Pays de Galles : un referendum pour de nouveaux pouvoirs législatifs
Parti Breton
édition du 12 février 2010
Le 10 février 2010, l'Assemblée Nationale galloise a voté à l'unanimité
pour l'organisation d'un référendum, dont la question sera de demander
aux Galloises et aux Gallois, s'ils veulent l'élargissement du pouvoir
décisionnel de celle-ci. Un parlement sur le modèle écossais pourrait
alors voir le jour, permettant ainsi au Pays de Galles de légiférer
dans des domaines définis, comme la santé ou l'énergie, sans passer par
le Parlement londonien de Westminster et sans que celui-ci puisse avoir
un droit de veto.
S'il faut noter qu'une large majorité des citoyennes
et citoyens gallois sont en faveur d'un vrai pouvoir législatif, il est
aussi intéressant de souligner le consensus de la classe politique
galloise sur le sujet, ce qui n'a pas toujours été le cas.
L'Arc jurassien
Article de Maximilien Malirois publié sur le site le 26 décembre 2009
( la carte est tirée du site de l'Ostaj, Observatoire Statistique Transfrontalier de l’Arc jurassien )
Comment sortir d’une situation d’enclavement, de marginalité, quand on se trouve au cour de l’Europe occidentale ? Cette interrogation paradoxale est posée par Jean-Michel Ligier dans un livre singulier et attachant consacré à l’Arc jurassien. Qu’est-ce que l’Arc jurassien ? C’est une future région européenne transfrontalière, comprise entre Mulhouse, Bourg-en-Bresse, Genève, Berne et Bâle, qui regroupe la région française de Franche-Comté et les cantons suisses francophones. Le massif du Jura sert, bien entendu, d’épine dorsale à cette eurorégion en gestation.
Amoureux passionné de son pays, Jean-Michel Ligier fait d’abord découvrir au lecteur les richesses naturelles, touristiques, humaines et culturelles de sa terre. Il montre qu’en dépit de la frontière franco-suisse et du clivage religieux entre catholiques et protestants, il existe bien une identité jurassienne forte et vivante, toute imprégnée de sociabilité et de brillants savoir-faire techniques qui ne demandent qu’à s’exprimer. Or, situé à l’ouest de la célèbre Dorsale européenne dont les pôles industriels des Flandres, de la vallée rhénane, d’Italie du Nord, et les centres financiers (Londres, Rotterdam, Francfort, Milan) structurent le territoire économiquement unifié de l’Union européenne, le monde jurassien demeure un espace répulsif, peu attractif. Toutefois, « la mondialisation stimule et encourage les coopérations à géométrie variable. Dans tous les secteurs d’activité, des réseaux de taille différente, de géographie différente se mettent en place. Ils se superposent et s’enchevêtrent. […] Une nouvelle géographie se dessine autour des nœuds et têtes de réseau. […] L’Arc jurassien constitue une réponse parmi d’autres pour faire face à ces nouvelles réalités ».
Au départ, l’Arc jurassien est une idée suisse. Dès les années 1970, les villes et les cantons du versant helvète établissent entre eux une coopération culturelle et économique. En 1985, la naissance de la Communauté de travail du Jura officialise la coopération régionale transfrontalière. Aujourd’hui, l’Arc jurassien entend regrouper tous les espaces situés entre le Rhin, le Rhône et la Saône. L’auteur nous entraîne aux origines du projet, les difficultés sans cesse rencontrées chez les fonctionnaires et les édiles français cramponnés sur leur pré carré, les premières réussites. M. Ligier est un bon témoin. Et pour cause ! Il participa à la genèse de l’Arc dont il en fut un membre fondateur et le coprésident en 1992.
L’ouvrage n’est pas un lourd livre administratif austère et sentencieux. Il pétille d’anecdotes et d’exemples. Il explique les opérations lancées des deux côtés du massif pour que les populations conçoivent un ensemble commun de vie. Dans un monde nouveau dominé par les flux, Jean-Michel Ligier juge que « le mot clef sera celui d’identité. Pour ne pas subir la loi des géants, il faudra développer des activités fondées sur une identité originale, puissante et reconnue ». Il fait le pari de l’image en tant qu’aide-formatrice à l’émergence d’une identité régionale vigoureuse. Il observe par ailleurs fort justement que les structures administratives françaises ne sont guère préparées à cette nouvelle révolution. C’est pourquoi il met tous ses espoirs dans « le second souffle de la construction européenne. Ce second souffle sera régional ». Il en appelle donc à une « décentralisation régionaliste », à « des régions qui s’enracinent dans des pays », c’est-à dire à une réduction drastique du nombre des communes françaises, à la création – au-dessus d’elles – de pays, à la renaissance des arrondissements, à la suppression des départements et à l’octroi aux régions de véritables compétences exercées par des parlements régionaux.
Malheureusement, la régionalisation seule ne suffira pas à l’Arc jurassien tant que la Suisse ne rejoindra pas l’Union européenne. Mais, pour la circonstance, ce ne devrait pas être à Berne de s’adapter aux normes de l’Union, mais Bruxelles de se conformer à l’esprit suisse !
L’Europe aurait tout intérêt à devenir le 25e canton de la Confédération…
Malgré cette lourde hypothèque qui pèse sur l’avenir de l’Arc jurassien, Jean-Michel Ligier garde son optimisme. Considérant que si « la douane sépare, la frontière réunit plus qu’elle ne sépare », il continue à croire à l’avenir de son eurorégion. « Suisses et Français depuis et pour toujours, Européens et Jurassiens dès demain, voilà le défi de l’Arc jurassien », à la fois concret et idéaliste, L’Arc jurassien, région d’Europe. Présent et avenir d’une identité ne peut qu’attirer notre sympathie. Le destin de l’Europe ne se passe pas seulement à Bruxelles ou lors des conseils européens, il se déroule aussi et surtout autour de nos frontières intérieures.
• Jean-Michel Ligier, L’Arc jurassien, région d’Europe. Présent et avenir d’une identité, coll. « Regard et Connaissance », Éditions Cabédita, 1999, 190 p., 21,19 €.
• Paru dans L’Esprit européen, n° 4, automne 2000.
« Contre le mondialisme, pour la renaissance des peuples et des pays d’Europe » ( entretien avec Benjamin Guillemaind )
édition du 15 novembre 2009
Délégué général de l’Alliance sociale des Peuples et Pays de France, mouvement de tradition chrétienne, corporatiste et fédéraliste. Benjamin Guillemaind est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont : Le corporatisme, solution d’avenir et Aux sources de l’erreur libérale (Éditions L’Âge d’Homme) qu’il co-dirigea avec Arnaud Guyot-Jeannin.
L’Alliance sociale des Peuples et Pays de France a aussi publiée en 1992 une brochure qui expose et approfondit ses idées : Le peuple en ses États. Elle est disponible à l’adresse suivante : Alliance sociale des Peuples et Pays de France, 11, rue du Bel-Air, 94230 Cachan, France.
L’Esprit européen : Pouvez-vous, Monsieur, présenter brièvement l’Alliance sociale des Peuples et Pays de France ? Pourquoi cette appellation ?
Benjamin Guillemaind : L’Alliance Sociale est une association dont un des buts est la réforme des structures institutionnelles de notre pays à partir des corps intermédiaires qui composent le pays réel. La République nous a habitués à raisonner en termes d’individus et de partis politiques. Dès lors nous ne pouvons plus concevoir qu’une société puisse se construire hors de ce schéma.
Pour nous une société est une construction à étages où des personnes sont intégrées dans des groupes intermédiaires de caractère familial, professionnel, culturel ou local, qui s’articulent les uns par rapport aux autres selon le principe de subsidiarité, c’est-à-dire que l’organe de niveau supérieur n’intervient que pour aider l’élément inférieur.
On peut définir cette conception, qui s’inspire de la doctrine sociale de l’Église, comme étant de type fédéral. Elle est en rupture radicale avec la conception jacobine, centralisatrice et uniformisatrice qui additionne ou soustrait des individus sans tenir compte de leurs multiples identités, qui se trouvent étouffées par la loi du nombre imposée à tous.
Tous ces corps intermédiaires qui représentent les différents « peuples et pays de France » sont condamnés à vivre ensemble et à trouver une plate-forme commune d’Alliance, comme dans un contrat de mariage, qui consacre l’unité de la famille française.
L’E.E. : Quels sont les objectifs de l’Alliance sociale des Peuples et Pays de France ? Sont-ils culturels ou bien politiques ?
B.G. : Ils sont les deux à la fois. Mais surtout pas au sens de parti politique dont nous rejetons la notion même. Le parti reflète essentiellement un concept idéologique. Alors que la réforme politique que nous proposons vise à rendre à ces multiples peuples (peuple des boulangers, des maçons, des peintres, des Picards, des Bretons, des pères et mères de famille, …) leurs propres libertés d’organisation et de gestion dans les domaines de compétence de leur état de vie. Ils doivent retrouver leur souveraineté et leur autonomie, annexées depuis deux siècles par le concept d’État-nation et de République « une et indivisible ».
Tous ces « états » retrouveront leur vitalité propre et un développement culturel qui renforcera leur identité, leurs coutumes, leur langage, leur style, leurs habitudes… C’est la multiplicité de ces cultures qui fait la richesse des peuples. Nous nous situons en réaction radicale au mouvement de mondialisation qui aboutit au mélange des peuples, au cosmopolitisme, au coca-cola et au Mac Donald universels.
L’E.E. : Que pensez-vous du régionalisme en général ?
B.G. : Le régionalisme n’est qu’un des aspects de la réforme politique à réaliser. Les idéologues de gauche, qui ont compris une partie du problème ne sont pas logiques quand ils utilisent le régionalisme pour dissoudre l’État national. En préconisant l’Europe des régions, ils recréent en fait un État européen qui a tous les défauts du jacobinisme de l’État-nation. Et leurs régions elles-mêmes sont entachées de tous les défauts du jacobinisme, dont ils n’arrivent pas à se détacher.
L’application du principe de subsidiarité, qui reconnaît la liberté et la souveraineté des corps intermédiaires, nécessite des structures à tous les niveaux. L’échelon national ne doit en aucune façon disparaître. Nous refusons de tomber dans le piège de l’Europe des marchands et des idéologues.
Nous préférons de beaucoup le régionalisme enraciné dans les cultures locales, dans la recherche de l’identité propre, un habitat spécifique, la mise en valeur de l’histoire, des traditions et coutumes, des chansons, de la littérature locale, des productions de terroirs… Des réalisations comme Le Puy du Fou, les lois Pasqua et Voynet qui remettent en valeur la notion de « PAYS » nous paraissent aller dans le bon sens.
L’E.E. : En ce début du XXIe siècle, existe-t-il encore des « pays » en France et en Europe ? N’ont-ils pas été phagocyté soit par la déprise agricole et la concentration des exploitations, soit par l’urbanisation ?
B.G. : Les trois cent cinquante « PAYS » qui ont façonné la France sont des structures ancestrales qui reposent sur des réalités locales concrètes. La révolution les a fait disparaître dans sa vision d’une république universelle à réaliser. Elle contenait déjà le principe de la marche au mondialisme. La départementalisation a été une étape, comme la construction de l’Europe des régions en est une autre aujourd’hui.
C’est pourquoi cette politique de restructuration des « Pays » nous paraît la mieux adaptée pour revitaliser les cultures locales. On parle beaucoup de regroupement des communes. La commune doit rester la base d’une démocratie organique. Mais elle est devenue trop petite. Et la région, si elle est un échelon nécessaire, ne doit pas se considérer comme une nouvelle république une et indivisible. Nous insistons beaucoup pour que la philosophie sociale des élus s’inspire du principe de subsidiarité.
Certes l’erreur libérale que nous avons dénoncée a aboutit à la concentration des entreprises, aux multinationales, à la disparition de la paysannerie, des cultures de terroir, remplacées par une agriculture productiviste, à la disparition de l’artisanat, à une économie industrialisée, dont on mesure les méfaits. La réforme politique ne peut réussir sans une réforme économique qui tourne le dos radicalement aux thèses libérales et socialistes, aussi néfastes l’une que l’autre. C’est un autre objectif de l’Alliance Sociale.
L’E.E. : Afin de résoudre le problème corse, le gouvernement de Lionel Jospin propose d’accorder une véritable autonomie à l’Île de Beauté et propose un enseignement en corse en primaire. Vos impressions ? Exigez-vous la même chose pour les autres régions françaises ?
B.G. : Les peuples de France sont condamnés à vivre ensemble. Nous rejetons toute velléité d’indépendance et de séparatisme. Mais l’autonomie n’est pas l’indépendance. C’est la reconnaissance d’une patrie commune et à l’intérieur de droits spécifiques reconnus à des communautés restreintes.
L’unité n’est pas l’uniformité. Elle repose sur l’adhésion à des valeurs communes. Historiquement l’unité française s’est fondée sur des valeurs spirituelles, exprimées dans le Décalogue.
Sur tous les monuments aux morts, des Savoyards, des Corses, des Bretons… sont inscrits comme « morts pour la France ». Beaucoup ne parlaient pas le français, mais avaient conscience d’appartenir à une grande patrie et de défendre les mêmes valeurs, qui constituent le Bien Commun National.
Lionel Jospin va dans le bon sens en proposant un statut particulier pour la Corse, comme il en existe pour l’Alsace ou pour Wallis-et-Futuna, sans que cela pose problème. Mais il ne règle rien et sera confronté demain aux mêmes difficultés avec d’autres régions. C’est l’ensemble des institutions françaises qu’il faut repenser dans une optique fédérale.
C’est un faux débat d’opposer langue française et langues régionales. Le français s’est toujours nourri des patois et langues locales. Comme celles-ci ont été détruites par la Révolution, le français est aujourd’hui envahi par l’anglais et un sabir informe, qui ne servent que des intérêts économiques. On est aux antipodes de la vraie culture populaire qui enracine et enrichit les communautés par des coutumes, des traditions, une histoire locale.
C’est à chaque région de décider de la nécessité d’apprendre la langue régionale. Pour certaines régions, cela répond au besoin de marquer une forte identité, qui ne s’impose pas forcément pour d’autres. D’ailleurs si la liberté scolaire était rendue aux familles et aux établissements, comme nous le souhaitons, tout serait résolu.
L’E.E. : La France va bientôt fêter vingt années de décentralisation administrative. Vos impressions sur les lois Defferre et leurs conséquences ?
B.G. : La loi Defferre a effectivement déconcentré l’administration centrale très parisienne. Ainsi la gestion des locaux scolaires a été prise en charge par les régions. Mais elle n’a pas réalisé la véritable décentralisation de l’éducation nationale qui reste monolithique. Les parents n’ont toujours pas le choix de leur établissement. Les écoles n’ont pas le choix de leurs programmes ni de leurs méthodes. La lecture globale et les « maths » modernes sont pratiquement imposés partout. On en connaît les conséquences.
Les Belges par exemple, qui ont instauré la pratique du bon scolaire, ont rendu leur liberté aux familles et réalisé une véritable décentralisation. C’est ce retour global à toutes les libertés que nous souhaitons, dans le domaine de l’enseignement, de la santé, de l’économie, de la vie locale…
L’E.E. : Êtes-vous favorables au fédéralisme ? Les Accords de Matignon sur la Corse sont-ils, pour vous, le commencement d’une future République fédérale française ?
B.G. : Il y a trois modes d’application du fédéralisme :
1) Les décisions proviennent du centre qui dispose de l’autonomie du pouvoir. L’État fédéral a des pouvoirs renforcés par rapport aux États fédérés.
2) Le pouvoir légitime provient des États fédérés qui transfèrent ou reprennent une partie de leurs pouvoirs. Chaque État a une identité concrète autonome.
3) Ni l’État fédéral, ni aucun des États fédérés n’exercent une plénitude de pouvoir ou une prééminence. En cas de conflit, il n’y a pas de primauté de compétence.
Le fédéralisme peut s’appliquer à tous les régimes : l’Allemagne, la Suisse en sont de brillantes illustrations, comme les États-Unis d’ailleurs. Même nos monarchies les plus absolues (on pense à Louis XIV) reconnaissaient le droit des corps intermédiaires à avoir des lois privées, des privati leges (des privilèges). La République française, par sa nature propre, répugnera toujours à reconnaître ces autonomies.
La reconnaissance des autonomies et des souverainetés doit aller beaucoup plus loin que les structures régionales. Le fédéralisme est une conception d’ensemble de la société. Jean-Paul II l’a fort bien exprimé dans Centesimus Annus et Laborem Exercens : « Le caractère social de l’homme se réalise dans divers groupes sociaux intermédiaires qui ont leur autonomie propre… Une des voies pour parvenir à cet objectif pourrait être d’associer le travail à la propriété du capital et de donner vie à toute une série de corps intermédiaires à finalités sociales, économiques et culturelles; ces corps jouiraient d’une autonomie effective… L’Église défend les différentes organisations sociales et les nations, réalités qui jouissent toutes d’un domaine propre d’autonomie et de souveraineté. »
Proudhon l’exprimait autrement : « Souveraineté du peuple partout et toujours. Souveraineté de l’homme pour tout ce qui est de l’individu. Souveraineté de la commune pour toutes les choses de la commune. Souveraineté des pères et mères de famille pour tout ce qui est de la famille. Souveraineté du producteur pour tout ce qui est du travail, du commerce et de l’industrie. La grande majorité des républicains, même démocrates, mêmes socialistes, n’entendent point ainsi la souveraineté… Nous demandons la sincérité des institutions démocratiques, c’est-à-dire la distribution à l’infini de la souveraineté » (Carnets, III).
Dès lors l’élection des représentants de chaque communauté n’est plus un abandon de pouvoir à l’État central, mais l’élection confère au député un mandat impératif. Celui-ci est alors l’avocat des intérêts de ses mandants, et non plus le représentant de « la nation ».
En 1969, le Général de Gaulle avait proposé une constitution où le Parlement était le reflet du pays réel. Il est le seul chef d’État qui ait osé s’attaquer au pur parlementarisme, cause de notre décadence. Aussi a-t-il eu tous les parlementaires contre lui. Ils ont senti qu’allait s’introduire dans la vie politique une race d’hommes au courant des réalités économiques et sociales… et ils l’ont rejeté. Il faudra bien un jour y revenir.
L’E.E. : Quel regard portez-vous sur la question basque ? Et sur la possible réunification de la Loire-Atlantique à la Bretagne ?
B.G. : C’est essentiellement aux Basques à gérer leurs propres affaires, en application du principe de subsidiarité, qui est la grande règle d’organisation des sociétés. C’est à chaque région à définir ses propres lois dans la limite de ses compétences et de ses possibilités. L’État national doit se limiter à assurer le Bien Commun National. Cela concerne essentiellement la Justice, la Paix Intérieure, la Défense Nationale.
Historiquement, la Loire-Atlantique fait partie de la Bretagne. C’est évident. Comme la Normandie doit être réunifiée. Les technocrates raisonnent toujours en idéologues, hors du concret. Ils ont bâti des constructions artificielles qui sont incohérentes.
L’E.E. : Que vous a inspiré le débat sur la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ?
B.G. : Chez les jacobins de gauche comme de droite, la Charte des langues régionales est apparue comme un épouvantail et un outil de dissolution de l’unité nationale, une atteinte à la langue française. Il faut la prendre pour ce qu’elle est. Dans la mesure où elle permet un réenracinement identitaire, cette charte est positive. D’autant plus que les États nationaux ont pour obligation de n’adopter que trente-cinq articles sur quatre-vingt-dix-neuf, qu’elle ne s’applique qu’aux véritables langues reconnues comme telles, à l’exclusion des langues des migrants. Il est précisé aussi que leur apprentissage ne doit pas se faire au détriment de la langue nationale.
Le deuxième colloque de l’Alliance Sociale avait pris pour thème : « Langues de France et langue française ». Les exposés présentés constituent la base d’une doctrine en la matière.
« Les dialectes sont des miroirs plus fidèles, plus spontanés, peut-être même les aînés du langage intérieur qui précède tout fait linguistique… Les poètes dialectaux sont appelés à être les gardiens les plus proches des saines sources », disait Pie XII, le 13 octobre 1957.
L’E.E. : Comment expliquez-vous le réveil des revendications régionalistes en Europe occidentale (Flandre, Écosse, Catalogne, Savoie, Italie du Nord, etc.) ?
B.G. : Les réveils régionalistes sont souvent à l’origine des réactions identitaires saines. Les Vendéens en 1793 furent les premiers à se lever en masse pour défendre leurs libertés menacées par le jacobinisme révolutionnaire, qui voulait leur imposer sa religion. Aujourd’hui elles reflètent davantage une réaction contre la mondialisation. Mais comme ils n’ont souvent pas de doctrine très élaborée, ni une conception d’ensemble de la société, reflétant une philosophie de l’homme dans ses origines et sa finalité, ils sont facilement manipulés par des lobbies économiques et financiers, qui les poussent à des actions violentes en vue de créer plus rapidement une Europe des régions, qui abolirait les souverainetés et les entités nationales. Ils font ainsi le jeu du mondialisme.
C’est pourquoi l’Alliance Sociale reste prudente avec les mouvements régionalistes, qui souvent se servent de la légitime aspiration populaire à retrouver ses racines pour véhiculer une pensée marxiste et recréer à l’échelon des régions un nouveau jacobinisme. Elle est également très circonspecte avec le courant libéral qui plaide également pour les libertés régionales, mais par le libre-échange économique. Cela conduit inéluctablement à la disparition des frontières et des souverainetés nationales que nous souhaitons au contraire renforcer en protégeant les économies locales.
L’E.E. : Et que vous inspire le « souverainisme » national français ?
B.G. : Le souverainisme s’accroche au dogme révolutionnaire de la « République une et indivisible » pour sauver ce qui reste de souveraineté nationale. C’est son côté sympathique. Mais il est pris au piège des idées que la Révolution a elle-même mises en place. Il consolide une conception fausse de l’État-nation qui s’est construit sur l’abolition des corps intermédiaires et la déification de la Nation. Le suffrage universel ne connaît que des individus sans tenir compte de leurs multiples identités. Rappelez-vous la loi Le Chapelier : « Il n’y a plus de corps intermédiaires. Il n’y a plus que des individus et l’État. » C’était la première étape vers la mondialisation. L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 reprend le même principe. Le souverainisme est dans une impasse.
L’E.E. : Que répondez-vous aux souverainistes français quand ils accusent les régionalistes de vouloir jouer Bruxelles contre Paris ? Maints exemples ne montrent-ils pas que la technocratie bruxelloise est toute aussi centralisatrice que la parisienne (uniformisation des plaques d’immatriculation, suppression des marchés locaux pittoresques, etc.) ? N’est-ce pas là un risque, pour le régionalisme, de tomber de Charybde en Scylla ?
B.G. : Le principe de subsidiarité doit s’appliquer à tous les niveaux. Les institutions européennes sont en effet aussi centralisatrices et jacobines que l’est la République française parce que Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Delors en ont donné dans le traité de Maastricht une définition totalement inverse de celle d’Althusius, de Saint-Thomas et de Pie XI dans Quadragesimo anno, qui privilégie la structure inférieure que les éléments de niveau supérieur doivent aider, sans vouloir les absorber.
C’est d’ailleurs ce qui fait le force d’autres États fédéraux, comme l’Allemagne ou la Suisse, qui défendent beaucoup plus les intérêts internes de leurs « états » et octroient aux niveaux régionaux de plus grandes libertés.
En France toute initiative est paralysée par une administration totalitaire et l’État national qui étouffe tout dynamisme.
L’E.E. : Avez-vous la fibre européenne ?
B.G. : Bien sûr ! Mais nous donnons la priorité à l’unité spirituelle avant l’unité économique. L’apogée de l’Europe, ce fut le Moyen Âge avec les échanges entre des universités florissantes, la construction des cathédrales, les structures des métiers qui véhiculaient les techniques les plus avancées pour l’époque.
Et surtout une structure politique confédérale. Nous reprenons volontiers ce que disait Proudhon dans Du principe fédéral : « L’Europe serait encore trop grande pour une confédération unique : elle ne pourrait former qu’une confédération de confédérations. »
L’Europe ne peut être qu’une union de familles de familles.
L’E.E. : Placez-vous votre combat en faveur de l’identité régionale dans une perspective européenne ? Sinon pourquoi ?
B.G. : La construction européenne est une nécessité. Mais nous pensons qu’il faut prioritairement recomposer d’abord la France avec des structures fédérales. Cette nouvelle configuration renforcera les attributs de la souveraineté nationale dans ses fonctions régaliennes. On pourra dans un deuxième temps travailler à une construction européenne cohérente.
L’E.E. : Huit ans après l’adoption du traité de Maastricht, quelques années après la ratification du traité d’Amsterdam et après le calamiteux sommet de Nice, quel bilan faites-vous de la construction européenne ?
B.G. : Rien n’est jamais blanc-blanc, ni noir-noir. Le résultat global s’avère désastreux. De nombreux pays cherchent à se soustraire aux obligations communes. Le libre-échange a montré sa malfaisance avec les frontières passoires pour la vache folle, les farines contaminées, mais aussi les migrations de populations et les trafics en tous genres. Le drame yougoslave a mis en lumière notre dépendance des États-Unis. Des franges importantes de population vivent au-dessous du seuil de pauvreté, tandis que se bâtissent des fortunes colossales.
En revanche de saines réactions apparaissent : la plupart des pays européens ont reconstitué des structures fédérales; une prise de conscience populaire apparaît pour se recentrer sur des économies locales : le développement de l’agriculture bio, les tentatives de création de monnaies locales avec les S.E.L., la vie provinciale reprend vie… Tous les espoirs sont encore permis.
L’E.E. : Quelle doit être la priorité de l’Union européenne : l’approfondissement, c’est-à-dire la réforme de ses institutions, ou bien l’élargissement aux États candidats ?
B.G. : La construction européenne n’est pas la préoccupation première de l’Alliance Sociale. L’Europe ne peut fonctionner que sur un équilibre entre deux États forts : la France et l’Allemagne. Celle-ci est en position de leader, à côté d’une France faible, paralysée par ses institutions jacobines. Il faut donc travailler en priorité à cette recomposition.
Ce n’est pas en élargissant à l’infini l’Europe que l’on résoudra le problème. C’est la politique des « mondialistes » qui veulent brûler les étapes pour hâter l’avènement d’un gouvernement mondial qui gouvernera le monde, organisé en une multitude de provinces. Nous récusons ce processus.
L’E.E. : Pour vous, où s’arrête le continent européen ? Aux marches orientales de la Pologne ? À l’Oural ? Au détroit de Béring ? La Turquie est-elle européenne ? A-t-elle vocation à rejoindre l’Union européenne ? Et la Russie ?
B.G. : La formulation de votre question sous-entend une conception monolithique de l’Europe, comme un ensemble uniforme et homogène.
Il est facile de cerner des territoires insulaires comme l’Afrique ou les Amériques. Mais où s’arrête le continent européen ? Par extensions successives, on peut l’élargir jusqu’à la mer de Chine.
La conception de l’État-nation, héritée de la Révolution française, nous a habitué à concevoir des États aux contours étanches à l’intérieur desquels s’applique une loi unique, imposée autoritairement par une majorité et appliquée par une administration totalitaire. C’est justement l’intérêt du principe fédéral de permettre une variété infinie de statuts particuliers, de conventions, d’unions, d’accords entre ces « états ». La souplesse du fédéralisme, sans aller jusqu’à l’intégration dans une union européenne étanche, autorise des contrats bilatéraux avec des pays limitrophes comme la Turquie. Si nous voulons recomposer la France sur cette conception décentralisée, il convient d’envisager la construction de l’Europe sur le même schéma.
Pour prendre un exemple, l’Empire français a connu au siècle dernier des formules allant de l’intégration des trois départements français d’Algérie aux comptoirs des Indes, en passant par les colonies et des pays sous protectorat comme la Syrie ou le Liban. Rappelons aussi qu’il y eut durant près d’un siècle un royaume franc de Jérusalem.
Si l’on admet que l’Europe, depuis son origine, a fondé son unité spirituelle et culturelle sur l’adhésion aux valeurs de la civilisation chrétienne et que c’est grâce à cette assise qu’elle a pu être le phare du monde et à la pointe du développement et du progrès, on comprendra le danger d’y introduire des pays fortement marqués par des conceptions différentes sur l’homme, la femme, la propriété… On voit par exemple en Algérie ou en Afghanistan à quels désastres irait l’Europe, elle qui a toujours au cours de l’histoire su préserver son identité, comme à Poitiers ou à Lépante.
Nos technocrates et les puissances financières qui mènent le jeu veulent à tout prix construire une Europe économique sans limites, pour satisfaire leurs intérêts. Nous pensons qu’une fois reconstituée une France fédérale solide, il conviendra de constituer le noyau dur de la petite Europe jusqu’à la ligne Oder-Neisse.
Ensuite par cercles concentriques adjoindre par des formules souples d’autres ensembles comme les peuples slaves, jusqu’à l’Oural et à Vladivostok, qui ont droit eux aussi à des autonomies et à des souverainetés reconnues, sans être systématiquement « intégrés » à une Europe trop vaste pour être une construction durable.
L’E.E. : Par l’affirmation péremptoire des entreprises transnationales et l’accroissement des migrations intercontinentales de peuplement, la mondialisation ne représente-t-elle pas une menace pour les identités régionales, nationales et européenne ?
B.G. : Justement, ceux qui accélèrent la mondialisation, par le développement effréné des multinationales, le libre-échange et la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, menacent les identités régionales et nationales. C’est pourquoi tout ce qui peut réenraciner les hommes et développer les économies locales va dans le bon sens. La philosophe Simone Weil disait : « L’homme vit dans de toutes petites communautés ». Nous avons perdu la taille humaine.
L’E.E. : Vous sentez-vous proche du combat de José Bové contre la « MacDomination» ? La « culture » américaine ne menace-t-elle pas la diversité culturelle de notre continent ?
B.G. : José Bové a raison de s’attaquer à la culture du Coca-Cola et du Mac Donald. Mais il ne propose aucun projet politique. Son action ressemble à une jacquerie. Il dénonce les effets sans s’attaquer aux causes, ni aux causes des causes. Il joue un peu trop la carte anarchique sans une idée directrice constructive. On sent un peu trop chez lui l’influence marxiste qui manie habilement la dialectique : pauvre contre riche, globalisation d’une internationale des pauvres contre l’internationale des riches, audience que lui accorde le système.
S’il a compris certaines choses, il n’a pas tout compris, et sûrement pas l’essentiel, notamment la création monétaire qui est passée progressivement à 95 % aux mains des banques. « Donnez-moi la possibilité de créer la monnaie, disait Amshed Rotschild, père de la dynastie, et je me moque bien de qui fait les lois. » Le pouvoir politique est aujourd’hui entre les mains du pouvoir financier. « La Révolution, disait Henri Charlier, a retiré aux artisans la propriété de leur métier pour la transférer aux hommes d’argent. » Il faut rendre à la banque centrale le monopole de la création monétaire sans intérêt.
Tant que les professionnels n’auront pas compris qu’il faut rebâtir une économie sociale autour de leur métier, répartir la valeur ajoutée par l’application du crédit social, constituer leur propre banque professionnelle et autogérer des organisations professionnelles mixtes comprenant patrons et salariés, ils resteront dans le schéma révolutionnaire du libéralisme et du socialisme, qui débouchent sur la société concentrationnaire dont nous voyons se développer tous les méfaits sous nos yeux : civilisation du fric, du sexe, destruction de l’environnement, violence, perte des valeurs, drogue, suicide…
Ces objectifs économiques et sociaux sont essentiels dans l’action de l’Alliance Sociale et ont fait l’objet de plusieurs études et ouvrages de personnalités qui collaborent à cette mise en œuvre.
L’E.E. : Le déclin de l’Europe est-il irrémédiable ?
B.G. : Non, à condition que l’Europe retrouve son âme.
L’E.E. : L’Alliance sociale des Peuples et Pays de France a-t-elle des contacts avec d’autres associations régionalistes (ou fédéralistes) françaises et / ou européennes ?
B.G. : Oui, l’Alliance Sociale entretient des rapports avec des personnalités et des mouvements qui ont des aspirations similaires, et qui se réfèrent à la même philosophie politique fédéraliste, mais qui se sentent souvent isolés. Ces mouvements ne sont pas seulement « régionalistes », stricto sensu, mais touchent les problèmes familiaux, professionnels et monétaires. Nous ne sommes pas un mouvement politique classique. Nous fonctionnons beaucoup plus comme une agence de liaison, un centre de réflexion, une école de pensée qui veut approfondir les sujets, un lieu de rencontre et de coordination.
Notre bulletin, L' As de Trèfle, est plus un outil de formation qu’une revue-magazine. Le colloque de l’an dernier avait abordé le problème des langues. Le 17 novembre 2001, à Paris le thème fut : « Quelles structures fédérales pour la France ? ». Il réunit notamment une table ronde sur les libertés locales, avec des représentants de cinq mouvements fédéralistes. Nous avons par ailleurs sélectionné une vingtaine d’ouvrages, anciens ou récents, qui reflètent ces références doctrinales. Nous tenons beaucoup à la formation d’une élite, même peu nombreuse, mais solidement formée. Nous croyons beaucoup plus à la qualité des hommes qu’à leur nombre.
• Propos recueillis par Maximilien Malirois.
• Paru dans L’Esprit européen, n° 7, hiver 2001 – 2002.
Notes
1 : Bernard Voyenne, « Genèse du fédéralisme marcien », in L’Europe en formation, n° 319.
2 : Pierre Le Roy, Globeco, 3, place de la Montagne du Goulet, 75015 Paris.
3 : Jacques Riboud, Un mécanisme monétaire avec l’euroconstant : l’eurostable, P.U.F., 1996.
4 : Maurice Allais, La Réforme monétaire, Hermann, 1976.
5 : Pierre-Joseph Proudhon, Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, 1851.
• Propos recueillis par Maximilien Malirois.
• Paru dans L’Esprit européen, n° 9, automne – hiver 2002.
Langues régionales : le projet enterré
Ouest France
édition du 10 décembre 2009
Il n'y aura pas de loi sur le sujet. Éric Besson, ministrede l'Identité nationale, n'en veut pas.
Elle faisait partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Christine Albanel, ex-ministre de la Culture, voulait la mettre en chantier « en 2009 ». La loi supposée fixer un cadre de référence pour les langues régionales est mort née. Curieusement, ce n'est pas le ministre de la Culture qui l'a enterrée, mais Éric Besson, ministre de l'Identité nationale, répondant, mardi, à une question d'une députée socialiste de la Gironde.
Au lendemain de la visite en Bretagne du commissaire européen Léonard Orban, venu défendre « la richesse de la diversité linguistique », l'annonce ministérielle fait l'effet d'une douche froide chez les défenseurs de la langue bretonne. « M. Besson ne s'est pas contenté de contester l'opportunité d'un texte, il a souligné les périls que, selon lui, il ferait courir aux principes d'indivisibilité de la République et d'égalité devant la loi. Il relègue dans la marginalité les apports pourtant conséquents des cultures immigrées, européennes ou régionales. » estime le député socialiste quimpérois Jean-Jacques Urvoas.
Source: François Desouche
Scandale : le gwen ha du interdit sur le sol breton !
édition du 12 octobre 2009
Samedi dernier se déroulait à Guingamp, au stade du Roudourou, un match opposant l’équipe de France aux Iles Féroé, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde de football.
Depuis une semaine, un intense déferlement médiatique s’était abattu
sur la Bretagne concernant ce match International qui était,
soi-disant, « si important aux yeux des bretons».
N’importe quel amateur de football aura pourtant pu remarquer que, depuis des dizaines d’années, dans les tribunes de football breton, on remarque en général assez peu de drapeaux français mais par contre énormément de tifos ou de drapeaux aux couleurs et symboles bretons, signe d’un sentiment d’attachement sans doute beaucoup plus fort à la Bretagne et d’un large détachement vis à vis de l’équipe de France.
La FFF, Fédération Française de Football, sans doute mécontente de l’exotisme du Stade de France et des huées qui accompagnent chaque match de cette équipe, sans identité européenne aucune , avait donc décidé pour ce match de délocaliser l’équipe de France « en province» , chez « les ploucs» , là où il n’y avait aucun risque de contestation envers cette équipe, et encore plus sûrement, lorsque consigne fut donnée aux vigiles, avec force si nécessaire, de confisquer tout drapeau breton qui souhaiterait rentrer dans le stade.
Vous ne rêvez pas ! Le Gwen Ha Du, drapeau de tous les bretons, interdit, bannit, exclu, dans un stade de football breton !
Ainsi, les bretons, sur leurs terres, se sont vus humiliés, molestés, insultés, trainés dans la boue, au nom de leur identité.
Il est inadmissible à l’heure où la France se fait insulter chaque
jour par des peuples qu’elle n’a jamais réussi à intégrer sur son sol
(et qu’elle contrôle de moins en moins), qu’elle vienne avec ses gros
sabots jacobins en Bretagne, insulter notre peuple, notre identité et
nos emblèmes de cette façon.
Les vigiles de la FFF, à l’image de cet hexagone multiculturel dont nous ne voulons pas, représentent clairement la volonté des dirigeants cosmopolites, qui désormais emploient des extra européens pour mettre à genoux les européens désireux de ne pas se laisser marcher dessus et humilier de la sorte.
Nous appelons tous les bretons et toutes les bretonnes révoltés par
ce comportement à faire savoir à la Fédération Française de Football et
au secrétariat d’État aux sports ce qu’il pensent du traitement réservé
aux bretons, comme souvent relégués au rang de citoyens de seconde zone.
Nous souhaitons par ailleurs, comme tous les européens censés devraient le souhaiter, que cette équipe de France, honte de l’Europe dans sa composition même, ne se qualifie pas pour la coupe du monde 2012. Nous vous incitons enfin, à demander pourquoi la FFF se refuse à autoriser années après années les matchs d’une sélection bretonne, reléguant des joueurs professionnels des meilleurs championnats à jouer sur des terrains de seconde zone, sur des télévisions de seconde zone, et contre des équipes dont le niveau n’est pas comparable.
L’identité, elle est à nous ! On s’est battu pour la reprendre, on se battra pour la défendre !
Jeune Bretagne
Pour exprimer votre indignation, votre ras le bol, votre colère, vos armes sont : le téléphone, le fax, le mail !
Fédération française de football
87 bd de grenelle
75738 Paris Cedex 15
tél : 01-44-31-73-00
fax: 01-44-31-73-73
mail : webmaster@fff.fr
Secrétariat d’État au sport
95, avenue de France
75650 Paris CEDEX 13
De Belfort au Tyrol
Christian Chaton
Article de Christian Chaton publié le 4 mai 2009
Les propositions du Comité Balladur sur
la réforme des collectivités locales n'en finissent plus de stimuler
l'imagination de certains élus.
Ainsi le Député UMP du Territoire de Belfort Michel Zumkeller a-t-il adressé le 24 avril 2009 une lettre à ses collègues alsaciens dans laquelle, après avoir constaté "que par sa vocation économique, son histoire et sa culture, notre département est naturellement tourné vers la région Alsace", il demande que soit analysée "la possibilité de rattacher le Territoire de Belfort à la région Alsace".
Cette proposition qui peut de prime abord sembler un peu farfelue ne l'est pas plus après réflexion que celle émise par le Comité Balladur de fusionner l'Alsace et la Lorraine.
Après tout ce n'est qu'après la défaite française de 1871 que le Territoire de Belfort a été détaché de l'Alsace par le traité de Francfort.
Mais si l'histoire pourrait justifier un tel rattachement, pourquoi ne pas aller encore plus loin ?
De 1363 à 1648 la Haute-Alsace (l'ancêtre du Haut-Rhin), qui était une possession des Habsbourgs, fut administrée depuis Meran et Innsbrück les capitales du Tyrol autrichien. Une exposition réalisée en 1986 sous les auspices du Land Tirol et du Département du Haut-Rhin a d'ailleurs célébré les liens historiques, humains, culturels et économiques qui unirent la Haute-Alsace au Tyrol durant 285 ans et qui ne prirent fin qu'en 1648 avec le début de l'occupation française.
Alors pourquoi ne pas fusionner le Haut-Rhin avec le Tyrol et le rattacher à l'Autriche? Historiquement une telle proposition est aussi recevable que la rattachement de Belfort à l'Alsace ! On peut toujours rêver...même en politique !
Quelles régions pour la France ?
Europe Maxima
Article de Pierre Le Vigan publié le 4 avril 2009
« Le comité Balladur veut redessiner la carte de France en ramenant les régions de 22 à 15 » indiquait l’A.F.P. du 25 février 2009. Le rapport Balladur envisage moins de régions mais des « macro-régions » groupées autour de très grandes villes. Ce sont plus des aires urbaines économiques que des provinces. Une logique de pure compétitivité économique. Or les découpages des régions n’ont de sens que s’ils permettent les coopérations entre régions plus que des rivalités économiques. Ils doivent en outre correspondre à des identités.
Dans ce contexte, une question préalable se pose : faut-il supprimer les départements ? Certes, les départements comportent une part inévitable d’arbitraire et de choix contestable dans leurs limites mais ils sont devenus quelque chose comme un point de repère, et ils représentent un attachement, dont témoignent le souci partagé par les élus et les populations de conserver les plaques minéralogiques des voitures. En d’autres termes les départements si artificiels en apparence en 1790 sont devenus des éléments d’identité. Il est vrai que le découpage avait finalement été fait en tenant largement compte des provinces existantes.
Artificiel, l’Allier ? Mais c’est le Bourbonnais (même si une partie de celui-ci est dans le Cher). Artificiel, le département des Alpes-Maritimes ? Mais c’est le comté niçois. Artificiel, le département de la Nièvre ? Mais c’est le Nivernais, le comté de Nevers. Et l’Indre-et-Loire c’est pour l’essentiel la Touraine. Et le Lot, c’est en bonne part le Quercy. Et la Dordogne, c’est le Périgord.
C’est pourquoi il convient non pas de supprimer mais sans doute de vider progressivement les départements de leurs compétences générales pour les concentrer sur des compétences restreintes mais importantes, l’action sociale et la solidarité, les personnes âgées, etc., au profit des régions qui ont vocation à avoir des compétences générales, et donc de plus en plus larges. Les départements représentent des échelles de proximité et des points d’ancrage nécessaires aux identités.
Nul besoin sauf exceptions de redécouper les départements. Toutefois les départements de la Meurthe et de la Moselle devraient être rétablis sur la base des limites départementale de 1870 avant l’annexion d’une partie de la Lorraine par le IIe Reich.
Quant au découpage régional, il est loin d’être mal fait. En outre les régions sont des collectivités territoriales de plein exercice depuis plus de deux décennies, ce qui n’est pas négligeable. Si on observe avec attention l’histoire des provinces françaises il apparaît qu’aucun découpage antérieur n’est incontestable et ne pourrait être repris sans polémique. Il est difficile aussi d’avoir à la fois des régions très grandes, comme le Languedoc de 1789, et d’autres régions qui seraient très petites, comme la Saintonge ou l’Aunis.
Le découpage régional est donc dans l’ensemble judicieux, souvent plus, d’ailleurs, que celui qu’avait adopté Vichy avec la création des préfectures régionales, découpage biaisé par la ligne de démarcation certes, mais peut-être aussi plus technocratique que le découpage actuel. Il est aussi à noter que les régions françaises ne sont pas toutes plus petites que les régions allemandes, contrairement à ce que l’on entend fréquemment, bien au contraire et que, au demeurant, l’histoire de chaque pays est différente et que aucun ne saurait constituer un modèle, ce qui serait revenir à la très grande erreur de Napoléon Ier, quitte à l’inverser en prenant l’Allemagne pour modèle.
Pour autant, quelques modifications seraient certainement souhaitables. Ainsi la Loire-Atlantique devrait être rattachée à la Bretagne. La Vendée pourrait être rattachée à la Région Poitou-Charentes (qui pourrait bien sûr changer de nom pour prendre cela en compte). La région Pays-de-Loire pourrait s’adjoindre l’Indre-et-Loire c’est-à-dire la Touraine (devenant Maine-Anjou-Touraine). La région Centre, réduite en étendue mais plus homogène, deviendrait « Orléanais-Berry ».
La Franche-Comté perdrait le Territoire de Belfort qui serait rattaché à l’Alsace dont il a toujours fait partie historiquement. La région Bourgogne deviendrait « Bourgogne-Nivernais » sans changements de limites. L’Ardèche serait rattachée, comme elle l’était historiquement à la région Languedoc-Roussillon. Il serait créé une région Savoie (deux départements). La région Rhône-Alpes, réduite géographiquement, deviendrait « Lyonnais - Dauphiné ». Le Limousin serait agrandi de la Dordogne (devenant région « Limousin - Périgord »). L’Aquitaine serait donc réduite d’un département. Les deux Normandie seraient réunifiées. La région dite Provence-Alpes-Côte d’Azur ne changerait pas de limite (c’est la région Provence et Niçois).
Il naîtrait ainsi une France des nouvelles provinces, de régions de taille raisonnables – à l’inverse par exemple des aberrantes circonscriptions pour les élections européennes - , des régions à la fois porteuses d’identité, matrices d’identité et viables en terme de développement relocalisé, tournant le dos tant aux mégalopoles qu’au mégalo-capitalisme.
Sauvons la Franche-Comté !
édition du 21 mars 2009
A l'attention de : Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République
Le rapport Balladur sur la réforme des collectivités locales remis au Président de la République le 5 mars préconise une réduction du nombre des régions qui passerait de 22 à 15. Victime potentielle, nommément désignée lors des travaux préparatoires, la Franche-Comté dont il est proposé qu’elle fusionne avec la Bourgogne.
Nous signataires de cette pétition,
- rappelons que, depuis plus de 1 000 ans qu’elle existe (982), la Franche-Comté a pour
l’essentiel de son histoire vécu indépendamment de la Bourgogne,
- soulignons que bon nombre de régions européennes sont aujourd’hui plus petites que la
Franche-Comté,
- signalons qu’elle n’a pas besoin de Paris pour lui dire avec qui elle doit se marier,
- considérons qu’elle aurait rien à gagner et tout à perdre à être rattachée à la Bourgogne,
Besançon ne serait plus capitale régionale, nous n’aurions plus notre
propre conseil régional et les Bourguignons, démographiquement
majoritaires, pourraient alors nous imposer leur volonté. Ensuite, à
l’heure de l’Europe, la Franche-Comté a l’immense avantage d’être
directement voisine de la Suisse et de l’Allemagne, ce qui n’est pas le
cas de la Bourgogne. Enfin, il n’y a aucune synergie possible entre nos
deux économies, celle de la Franche-Comté, basée sur l’automobile, la
micromécanique, l’horlogerie, le bois, le tourisme, le ski et le
fromage étant cent fois plus proche de celle du Jura suisse que de
celle de la Bourgogne.
- proclamons que jamais la Franche-Comté, ses habitants et ses villes
historiques comme Besançon, Vesoul, Dole ou Belfort dépendront de Dijon,
- en un mot, disons fermement NON au funeste projet secret de certains
de voir la Franche-Comté « annexée » demain par la Bourgogne.
Suite aux propositions Balladur, une loi va bientôt sortir. La Picardie
dont la disparition est également envisagée a déjà récolté plus de 50
000 signatures pour s’y opposer. Ne soyons pas en reste ! Soyons
vigilants et mobilisons nous avant que notre rattachement à la
Bourgogne ne nous tombe demain sur la tête !
Le Mouvement Franche-Comté, déjà à la pointe du combat pour le lion sur
les plaques de voitures, vous appelle donc à signer sans attendre cette
PÉTITION à l’attention du Président de la République.
L’Alsace en Europe : rives du Rhin ou plateau lorrain, il faut choisir !
Christian Chaton
Article de Christian Chaton publié le 23 février 2009
Le Comité pour la réforme des
collectivités locales, présidé par l’ancien Premier Ministre Edouard
Balladur, doit rendre ses préconisations sur la future architecture
institutionnelle de la France au Président de la République dans les
jours qui viennent.
Parmi les mesures qui devraient être rendues publiques figurerait le regroupement - sur des bases à priori volontaires - de quelques-unes des 22 régions actuelles qui ne devraient plus à l’avenir en former que 15 dans le but de leur donner "une dimension européenne".
C’est ainsi que serait envisagé le regroupement des actuelles régions Alsace et Lorraine au sein d’une super région du Grand Est.
Une telle proposition reflète le tropisme franco-parisien de ses auteurs tout comme la méconnaissance des réalités régionales et européennes.
L’observation de ce qui se passe chez nos proches voisins européens nous montre au contraire que la viabilité d’une région, d’un Land allemand ou d’un canton suisse, n’est pas fonction de l’importance de sa superficie ni de sa population, mais de son homogénéité et des atouts liés à sa situation géographique comme à la présence sur son territoire d’activités économiques à forte valeur ajoutée, et à son rayonnement culturel.
C’est le cas de la Freie und hansestadt Hamburg, la ville libre et hanséatique de Hambourg, qui avec ses 1,8 M d’habitants et ses 755 km² est le premier des 16 Länder allemands pour le PIB par habitant.
Plus grand port d’Allemagne et deuxième port européen, la Ville-État de Hambourg a su depuis la fin de la guerre se spécialiser dans les domaines de la chimie, de la construction aéronautique et navale, et est devenue un leader en matière de technique médicale et de biotechnologie, tout en développant un fort secteur des services.
Plus proche de nous la prospérité du canton de Bâle-Ville, le plus petit des cantons suisses avec ses 190 000 habitants et ses 37 km², vient encore contredire le raisonnement du Comité Balladur.
Vouloir noyer l’Alsace dans un hypothétique Grand Est reviendrait en fait à nous couper de l’espace du Rhin Supérieur qui est notre espace de vie et de développement naturel et historique, et à nous éloigner du centre économique européen qui court de l’Italie du Nord jusqu’à Londres en passant par la vallée du Rhin et la Ruhr sous la dénomination de Banane Bleue.
Il est urgent que ces réalités reviennent à l’esprit des grands élus alsaciens et que la dimension régionale et européenne de l’Alsace l’emporte sur la logique nationale.
La clé de la prospérité de l’Alsace et son avenir se trouvent sur les deux rives du Rhin, pas sur le plateau lorrain.
Orientations pour un régionalisme éclairé
Article de Daniel Cologne publié le 2 janvier 2008
Je remercie mes amis du Mouvement Normand de m’avoir accueilli dans les colonnes de leur revue culturelle (Culture Normande) et de m’envoyer régulièrement leur revue politique (L’Unité Normande), soit directement, soit par l’entremise de leur collaborateur Georges Feltin-Tracol. Je compte également ce dernier au nombre de mes meilleurs amis et ses « tribunes libres » consacrées à la Belgique attestent la conception large que se font de la région les adeptes de la réunification de la Normandie.
Depuis plus d’un demi-siècle, la Normandie est arbitrairement et artificiellement divisée en une Basse-Normandie et une Haute-Normandie dont la réunification est la revendication de base de l’affirmation identitaire normande. Dans les « trois mots-clés » de Jean Mabire (Unité - Héritage - Ouverture), et comparativement au ternaire que j’ai moi-même esquissé dans des articles précédents, le mot « unité » correspond au mot « identité ». De même, le mot « héritage » renvoie aux « origines nordiques », dont Didier Patte fait par ailleurs le premier des cinq cercles d’appartenance de l’identité normande.
Le cinquième et dernier cercle est celui de l’« ouverture ». Il y a donc adéquation entre la démarche du Mouvement Normand et ma proposition de « décrucifier le monde » en substituant à l’écartèlement entre les quatre points cardinaux un schéma plus harmonieux, en l’occurrence un triangle Origines (Nord) – Identité (Est) – Ouverture (Ouest), ou mieux encore, pour intégrer le Sud dans ce schéma : un triangle Origines (Nord) – Identité (Sud-Est) – Ouverture (Sud-Ouest).
Ma perspective symbolique s’inscrit dans le cadre d’une géographie spirituelle liée à son tour à la « structure absolue » que je crois discerner dans la figure horoscopique. Il va de soi qu’en fonction de la situation d’une région en géographie réelle, les axes d’identité, d’ouverture et de retour aux origines peuvent présenter des variantes par rapport aux axes de l’horoscope.
Dans le cas d’une Normandie réunifiée, l’axe Sud-Est, que Didier Patte appelle « séquanien » en raison de son lien avec la Seine, conduit in fine vers le Sud de l’Italie et renoue avec le souvenir du royaume normand de Sicile. La fondation de ce royaume est l’une des deux grandes aventures de la période ducale (911 - 1204), qui constitue par ailleurs le deuxième des cinq cercles concentriques.
Les origines scandinaves de la Normandie sont bien connues, l’implantation viking de Rollon servant de base à la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant (1066), deuxième aventure majeure de la période ducale. Ainsi la Normandie peut-elle être considérée comme « la matrice du monde anglo-saxon », qu’il faudrait peut-être rebaptiser « monde anglo-normand ». « L’axe du Ponant » reflète un désir d’ouverture vers le Nord-Ouest (Îles Britanniques, États-Unis, Canada).
Mais la volonté d’élargir la géopolitique normande « au vaste monde » se traduit aussi dans « l’axe Plantagenêt » tourné vers le Sud-Ouest (Aquitaine, Espagne, Portugal). Du comté anglais du Devon à la Lusitanie en passant le Sud-Ouest de la France et la Galice émerge ainsi une conception élargie et éclairée de la région envisagée comme zone de coopération transfrontalière, et non plus comme positionnement de repli frileux face aux périls de la mondialisation, de la tyrannie des grands ensembles, des dérives technocratiques de l’Europe de Bruxelles et des prétentions uniformisatrices pluriséculaires du jacobinisme parisien.
Citant André Siegfried, Didier Patte sait que « la vérité n’est jamais entièrement du même côté ». Aussi ne rejette-t-il pas en bloc toutes les initiatives de Bruxelles, comme par exemple le programme Érasme d’échanges inter-universitaires européens, ou de Paris, comme par exemple la régionalisation (même timide) ébauchée par le gouvernement Raffarin (la brochure de Didier Patte rassemble des textes écrits à partir de 2002).
Opérant une subtile distinction entre la francité (troisième cercle) et la francophonie (quatrième cercle), Didier Patte lance un riche débat entre ceux qui s’ouvrent à une identité multiraciale via le facteur linguistique et d’autres, qui, comme mon excellent ami Rodolphe Badinand, tienne la francophonie pour une « illusion universaliste » découlant du « mal colonial » et de l’exorbitante prétention de la France d’imposer au monde entier son modèle de citoyenneté hérité des « Lumières » :
« Cet air de liberté par delà les frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige,
Elle répond toujours du nom de Robespierre,
Ma France ». (Jean Ferrat)
Une Europe des régions (celles-ci entendues lato sensu) peut s’ouvrir aux Afriques maghrébine et subsaharienne en raison des liens historiques et culturels que nous avons avec ces peuples du Sud. Mais cette ouverture ne peut s’effectuer que si les Européens reprennent au préalable conscience de leurs propres origines et de leur identité spécifique. De même, c’est en redevenant nous-mêmes que nous pourrons enfin réussir l’intégration des allochtones, ce que le pseudo-modèle jacobin est loin d’avoir réalisé dans l’Hexagone (voir La Marseillaise sifflée au Stade de France).
Les responsables de tous les mouvements identitaires d’Europe sont invités à lire l’excellente brochure de Didier Patte. En s’inspirant de l’organisation et de la démarche du Mouvement Normand, notre famille de pensée peut progresser vers l’idéal d’une Europe à géométrie variable, reflet de l’extraordinaire diversité de nos paysages à l’échelle humaine, émanation de notre singularité géographique face aux steppes, aux déserts, aux chaînes de montagnes écrasantes et aux forêts vierges impénétrables qui caractérisent les autres continents.






