non seulement nous n’avons plus aucun pouvoir politique, mais nous sombrons dans le déclin économique, financier, social et moral.
I- Je constate d’abord qu’en accaparant l’ensemble des prérogatives de la puissance publique, l’Europe a littéralement privé la France de toute indépendance. En effet, en plaçant résolument la France au cœur d’un projet à vocation fédérale, les pouvoirs publics successifs ont accepté l’édification d’un pouvoir politique oligarchique, à la fois infra et supra-national, qui sacrifie les intérêts fondamentaux et la liberté de notre peuple à une vieille utopie de nature impériale .
Sans entrer dans le détail de la très longue liste d’abandon de nos pouvoirs, permettez moi de vous citer les principaux.
1) Disparition de notre souveraineté juridique d’abord : toutes matières confondues, une norme sur quatre applicable en France est d’ores et déjà issue de l’Union Européenne, et chaque année, celle-ci introduit dans l’ordre juridique plus de règles que le gouvernement français lui-même. Ces normes (directives et règlements), dont la valeur est supérieure à la Constitution de la Vème République elle-même, sont édictées de plus en plus souvent à la majorité qualifiée par le Conseil des Ministres de l’Europe, ce qui signifie qu’elles peuvent s’imposer en France même si notre pays a voté contre lors du même Conseil.
2) Disparition ensuite de notre souveraineté territoriale, c’est – à – dire notre droit à décider qui entre et réside sur notre territoire. La fameuse libre circulation des personnes a entraîné en effet la suppression des frontières internes à l’Union européenne. Le contrôle des flux migratoires s’effectue donc désormais aux frontières externes de l’Europe. Non seulement ce sont de vrais passoires, mais de plus, l’accès à notre territoire ne relève plus seulement de la France, puisqu’un étranger qui obtient le droit d’asile dans un pays membre de l’Union Européenne peut ensuite librement venir s’installer en France, point d’arrivée des filières de l’immigration en raison de l’ouverture de prestations sociales aux étrangers. En novembre 2004, le Conseil européen a décidé de faire passer de l’unanimité à la majorité qualifiée les dispositions relatives au droit d’asile, aux visas et à
l’immigration clandestine. Seuls les conditions d’entrée et de séjour des immigrés légaux restent provisoirement fixées à l’unanimité, en raison d’un refus salutaire de l’Allemagne de passer à la majorité qualifiée, inquiète d’être victime des effets collatéraux de Schengen, c’est-à-dire du laxisme de l’Italie, de l’Espagne et… de la France.
3) Notre souveraineté économique a été sacrifiée sur l’autel de la monnaie unique.
Dans la perspective de l’euro, notre politique économique a été strictement soumise à de drastiques « critères de convergences » (déficit, dette, inflation, taux d’intérêts, stabilité des changes). Ainsi, notre politique monétaire a été contrainte par un système de changes fixes, et nos marges de manœuvre budgétaires et fiscales furent, au cours des années 90, très limitées.
Demain, elles n’existeront tout simplement plus : une politique monétaire unique appelle en effet une politique budgétaire, fiscale et salariale unique. Cette perte programmée de tous nos instruments de politique économique sera lourde de conséquences si la France entre demain dans une grave crise économique.
C’est aussi l’Europe qui définit la politique commerciale de la France. Elle a voulu supprimer toutes les barrières aux échanges, ce qui entraîne une véritable invasion de notre marché intérieur et explique largement la disparition de nos emplois.
4) En matière sociale, le droit du travail est désormais élaboré à Bruxelles, qui envisage toujours de remettre sur le tapis le principe du pays d’origine contenue dans la directive Bolkestein première mouture, lequel assassinera les salariés français dans un dumping social généralisé. Bruxelles envisage encore, par exemple, de revenir sur
l’interdiction du travail de nuit des femmes !
5) Notre souveraineté sanitaire et alimentaire a disparu. Quarante années de politique agricole commune ont presque détruit la paysannerie française (moins de 4 % des actifs contre 20 % en 1962). La Commission européenne ayant donné le monopole des oléagineux aux Etats-Unis, ceux-ci pourraient détruire l’élevage bovin
français, si pendant quinze jours ils bloquaient leurs exportations, puisque ces produits servent à l’alimentation du cheptel. Sans même compter les risques croissants d’épizootie ou de zoonose, dont les crises de la vache folle ou la grippe aviaire ne sont que les signes avant-coureurs.
6) Le rôle de l’Etat en France a été réduit, raboté et ramené à la portion congrue par la place que Bruxelles veut donner aux collectivités territoriales pour casser le cadre national.
Résultat, les pouvoirs publics successifs entrent peu à peu dans une logique de destruction de l’unité nationale et de mise à mort de l’indivisibilité de la République, au travers du transfert à certaines collectivités de la matérialité et du principe du pouvoir de décision : Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Corse, autant de territoires qui sont désormais presque indépendants, ramenant la France à son espace continental.
Au travers de son affaiblissement général, encore renforcé par le passage au quinquennat présidentiel, l’Etat-nation est donc démantelé. Il l’est par le haut – Bruxelles - , par le bas - les euro-régions - mais aussi, si
vous me permettez cette formule, par la Bande. La Bande, c’est la classe politique française et européenne.
En France, la maxime républicaine « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » est en effet vidée de tout sens. Sous le masque de la démocratie, notre pays est dirigé par une « caste politicoadministrative
» d’inspiration cosmopolite qui, pour imposer ses choix propres, tente systématiquement de déposséder le peuple de ses attributs souverains.
Depuis un an, ceux qui nous gouvernent se disent : que faire, comment le faire, avec qui, pour sauver tout ou partie de la Constitution européenne, et avec elle, l’idée même d’Europe fédérale ?
Un accord s’est établi entre les principaux acteurs européens pour repousser à 2008 - après les élections françaises et néerlandaises de 2007 - toute décision en matière institutionnelle.
Les décisions capitales seraient prises au moment où la France exercerait la Présidence de l’Union européenne.
En effet, nos partenaires ont parfaitement compris qu’ils pouvaient tirer parti de la gêne de l’oligarchie française confrontée au NON de son peuple. On va donc pousser les hommes politiques Français à multiplier les initiatives pour relancer l’Europe.
Après le NON du peuple Français, le gouvernement Français a d’ores et déjà proposé toujours plus de fédéralisme :
- sécurité intérieure et justice : passer de l’unanimité à la majorité qualifiée pour la coopération policière et judiciaire, en y incluant, il faut le noter, la lutte contre le racisme et la xénophobie.
- action extérieure de l’Union : renforcer le mandat de Javier Solana, en matière de gestion de crise et de représentation extérieure ;
- politique sociale : passer de l’unanimité à la majorité qualifiée pour “la protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail”. Elle est bien bonne, venant des admirateurs de Bolkestein !
- gouvernance économique : “améliorer le fonctionnement de la zone euro et mettre en oeuvre une coordination politique plus efficace”.
On a envie, à la lecture de ces propositions, de dire au gouvernement français : Vous feriez mieux de vous occuper des affaires de la France, Dieu sait si elle en a besoin !
Chirac, à moins d’un an de sa retraite définitive, nous laisse une fois de plus des bombes qui exploseront après son départ. Joli cadeau d’adieu !
Il a déjà fait le coup avec le regroupement familial, la suppression du service militaire ou encore la suspension des essais nucléaires. Toutes décisions dont les Français de demain subiront les conséquences, tandis que lui-même soignera sa santé, peut-être d’ailleurs à l’endroit qui convient.
Quand à Nicolas Sarkozy, il reprend la position des institutions communautaires, à la fois claire, précise et cynique : il veut faire revoter le Parlement français sur la Constitution européenne.
Sarkozy tient donc le vote des Français du 29 mai 2005 pour nul et non avenu.
Au-delà du hold-up institutionnel à visage découvert et de la forfaiture au sommet de l’Etat, il est bon que tous les Français connaissent la position de celui qui brigue la magistrature suprême.
Vous avez voté NON, peu importe, c’était pour du beurre !
Au regard du vote du peuple français, la position de ceux qui nous gouvernent s’apparente à la haute trahison : de la France, de sa souveraineté, de son indépendance.
Monsieur Sarkozy est un disciple de Berthold Brecht le très communiste auteur de théâtre allemand qui disait : “si un peuple se trompe, qu’on change le peuple”.
Je vous le demande, mesdames et messieurs, peut-on confier les destinées de notre pays à quelqu’un qui annonce déjà qu’il ne respectera pas la souveraineté populaire ?
Pour prendre une métaphore conjugale, le Ministre de l’Intérieur et le Président Barroso souhaitent que les 25 concubins européens passent de l’union libre actuelle au mariage forcé, lequel aurait pour charte la Constitution européenne.
Pour ce faire, le Parlement Européen annonce une intensification de la propagande européiste envers des peuples de plus en plus réticents et dubitatifs.
Je cite le rapport des parlementaires européens: “la période de réflexion… devrait viser à clarifier, approfondir et démocratiser le consensus sur la Constitution”.
Comme le Maréchal de Soubise, dans la nuit avec sa lanterne à la recherche de son armée, le Parlement cherche ce consensus introuvable, qu’il croit possible au terme d’une formidable propagande de masse baptisée, entre autres, “forums citoyens” et qui doit se développer aux niveaux national, régional et local.
Les euro-députés sont très clairs: “le maintien du texte actuel (entendez de la Constitution européenne) constituerait un résultat positif pour garantir que la Constitution entrera en vigueur en 2009.
Cette résolution surréaliste a été adoptée le 19 janvier 2006 par 385 voix (UDF, UMP, et une partie des Verts) contre 125 (PC et FN, Villiers était absent) et 51 abstentions (PS et une partie des Verts), illustrant encore une fois le décalage qui existe entre les députés européens et ceux qu’ils sont censés représenter.
Une telle violation du droit doublée d’un tel cynisme aurait de quoi surprendre si l’on ignorait le fonctionnement normal du Parlement européen et de la classe politique française: plier la réalité à l’idéologie euromondialiste.
Pour les eurofédéralistes comme Bayrou, Mamère ou Madelin, si l’Europe marche mal, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe. « Oui nous allons dans le mur, donc il faut accélérer ! ».
Je suis, incontestablement, le seul à garantir l’indépendance et la souveraineté nationale et le seul, parmi les candidats sérieux à la magistrature suprême, avec Laurent Fabius, à avoir appelé à voter contre la Constitution européenne, mais pour des raisons opposées aux siennes.
Je considère en effet que notre perte de souveraineté est inacceptable, parce qu’elle ébranle à la fois les prérogatives du peuple et celles de l’Etat.
Dans la conception moderne du pouvoir politique, l’Etat met en œuvre la volonté générale, c’est-à-dire la volonté majoritaire. Il est donc, à titre principal, le garant des choix collectifs.
La souveraineté marque donc, au plan interne, la suprématie de l’Etat sur les autres pouvoirs et au plan international, l’indépendance de notre pays.
Or en abandonnant ses compétences, l’Etat perd l’instrument de sa volonté, c’est à dire son pouvoir de décision.
En perdant sa souveraineté, le peuple, quand à lui perd la maîtrise de sa
destinée, c’est à dire sa liberté de choix. On a d’abord justifié cette forfaiture en disant qu’à l’heure de la mondialisation, la souveraineté nationale ne veut plus rien dire.
Depuis la chute du Mur de Berlin, beaucoup de gens considèrent en effet que le monde est entré dans une ère radicalement nouvelle, marquée par la révolution des communications, l’interdépendance des économies et finalement la disqualification des Etats-nations et des frontières.
Mais les relations commerciales et financières internationales sont très anciennes, comme d’ailleurs les voyages à l’étranger. Et cela n’a jamais empêché les nations d’être souveraines, c’est-à-dire de choisir librement leur destinée.
En effet, la mondialisation ne date pas d’hier : au début du siècle, l’ouverture des économies était légèrement supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui, ce qui n’a pas empêché la première guerre mondiale, conflit opposant des nations souveraines.
De même, Internet est moins révolutionnaire que le passage de la messagerie maritime à la radiotélégraphie, lequel saut technologique a effectivement réduit dans des proportions considérables le temps des communications et les distances.
Le discours actuel sur la mondialisation n’est donc que l’alibi à tous nos renoncements. Dans l’histoire en effet, le politique prime toujours l’économique. On nous dit également qu’avec l’Europe, nous partageons notre souveraineté pour mieux l’exercer.
Mais par essence, la souveraineté ne se divise pas : « puissance inconditionnelle », elle est ou elle n’est pas.
Un Etat est souverain lorsqu’il détermine seul les choix qui engagent toute la nation. Partager la souveraineté, c’est donc déjà ne plus être souverain.
Il est donc clair que l’unité fédérale de l’Europe ne peut que se faire que contre les nations.
Mais au-delà du simple bon sens, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’idéologie fédérale n’est que le paravent d’un vieux projet de pouvoir universel, c’est-à-dire d’Etat mondial.
La querelle de la supranationalité n’est absolument pas nouvelle. Ainsi, l’idée de souveraineté française apparut dès le XIIème siècle, au travers du désir des Capétiens de limiter les ambitions des grands féodaux et de s’émanciper de la tutelle de l’Empereur romain germanique et du Pape, prompts à s’allier aux Ducs et aux
Comtes de France contre le Roi.
Ainsi, au début du XIVème siècle, selon la formule de Guillaume de Plaisians, le Roi devint « empereur en son royaume », c’est-à-dire souverain, avant que la nation ne le devienne après le XVIIIème siècle.
Dans cette configuration, on retrouve bien l’alliance des pouvoirs locaux et supra-nationaux contre la nation. Depuis au moins 10 siècles, le vieux rêve d’empire européen hante une bonne partie de l’Europe d’En Haut.
La chute du Saint Empire, l’effondrement de l’empire de Charles Quint et plus récemment de l’empire soviétique montrent pourtant que les constructions supranationales s’effondrent inéluctablement sous les coups de boutoirs des peuples.
II- Et la révolte des peuples risque d’être d’autant plus violente que la soumission à l’Union européenne est l’une principale cause de l’appauvrissement du Vieux Continent.
Revenons à la promesse de l’Europe, à ce « deal » initial : je vous dépouille de vos pouvoirs mais vous serez plus riche, plus libre et vous vivrez dans un monde en paix.
Le déclin financier, économique et social de la France depuis 35 ans révèle l’ampleur de l’escroquerie.
Certes, l’Europe n’est pas responsable de tous nos maux, et les pouvoirs publics nationaux ont aussi une responsabilité colossale. Mais n’oublions pas qu’en matière économique, financière, sociale et militaire, ce sont les choix européens qui ont commandé les politiques suivies.
Je dresse, le premier et le seul, ce bilan global, en comparant la situation il y a 35 ans à ce qu’elle est aujourd’hui.
A la lecture de ces chiffres éloquents, on comprend pourquoi l’Europe est aussi impopulaire.
Selon le sondage Eurobaromètre sur l’avenir de l’Europe, effectué entre le 20 février et le 24 mars 2006 auprès de 24750 citoyens de l’UE, l’introduction de l’euro et l’adoption d’une Constitution européenne ne recueillent respectivement que 26 % et 25% d’avis favorables, ce qui est dérisoire. 3 européens sur 4 rejettent l’euro et la
Constitution européenne.
72 % des Français sondés considèrent la mondialisation comme une menace pour la situation nationale de l’emploi
Après 50 ans d’Europe, les Européens s’aperçoivent que l’Europe ne les protège pas contre les méfaits de la planétarisation de l’économie et qu’on veut leur imposer une Constitution européenne après l’euro, alors qu’ils sont massivement contre.
Cela montre bien le caractère totalitaire de la Constitution européenne et l’absence de confiance de la part des Européens dans le “machin” de Bruxelles.
La prospérité promise ? On sait désormais ce qu’il en est.
La liberté ? Contrairement, à ce que prétendent certains libertariens comme Madelin ou certains régionalistes, l’Europe de Bruxelles n’a nullement donné plus de libertés aux entrepreneurs ou aux pouvoirs locaux. Au contraire, le dirigisme eurobruxellois est encore plus pesant, plus tatillon, plus paralysant que celui des
fonctionnaires français.
La paix ? l’Europe a été le théâtre d’au moins 4 guerres depuis 1990 : guerre de Croatie, de Bosnie, de Serbie et du Kosovo. L’Europe nous a entraînés dans une guerre aux côtés des américains en Irak. Le terrorisme continue à menacer la sécurité de nos concitoyens.
III- Nos compatriotes le voient bien, mesdames et messieurs, l’Europe est faible et molle, elle est dépassée par les évènements et incapable d’assurer la satisfaction de nos besoins fondamentaux.
L’Union européenne a mondialisé le vieux continent sans même s’en rendre compte.
Ouverte à tous les vents des échanges de population, de marchandises et de capitaux, privées de toutes frontières politiques et commerciales, elle est devenue le champ d’expérimentation d’un espace sans frontières, livré à tous les trafics, à tous les crimes, à tous les prédateurs.
On nous présentait l’Europe comme une construction entre gens de même civilisation. Le drapeau bleu aux étoiles jaunes n’est qu’un pavillon de complaisance qui couvre une marchandise mondiale.
Permettez-moi de citer un propos de M. Philippe Bénéton, professeur à la Faculté de droit de Rennes, si révélateur des dangereuses utopies qui minent la construction européenne : « L’Europe n’est pas appelée à former une grande Nation ; elle est appelée à donner congé à la Nation. Les “valeurs” par lesquelles elle se définit doivent être le commun dénominateur de la société civile mondiale en formation, réglée par des
juges et des experts. L’humanité post-nationale est à l’horizon. Au bout du compte, l’avenir de l’Europe, ce n’est pas sa construction, c’est sa disparition”.
Cette citation, un peu longue, est extrêmement importante car elle démontre qu’en voulant tuer les Nations, l’Europe se détruit elle-même et livre notre continent à la domination mondiale des puissances financières et au modèle unique américanoonusien.
L’Europe des fédéralistes est en effet nécessairement, mécaniquement, fatalement soumise.
• En matière commerciale, Bruxelles plie devant les Etats –Unis: alors même que ce pays n’hésite pas à taxer à 100% les produits des pays qui envahissent trop son marché intérieur (section Super-301 et Special 301 de la législation commerciale américaine ), l’Europe unie ouvre de plus en plus nos marchés aux multinationales de
l’agroalimentaire (Monsanto…).
• En matière culturelle, les films hollywoodiens inondent nos écrans, au mépris des quotas prévus dans les conventions passées entre Bruxelles et Washington. La domiciliation en Angleterre de société de production américaines « européanise » en effet les films d’outre-Atlantique, et leur permet d’envahir nos écrans.
• En matière internationale, une autorité mondiale sous l’égide des Etats- Unis existe déjà largement. Ainsi, durant la guerre du Golfe, en acceptant l’intervention de troupes européennes aux côtés de l’US Army, les institutions européennes se sont révélées pour ce qu’elles sont : un relais des choix militaires et diplomatiques américains.
Vous le voyez, l’unité fédérale de l’Europe ne peut se faire que sous l’égide d’une puissance extérieure, c’est-à-dire sous le contrôle des Etats Unis d’Amérique.
IV- Pour toutes les raisons que j’ai évoqué : perte de la maîtrise de notre destinée, appauvrissement économique et sociale, soumission internationale, et pour bien d’autres encore, il faut sortir du fédéralisme. D’abord et avant tout pour libérer nos compatriotes.
Quels sont les attributs d’une nation souveraine, indépendante, c’est-àdire libre ?
- Un territoire, délimité par des frontières ;
- Une armée pour défendre ces frontières ;
- Un budget national permettant les dépenses indispensables à la collectivité;
- Des lois, qui ne lui sont pas imposées de l’étranger ;
- Une justice et une police pour faire respecter ces lois et pour protéger les honnêtes
gens ;
- Un Etat assurant ses missions dites « régaliennes » (la défense, la police, la justice).
- Une monnaie nationale.
Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence. Songeons aux Français qui nous ont précédés, ont souffert, se sont battus, pour nous transmettre cet héritage.
Des millions d’entre eux ont donné leurs vies – les soldats de Philippe Auguste à Bouvines, les compagnons de Jeanne d’Arc, les Gascons de Louis XIII et de Louis XIV, les soldats de l’an II, les grognards de l’Empire, les poilus de Verdun, les combattants de la France libre et de l’Armée d’Afrique, les héros de l’Algérie française – pour la Patrie éternelle.
Je ne renoncerai, nous ne renoncerons jamais à tout cela.
Une fois élu Président de la République, j’engagerai donc, avec nos partenaires européens, une négociation globale. Celle-ci devra permettre à la France de retrouver les attributs de sa liberté, mais aussi consacrer, aussi souvent que nécessaire, les coopérations étatiques ou industrielles indispensables à la préservation de nos intérêts nationaux.
La France n’aura pas à sortir de la monnaie unique. Ce n’est pas utile, car celle-ci s’effondrera d’elle-même, comme toutes les tentatives précédentes, sans d’ailleurs que nous fassions rien contre elle.
Mais pour le reste, il faut que les choses soient claires : c’est l’Europe qui empêche toute réforme en France, parce que c’est elle qui détient les manettes du pouvoir.
C’est là « le grand secret de l’élection présidentielle », pour reprendre le titre de l’article du commissaire européen chiraquien, Michel Barnier, paru en février 2002 dans Libération.
Les Français devinent que le pouvoir a quitté les palais de l’Elysée et de Matignon pour s’installer dans le quartier européen de Bruxelles.
Nous ne pouvons donc rien faire sans renégocier les dispositions des traités nous liant à Bruxelles sur des domaines absolument essentiels.
Notre pays doit retrouver tous les attributs de sa souveraineté, au travers
de :
- la maîtrise de sa fiscalité ;
-la libre disposition de son armée ;
- la maîtrise de sa politique d’immigration ;
- le contrôle de ses frontières, qui tout en permettant de commercer librement avec les autres pays, protègeront notre industrie et notre agriculture ;
- son indépendance alimentaire ;
- la primauté de son droit interne sur le droit « européen », conçu par la Commission, le Parlement européen, la Cour de justice européenne.
Je m’engage dès maintenant, solennellement, si je suis élu, à ajouter à la Constitution française un article disposant que toute modification des Traités européens fasse l’objet d’une consultation obligatoire du peuple français par la voie du referendum.
Sur l’avenir de la France en tant que Nation libre et indépendante, on ne comprendrait pas que les électeurs français ne soient pas consultés.
Pour autant, nous voulons, de toute nos forces, construire une autre Europe, celle des Nations, celle de l’association libre, celle de la coopération.
Le Vieux Continent représente incontestablement une communauté de civilisation, assise sur un génie spécifique, tout à la fois organisateur et créatif, bâtisseur et technicien.
Les valeurs communes aux différents peuples (le christianisme, l’individu, la liberté….) fondent indubitablement une même vision du monde.
Au lieu d’une Europe fédérale, il faut donc faire l’Europe de la coopération des Etats et des entreprises, les nations conservant à titre principal leur souveraineté.
Les plus belles réalisations de l’Europe proviennent d’ailleurs non de l’union bruxelloise, mais de réalisations ponctuelles, privées ou d’Etat à Etat.
La coopération doit de toute évidence s’engager et même s’amplifier dans
deux cas :
(1) Lorsque les intérêts sont évidemment communs
- Coopération industrielle : Concorde, Ariane, Airbus, Eurostar (face aux géants américains).
- Coopération policière : en matière de terrorisme, de trafic de drogue, et de trafic de matière missiles.
(2) Lorsque chaque Etat peut mieux préserver ses frontières en s’alliant avec les autres.
- Coopération diplomatique: sous la forme d’une structure diplomatique d’urgence et d’un Etat-major commun lorsque la sécurité européenne est menacée.
- Coopération environnementale : pour prévenir ou circonscrire plus efficacement les catastrophes naturelles ou écologiques.
C’est là je crois, l’architecture globale d’une proposition équilibrée, qui peut trouver l’assentiment de nos partenaires.
Mais faute d’accord a minima ou en cas de rejet de nos propositions, nous pourrions menacer de quitter l’Union européenne, prison des peuples et mort des Nations.
Disons le tout net, il serait extrêmement difficile aux Etats restés dans l’Union européenne de prendre des sanctions contre notre pays, deuxième puissance démographique en Europe, dont le territoire, le plus vaste possède les principales voies de communication entre l’Europe du Nord et celle du Sud.
La Norvège, qui a refusé deux fois d’entrer dans l’Union européenne en 1972 et en 1995, n’en a guère souffert. Elle commerce avec le reste de l’Europe et a une des économies les plus prospères du continent. La Grande-Bretagne qui a conservé sa monnaie, ses frontières, son armée est de nouveau la quatrième puissance
économique, devant la France.
La France, elle-même, n’hésita pas, lorsque ses intérêts vitaux étaient en jeu, à s’affranchir d’un traité.
Je rappelle que le 4 avril 1949, la France signait le Pacte Atlantique et qu’en 1966, notre pays quittait l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, à l’initiative du général De Gaulle.
Pour autant, la terre ne s’est pas arrêtée de tourner. En revanche, était confirmé une nouvelle fois le vieil adage selon lequel, en politique, là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Mesdames et messieurs, cette inflexion de notre politique européenne n’est pas du tout, vous l’avez compris, une déclaration d’hostilité aux gouvernements ou aux peuples qui participent à l’Union européenne d’aujourd’hui.
Elle sera saluée par toutes les Nations libres du monde, comme un retour à l’esprit de 1848, comme le retour aux valeurs éternelles qui ont fait la grandeur et la force de notre pays dans l’Histoire.
La France, une nouvelle fois, sera à la tête du mouvement de reconquête politique, intellectuelle et morale de l’Europe et donnera à nos voisins des raisons d’espérer et d’entreprendre, loin de l’utopie euro-fédéraliste et de ses pseudopodes socialiste et mondialiste.
C’est ce jour que nous attendons, confiant dans la lucidité et le courage du peuple français.
Je vous remercie.
Discours de Jean-Marie Le Pen le 20 mai 2006
http://lignedroite.hautetfort.com
édition du 22 mai 2006
Discours du président du Front National, Jean-Marie Le Pen, prononcé le samedi 20 mai 2006 devant l'Assemblée Nationale, à l'occasion de la manifestation organisée pour demander le rétablissement de la peine capitale suite aux assassinats des enfants Mathias et Madison.
Mesdames et messieurs,
Je tiens tout d'abord à vous remercier de votre participation à cette manifestation un peu impromptue, organisée au titre de la plus élémentaire solidarité avec deux familles de France éprouvées récemment au plus profond d'elles-mêmes, dans leur chair et leur âme, par l'assassinat de leurs enfants.
Les meurtres particulièrement horribles de Mathias (4 ans) et Madison (5 ans) la semaine dernière, rappellent, une fois de plus, la nécessité de rétablir la peine de mort pour les crimes les plus graves.
En tant que Président du FN, formation qui a fait du rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus graves un des points de son programme, mais aussi comme candidat à l'élection présidentielle de 2007, il m'a paru indispensable de développer aujourd'hui notre réflexion sur les principes et les moyens de la justice et de la sécurité.
La réforme de notre politique pénale est en effet, à très juste titre, une des principales sinon la première des attentes de nos concitoyens.
I- Au cours des trente dernières années, les Français ont subi une véritable explosion de l'insécurité.
En trente ans, le nombre des crimes et délits a été officiellement multiplié par six, en réalité par 10, puisque nous sommes passés de 800.000 crimes et délits en 1970 à plus de 8 millions aujourd'hui, si l'on en croit non les statistiques officielles mais les enquêtes de victimation de l'INSEE.
Le taux de criminalité était de 22 pour mille habitant en 1970, il est désormais de 64 pour mille.
Aux échelons de gravité les plus importants, nos compatriotes subissent désormais une recrudescence des crimes de sang, ainsi qu'une montée sans précédent des violences contre les personnes, gratuites ou crapuleuses.
En dix ans, les coups et blessures volontaires ont progressé de 104%, les vols avec violence de 75% et les dégradations de 132%.
Toujours selon les statistiques du Ministère de l'intérieur, on est passé de 1.387 homicides ou tentatives d'homicides en 1972 à 2.097 en 2004, soit 51% d'augmentation.
Les viols ont littéralement explosé : 1.417 en 1972 contre 10.506 en 2004, pour seulement 1.687 condamnations, sans même évoquer les 15.000 agressions sexuelles qui n'entrent pas dans la catégorie juridique très strictement définie du viol.
Les assassinats en série ainsi que les actes de terrorisme se sont eux aussi multipliés.
Que s'est-il passé ?
Quelle peuvent être les raisons fondamentales de cette évolution dramatique vers plus de crimes de sang ?
Une des causes majeures du phénomène réside incontestablement dans la suspension de l'application de la peine de mort à partir du milieu des années 70, prélude à sa suppression par les socialistes en 1981.
Un seul exemple le prouve absolument.
Pour la période décennale qui a précédé l'abolition de la peine de mort soit de 1971 à 1980, le nombre de crimes sur mineurs recensés s'est élevé à 39 dont 13 crimes sexuels.
Pour la période décennale qui a suivi l'abolition de la peine de mort soit de 1982 à 1991, le nombre des crimes recensés s'est élevé à 124 dont 53 crimes de nature sexuelle.
Autrement dit, durant la période de dix ans qui a suivi l'abolition, le nombre global de crimes sur mineurs a augmenté de 218 % par rapport à la période de dix ans ayant précédé l'abolition, et le nombre de crimes sexuels de 307 %...
S'il ne s'agissait que de la suppression de la peine de mort, on pourrait encore croire que son simple rétablissement suffirait à rétablir la situation.
Mais en réalité, c'est sur l'ensemble de sa politique pénale que l'Etat a abdiqué.
Il y a quarante ans, les délinquants étaient poursuivis et condamnés par la justice. Aujourd'hui, le malfrat est passé de la quasi-certitude de la peine à la quasi-certitude de l'impunité: le taux d'élucidation des infractions est à peine de 30%!
Cela veut dire que près des deux tiers des infractions n'ont pas d'auteur connu et donc pas de sanction. Et l'on voudrait que les victimes actuelles ou potentielles soient rassurées et ne connaissent pas ce que les "belles âmes" appellent un "sentiment d'insécurité" !
De même, il y a 40 ans, le particulier victime d'une agression qui se défendait n'était pas poursuivi. Aujourd'hui, la légitime défense a été réduite à des cas tellement restrictifs qu'elle est devenue quasiment illégale.
Enfin, au début des années 70, les policiers n'étaient pas traduits en justice à la demande des délinquants qu'ils essaient de mettre hors d'état de nuire.
Aujourd'hui le fait est là: l'explosion de la délinquance et de la criminalité consacrent un formidable recul de civilisation.
Par leur ampleur, leur impact social et économique, la criminalité et la délinquance d'aujourd'hui portent atteinte à la dignité de chacun et aux libertés de tous : la liberté d'aller et venir, la faculté de jouir de ses biens. Elles remettent en cause la "sûreté", dont la Déclaration de 1789 fait une des bases du pacte social.
II- Il n'y a, dans cette régression, aucune cause conjoncturelle: c'est là le résultat d'une politique de désarmement délibéré de la société menée depuis 40 ans.
L'idéologie soixante-huitarde, qui voulait "interdire d'interdire", qui est à l'origine de la ruine de la famille et de l'école, qui contestait la notion même d'autorité, est passée par là. On ne dira jamais assez le mal qu'elle a fait à la France et aux Français.
Mais en matière judiciaire et pénale, c'est plus particulièrement l'idéologie de la "défense sociale nouvelle", développée par Marc Ancel et Robert Badinter, grands artisans de l'abolition de la peine de mort, et partagée aujourd'hui par l'ensemble de la droite et de la gauche, qui est à l'origine de nos maux.
Selon les apôtres de la gauche bien pensante, fidèlement suivis sur ce terrain comme sur tant d'autres par les représentants de la fausse droite, le délinquant serait un malade, la "victime" des évolutions socio-économiques de la société.
Cette représentation naïve du crime et utopique de l'homme a littéralement fait l'objet d'une propagande de masse depuis 40 ans dans notre pays: les media, l'école, l'université et les institutions de l'Etat elle-mêmes ont sanctifié les droits du criminel au détriment de ceux des victimes et des innocents.
Le renoncement à la juste peine sanctionnant délinquants et criminels a ainsi abouti aux réformes successives du Code pénal, réformes qui consistent à sortir du champ pénal un grand nombre d'infractions, à abaisser le seuil des peines, à modifier la qualification des délits et des crimes, tout en donnant toujours plus de garanties procédurales au délinquant.
On est passé de l'indulgence pour le criminel à la complaisance pour le crime.
Le mal le plus profond dont souffre la justice, c'est en effet la remise en cause du droit imprescriptible pour la société, et pour elle seule, de punir l'acte répréhensible et l'auteur de l'acte. L'autorité doit en effet punir le crime: elle le doit aux méchants plus encore qu'aux bons, parce qu'elle doit la justice avant la vengeance.
Depuis que les hommes sont organisés en collectivité, la sécurité et la justice sont les missions premières de l'État. La sécurité est, en effet, la première des libertés, mais aussi la première des égalités parce que la criminalité frappe d'abord les plus fragiles.
L'Etat doit donner à cette tâche une priorité absolue et doter la police et les autorités judiciaires des moyens nécessaires pour accomplir leurs fonctions. C'est aussi la raison pour laquelle la France doit garder, en cette matière éminente, toute sa souveraineté: il ne saurait être question, évidemment, de s'en défaire au profit de pouvoirs supranationaux.
Pour assurer une tranquillité publique durable, il convient d'abord, c'est vrai, d'oeuvrer à la prévention des crimes et délits.
La vraie prévention commence dans la famille, dans laquelle les parents assurent l'éducation de leurs enfants. Elle passe également par l'école, dans la mesure où celle-ci ouvre à l'apprentissage des disciplines sociales et de la morale civique.
L'apprentissage de la distinction entre le Bien et le Mal est un des privilèges de l'ordre humain sur l'ordre animal.
C'est aussi un critère de la civilisation et une mission impérieuse que les plus âgés doivent accomplir au service des plus jeunes.
Pour autant, le crime, lorsqu'il a été commis, doit être puni. La peine a une triple mission: dissuader, empêcher la récidive, faire justice.
S'agissant de la dissuasion, la peine, par la menace qu'elle fait peser, décourage les transgressions: elle ôte l'envie de rompre la paix publique par des manifestations de violence ainsi que de porter atteinte à l'intérêt d'autrui et aux règles de droit.
La peine doit aussi empêcher la réitération des actes délictueux du criminel par la neutralisation de son auteur sous la forme d'une détention ou, de façon définitive, lorsque la peine capitale lui a été appliquée.
La peine a enfin pour fonction de faire justice, c'est-à-dire d'apaiser ou d'atténuer le scandale provoqué par le délit ou le crime, de remettre les choses en ordre sur le plan moral par une réaction appropriée au désordre et, en même temps, de consacrer la responsabilité de l'auteur de la faute et de lui rendre une certaine forme de dignité.
L'institution judiciaire souffre de maux propres qui aggravent encore un peu plus la maladie idéologique évoquée plus haut: la soumission au pouvoir politique et l'absence de moyens.
Tel procureur de la République remettra en liberté les incendiaires de voiture du "quartier" arrêtés quelques heures auparavant mais poursuivra de sa hargne ou sur le conseil du Garde des Sceaux, tel justiciable désigné par la "police de la pensée", pour de purs délits d'opinion.
Le syndicat de la magistrature qui se conduit en machine idéologique et non en organisation professionnelle, politise un peu plus les tribunaux et fabrique ainsi des justiciables à deux vitesses.
Quant à l'absence de moyens des juges et des policiers, des gardiens de prison et de tous ceux qui ont, au quotidien, en charge la sécurité de nos compatriotes, elle parle d'elle-même :
- la Justice représente 1,6% du budget de l'État,
- il n'y a pas plus de magistrats instructeurs aujourd'hui qu'il n'y en avait en 1857,
- l'état des locaux judiciaires ou de la police, les conditions de travail, les matériels mis à la disposition sont en dessous du minimum digne d'un État moderne.
- le nombre de places de prison est notoirement insuffisant.
Pour toutes ces raisons, idéologiques, syndicales et techniques, la formule "Justice est faite" n'a de toute évidence plus de sens aujourd'hui.
Qu'on réfléchisse simplement à ces deux états de fait, au plus haut et au plus bas de la hiérarchie des peines: alors que le nombre de crimes de sang était très inférieur en 1972 à ce qu'il est aujourd'hui, le nombre de condamnés à perpétuité n'a cessé de baisser depuis lors. En outre, les condamnés à moins d'un an de prison ferme ne sont pas incarcérés, faute de places et de volonté politique réelle.
III- Oui, Mesdames et messieurs, le mauvais exemple vient d'en haut, depuis trop longtemps.
Toutes ces dérives n'ont pu se produire qu'en raison de la complicité, de la lâcheté ou de la passivité des pouvoirs publics.
Sur ce point comme sur tant d'autres, la rupture entre les souffrances du peuple et l'angélisme des élites est patente.
Une proposition de loi tendant à rétablir la peine de mort a été enregistrée à la Présidence de l'Assemblée nationale le 8 avril 2004.
Elle a été cosignée par 47 députés seulement, soit 9% des parlementaires, tandis que depuis 1981, une large majorité des Français souhaite rétablir la peine suprême pour les crimes abjects.
De la même façon, à propos de la Constitution européenne, le Parlement français avait voté Non à 8%, le peuple Français a dit Non à 55%.
Le fossé entre le pays légal, incarné par cette Assemblée qui ne représente plus rien, et le pays réel, n'a jamais été aussi profond.
Le Président de la République, quant à lui, avait voté l'abolition de la peine de mort en 1981. Mais cela ne lui suffit pas. Il a décidé de franchir une étape supplémentaire en indiquant, à l'occasion de ses voux pour 2006, qu'il allait engager une révision constitutionnelle afin d'inscrire « solennellement » dans la Constitution que « la peine de mort est abolie en toutes circonstances ».
En effet, en dépit de la convention européenne de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales, le rétablissement de la peine de mort demeure juridiquement possible, ainsi que le Conseil Constitutionnel l'a récemment laissé entendre.
La constitutionnalisation de l'abolition répond à donc à l'objectif de barrer la route à toute tentative parlementaire pour rétablir la peine capitale.
Malade de l'étroitesse d'esprit de ses chefs, malade de l'insécurité et malade de sa justice, la France et les Français ne peuvent espérer que dans le Front National pour rompre avec la décadence et restaurer les principes de bon sens nécessaire à la bonne marche de notre pays et à la survie de notre peuple.
IV- Il faut bannir de l'appareil judiciaire et de notre politique pénale la philosophie d'inspiration marxiste selon laquelle le coupable n'est pas responsable puisqu'il ne serait qu'une victime de la société.
Cette idéologie débouche sur une irresponsabilité de principe, excuse toute conduite déviante et conduit au pire des totalitarismes, la "barbarie à visage humain". Sauf cas pathologiques exceptionnels, l'homme est un être libre, responsable de lui-même et de ses actes. S'il commet un crime ou un délit, il doit être puni en conséquence.
Ainsi, la peur pourra-t-elle quitter le camp des honnêtes gens pour retrouver celui des malfaiteurs.
Il faut en effet une volonté politique qui procède de la préférence pour les innocents face aux criminels et aux délinquants.
Pour cela, rien n'est plus urgent que le rétablissement de la sanction réelle des crimes et des délits, en réhabilitant la notion de peine prompte, certaine et incompressible.
Il faut aussi sortir du funeste principe de l'individualisation des peines cher à Marc Ancel. C'est le principe selon lequel le juge peut aménager une peine en fonction de cas particuliers et de circonstances atténuantes propres à l'auteur de l'infraction.
Le code pénal actuel prévoit pour chaque catégorie de crimes ou de délits une peine pouvant varier à l'intérieur d'une fourchette relativement large. Il convient de réduire cette marge de façon à éviter de trop grandes disparités d'une juridiction à l'autre.
Les peines criminelles doivent avoir un plancher incompressible.
Il faut également augmenter les moyens matériels et humains de la police et de la justice, dans un seul but: tolérance zéro !
C'est la sanction du plus petit forfait qui indique la détermination des pouvoirs publics.
C'est la sanction du plus petit forfait qui initie l'apprentissage de la sagesse.
C'est enfin la sanction du plus petit forfait qui, en dernière instance, justifie la rigueur des peines les plus graves.
Exigée par l'immense majorité des pères et des mères de familles, la peine de mort sera donc rétablie et s'appliquera aux crimes suivants, si le Front National accède aux responsabilités du pouvoir :
- meurtres d'enfants et de personnes âgées,
- meurtres en séries
Depuis trop longtemps, les partisans de la peine de mort ont été réputés indécents, au mépris du bon sens et de la justice élémentaire.
L'indécence, en effet, c'est celle des crimes de sang.
Toutes les minutes de leur vie, les parents de Mathias et de Madison penseront au martyre de leur enfant, tandis que leurs assassins étudieront le droit ou la sociologie en regardant la télévision en tôle, pendant quelques années.
Seul le Front National défend depuis toujours cette nécessaire mesure de justice et de prévention, mais il est vrai que les magouilles des partis établis l'excluent depuis longtemps de cette assemblée.
Nous avions déposé en 1988 un projet de loi tendant au rétablissement de la peine de mort dans les cas que j'ai mentionné. Yann Piat, élue député Front National au scrutin majoritaire en 1988, l'a également demandé, avant d'être elle-même assassinée.
Moi-même, je me suis régulièrement prononcé en faveur du rétablissement de cette peine, comme dans l'entre deux tours de l'élection présidentielle de 2002.
Dans un certain nombre de cas, la peine de mort correspond évidemment à la légitime protection de la société.
Sur 300 tueurs en série relâchés depuis 1900 de par le monde, tous, je dis bien tous, ont tué à nouveau au moins une fois, selon Stéphane Bourgoin, chroniqueurs à Europe 1 et auteur du livre " serial killers".
Reprenant le titre d'un ouvrage de Maud Marin consacré aux meurtriers d'enfants, je dis et répète moi aussi: " Non à la mort, mais que messieurs les assassins commencent "!
De surcroît, l'exemple américain montre de façon absolument incontestable que la peine de mort est dissuasive.
Elle a en effet été suspendue sur l'ensemble des Etats-Unis entre 1967 et 1973, puis réintroduite par les trois quarts des Etats fédérés après 1973. Le taux de meurtre pour mille habitant est passé de 11, 6 pour mille habitant en 1970 à 5,5 pour mille en 2004.
Le nombre de crimes de sang est en chute libre aux Etats-Unis depuis 30 ans en raison de la réintroduction juridique et de l'application de la peine de mort.
En effet, le taux de meurtre a baissé de façon particulièrement spectaculaire précisément là où la peine de mort a été rétablie, faisant baisser la moyenne nationale toute entière.
L'efficacité dissuasive de cette peine a d'ailleurs été scientifiquement démontrée aux Etats-Unis par des études économétriques.
Selon ces études, l'application de la peine capitale augmente également l'efficacité de toutes les mesures répressives inférieures.
Cela se comprend : la peine de mort pour les crimes les plus odieux et les plus graves est le sommet naturel d'une hiérarchie pénale qui correspond à la pyramide des crimes et des délits.
" En abolissant la peine de mort, on a aboli toute l'échelle des peines" disait Peyrefitte, alors Garde des Sceaux.
En effet, après 1981, la peine de prison pour l'homicide volontaire (crime), devait être la réclusion criminelle à perpétuité, puis les trente ans incompressibles.
Elle était en réalité de 14 ans et demi en 2002, et encore ne s'agit-il que d'une moyenne, puisqu'on voit désormais certains criminels homicides sortir au bout de 5 ou 6 ans.
Enfin, je voudrais conclure sur ce point, en reprenant à mon compte le propos du grand philosophe libéral Pierre Manent, pour qui la peine de mort est un élément constitutif essentiel d'un Etat souverain complet, qui fonde sa légitimité en se dotant de tous les moyens de garantir la sécurité publique pour tous.
La peine de mort est donc à la fois un impératif de justice, une garantie de limitation de l'ensemble de la criminalité et une prérogative indispensable à l'exercice de la souveraineté de l'Etat.
Pour toute ces raisons d'intérêt supérieur de la France et des Français, je réclame à nouveau, au nom du Front National, l'organisation d'un référendum à ce propos, afin que nos compatriotes puissent s'exprimer sur cet enjeu fondamental qui conditionne le type de société dans lequel nous voulons vivre.
J'appelle donc l'ensemble de nos compatriotes à signer la pétition nationale « peine de mort pour les assassins d'enfants » que nous avons organisée et qu'ils trouveront sur notre site internet WWW. frontnational.com, ou encore, pour certains, dans leur boite aux lettres.
Faites nos parvenir votre signature à l'adresse indiquée, elle nous permettra de demander solennellement au Président de la République d'organiser le référendum indispensable à cette question fondamentale.
Je voudrais conclure mon propos sur le cas, aujourd'hui oublié, de Christian Van Geloven, assassin de deux petites filles de 11 ans dans les Pyrénées-Orientales, en 1991.
Le Pr. Régis Pouget, l'un des experts psychiatres chargés de l'examiner, rapporte ainsi cette déclaration que lui fit Van Geloven :
« Lorsque Van Geloven nous a déclaré que sa maîtresse américaine (il était alors aux Etats-Unis pour raisons professionnelles) a réveillé en lui ses instincts de pédophile, je lui ai demandé : « Pourquoi n'avez-vous pas enlevé d'enfant à cette époque ? »
Il m'a répondu : « Parce que ce n'est pas possible, aux Etats-Unis on encourt la peine de mort. »
La présence de la peine capitale aurait peut-être donné une chance, même infime, même incertaine, à deux petites filles de survivre.
Cette infime chance-là a été sacrifiée au profit de la vie d'un individu qui savait qu'il ne la risquait pas en prenant celle de deux enfants innocentes.
Je forme des voux pour que ces paroles résonnent jusqu'au fond de ce bâtiment, afin qu'aucun des parlementaires n'oublie que Mathias et Madison, comme tant d'autres hier et peut-être hélas, demain, n'ont pas eu plus de chance..
Un dernier mot.
Hier, la Cour d'Assise du Vaucluse a condamné un clandestin marocain de 23 ans à 25 ans de prison. Il avait pourtant tué, avec préméditation, avec une hache, un jeune homme, Romain, qui lui avait refusé une cigarette, sous les yeux de Marion, sa jeune amie.
Son avocat, le socialiste Pezet, a déclaré :
« Chaque être a droit à un avenir ».
Dans 10 ans ou moins, l'assassin sera en liberté.
Romain, lui, sera dans sa tombe, et les siens purgeront leur chagrin à perpétuité.
Ce n'est pas juste et les Français ont soif de justice.
Le responsable de la sécurité des Français, c'est Monsieur Sarkozy. Le slogan de sa campagne présidentielle, c'est : « La France demain ».
Or, ses responsabilités sont celles de la France d'aujourd'hui. Qu'il les assume, car c'est nous qui nous chargerons de la France de demain !
Je vous remercie.
Discours du 1er mai 2006 ( extraits )
Source : http://www.frontnational.com
Les émeutes de banlieues du mois de novembre, que j’avais également annoncées, nous montrent de la même façon ce qu’il en coûte à une Nation de ne plus considérer les individus, hommes et femmes, qui la composent, que comme des consommateurs indifférenciés, sans tenir compte de leurs croyances et de leurs origines.
Des différences que seul le creuset républicain patriote pouvait permettre de fusionner en citoyens français fraternels.
Creuset aujourd’hui détruit par toutes les politiques de gauche et de droite qui se sont succédées depuis 30 ans, et qui nous sautent aujourd’hui au visage, à la moindre occasion, comme un retour du refoulé.
La désespérance en effet a atteint aujourd’hui un tel niveau dans toutes les couches de la société, que la moindre étincelle met le feu aux poudres…
Telle la grandguignolesque mésaventure du CPE qui a vu les enfants des écoles dicter un mois durant la politique à un Premier ministre paralysé… Paralysé par les divisions de son camp et les pitoyables palinodies d’un président qui ne préside plus rien, sinon les comices agricoles !
Une mesurette dans la droite ligne de l’asservissement programmé du pays au diktat de cette mondialisation commerçante, via Bruxelles, contre laquelle nos forces ont remporté, lors du référendum, une brillante victoire - victoire dont la gauche et les médias une fois de plus ont essayés de nous spolier…
Une mesurette qui certes rognait encore un peu plus les acquis des salariés français issus des
30 glorieuses, dans le but d’en créer quelques-uns en ces temps de disette des 30 piteuses… et qui serait passée comme une lettre à la poste, un TUC de plus, un " emploi jeune " nouvelle formule… si le chef du gouvernement n’avait pas voulu passer en force…
Croyant… reniflant l’air du temps, que les Français inquiets voulaient avoir le sentiment rassurant d’être enfin gouvernés…
Intuition juste en effet…
À cette différence près, que les Français attendent de l’autorité de l’Etat et de la Nation qu’ils les protégent de la déréglementation mondialiste et de ses violences…
Et pas qu’elle en accélère les effets.
C’est cette trahison de trop du politique soumis à l’économie apatride contre l’intérêt de l’immense majorité de nos citoyens…
C’est cette fausse gouvernance, qui se part de l’esthétique de l’autorité pour mieux abdiquer sa mission protectrice et régulatrice, qui a produit ce vaste rejet…
Un rejet dont la gauche s’est réjoui… Elle qui n’avait pourtant rien d’autre à proposer, et les
Français le savent… qu’elle ne se réjouisse pas trop vite !
Un rejet dont un certain Nicolas Sarkozy s’est réjoui, qu’il ne se réjouisse pas trop vite lui non plus, maintenant qu’il a pris la main, la prochaine crise sera pour lui… Et dans le contexte actuel elle risque d’arriver très vite !
Étrange jeu politique en effet, qui a vu une gauche préférer comme partenaire présidentiel un Sarkozy l’Américain, pourtant plus libéral encore… Un candidat qui ne cesse de clamer, sitôt à l’étranger, combien il ne se sent pas français ! Plutôt qu’un homme qui avait au moins le mérite d’essayer de faire son boulot. Un homme qui dans l’affaire irakienne avait au moins montré, lors de son passage au quai d’Orsay, un certain attachement gaullien aux intérêts supérieurs de la France.
Attachement que les forces supranationales de droite et internationalistes de gauche ne lui ont visiblement pas pardonné !
D’où cette alliance étrange du syndicalisme trotskiste et du sarkozysme… si cohérente au fond !
Chaque jour qui passe rend plus évidente aux yeux de tous, la décomposition du régime. Après les scandales nés du financement occulte de tous les partis (sauf le Front National) par les escroqueries, les détournements de fonds.
Après les HLM de Paris, le Crédit Lyonnais, les affaires de la MNEF, les loyers d’Ile de
France, URBA et ORBI.
Le mensonge d’Etat est la règle dans notre République bananière. On nous a menti, il y a 20 ans, lors de la catastrophe de Tchernobyl, on nous ment aujourd’hui sur les risques que fait courir à l’Europe, la centrale nucléaire tchèque de Temelin.
C’est aujourd’hui, l’affaire Clearstream qui, traduite en français, se dit courant clair alors qu’il s’agit d’un torrent de purin. Les dirigeants de la majorité se prennent à la gorge. Les plus hautes personnalités sont mises en cause.
La République vacille. Il est temps de changer les choses avant que le pays ne se disloque et ne se décompose.
Étrange affaire du CPE qui outre montrer la vacance du pouvoir, l’anomie de la présidence… a vu s’acharner contre un Premier ministre des forces politiques qui n’avaient au fond rien à proposer d’autre, ni à lui opposer…
Car ce rejet ne fut pas de la part des politiques un rejet sur le fond mais sur la forme.
De n’avoir pas joué ce jeu de dupe, comme eux-mêmes ont si bien su le faire depuis 1981. Jeu de dupe dont le Premier ministre Villepin a crû pouvoir et devoir faire l’économie, par le recours au 49-3
C’est finalement pour avoir mis la puce à l’oreille des Français sur le seul rôle et le seul pouvoir désormais dévolu au politique en régime mondialisé - celui de faire passer la pilule - de mettre la France, son Histoire, ses acquis aux normes du commerce mondial par de creux discours ! que les autres l’ont condamné…
Jeu de dupes, querelles de détail, fâcherie sur deux approches de la soumission, où le Premier ministre n’incarnait pas la plus perverse…
Voilà au fond à quoi s’est résumée l’immense mascarade du CPE.
Tout ça cher amis…
Je vous le dis, malgré les lazzis, les insultes, les quolibets, depuis 30 ans…
Et depuis 30 ans, les mêmes qui vous manipulent, les mêmes qui mènent ce pays, ses classes populaires et aujourd’hui ses classes moyennes à la ruine, vous empêchent de m’écouter, pervertissent mon message, jusqu'à me pousser à la colère et je le reconnais même, parfois, à l’excès…
Colère, excès justifiés, je crois que vous êtes de plus en plus nombreux à le comprendre, par un amour intransigeant de mon peuple et de mon pays… (sans froisser son électorat historique ni l’appareil…)
Toujours guidé dans ma lutte par cette intuition, aujourd’hui certitude, que sans la Nation, la République devient progressivement un mot creux, un alibi… le cache-sexe de la fameuse démocratie de marché ou la démocratie n’est bientôt plus que l’alibi du Marché !
Ceux qui ont pu se sentir heurtés par un message souvent grossi, caricaturé par les médias à la botte, je veux aussi, en ces temps de réconciliation devant la tache immense qui nous attend tous (attitude de futur président, rassembleur, aux antipodes de la ligne Sarko-Villiers, irresponsable, à développer ?) m’adresser à eux : (Les Dieudonnesques, les pro Iran, les banlieusards dont le PS est en train de perdre le contrôle…)
Qu’ils n’oublient pas que tout au long de ces années, ce ne sont pas les immigrés que j’ai fustigés, mais la politique insensée d’immigration massive et ses responsables : les politiciens de gauche et de droite.
Car en mon âme et conscience - et ces gens la le savent, le sentent -, je n’ai jamais fustigé ces humbles travailleurs, poussés par la misère, à offrir leur travail et leur bras pour participer, souvent aux taches les plus rudes, aux postes les plus ingrats, à l’édification de notre pays.
Tous ces politiques, employeurs au rabais, marchands de sommeil… qui les traitent sournoisement en ennemis, quand je ne fus jamais, moi, que le loyal adversaire du mécanisme dont ils étaient, avec les français de souche, les victimes. Mais je n’ai en revanche jamais accepté que des arrivants, que ceux qu’on pourrait appeler des " Français récents ", poussés souvent sur le chemin de l’irrespect et du mépris par nos pseudos élites qui n’ont eu cesse, depuis 30 ans, que de salir la France et son Histoire (les responsables)… se permettent de cracher sur notre pays, notre patrie… Je n’ai en revanche jamais accepté, et je n’accepterai jamais que la France, édifice subtil édifié par les siècles - France qu’on croyait éternelle et qu’on découvre aujourd’hui fragile, au bord de l’effondrement - soit ruinée, défigurée par une immigration sauvage, incontrôlée… qui ne sert ni le dessein de la France, ni celui des immigrés eux-mêmes… Mais seulement le dessein obscur de ceux qui ont proclamé et programmé depuis 30 ans son déclin ! Car je le redis ici haut et fort, comme je le répète aussi depuis 30 ans, l’immigration sauvage, incontrôlée, n’est pas plus l’intérêt de la France qu’elle n’est celle des immigrés eux-mêmes. À cette invasion anarchique et ruineuse, moi, Jean-Marie LE PEN, fidèle aux valeurs qui sont les miennes, j’oppose une fois retrouvé la souveraineté et le contrôle de nos frontières, une fois stoppée le torrent migratoire, une intégration par le travail… exigeant formation et qualification, dans le but que les plus capables puissent exercer demain les métiers dont la France a besoin. Vaste chantier auquel je compte m’attaquer dés 2007, qui pourrait régler à la fois la question du chômage des jeunes et notamment des jeunes des milieux populaires… Et aussi la question cruciale, tragique demain, du non-remplacement des centaines de milliers d’artisans, souvent issus des vagues d’immigrations précédentes : espagnole, italienne, portugaise, polonaise, slave impériale… tous fiers Français aujourd’hui au seuil de la retraite, et qui, si on ne fait rien, ne seront pas demain remplacés à leurs postes, ni bénéficiaires des retraites méritées. Car il est bien évident, mes chers compatriotes, que nous n’aurons une petite chance d’intégrer ceux qui sont déjà là, ceux qui veulent s’intégrer par le travail, ceux qui n’aspirent qu’à devenir français et à participer aux droits et au devoirs de la citoyenneté, que si nous arrêtons la déferlante, ce torrent qui mène tout droit la France à la balkanisation… et à la guerre civile … L’exemple yougoslave, irakien, Sri-Lankais… doit nous alarmer sur ce qu’il peut advenir d’une Nation, jusqu’où elle peut sombrer, quand se retrouvent à sa tête, ceux qui ne pensent qu’à diviser pour régner… Ainsi en va-t-il aussi des communautés… communautés qui pourraient constituer la richesse et la diversité de notre pays… mais qui à force de tourner à la revendication aigre, de monter des Français contre des Français, achèvent aussi de diviser la France et de la rendre ingouvernable… Ce communautarisme victimaire généralisé qui n’a de cesse de demander réparation au nom d’une vision de l’Histoire simplifiée, manipulée, caricaturée… où le monde, la Nation ne seraient plus qu’un agrégat de victimes bêlantes en concurrence… faisant la queue au tourniquet pour encaisser les fameuses réparations ! Réparations sonnantes et trébuchantes que devrait seul payer le Français de souche, ce cochon de payant qui ne revendique rien, travaille… humble dans son coin de France dévasté… et cyniquement rendu responsable de tous les maux ! Comme l’immigration sauvage, ce communautarisme qui confond différence et jérémiade, fierté et calcul sordide… Ce communautarisme que certains politiques favorisent et courtisent dans une parfaite incohérence, suivant juste les lois à court terme du marketing et de la segmentation de marché ! Ce communautarisme-là aussi doit cesser. Il est grand temps en effet de rappeler à tous ces communautaires les principes de la République, une et indivisible, qui ne reconnaît dans la sphère publique et laïque, ni musulmans, ni juifs, ni chrétiens, ni gays, ni groupe de pressions, ni lobby… mais seulement des citoyens français et l’intérêt général… Laissant toute liberté à l’individu de pratiquer son culte, ses hobbies, ses lubies mêmes… au bon soin de la sphère privée et sans pouvoir nier que la France est une Nation de culture chrétienne et humaniste. Français, Française, compagnons, camarades… - C’est par cette double lutte, contre la sauvagerie du marché euro-mondialiste - et la sauvagerie du néo-tribalisme des communautés… - C’est en revalorisant l’entrepreneur local, créateur d’emplois contre les multinationales délocalisatrices… - C’est en revalorisant l’apprentissage contre les coûteuses études souvent fumeuses et stériles qui sont autant de privilèges au mépris des déshérités… - C’est en remettant à la place - la première - la Nation et le peuple du travail qui nous réunissent tous ici aujourd’hui… que nous pourrons seulement, tous ensemble, restaurer l’espoir. L’espoir en la France, le respect des Français les uns envers les autres. Le respect de la France et des Français. Quand tous les politiciens de la gestion molle, ces élites illégitimes qui n’en finissent pas de se déliter dans les petites combines, pour finalement se défiler au premier coup de vent, à l’image lamentable d’un président de la République soudain frappé d’asthénie par les difficultés et les épreuves qu’il a toujours éludées… Quand les diviseurs et les félons se réjouissent du chaos dont ils espèrent, en douce, tirer les dividendes, sans jamais se soucier de vous, de vos souffrances et de vos attentes… Quand les plagiaires se multiplient, répétant, parodiant mes mots et mes thèses sans vergogne, eux qui s’y sont toujours opposés depuis 30 ans… Ces pâles imitateurs qui ne sont même plus des " duplicators ", mais des " caricators " tant on sent désormais que leur seule fonction, est de tenter de ramener vos voix au système, juste pour lui permettre de se survivre encore un peu, un jour, un mois, un an… Moi, Jean-Marie LE PEN, habitué contre vents et marées, depuis trente ans, à naviguer par gros temps, par tous les temps !, je suis là, encore et toujours, bon pied, bon œil ! et je vous dis espérer toujours en la France, une et indivisible, fière de son histoire, éprise de liberté et soucieuse des humbles… En cette France multiple, depuis toujours respectueuses des différences, mais unie comme à chaque moment décisif de son histoire, dans l’effort, face à l’adversité… cette France populaire que j’aime, qui m’a aimé et élevée, moi le pupille de la Nation, cette France que je défends depuis ma jeunesse et que je veux encore défendre aujourd’hui, demain, pour vous, avec vous, peuple de France et force vive de la Nation ! - de Jeanne et du peuple laborieux symboliquement mêlés en ce beau jour du 1er mai - que je me dis en pensant à demain qui approche, en voyant nos troupes grandir, nos idées gagner du terrain et la réalité nous donner raison, que nous ne sommes pas à l’abri, demain, d’une victoire éclatante… D’une victoire ô combien méritée ! C’est d’ailleurs dans ce but que je renouvelle ici, devant, vous mon appel à tous les patriotes et à la création d’une " Union Patriotique ", dont naturellement je prendrais la tête, puisque je suis, de l’avis de tous, y compris des sondeurs, qui n’ont pourtant pas l’habitude de me ménager ni m’avantager ! le mieux placé de tous les candidats qui se réclament de la droite nationale pour l’emporter… Cette main tendue, je la tends à tous, anciens compagnons comme nouveaux concurrents…libres à eux de l’étreindre ou de la refuser, mais ceux qui l’a refuseront devront alors porter la responsabilité de leur choix devant l’histoire et nos concitoyens, qui ne manqueront pas - je ne doute pas de leur clairvoyance - d’interpréter ce refus comme il se doit… Je vous le dis, en vérité, je crois à la victoire nationale aux 2 tours de l’élection présidentielle. En effet, l’élection présidentielle et les élections législatives de 2007 marqueront un tournant de la politique française. Elles peuvent et doivent être la chance de la France. Dans cette perspective, j’avais annoncé que je proposerais aujourd’hui les lignes d’une stratégie devant permettre le renouveau. Face aux tenants du conservatisme le plus obtus et le plus lâche qui est symbolisé par la gouvernance UMPS qui règne depuis 30 ans en parfaite complicité, organiser la victoire à la présidentielle et celle d’une majorité patriote aux législatives. C’est le cas de Monsieur Sarkozy de Nagy-Bocsa qui pendant 30 ans a été un militant, un élu à toutes sortes de mandats, conseiller municipal, maire, conseiller général, conseiller régional, député national, député européen, secrétaire d’état, ministre, ministre d’état et qui aujourd’hui s’exerce au périlleux exercice du grand écart du soutien de rupture. Il faut pour faire échec à ces manœuvres organiser la candidature unique de l’opposition nationale à l’élection présidentielle et rassembler toute la nébuleuse des patriotes pour gagner les élections législatives et suivantes. Je crois pouvoir être ce candidat des patriotes français car je crois avoir fait depuis plusieurs décennies et par 3 fois aux présidentielles en obtenant 15% des voix et plus, la preuve de cette légitimité. Mais pour réaliser par voie de référendum les grandes réformes nécessaires et notamment celle qui doit nous permettre d’atteindre 7% de croissance, chiffre nécessaire pour relancer l’économie et donner le plein emploi, il faut aussi une majorité législative, celle-ci peut se créer dans l’unité de candidatures des patriotes : l’Union Patriotique s’ouvrant aux organisations, aux individualités de tous bords, aux volontés de réussir. Il faut renvoyer ceux qui ont été complices du déclin, par paresse, par lâcheté, par aveuglement. Ils ont failli ! Il faut sortir les sortants. Avec les autres, françaises et français de bonne volonté qui ont compris que l’abstention est criminelle et que personne d’autre qu’eux-mêmes ne viendra à leur secours, que l’avenir des jeunes, le chômage des travailleurs, les retraites des anciens vont dépendre de notre capacité à nous unir pour vaincre. Nous allons dans les semaines qui viennent nous assurer d’avoir largement le nombre de signatures d’élus nécessaires puis nous parcourrons le pays. Chacun à sa mesure pour mobiliser la France contre la chienlit de l’abandon. Par notre défilé nous avons rendu à Jeanne l’hommage fraternel qu’elle continue de susciter par delà les siècles, par son impérissable exemple de patriotisme, de lucidité, de courage, de réalisme politique et de résistance moral et spirituelle et son esprit de sacrifice jusqu’à la mort infâme et sublime du bûcher de Rouen. Symbole de la Patrie, de la jeunesse, de l’héroïsme, Jeanne la lorraine avec l’aide de Dieu a fixé à jamais dans l’histoire du Monde, la place exceptionnelle de la France. Elle a démontré les armes à la main que celle-ci ne pouvait être soumise à aucune organisation terrestre qui ne fut elle-même. Aujourd’hui comme hier, il ne saurait y avoir de France qu’indépendante et souveraine, en coopération avec les nations réunies par la géographie ou par l’esprit mais capable de décider elle-même de ses lois et de sa destinée. Le 1er mai qui fut souvent ensanglanté par les luttes de classes est devenu la fête du travail, non plus moyen d’asservissement et d’exploitation comme il le fut à certaines périodes, mais au contraire moyen de libération, d’indépendance des travailleurs, de dignité et de sécurité des hommes et des femmes et de leurs familles. Le glose marxiste qui a entraîné des peuples entiers, pendant des décennies dans l’enfer du communisme, a continué chez nous d’influencer la jeunesse à travers les enseignants mais les travailleurs à travers des syndicats de plus en plus discrédités et secrétant un conservatisme au bénéfice de syndicalistes professionnels véritables intermittents de la comédie sociale. La notion de travail a été dénigrée, vilipendée et on a perverti la jeunesse en lui laissant croire qu’on pouvait obtenir la sécurité et la prospérité en travaillant moins. Et c’est vrai qu’on travaille de moins en moins en France et que nous sommes, toutes frontières abolies, à la merci de la concurrence mondiale qui travaille plus et vend moins cher. Il faut réhabilité le travail, l’honorer comme il le mérite, qu’il soit manuel ou intellectuel, à la mesure du service rendu à la communauté sociale et à la Nation. Il faut le protéger des concurrences injustes par es droits de douanes modernes, modulables et remboursables. Le débarrasser des servitudes bureaucratiques. Supprimer l’impôt sur les revenus du travail. En France, les français veulent travailler, ce sont des lois stupides prétendument sociales telles la retraite à 60 ans et les 35 heures qui les en empêchent ! C’est la situation dramatique de la France qui réclame sans délai un changement radical de ligne politique, la prise en compte de données fondamentales et qui ont été jusque là ignorées ou dissimulées. Il faut que le peuple français sache la vérité sur le mal qui le menace de mort. L’immigration massive qui ruine ses finances dissout son identité et crée dans de nombreuses villes des risques de rupture sociale et de grave insécurité. Il faut tarir le flux migratoire et modifier la législation d’acquisition de la nationalité. L’insécurité croissante est devenue structurelle. Elle agresse directement et quotidiennement dans trop de nos villes, le droit élémentaire des citoyens à la tranquillité, au bien-être et au respect. Il est indispensable de retrouver notre capacité à disposer de nous-mêmes, c'est-à-dire de recouvrer notre souveraineté nationale bradée à une Europe qui a trahi toutes les promesses faites en son nom et qui, aujourd’hui, est la partie du monde la moins performante économiquement et la plus envahie par l’immigration. Il faut que charbonnier redevienne maître chez lui. Les français doivent remettre en question un certain nombre de dogmes dont le mensonge est aujourd'hui démontré. Parmi eux, la supériorité, l’excellence du fameux modèle social français. Celui-ci ressemble à la défroque d’un scaphandrier cycliste qu’on aurait doté de surcroît d’un parachute et d’un masque à gaz. Il n’arriverait même plus à monter sur son vélo. Osons mettre à bas les idoles marxistes. L’excès des dépenses publiques que ce modèle génère, entraîne une fiscalité écrasante à laquelle s’ajoute une bureaucratie tatillonne et paralysante. Il faut libérer l’économie. Il arrive un moment où les règlementations sont les chaînes de la servitude. La France, certes, a un rôle à jouer dans le monde, mais elle ne peut le faire que si elle reconstitue ses forces économiques, sociales, militaires, si elle retrouve la fierté d’elle-même, de son passé, si elle sort de ses états présents pour construire un avenir de liberté et de prospérité. Il faut restaurer les valeurs morales qui fondent et garantissent une société juste et humaine. Qui peut déclancher ce grand sursaut ? Certainement pas les hommes politiques de droite et de gauche qui sont responsables de son déclin. Certain d’entre eux, très médiatisés, affirment qu’ils ont compris et parlent aujourd’hui, mais depuis peu, comme LE PEN et le Front National. Ils parlent comme LE PEN, mais en fait roulent pour le Système comme ils l’ont toujours fait depuis 20 ans. Certains osent braver le ridicule en plagiant le programme et nos formules. Ils vont même jusqu’à y ajouter des attaques diffamatoires comme quand le Vicomte répète sur tous les tons : moi je pacifie les banlieues (où il voulait envoyer la Légion Etrangère) et LE PEN arme les barbus. Moi, je combattais les barbus quand le Vicomte se bornait à entendre siffler les balles de tennis. Il affirme, sans craindre le ridicule, que je veux donner la bombe islamique à l’Iran. Cette accusation est délirante. La guerre avec l’Iran aurait des conséquences tellement tragiques qu’à ce jour, laisser les irresponsables souffler sur la flamme est insensé. J’avais des 90, s’agissant de l’Irak, dénoncé les risques d’une politique aventuriste, dénoncé l’embargo criminel imposé au malheureux peuple irakien par les puissances les plus riches du monde. J’avais encore combattu la 2ème guerre faite à l’Irak sous de faux prétextes. L’Irak est aujourd’hui en pleine anarchie. Va-t-on prendre les mêmes risques en Iran ? Ce serait une folie criminelle. Mais me direz-vous, cela ne rend-il pas illusoire la stratégie d’Union Patriotique ? Je ne me suis jamais caché que sa réalisation serait difficile et exigerait de tous un effort, nous de générosité et d’autres de loyauté. La nécessité de vaincre en 2007 est si impérieuse qu’elle justifie tous les efforts, tous les sacrifices. Contrairement à ce que d’aucuns pensent, cette offre ne s’adresse pas seulement aux leaders des partis politiques dont on entend parler. Elle s’adresse à tous nos concitoyens qui ont dans la vie civique une quelconque responsabilité. D’aucuns dirigent de petites formations politiques, sociales, sportives, confessionnelles, d’autres animent des journaux nationaux, régionaux, locaux ou même de quartier. Tous ceux qui ont une influence fut-elle modeste, fut-elle celle de leur famille, de leur profession, de leur association doivent nous rejoindre dans la collégiale Union Patriotique qui se donne pour objectif de donner la parole à la majorité silencieuse du peuple français pour lui permettre de décider de son destin. Elle s’adresse même aux individualités qui jusqu’ici n’ont pas cru devoir s’intéresser à la vie politique. Au moment de nous séparer, momentanément, car nous resterons tout au long de cette année décisive, à l’écoute attentive les uns des autres, tendus non seulement dans l’espérance mais dans l’attente des victoires capitales. A ce moment, donc, et en guise d’au revoir, laissez moi vous dire ces quelques vers d’un poème dédié en 1915 en pleine guerre à la France par le grand poète nationaliste italien Gabriel d’Annunzio et dont le manuscrit fut offert en 1958 par l’ambassadeur d’Italie Rossi Longhi, au Général de Gaulle : France, France, la douce entre les héroïnes Bénie, amour du monde, ardente sous la croix Bonne aux murs d’Antioche alors que Godefroy Sentait sous son camail la couronne d’épines Debout avec ton Dieu comme au pont de Bouvines Dans ta gloire à genoux, comme au champ de Rocroi Neuve immortellement comme l’herbe qui croît Aux bords de tes tombeaux et au creux de tes ruines. Ressuscitée en Christ qui fait de ton linceul Gonfanon de lumière et cotte de croisade " France, France, sans toi, le monde serait seul " Ensemble, nous allons gagner la bataille présidentielle et sur une plate forme de Salut Public, les élections législatives et, s’appuyant sur le peuple français par le biais des référendums, réformer la France en profondeur. Je tends la main loyalement à tous ceux qui, aujourd’hui, comprennent que le sort de la Patrie mérite tous les efforts et tous les sacrifices. Chaque français y a sa place. Henri IV disait " Le violent amour que je porte à la France m’a toujours tout rendu aisé et honorable ". En 1214, l’armée de Philippe Auguste marchait sur l’ennemi : l’empereur d’Allemagne Othon IV, le roi d’Angleterre le comte de Flandres, la levée en masse des communes de France apporte l’élan nécessaire pour remporter la grande victoire de Bouvines. J’entends monter de la France profonde, le bruissement d’un peuple qui s’éveille et se lève prêt à se battre pour ne pas mourir. Avec nous, en avant ! Vive le Front National Vive l’Union Patriotique Vive la République Vive la France


