samedi 17 juillet 2010

La mascarade de Nouméa

Hommage_Ouv_aLe drapeau du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste ( FLNKS ) flotte désormais avec notre drapeau national sur les frontons des bâtiments publics de Nouvelle-Calédonie.

Et c'est carrément le Premier-ministre François Fillon qui est venu assister au levé des couleurs " nouveau style " suite à l'accord présidentiel d'une proposition du comité de suivi de l'accord de Nouméa qui avait approuvé le projet du député UMP Pierre Frogier de hisser le drapeau du FLNKS au côté du drapeau national.

On rappellera que le drapeau hissé aujourd'hui au Haut-commissariat de la République à Nouméa est le drapeau des indépendantistes et non pas celui des calédoniens. Ce dernier est entaché du sang des gendarmes et fusiliers marins assassinés par les indépendantistes en avril 1988 à Ouvéa.

Pour en revenir à la présence du chef du gouvernement en Nouvelle-Calédonie pour la levée des couleurs kanaks, faut-il en être étonné ? Pas vraiment lorsqu'on se souvient de l'inauguration de la mosquée d'Argenteuil par le même responsable politique qui a - ce jour là - oublié le principe de laïcité. Aujourd'hui c'est simplement oublier que la République est une et indivisible même si l'est parfois acceptable de devoir reconnaître quelques spécificités locales.

Mais dans le cas précis, il est intolérable de voir flotter dans le ciel d'un territoire français un emblème indépendantiste !

Bianca Hénin, Secrétaire départementale du FN en Nouvelle-Calédonie a d'ailleurs prononcée une phrase qui doit résumer tout ce qu'un patriote français doit penser de cette mascarade : " Nous n’accepterons jamais le drapeau FLNKS, qui reste un drapeau de la honte, entaché de sang . Ce n’est pas un drapeau identitaire, tous les Kanak ne sont pas indépendantistes ! "

Rien a ajouter.

Yann Redekker

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jeudi 13 mai 2010

Le nouveau logo de l'UE

UE_dictature

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mercredi 11 février 2009

L'Union européenne cherche à prévenir la radicalisation des jeunes musulmans

Islam_boyLe Monde

Article de Jean-Pierre Stroobants publié le 11 février 2009

L'offensive militaire israélienne à Gaza et les manifestations qu'elle a engendrées dans divers États membres ont entraîné une forte radicalisation au sein de la jeunesse musulmane en Europe.

Telle est la conviction de plusieurs experts de la sécurité. Tant du côté de la Commission que du conseil des ministres de l'Union européenne, les commentaires officiels sont prudents et plus nuancés. "J'ai un doute mais j'aimerais savoir. Je pense en tout cas que les chaînes arabes d'information ont joué un rôle considérable que nous nous devons d'examiner", commente un haut fonctionnaire du conseil. Les menaces que font peser des groupuscules islamistes sont toujours jugées "sérieuses", en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, notamment. Des arrestations opérées il y a quelques semaines en Belgique semblent avoir établi des liens directs avec des filières pakistanaises, confirmant l'attrait renouvelé de jeunes vivant en Europe pour le djihad.

Les services de Gilles de Kerckhove, le coordinateur de la politique antiterroriste de l'Union, jugent en tout cas que la stratégie lancée en 2005, visant à prévenir le recrutement et la radicalisation, doit être maintenue et approfondie. Ce plan entendait aussi analyser les causes qui conduisent des jeunes à adhérer aux idées radicales puis, pour certains d'entre eux, à s'engager dans des mouvements violents.

Du côté de la Commission, et singulièrement de la direction générale Justice, liberté, sécurité (JLS), que dirige Jacques Barrot, on semble plus réservé. Soucieux de ne pas "stigmatiser", de ne pas donner l'impression qu'une communauté dans son ensemble est, une fois de plus, montrée du doigt, on a une approche beaucoup plus réservée que celle de Franco Frattini, le prédécesseur de M. Barrot. Le commissaire italien avait fait de la lutte contre la radicalisation l'une des priorités de son action.

Du coup, une série d'études diligentées par la Commission, ainsi que les travaux d'un groupe d'experts ont apparemment été remisés. Déposés il y a quelques mois, ils contiennent pourtant de nombreuses recommandations. Parfois divergentes et marquées par les origines nationales de leurs auteurs, ces études de terrain se rejoignent pour désigner les principaux lieux de la radicalisation islamiste : les prisons, les établissements d'enseignement et Internet, devenu l'endroit du "recrutement virtuel", soulignent des experts du King's College de Londres. Ils invitent les États membres à établir des moyens humains et techniques et à développer un "contre-discours" susceptible d'endiguer la propagande radicale sur la Toile. Encore balbutiant, ce projet piloté par l'Allemagne et intitulé Check the Web confie une mission de contrôle des sites radicaux à Europol.

Pour les prisons, lieu d'un endoctrinement très difficile à contrer, l'idée est de mettre au point un manuel destiné aux personnels et commun à tous les États membres. Les experts du Change Institute de Londres suggèrent de faire appel à des organisations de la société civile musulmane pour élaborer d'urgence un plan d'action.

Les rapports mettent aussi en évidence une forte baisse de l'âge moyen des recrues pour le djihad. D'où la nécessité d'une action en milieu scolaire, faisant notamment appel aux notions d'identité, de citoyenneté et de multiculturalisme avec, à la clé, une formation poussée des enseignants sur ces thèmes. La Compagnie européenne d'intelligence stratégique (CEIS, Paris) souligne la nécessité de financer l'enseignement des langues vernaculaires, devenu un monopole des centres islamistes. Plus généralement, il faudrait favoriser "une culture de masse européenne de l'islam en direction des jeunes issus de l'immigration" et cesser de présenter cette religion de manière conflictuelle, suggère la CEIS.

A propos du Moyen-Orient, les rapports notent qu'il conviendrait d'étudier attentivement l'idée qu'une résolution des conflits en cours pourrait avoir un fort impact de "contre-radicalisation" en Europe. Ils soulignent que de nombreux musulmans radicaux interrogés pour ces enquêtes se plaignent surtout de l'immobilisme des pays occidentaux.

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mercredi 16 juillet 2008

L'Irlande a dit non, c'est non

Drapeau_irlandaisL'Express

édition du 16 juillet 2008

Le camp du "non" irlandais fulmine. Celui du "oui" n'en pense pas moins... C'est avec colère que de nombreux responsables politiques irlandais ont accueilli les propos tenus mardi par Nicolas Sarkozy. Le président français, à quelques jours d'une visite à Dublin, a "déclenché une nouvelle tempête" en Irlande, selon l'Irish Independent.

"Les Irlandais devront revoter" sur le traité de Lisbonne, rejeté par référendum le mois dernier. "Et je mettrai le veto à tout élargissement (de l'Union européenne) tant qu'il n'y aura pas de nouvelles institutions", avait déclaré le président français selon des députés de son parti l'ayant rencontré dans la journée.

Sinn Féin, seul parti à avoir soutenu le "non" au référendum le 12 juin, a jugé sa position "profondément insultante". "Le fait est que le peuple a parlé et que le traité de Lisbonne est mort", s'est insurgé le porte-parole de Sinn Féin pour les questions internationales, Aengus O Snodaigh, indiquant que son parti avait sollicité un entretien avec Sarkozy lors de son voyage en Irlande lundi prochain.

"Nous n'avons pas l'intention de nous laisser intimider"

"Il est important que le président Sarkozy comprenne que le peuple irlandais exige que son vote soit respecté et, plus important encore, que ses inquiétudes soient prises en compte", a-t-il poursuivi.

Même le Parti travailliste irlandais, qui a milité pour le "oui", estime que Sarkozy a "commis un sérieux faux-pas". Le leader Eamon Gilmore a ainsi estimé que le président français avait "mis les pieds dans le plat", alors que "le sommet européen qui s'est tenu en juin a permis de déterminer que l'Irlande avait besoin de temps pour réfléchir (...) et qu'aucune pression ne devait être exercée pour qu'un second referendum soit organisé".

Selon le quotidien Irish Times, le Premier ministre Brian Cowen, actuellement en visite aux Etats-Unis, a minimisé les propos du président français. "Nous devons reconnaître qu'il y a eu de nombreux avis exprimés en Europe sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés après le rejet" du traité, a-t-il déclaré.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin a souligné que Sarkozy serait en "position d'écoute" lors de sa visite à Dublin. "Nous n'avons pas l'intention de nous laisser intimider par qui que ce soit", a-t-il dit mardi sur une radio irlandaise. "Nous allons étudier cela d'un point de vue irlandais, en fonction de ce qui sert au mieux les intérêts de l'Irlande".

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lundi 30 juin 2008

Giscard conseille la modestie à Sarkozy

VoldemortLCI

édition du 30 juin 2008

Le conseil vient d'un ancien président mais il ressemble à celui d'un ami. Valéry Giscard d'Estaing a recommandé dimanche à Nicolas Sarkozy d'incarner une présidence de l'Union européenne "modeste" dans les six mois qui viennent. La France prend la présidence tournante du Conseil mardi prochain, le 1er juillet.

"Les Français, qui ne sont pas modestes comme vous le savez, croient que la présidence de l'Union consiste à diriger l'Europe", ajoute  l'ancien président de la République dans un entretien publié par Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Or l'Europe est dirigée par ses institutions et pendant six mois la France va exercer la présidence de l'une d'entre elles, le Conseil. Le parlement européen ou la Commission gardent leurs structures. Alors c'est important, bien sûr, mais cela ne veut pas dire qu'on a le pouvoir de décider à la place des autres", poursuit-il. "A l'heure actuelle, il me semble que le ton adopté par la présidence française est un ton juste", ajoute-t-il, après "une approche qui allait peut-être un peu loin vis-à-vis de nos partenaires" au début.

Après le "non" irlandais....

Valéry Giscard d'Estaing président français de 1974 à 1981 avait dirigé les travaux de rédaction de la Constitution européenne, qui a été rejetée par les électeurs français et néerlandais en 2005. Un coup de tonnerre pour les dirigeants européens.

Et l'histoire se répète... Après le "non" irlandais au traité de Lisbonne, Valery Giscard d'Estaing  souhaite "laisser les choses reposer". A ses yeux, "il n'y aura pas d'avancée importante" sur ce point pendant les six mois de présidence française. "Il faut laisser les Irlandais reprendre leur respiration. C'est dans le courant de l'hiver, ou au cours du printemps 2009, que les choses pourront avancer et la question du traité leur être à nouveau posée", explique-t-il.

Note YR : Entre gens modestes on se comprends...

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lundi 26 mai 2008

Le pouvoir a-t-il le pouvoir ?

Drapeau_Europe_2Valeurs Actuelles

Article de Paul-Marie Coûteaux publié dans Valeurs Actuelles le
9 mai 2008

Nous avons marqué des points sur le terrain idéologique
, assure le premier ministre à l’heure de faire le bilan de la première année du quinquennat. Préoccupation bienvenue, mais bien tardive, le terrain idéologique étant laissé depuis des années à la gauche mondialisto-babacoule ; hélas, elle reste aussi fort embryonnaire: les quelques déblocages intervenus (en matière d’immigration notamment) en restent aux discours, et, sur ce terrain, l’essentiel avait été acquis dès ceux de la campagne présidentielle, qui ont plu justement parce qu’ils étaient hardis.

Depuis lors, ce début de renversement de l’idéologie dominante ne fait guère de progrès, n’en jugerai ton qu’aux interminables (auto)célébrations de Mai 68 par les grands médias,“service public”en tête; surtout, il serait plus convaincant si la théorie était suivie par la pratique – celle-ci la nourrissant en retour, comme il se doit. Or, sur tous les sujets, intérieurs, extérieurs ou symboliques, nous en sommes loin.

Passons sur les actes en principe privés du président de la République, qui n’obéissent que trop au slogan phare de Mai 68, le fameux “jouir sans entraves”; le plus grave est sans doute l’incapacité à mener quelque action d’envergure que ce soit : en politique intérieure, les exemples abondent de ces réformes lancées et bientôt enlisées ou réduites à peu de chose face au barrage des féodalités, qu’elles soient syndicales, financières ou… médiatiques; ils sont tout aussi nombreux, et sans doute plus graves, en politique extérieure: en témoigne le malheureux projet “Union méditerranéenne”, pourtant si nécessaire à un pays qui, première puissance parmi les riverains de la Méditerranée, joue là une bonne part de son poids dans le monde, et d’abord en Europe.Comment n’a-t-on pas vu que l’entreprise était vouée à l’échec dès lors que l’on ne s’employait pas simultanément à réduire le carcan de l’Union, dont tous les traités (notamment celui de Lisbonne, avec son “service diplomatique commun”) font obligation à tout pays membre de ne prendre ce type d’initiative qu’avec l’accord de ses partenaires (titreV du traité sur l’Union européenne de 1992) ?

Mme Merkel se chargea de rappeler que nos partenaires n’ont pas sur ce sujet les mêmes intérêts que les nôtres, renforçant le poids d’une Allemagne qui affiche ainsi une sorte de droit de veto diplomatique en Europe et donne à penser aux capitales méditerranéennes que la politique de la France est suspendue désormais à un “nein” de Berlin.L’initiative, désormais réduite à un gonflement du budget Euro-Med, fut aussi bienvenue qu’elle était étourdie, à cadres européens inchangés: peut-on gouverner en faisant semblant de ne pas les connaître?

L’Union méditerranéenne était un début de solution à la question migratoire, dont l’actualité ne cesse de montrer combien elle est brûlante, et que l’on ne réglera jamais autrement que par le triptyque “coopérations privilégiées-préférence nationale-contrôle des frontières” : las, les deux derniers volets sont aussi fermement interdits que le premier, soit par le Conseil, soit par une Cour de Luxembourg qui suspend toute loi qui porte de près ou de loin la marque d’une quelconque “préférence nationale”, soit par une Commission qui est, en vertu du traité d’Amsterdam, la véritable maîtresse de nos frontières et dont la “religion”, fixée par le livre blanc de janvier 2006, est que l’Europe manque d’immigrés… Comptant dans son cabinet l’un des meilleurs connaisseurs de la question, le président ne saurait l’ignorer. Pourquoi faire semblant ?

Pourquoi faire semblant, aussi, d’être opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union, alors que Paris n’a pas cru devoir, ou simplement pouvoir,empêcher l’ouverture de deux nouveaux chapitres de négociations l’été dernier, l’engrenage européen étant d’ailleurs si prégnant que, alors que cinq chapitres ont déjà été engagés et l’un déjà clos sur un accord,deux autres (droit des sociétés et droit de la propriété intellectuelle) sont sur le point d’être ouverts, probablement le 17 juillet… sous présidence française ! Le président de la République dit ne pas souhaiter le succès des négociations qu’il fait ouvrir, et pas davantage les Français – auxquels, du reste, on enlèvera le dernier mot en supprimant cet été l’obligation constitutionnelle de référendum pour toute nouvelle adhésion, laquelle déplaît tant à nos partenaires… Tout irait bien, certes, si seulement le gouvernement avait le pouvoir de gouverner – s’il ne s’en remettait pas à la “gouvernance européenne” y compris désormais pour les questions les plus essentielles – se retranchant sur une politique de discours… Et comment espérer rendre les Français responsables de la France si leurs gouvernements ne le sont déjà plus ?

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jeudi 24 avril 2008

Traité de Lisbonne : les manigances du gouvernement irlandais

Trefle_joueEuropae Gentes

édition du 21 avril 2008


Malgré une campagne appuyée du gouvernement irlandais, les derniers sondages révèlent que moins de la moitié des citoyens du pays compte approuver le mini traité lors du prochain référendum. Les instances européennes sont inquiètes. Rappelons que l’Irlande est le seul pays européen qui organise une consultation populaire sur le sujet.

Le ministre irlandais des Affaires européennes, Dick Roche, n’a évoqué aucun plan B en cas de rejet du texte, précisant que sans la ratification irlandaise, le traité serait de facto « mort ».

Les opposants au traité sont mobilisés autour des responsables politiques du parti Sinn Féin. Son leader, Gerry Adams, considère que le traité de Lisbonne accorde trop de pouvoirs aux institutions européennes et dessert l’intérêt national de l’Irlande.

Initialement prévue le 29 mai prochain, le referendum pourrait être organisé début juin mais aucune date précise n’a été volontairement communiquée. On peut lire sur le site Bruges Europe qu’un véritable stratagème politique entoure l’annonce de cette date. En effet le calendrier est primordial pour les européistes gouvernementaux. Si dans l’absolu, ils souhaitaient une date plus tardive – en octobre – plusieurs événements les inclinent à privilégier une consultation au printemps. Pour leur intérêt, le référendum doit se tenir avant la présidence française. Nicolas Sarkozy ne fait pas recette au pays du trèfle quand il soutient l’idée d’une défense européenne commune. Deuxième raison qui justifie d’avancer l’échéance : l'impact potentiel de l'accord à l'OMC sur les négociations du cycle de Doha, portée à l'actualité en mai.

Mardi dernier, la version irlandaise du tabloïd anglais « Daily Mail » a révélé le contenu d'un message électronique adressé par un fonctionnaire irlandais du ministère des affaires étrangères à un diplomate britannique en poste à Dublin. Il y divulgue la stratégie gouvernementale pour faire gagner le « oui ».

On peut y lire entre autres, je cite « Les Irlandais ont choisi la date du 29 mai pour le vote mais vont en reporter l'annonce pour laisser le camp du non dans l'expectative (ne pas divulguer, svp). (…) Le but est de centrer la campagne sur les avantages généraux de l'UE plutôt que sur le traité lui-même (…) »

De quoi sortir de leur léthargie les manias de l’eurobéatitude.

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vendredi 29 février 2008

En Irlande, on vous cache tout on vous dit rien !

BrowneObservatoire de l'Europe

 édition du 29 février 2008

On sait que les Parlements nationaux qui se sont empressés de ratifier le traité de Lisbonne l’ont fait, pour certains, sans en avoir jamais reçu le texte ( !), pour les autres y compris le Parlement français le 5 février dernier, sans en avoir jamais eu la version consolidée c’est à dire codifiée. Les traités « consolidés » sont, rappelons-le, le texte final et définitif des deux traités révisés : le « traité sur l’union européenne » d’une part, « le traité sur le fonctionnement de l’union européenne » d’autre part, tels qu’amendés par le traité de Lisbonne. Comment en effet comprendre et voter pour ou contre le traité de Lisbonne sans avoir au moins sous les yeux ce qu’il ajoute et modifie aux traités existants ? Cela n’a visiblement pas posé problème aux parlementaires, qui de toutes façons obéissent majoritairement aux consignes de vote, non du peuple (deux s’étaient tout de même exprimés clairement par référendum en 2005) mais des partis dont ils tiennent leur investiture.

Cette absence de version officielle « consolidée » des traités européens posera-t-elle problème au seul peuple consulté par référendum, le peuple irlandais ? Peut-être bien que oui. Vincent Browne,( photo ) l’un des plus célèbres journalistes irlandais (directeur du magazine Village, chroniqueur à l’Irish Times et au Sunday Business Post, titulaire d’une émission de radio quotidienne jusqu’à l’année dernière) vient d’en faire personnellement l’amère expérience. La dernière chronique de ce journaliste, situé à gauche, publiée par le Sunday Business Post est d’autant plus intéressante lorsqu’on sait l’influence du personnage sur l’opinion publique irlandaise.

Vincent Browne raconte qu’il est allé aux bureaux de la Commission européenne à Dublin, pour demander un exemplaire du traité de Lisbonne, sur lequel les Irlandais vont devoir se prononcer par référendum. A la réception, on lui a donné une photocopie du texte (seule forme sous laquelle il était disponible).

Il découvre que l’article 1 dit ceci : « Le traité sur l’Union européenne est modifié conformément aux dispositions du présent article. » Et qu’en bas de la page est écrit : « Le troisième alinéa est remplacé par le texte suivant : L’Union est fondée sur le présent traité et sur le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après dénommés « les traités »). »

Il demande alors s’il peut avoir un exemplaire du « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne », puisqu’il n’est manifestement pas possible de comprendre le traité de Lisbonne sans avoir le « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ».

Les personnes de l’accueil lui répondent qu’elles n’ont pas ce texte. Quelqu’un descend l’escalier, Vincent Browne lui expose son problème. Cette personne lui répond qu’il n’existe rien qui ressemble à un « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ». Elle pense que le conseil de l’Union européenne a décidé d’en publier une version en avril, mais elle n’en est pas sûre.

Arrive une autre personne, qui lui explique que le « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne » est en réalité une compilation de tous les traités antérieurs. Elle ajoute qu’elle peut lui donner un résumé du traité de Lisbonne, ce qui suffit amplement à expliquer en quoi il consiste.

Non, répond-il. Je voudrais me faire ma propre opinion sur le traité, et je voudrais le comprendre, mais comment le pourrais-je si je n’ai pas un exemplaire du traité qu’il est censé amender ? L’interlocuteur répond alors, comme le précédent, que le conseil des ministres de l’UE pourrait le publier en avril, mais que ce n’est pas certain.

Vincent Browne réplique : comment peut-on voter pour ce traité si l’on ne peut pas savoir ce qu’il signifie ?

Réponse : nos hommes politiques, démocratiquement élus, pourront dire aux citoyens ce que contient le traité, et sur cette base nous pourrons voter.

Cela ne me satisfait pas, insiste Vincent Browne, car je veux me faire ma propre idée. Une autre personne lui dit alors que l’Institut des Affaires européennes a publié une version annotée du traité de Lisbonne, qui explique tout. Vincent Browne : « J’ai dit que je voulais me faire ma propre opinion, or l’Institut des Affaires européennes n’est qu’une pom-pom girl de l’Union européenne et ne peut pas m’offrir une analyse objective du traité. »

Quelqu’un de la réception a une autre idée : pourquoi ne pas traverser la rue et aller au Journal officiel ?

Vincent Browne traverse la rue, et demande au Journal Officiel s’ils ont le « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ». Ils n’en ont jamais entendu parler. Ils regardent leur catalogue : rien. Ils consultent l’ordinateur : rien. Il lui reste donc à essayer de lire le traité de Lisbonne. Mais il est totalement incompréhensible de bout en bout si l’on n’a pas en regard le « traité sur le fonctionnement de l’Union européenne » pour s’y référer à chaque article.

Vincent Browne commente : « Considérez seulement l’arrogance effarante de nos élites qui veulent que nous nous rendions aux urnes comme des moutons et que nous votions oui à un traité qu’il est impossible de comprendre à partir de la documentation mise à notre disposition. Si un directeur de banque ou un agent immobilier vous demande de signer un formulaire, est-ce que vous n’insistez pas pour savoir ce que c’est avant de le signer ? »

« Comment peut-on attendre de nous que nous approuvions un traité qui modifie notre Constitution, alors que nous ne pouvons pas comprendre de quoi il s’agit autrement qu’en croyant sur paroles ces arrogants artistes de la tromperie ? Je parierais mon premier dollar qu’aucun membre du gang suivant n’a la moindre notion de ce que dit le traité article par article, pour la bonne raison qu’il est littéralement incompréhensible » (suivent les noms des principaux ministres irlandais, et du président de l’Institut pour les affaires européennes).

Conclusion du journaliste : « La seule attitude responsable, sensée, raisonnable, intelligente, à adopter est de voter non à ce traité, au motif que nous ne savons pas, et que nous ne pouvons pas savoir, ce qu’il veut dire. »

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dimanche 29 octobre 2006

Bulgarie : Parvanov comme Chirac...

ParvanovComme prévu, c'est donc le président socialiste Gueorgui Parvanov qui a remporté aujourd'hui les élections présidentielles bulgares en totalisant près de 80 % des voix sur son rival, le président du parti Ataka, le nationaliste Volen Siderov. Ce scenario " à la française ", remake en quelque sorte des présidentielles de 2002 , va donc permettre à cet ancien cadre du parti communiste bulgare de continuer sa route en faisant rejoindre son pays à l'Union européenne en janvier 2007.

Comme en France où Jacques Chirac avait bénéficié de l'appui de la totalité des " forces républicaines " ( sic ) , le leader socialiste bulgare était ardemment soutenu par l'ensemble des partis de gauche, par les libéraux, par le parti de l'ancien roi Siméon II et par un mouvement politique communautariste représentant la minorité turcophone bulgare ( 10 % de la population ).

Les bulgares ont cependant donné un sérieux avertissement à la classe politique en obligeant Parvanov à un second tour de scrutin et l'entrée de la Bulgarie au sein de l'Union européenne ne va sans doute pas passer comme une lettre à la poste, situation pourtant rêvée par la coaltion libéro-socialiste au pouvoir.


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