Solidarité avec Asia Bibi
édition du 3 juin 2011
Il faut tout faire pour sauver Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème, et qui se trouve enfermée depuis deux ans dans une prison infecte, incertaine de son sort. Notre attention a déjà été attirée par la situation insupportable des chrétiens dans ce pays.
Le Pakistan appartient à une zone troublée. Nous le savons à cause de la mort de Ben Laden à la suite d’une opération commando de l’armée américaine. Ces frontières poreuses avec l’Afghanistan en pleine guerre, ces relations compliquées avec l’Inde, sa situation de puissance nucléaire, tout est fait pour susciter l’inquiétude sur le devenir d’une nation par ailleurs travaillée par le fondamentalisme islamiste.
Deux personnalités pakistanaises de premier plan ont été assassinées récemment : le gouverneur du Penjab, Salman Taser et le ministre chrétien des minorités Shahbaz Bhatti. L’un et l’autre n’étaient coupables que d’avoir pris la défense d’Asia Bibi, cette chrétienne condamnée pour avoir bu un verre d’eau réservée aux musulmans. On juge de la disproportion du soi-disant blasphème avec la peine de mort infligée à la malheureuse. Seule une campagne de presse vigoureuse dans nos pays est en mesure de peser sur les autorités pour mettre fin à son calvaire. C’est pour cela que le mari et la fille d’Asia étaient la semaine dernière en France. Ils ont pu contacter le député Christian Vanneste qui a lui même informé notre ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé. Ce dernier a assuré le député du Nord qu’il s’occuperait de l’affaire dans les 48 heures.
On souhaite vivement que l’action de la France par sa diplomatie, aboutisse dans les meilleurs délais à faire sortir cette chrétienne d’une prison, où elle vit non seulement dans des conditions insupportables, hors de toute hygiène, mais où elle court le risque d’être assassinée. Régulièrement, l’opinion publique est mobilisée au service de personnes en danger. Il y eut le cas célèbre d’Ingrid Betancourt. Il y a nos otages en Afghanistan et en Afrique. Mais il y a aussi notre sœur dans la foi, Asia Bibi, qui mérite le même engagement et la même solidarité !
Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 2 juin 2011 - Gérard Leclerc - France Catholique
Che Guevaras-le-bol !
Article de Gabrielle Cluzel publié le 16 février sur son blogue et publié par l'AF le 27 février 2011
J’en ai encore croisé une ce matin dans le métro. A la station Gare de l’Est, nous étions comprimées dans le même wagon. J’aime bien rendre service à mon prochain, alors je lui ai glissé discrètement, en pointant son pull, comme je lui aurais dit qu’elle avait la braguette ouverte ou un bout de salade coincé entre les dents: « Faites attention, vous avez un assassin placardé dans le dos ».
Elle m’a regardée bizarrement. Dans ces cas-là, elles me regardent toutes bizarrement. Comme si j’étais une pôv fille un peu folle, à laquelle il ne manquerait plus qu’un litron de rouge, un vieux sac de couchage nauséabond et de gros sacs Tati posés à mes pieds.
Sauf, que, eh, les filles, il faut tenter parfois de voir plus loin que le bout de votre stylo à paillettes Hello Kitty : Le type, là, avec son étoile sur le béret en impression sur votre pull, cette reproduction de la photo d’Alberto Korda, c’est loin d’être Flynn Rider dans Princesse raiponce, ou le Prince Edward d’Il était une fois.
Moi, ce que j’en dis c’est pour vous. Ce n’est pas moi qui aurai l’air bête quand les cubains, et cela viendra bien un jour, arriveront enfin à soulever la chape de plomb qui pèse sur leur pays, feront leur révolution de Jasmin à eux, et que lumière sera faite sur les exactions des uns et des autres. Avec votre pull, ce sera tout comme si vous aviez la tête de Madame Ben Ali tricotée dans le dos… Même en Cachemire, impossible de le refourguer sur e-bay.
Parce que figurez-vous que le Che était un bourreau fanatique, qui fumait voluptueusement son cigare en assistant aux exécutions, et qui n’a jamais eu une once du romantisme que la légende lui a prêté. Il traitait du reste ses conquêtes comme des chiens… des conquêtes qui avaient bien du mérite pourtant car il était de notoriété publique que cet homme-là ne se lavait jamais. Et, là, bingo, ça fait toujours mouche. Les jeunes filles quand même, sont étranges.
Les crimes encore… mais la saleté, là, franchement, ça les dégoûte. Pour un peu, elles enlèveraient leur pull tout de suite, comme ça, sur le quai Alors pour en finir avec le Che, et tout savoir de la façon dont il (mal)traitait ses ennemis politiques, ses femmes et ses savonnettes, deux ouvrages à lire d’urgence :
La face cachée de Che Guevara par Jacobo Machover (Buchet Chastel)
La véritable histoire d’Ernesto Guevara par Pierre Rigoulot (Larousse)
Vu sur Le blog de Gabrielle Cluzel
Union européenne : la tournante hongroise
Action Française
Article d'Aristide Leucate publié le 30 janvier 2011
Depuis le 1er janvier, et pour une durée de six mois, la
Hongrie préside la plupart des réunions du Conseil des ministres de
l’Union européenne. Avec quels enjeux ?
Depuis le 1er janvier, la Hongrie préside l’Union européenne pour six mois. C’est au Premier ministre conservateur, Viktor Orban qu’échoit, après la Belgique, la responsabilité de cette mascarade. Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, la présidence du Conseil de l’UE se distingue de la présidence du Conseil européen. Sorte de « super » conseil des ministres composé des ministres des États membres, la première fait l’objet d’une présidente tournante tous les six mois et dispose d’un réel pouvoir de décision conjointement exercé avec le Parlement européen, tandis que la seconde, qui est assurée par un président élu pour deux ans et demi (l’actuel étant le Belge Herman Van Rompuy), est l’organe supérieur de l’Union qui s’occupe d’impulser la politique européenne et prend les décisions majeures en matière de modification des traités, par exemple.
Démocrate, ma non troppo
Cette tournante institutionnelle ne manque pas de faire l’objet de critiques âpres, dès lors que l’État qui en prend la présidence n’a pas l’heur de plaire aux « europiomanes » de tous poils qui constituent la galaxie communautaire. C’est le cas de la Hongrie dont certains plumitifs, comme l’inénarrable Jean Quatremer (bruxelles.blogs.liberation.fr), ont cru devoir dénoncer la « dérive autoritaire » à cause de la récente loi hongroise sur les médias qui musellerait ces derniers.
C’est que la Démocratie dont nos donneurs de leçons se gargarisent
tant est à géométrie variable. Ils se verraient réformer les
institutions européennes dans un sens plus restrictif de façon à éviter
que de vilains et sombres canards (surtout ceux en provenance des pays
de l’Est, derniers entrés dans ce Babel-Oued européo-mondialiste) ne
viennent saper les fondements de leur club impotent. On rappellera que
Viktor Orban travaille à l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans
l’espace Schengen. L’enjeu stratégique est de déplacer le problème des
Roms de ses frontières australes vers ces pays et d’en favoriser le
règlement définitif par Bruxelles. Évidemment, la France comme
l’Allemagne ne le souhaitent guère. Sur le plan de sa politique interne,
la Hongrie a mis en place un système de taxation de « crise » frappant
les banques et les filiales des grandes entreprises européennes sises
sur son territoire, ce qui écorne sévèrement le credo libre-échangiste
dont la Commission est la gardienne jalouse.
Mais il y a plus. Nos grandes consciences eurobéates craignent que le chef du gouvernement magyar ne soit par trop sensible aux douces sirènes du Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie), parti nationaliste qui a recueilli près de 17 % des voix lors des législatives d’avril dernier. Elles n’ont pourtant pas tort, mais pas pour de bonnes raisons. Si elles redoutent une telle influence (qui aurait des répercussions sur la présidence hongroise de l’Europe), c’est précisément à cause du tropisme de ce parti pour un axe sino-russe en matière de politique étrangère qui serait le pendant de l’américano-atlantisme militant de nos élites européennes. Orban ne semble pas défavorable à cette orientation qui heurte de front la politique étrangère de l’Union dont on se plaira, en passant, à souligner qu’elle est littéralement sabordée par la Britannique Catherine Ashton, (actuel Haut représentant de l’Union aux Affaires étrangères) qui en fait une dépendance du Foreign Office, c’est-à-dire une succursale de la Maison-Blanche.
Mais le Jobbik pousse également à un rapprochement avec la Turquie, voire avec des pays cousins tels que le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan ou le Turkménistan. Si l’entrée du géant ottoman au sein de l’Union est loin d’être écartée par les oligarques bruxellois, force est de constater que d’un point de vue géostratégique, les États-Unis comme les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) visent l’effondrement ou, à tout le moins, l’affaiblissement de l’Union européenne par la mithridatisation du virus islamique.
Une relève coûteuse
Tout est donc pour le mieux dans la maison Europe qui, décidément, prend l’eau de toute part et perd jour après jour son crédit auprès des peuples qui la rejettent sans parvenir, nonobstant, à se débarrasser de ses zélateurs stipendiés (grassement). Demain, la Pologne, hier, la Belgique qui avait elle-même succédé à l’Espagne, tous les six mois, l’Union européenne offre aux peuples, qui n’en peuvent mais, le tableau d’une relève institutionnelle aussi coûteuse qu’inutile, quand on sait que par le jeu des délégations, le Conseil aliène son pouvoir réglementaire entre les mains d’une Commission (présidée par l’apathique Barroso) toujours plus omnipotente.
Comitologie
Là où le Conseil pouvait apparaître comme une pseudo vitrine représentative des États souverains, le système de la « comitologie » (délégations par le Conseil à des comités divers secondant la Commission), largement validé par la Cour de justice depuis 1970 et désormais codifié par le traité de Lisbonne, confie la fonction normative à un organe supranational totalement irresponsable politiquement et surpuissant juridiquement. La preuve en est que la Belgique, depuis plus de six mois sans gouvernement, a pu assumer la présidence nominale du Conseil. Un chien coiffé d’un bonnet aux couleurs belges, aurait sans doute fait l’affaire. C’est dire que la Commission est fondamentalement le noyau atomique de cette « Europe sans les peuples » (selon l’heureuse formule de l’ancien député européen Georges Berthu) aux mains d’élites mondialisées qui ne se conçoivent plus comme appartenant à des nations, mais bien à une hyper-classe « bling bling » mondiale, méprisant la France et les autres États souverains, perçus comme de ridicules forteresses à annihiler.
Aussi, est-il de salubrité publique d’alerter incessamment nos concitoyens de la vacuité d’une Europe sans âme et ayant délibérément opté pour une acculturation anhistorique (notamment, en refusant de reconnaître ses racines chrétiennes), coupée, ab initio, des peuples censés lui donner sa substance vitale. Nos anciens monarques, qui pratiquaient l’européanité par le mariage, inscrivaient ainsi le vieux continent dans une histoire de famille où les disputes pouvaient s’avérer aussi orageuses (nos guerres fratricides en attestent) que furent étroites les affinités et les amitiés, voire les amours. Là et seulement là résidait l’âme, le principe spirituel d’une Europe, entrée depuis en dormition.
L’armée britannique sous la coupe de la hache
Action Française
édition du 31 octobre 2010
Le « comité de la hache » a frappé. David Cameron, le Premier
ministre britannique, est à la Chambre des communes cet après-midi
(16h30) pour présenter les coupes budgétaires frappant l’armée
britannique. Selon les dernières fuites , celle-ci sera soumise à
une réduction d’environ 8% du budget (le Trésor demandait 10%, le
ministre de la défense ne voulait pas plus que 4%). 3 milliards de £
sur un budget annuel du ministère de la Défense de 37 milliards £. NB :
le déficit global du budget britannique se monte pour l’année fiscale
2009-2010 à 155 milliards £.
Coté équipements, le renouvellement de la force de frappe nucléaire Trident pourrait être reporté jusqu’à 2015 (au moins). Ce qui permettrait d’économiser 750 millions £ estime le gouvernement. Mais la marine semble frappée de plein fouet.
La Navy dans le champ de tir
Le porte-avion Ark Royal va être " démantelé avec effet immédiat ", annonce Sky News.. La construction de deux portes-avions – le HMS Queen Elizabeth et le HMS Prince of Wales – est confirmée. Coût : environ 5,2 milliards £ (cela aurait coûté plus cher d’arrêter la commande). Mais leur destination future reste encore floue selon nos confrères britanniques. Ils seront convertis pour être disponibles auprès d’alliés. L’un d’entre eux pourrait, à terme être vendu… aux Français. Les jets Harriers vont être retirés du service. Durant cet intermède, qui va durer plusieurs années, la Royal Navy n’aurait donc plus autant de possibilité de faire décoller des avions de la mer, et devra se reposer davantage… sur ses alliés américains et français comme le suggère le ministre de la Défense Liam Fox qui estime que ses moyens sont préservés (avec les JSF, les Tornados et les hélicoptères, écouter sur la BBC. La Navy pourrait perdre également une partie de sa capacité maritime avec une baisse de 24 à 19 navires. 4 frégates et 1 navire de soutien amphibie classe Bay vont être retirés. Mais il y aura 6 nouveaux destroyers Type 45 et les nouvelles frégates Type 26 argue le ministère de la Défense.
La Royal Air Force (RAF) va payer également son tribut à la réforme avec une fermeture de plusieurs bases aériennes même si le nombre d’escadrons de Tornado pourraient être sauvegardé. Le nombre de JSF F-35 commandés va diminuer de façon drastique. On parle de 40 JSF commandés sur les 138 envisagés ! Tandis que le programme des avions de reconnaissance Nimrod MRA4 pourrait être abandonné. Les avions de transport Hercules seront retirés 10 ans plus tôt quand la capacité d’A400M sera opérationnelle. De meme que le VC-10 and les trois variantes de TriStar remplacés par l’A330 MRTT.
L’armée de terre se voit privée de 40 % de sa capacité en chars (tanks Challenger 2) et 35 % en artillerie lourde. Mais finalement elle ne semble pas s’en tirer trop mal. Aucun régiment ne sera supprimé tant que les opérations en Afghanistan dureront a estimé Liam Fox, le ministre de la Défense.
Coté personnel, on parle de 5.000 hommes en moins dans la RAF (33.000 d’ici 2015 et 31.500 d’ici 2020), 5.000 dans la Navy (soit 30.000 marins et personnels d’ici 2015, 29.000 d’ici 2020) et de 7.000 dans l’armée de terre (soit 96.000 militaires d’ici 2015 et 94.000 d’ici 2020). Le personnel civil du ministère sera diminué de 25.000 personnes.
Inquiétudes publiques
Depuis quelques jours, les unes se succèdent et les échanges entre responsables politiques filtrent dans la presse. « Est-ce que la Navy est réellement nécessaire ? » s’interrogeait récemment le Financial Time, soulignant que l’on fête actuellement le 205e anniversaire de la victoire de Trafalgar. Car la fierté britannique fond à vue d’oeil : dotée au lendemain de la 2e guerre mondiale de 900 navires et 1 million d’hommes, elle n’avait plus, début 1980, que 70 navires et 70.000 hommes. Et bientôt plus qu’une vingtaine de navires. « La Royal Navy sera sans moyens pour sauver les Falklands comme elle l’a fait il y a 28 ans » renchérissait Sir Jonathon Band, l’ancien Premier amiral de la flotte dans The Sun. « Êtes-vous d’accord avec la mise à l’écart du HMS Ark Royal » s’interroge la BBC, aujourd’hui. Le ministre de la Défense, Liam Fox, a même envoyé une lettre, assez abrupte, au Premier ministre (1). Même les alliés américains y sont allés de leur petit mot. Robert Gates puis Hillary Clinton se sont inquiétés ainsi publiquement de la diminution du format de l’armée britannique. « I think we do have to have an alliance where there is a commitment to the common defense » expliquait la secrétaire d’Etat US sur la BBC avant le week-end. Au point que le Premier ministre Cameron s’est senti obligé de s’entretenir directement, lundi, avec Obama pour lui expliquer combien le Royaume-Uni restera un allié robuste . Et que le Royaume-Uni restera au-dessus de la barre de 2% fixée par l’OTAN.
Échanges vifs entre « terriens » et « marins »
Des échanges particulièrement vifs ont également eu lieu au sein du ministère de la Défense, notamment entre « terriens » et « marins ». Ce qui devrait laisser quelque traces. Des commandants de la Navy n’ont ainsi pas hésité à accuser leurs collègues de l’Armée de terre d’utiliser des méthodes de « blacks ops » (opérations clandestines) pour promouvoir leurs intérêts auprès de Whitehall (la rue des ministères) et dans les médias. « Nous ne l’oublierons pas et nous ne pourrons jamais l’oublier » expliquait ainsi un officier dans le Daily Telegraph. En réplique, un « terrien » a accusé les marins de " smoking a crack pipe " . Ambiance ! Chacun est venu, tour à tour expliquer, auprès des politiques et dans les médias, pourquoi la réduction était plus justifiée chez l’autre. La Navy a " accepté de sacrifier une partie de sa flotte amphibie pour sauvegarder ses portes-avions " , explique un terrien " Ce qui signifie la fin des Royal marines " . Faut-il parler " des QG fantômes qui ne servent à rien, des officiers supérieurs en surnombre et des 800 millions de £ dépensées dans le futur véhicule blindé sans jamais en voir un bout " , réplique un marin… Ambiance !
Un nouvel équilibre européen
Cette révision stratégique pourrait entraîner un bouleversement de
l’ordonnancement européen qui, s’il perdure, pourrait changer la donne
stratégique sur le continent. A la faveur de cette réduction
budgétaire, la France pourrait, en effet, dépasser le Royaume-Uni et
devenir ainsi l’Etat membre de l’UE qui consacre le plus de moyens à la
Défense, que ce soit en termes de pourcentage du PIB ou de montant net,
ou de militaires sous les armes.
Source : Bruxelles2
« Offensive sociale : l’heure des choix »
Action Française
Article de Henri Valois lu dans La Revue Critique.publié le 19 octobre 2010
Certains s’étonnent encore de la rapidité avec laquelle l’opinion
publique s’est saisie du dossier des retraites pour basculer dans une
contestation sociale de grande ampleur. « Comment tous ces gens
peuvent-ils s’engouffrer dans le mouvement, alors même que nous sommes
en crise et que leurs emplois sont menacés? », se demande gravement la
presse boursière et gouvernementale. Décidément, la bourgeoisie
française sera toujours d’une naïveté confondante. Il faut être en
effet vraiment aveugle ou vivre sur une autre planète pour ne pas
sentir que le ressentiment accumulé par les classes défavorisées et une
partie de la classe moyenne est extrêmement profond et qu’il vient de
loin. Il recoupe en réalité plusieurs mouvements de fond de la société
française qui conjuguent aujourd’hui leurs effets dans la bataille
contre la réforme Woerth.
La première de ces réalités concerne directement la classe ouvrière. La désindustrialisation de la France, longtemps annoncée, s’effectue aujourd’hui sous nos yeux. Avec une brutalité et une rapidité irrépressible. Elle touche toutes les régions, y compris celles qui apparaissaient hier comme les mieux armées. Elle touche tous les secteurs, y compris ceux que l’on considérait comme en pointe, y compris l’énergie, l’armement, l’agroalimentaire ou les transports que l’on considérait comme protégés. Elle touche également toutes les composantes de la production, depuis la chaîne jusqu’aux fonctions plus techniques, de l’usine elle-même à la logistique, jusqu’au laboratoire. Rien ni personne n’échappe à cette terrible réalité.
Ceux qui observent ce phénomène sans les œillères de l’idéologie dominante constatent que nous ne sommes pas en face d’une crise d’adaptation, comme nous en avons connu bien d’autres dans le passé, mais devant une entreprise de démolition systématique, quasiment programmée de l’industrie française. L’ouverture sans frein ni contrepartie des marchés européens, le piège de l’euro fort, la financiarisation de l’économie, la suppression ou le nivellement des normes techniques ou sociales, tous ces phénomènes qui agissaient jusqu’à présent à doses homéopathiques se sont brutalement transformés, sous l’effet de la crise mondiale, en pièges mortels. Nous payons aussi l’incompétence de nos élites économiques ou politiques, endormies dans leurs certitudes, qui n’ont rien vu ni rien préparé, qui refusent obstinément la mise en place de filets de sécurité. Nous payons enfin l’extrême dépendance des entreprises françaises vis à vis du capital étranger, et d’abord anglo-saxon ou allemand. C’est le jeu trouble des multinationales et des fonds de pension qui est à l’origine des principaux conflits sociaux depuis deux à trois ans.
Du jour au lendemain, des milliers de salariés se retrouvent otages de décisions prises loin de chez nous par des actionnaires sans foi, ni loi. La fermeture de Molex à Toulouse, de Continental à Clairvoie, d’Ethicon en Eure et Loir, les restructurations chez Goodyear à Amiens, chez Henkel à Louviers, chez STX France à Saint Nazaire – pour ne prendre que les conflits les plus récents et les plus emblématiques – provoquent derrière elles la disparition de centaines de PMI et le licenciement de milliers d’emplois de sous-traitance locale. Ce sont des bassins industriels entiers qui sont rayés de la carte.
Les millions de salariés licenciés, restructurés, fragilisés par ce vaste mouvement de désindustrialisation n’ont pas le sentiment pour autant d’être les victimes d’une crise lointaine et inéluctable. Dans la plupart des cas, ils se sont battus pour leur emploi, pour leur reconversion, pour obtenir des indemnités décentes. Très souvent, ils se sont retrouvés seuls dans leurs combats, face à des directions lointaines, des actionnaires cyniques et sans scrupule. Seuls, souvent réduits à leurs propres moyens, sans consigne syndicale, sans appui syndical, parfois même en opposition avec les mots d’ordre des centrales syndicales.
Seuls, très souvent sans État pour les aider, sans ministres pour les soutenir, sans justice et sans préfet pour dire et faire respecter le droit, sans gouvernement pour les comprendre. Ceux-là ne sont pas prêts de pardonner au pouvoir en place ses complaisances avec le gros patronat, ses complicités avec les groupes multinationaux. Ils sont entrés dans le mouvement la semaine dernière, entraînant derrière eux les premiers gros bataillons du secteur privé, comme on l’a vu mardi dernier et hier à Toulouse, à Saint Nazaire, à Poitiers, à Saint Etienne, à Roanne ou au Havre. Ce sont eux qui vont donner dans les semaines qui viennent ampleur et consistance à un mouvement qui est parti, comme en 1995, du secteur public. Une partie d’entre eux n’a plus rien à perdre et s’engagera sans état d’âme dans la grève générale.
Mais ce mouvement ne serait pas aussi populaire s’il ne s’appuyait pas sur une autre réalité, plus profonde encore : la désaffection massive d’une très grande partie du salariat français pour le travail et pour le monde du travail tel qu’il est devenu. Au-delà même des situations critiques relevées chez Renault, PSA, France Telecom ou La Poste, on sent bien que c’est l’organisation de l’entreprise elle-même que contestent ces millions d’employés qui rêvent de partir au plus vite à la retraite, ces millions d’agents de maîtrise ou de cadres moyens qui compensent leur stress et leurs désillusions en plébiscitant massivement la réduction du temps de travail, ces millions d’ouvriers qui rejettent le travail en miettes, les heures supplémentaires forcées, la course aux cadences. De nombreuses études le confirment, la France est malade de ses entreprises, de l’ascenseur social qui n’y fonctionne plus, du dialogue social qui en est absent, du mépris social qui y sert de règle de management. La France est également malade de ses services publics en miettes, rationnés, démantelés, la plupart du temps sans moyens face à la désespérance ou à la misère. A l’image de ces employés de Pôle emploi, des hôpitaux publics qui ont débrayés parmi les premiers pour marquer leur épuisement, leur lassitude devant la régression sociale qui s’installe un peu partout dans le pays.
Pour ceux là, employés, petits cadres ou cadres moyens du public ou du privé, la réforme des retraites est ressentie comme une prison qu’on verrouille, alors qu’ils rêvent de fuir au plus vite une vie professionnelle qui ne leur apporte plus aucun agrément. Ce sont eux qui sont derrière les pourcentages énormes de rejet de la réforme, qui plébiscitent massivement le mouvement (70% des Français selon les sondages), qui réclament une renégociation immédiate du projet de loi (57% des sondés).
Le secteur public est entré de plein pied dans le mouvement parce qu’il est depuis dix ans la tête de turc de tous les gouvernements de droite, que le malaise social y bouillonne à petit feu et que son statut lui permet encore de s’engager dans un bras de fer de longue haleine. Le secteur tertiaire privé suivra, s’il a le sentiment que l’épreuve de force peut s’engager sans qu’il en supporte tous les risques. S’il sent, en particulier la semaine prochaine, que le blocage des raffineries et du secteur routier met en cause l’activité du pays tout entier, il sera alors tenté de basculer dans la contestation.
Dernière réalité très forte, le nouveau visage de la jeunesse. Comme l’écrit très justement Bertrand Renouvin dans son dernier éditorial de Royaliste [1] : « Les enfants veulent protéger leurs parents et, dès l’adolescence, ils savent qu’ils doivent lutter pour ne pas finir dans la gêne ou la misère. A l’optimisme d’une jeunesse éblouie par elle-même – celle des années soixante – a succédé une prise au sérieux fondée sur une expérience concrète de la régression sociale ». Oui, cette jeunesse, notre jeunesse, prend les choses au sérieux. La dureté de notre société l’angoisse, et son premier sentiment, face au malaise, voire au désespoir, qui étreint parents et grands parents, c’est la révolte. Ces étudiants, ces lycéens, qu’on décrétait frivoles, tout occupés du monde virtuel que leur réservait la société de consommation, voilà qu’eux aussi relèvent la tête et qu’ils retrouvent les grands réflexes de solidarité qui étaient hier encore ceux de la jeunesse ouvrière, de la jeunesse rurale et d’une certaine jeunesse de la petite bourgeoisie. Cette jeunesse, notre jeunesse, comme elle l’avait fait au moment du CPE retrouve le chemin de la rue, de la manif, des assemblées générales houleuses et interminables, des blocages bons enfants, parfois violents, des tracts diffusés tôt le matin, des réunions syndicales qui se terminent tard le soir. Elle se repolitise, comme le confirme tous les sondages. Elle découvre aussi la confrontation avec l’encadrement de l’Education nationale – des chefs d’établissements nettement plus soumis aux ordres que par le passé – et avec une police couverte par avance par le pouvoir. Avec l’entrée en scène de la jeunesse – étudiants, lycéens, mais aussi jeunes ouvriers, jeunes employés et apprentis – c’est l’inquiétude qui a subitement changé de camp.
On a senti le pouvoir fébrile. Fébriles aussi les directions syndicales réformistes et l’oligarchie de gauche, qui espéraient secrètement qu’après le 12 octobre, les choses en resteraient là.
Nous sommes en effet au milieu du gué et c’est sans doute la semaine prochaine qu’on saura si oui ou non l’esprit syndical, l’autonomie syndicale l’a emporté sur les petits calculs partisans. La question des grèves reconductibles, la perspective de la grève générale ont été posée dès lundi dernier par les organisations syndicales les plus engagées (FO, Sud, les secteurs les plus radicaux de la CGT notamment). C’est avec raison que ce choix a été mis sur la table parce qu’il va permettre une certaine clarification. Avant la manifestation de samedi, on entendait pour la première fois les responsables de la CFDT et de la social-démocratie crier « halte au feu » au nom du réalisme économique ou du respect de la démocratie. Les voici sur le terrain politique, et non plus syndical, et ils commencent déjà pour certains à jeter les masques. Pourquoi contenir le mouvement, alors que l’on sait parfaitement que le pouvoir ne résisterait pas à un débrayage général des salariés, ne serait ce que de quelques jours ? Serait-ce parce qu’en réalité on ne veut pas que le mouvement aboutisse, qu’on souhaite au fond de soi que la droite fasse aujourd’hui le mauvais travail que M. Strauss Kahn ou Mme Aubry n’auront pas à faire demain au pouvoir ? Et pourquoi la CFDT essaye-t-elle depuis quelques jours – d’ailleurs en vain, semble –t-il – de convaincre ses chauffeurs routiers de ne pas entrer dans la danse ? Est-ce parce qu’elle sait que le mouvement prendrait alors une autre forme, presque irrépressible ?
N’ayons pas peur des mots. Les orientations que prendra en fin de semaine l’intersyndicale, c’est-à-dire après le vote de la loi au Sénat, auront quelque chose d’historique. Jamais sans doute depuis vingt ans le mouvement syndical n’aura été aussi en phase avec l’opinion publique. Qui plus est dans un champ, celui du financement des retraites, de la sécurité sociale collective, qui relève pleinement du rapport de force social, du champ syndical, non pas du champ politique. Qui l’emportera : ceux qui plaident et travaillent pour l’unité syndicale, son autonomie face au politique et qui veulent à juste titre engager cet extraordinaire va-tout de la classe ouvrière qu’est la grève générale ? Ceux, qui par faiblesse ou misérable calcul politicien, chercheront à entraîner le mouvement vers une fin sans risques mais sans résultats ? Nous aurons la réponse dans quelques jours et avec elle la confirmation ou non que la France est prête à d’autres changements.
[1]. Bertrand Renouvin, « Plus qu’une révolte ! », Royaliste, 11 octobre 2010.
L’Afghanistan, la guerre des autres
Action Française
Article de Paul-Marie Coûteaux publié le 9 octobre 2010
La guerre que nous faisons en Afghanistan est absurde, qui déploie
mois après mois ses épisodes dans l’indifférence générale, même des
peuples qui la font – quoi de plus grinçant, ces jours-ci, que ces
ahurissantes élections législatives qui n’ont pour principal effet que
de redoubler les violences, et finalement d’installer dans une fausse
Assemblée nationale des politiciens qui ne voient dans leur mandat
qu’immunités et facilités commerciales – tout cela au nom de «
l’implantation de la démocratie ». Tout est absurde dans l’affaire, à
commencer par le rôle qu’y joue la France (condamné par une majorité de
Français, ce qui ne change rien), et par l’absence d’informations,
hormis le compte des morts de soldats français (nous en sommes à 47),
et les réguliers hommages que les journalistes rendent à certains de
leurs confrères retenus en otage, puisqu’il est admis par la
corporation que le sort d’un des leurs importe plus que la guerre
elle-même.
Seul l’hebdomadaire Minute (du 14/07/10) a commenté les propos d’un des gradés de la DGSE, Alain Chouet, tenus au Sénat, le 21 janvier dernier, lors d’un colloque consacré à Al Qaïda : « Comme bon nombre de mes collègues professionnels, j’estime, sur la base d’informations sérieuses et recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel, dans les trous à rats de la Tora Bora en 2002. […] Les actions terroristes postérieures au 11 septembre ne sont pas imputables à l’organisation centrale supposément sise en Afghanistan, mais à des groupes locaux tout à fait hors de son contrôle ». Il est de surcroît admis par tous les services du monde que les États-Unis ne veulent nullement capturer Ben Laden – mort ou vif, il importe grandement de ne pas remettre sur la scène cet ancien agent… Sur la participation française, le général Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense, a dit l’essentiel en juin : « C’est une guerre américaine. Quand vous êtes actionnaire à 1 % vous n’avez pas la parole » : pour cette simple évidence, ledit général est sanctionné par le chef d’état-major des armées. Mais qui ne sait que la France ne sert que de supplétif, et, vaguement de caution – de longue date elle a, ou avait, une excellente image dans ce pays…
Or, quel est l’objectif de guerre des États-Unis ? J’en aperçois trois, qui d’ailleurs se combinent, et qui relèguent loin derrière celui qu’affichait l’OTAN : traquer le terrorisme ne tient pas, tout esprit de bon sens se posant inévitablement des questions sur la célérité avec laquelle les États-Unis ont déployé leur armada dans ce pays trois semaines après le 11 septembre ; la menace terroriste se nourrit partout (y compris sur le territoire français) mais en de nombreux autres pays, comme le confirme l’enlèvement de Français au Mali par une prétendue branche d’Al Qaida (en réalité une de ses contrefaçons) ; si l’armée française doit intervenir, c’est bien là, tant il est vrai que la stabilité politique, économique, démographique de l’Afrique importe infiniment plus qu’une guérilla dans les montagnes afghanes.
Le premier but de guerre de Washington est simple : son rôle diminuant partout en Asie, même en Turquie, ou bien encore au Pakistan, l’empire mondial doit, s’il veut rester mondial, avoir une raison pour garder un pied en Asie ; et, si possible, s’installer en son cœur, ces instables montagnes idéalement situées, entre l’Iran à l’Ouest, la Russie au Nord, l’Inde au Sud, la Chine à l’Est…
Deuxième objectif : un empire doit constamment faire la guerre ; raison psychologique d’abord : montrer à l’univers qu’il peut intervenir par les armes où que ce soit ; raisons plus politiques aussi, la guerre étant le meilleur moyen de constituer autour de lui son armada, dénommée « alliance » ; raisons militaires enfin : tout empire doit entretenir avec le plus grand soin ce sur quoi il repose, l’armée, et pour cela l’employer sans répit, l’exercer, tester ses nouvelles armes. Pensons aux fameux drônes, ces avions sans pilote qui multiplient les bavures (c’est-à-dire tuent des civils, soit plus d’un millier en 2009, ladite population civile basculant à mesure dans le soutien à la résistance talibane), et qui ont en réalité des pilotes, lesquels se trouvent à des dizaines de milliers de kilomètres, dans un centre de commandement du Middle West où ils vont pointer comme à l’usine. L’instrument qui permet de torpiller n’importe quelle ville de l’univers depuis son fauteuil mérite d’être testé : il fallait un terrain, et une occasion. Ainsi sans doute pour d’autres armes moins connues…
Le troisième but de guerre est plus secret encore : s’il cesse de faire la guerre, un empire perd sa raison d’être, se fissure et s’effondre ; il lui faut toujours un grand ennemi, si possible mythifié et si possible disséminé dans le monde entier (l’intégrisme musulman jouant le rôle que jouait jadis le communisme, que Washington voyait même où il n’était pas). Mais nos contemporains lobotomisés par les propagandes connaissent trop mal l’implacable logique impériale pour admettre ce point.
Dans l’immédiat, une question : comment faire pour ramener à la raison notre petite classe politico-médiatique qui juge normal que la France contribue à une guerre à laquelle elle n’a rien à gagner et tout à perdre (pas seulement des hommes), et qui l’accepte en silence ? Il est vrai que les esclaves servent toujours en silence…
Immigration et naturalisations : quelques chiffres pour rétablir la vérité
Action Française
édition du 29 septembre 2010
La France est un pays « petit » : petit au « moral », « petit » dans
les ambitions, « petit » en tout pour faire simple. Un esprit « petit
», « étriqué ». Par France entendez les Français… Souvenez-vous des
paroles d’une certaine Carla Bruni dressant notre portrait : « «
minables », « toujours de mauvaise humeur » et « négatifs », insistant
pour que tout soit clair par un ferme : « Je ne suis pas Française du
tout »… Pour « Bruxelles » ? C’est entendu nous sommes de la graine de
nazillons. La preuve par « Roms » ! Loin de défendre les agités du
bocal qui nous « gouvernent », nous tenons à mettre les points sur les
« i » :
En 2008, la France était le pays le plus accueillant de l’Union
européenne. 137 000 personnes ont reçu la nationalité française…
Quelques chiffres bien plus édifiants…
Liberté Algérie (Jeudi 15 Juillet 2010) :
Algériens ayant obtenu en 2008 une nationalité européenne
88% ont choisi la nationalité française
Par : Rubrique Radar
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En 2008, 696 000 personnes ont obtenu la nationalité d’un État membre de l’Union européenne (UE27). Ces chiffres issus d’une étude « http://ec.europa.eu/eurostat » Eurostat, l’Office de la statistique européenne, montrent un recul par rapport à 2007 (707 000 personnes). Selon cet office européen, la majorité des Algériens ayant demandé une nationalité européenne l’ont fait pour la nationalité française. Ils sont en effet quelque 88%, les demandeurs qui ont acquis la nationalité française, alors que le reste (12%) a opté pour d’autres pays.
Pour les Marocains, ils sont seulement 45% à avoir obtenu la nationalité française. Ces nouveaux citoyens européens proviennent à 29% d’Afrique, 22% d’autres pays européens en dehors de ceux de l’UE 27, 19% d’Asie et 17% d’Amériques du Nord et du Sud. Les pays les plus accueillants restent la France (137 000 personnes y ont acquis la nationalité française en 2008), le Royaume-Uni (129 000) et l’Allemagne (94 000). Proportionnellement à leur population, les pays les plus généreux en matière d’octroi de nationalité sont la Suède (3,3 octrois de nationalité pour 1 000 habitants) et le Luxembourg (2,5). Principaux bénéficiaires de ces nouvelles nationalités européennes, les Marocains (64 000), les Turcs (50 000), les Équatoriens (27 000), les Algériens (23 000) et les Irakiens (20 000).
NDLR: Récapitulons ces chiffres pour la seule année 2008 :
696.000 étrangers à L’Union Européenne ont obtenu la nationalité européenne.
La France est en tête avec 137.000 naturalisés (environ 20%), dont 88 % de 23.000 Algériens soit: 20.240, 45% de 64.000 Marocains = 28.800, viennent ensuite les Turcs et les Irakiens.
Lire aussi :
« La population étrangère résidant dans l’UE est hétérogène et bien plus jeune que la population nationale des États membres de l’UE
Les migrations jouent un rôle majeur dans la dynamique et la composition démographiques des sociétés européennes. Il importe donc d’étudier la composition et la démographie des ressortissants étrangers et des résidents nés à l’étranger, puisqu’ils représentent une part considérable de la population européenne. Au 1er janvier 2009, le nombre total de ressortissants étrangers résidant dans les États membres de l’UE s’élevait à 31,9 millions, soit 6,4 % de la population totale de l’UE. Plus d’un tiers d’entre eux (11,9 millions) étaient citoyens d’un autre État membre. L’analyse détaillée de la pyramide des âges distinguant nationaux et non-nationaux révèle que les ressortissants étrangers résidant dans l’UE sont plus jeunes. Cette publication présente les derniers chiffres disponibles sur les ressortissants étrangers et les résidents nés à l’étranger vivant habituellement dans les pays de l’UE, de l’AELE et dans les pays candidats au 1er janvier 2009, avec une ventilation par citoyenneté et pays de naissance »
La suite à « télécharger » sur : Eurostat
Lu sur Les Manants du Roi
Asterix chez Mcdonald’s ?
Action Française
édition du 28 août 2010
Le temple de la mondialisation et de la malebouffe Mcdonald’s vient
de pénétrer dans le village des irréductibles gaulois de Goscinny et
d’Uderzo, ce petit bout de l’Armorique qui résite encore et toujours à
l’envahisseur.
Encore et toujours ? A en croire la publicité ci-contre, même nos fiers héros à moustaches jaunes et tresses rousses semblent avoir capitulé face à un envahisseur qui n’est plus romain mais américain.
On peut ici voir l’ensemble du village réunit, comme lors de chacune des aventures d’Astérix et Obélix, pour banqueter, après avoir baillonné et attaché à un arbre le pauvre barde Assurancetourix.
Mais horreur! Nos Gaulois ne se régalent pas de sangliers et de cervoise, mais sont enfermés dans un ignogle « restaurant » de l’oncle Sam, où ce sont plutôt les hamburgers (dans lesquels on trouve plus de substituts au soja que de viande de bœuf ou de poulet) et le Coca Cola qui composent le menu.
Mcdonald’s pense-t-il vraiment que présenter ainsi nos ancêtres les Gaulois comme grands amateurs d’une sous-culture de la nourriture aseptisée et uniformisée va nous faire oublier notre identité culturelle et culinaire?
Eh bien non ! Et je vous invite, pour prendre une bouffée d’air pur,
à relire, le sourire aux lèvres, Le tour de Gaule d’Astérix !
Action Française Provence
L’Action française s’exprime d’une seule voix
édition du 17 juin 2010
Des dettes d’Etat insupportables, une désindustrialisation
catastrophique, une agriculture livrée aux aléas des marchés, la misère
et le chômage de masse, des services publics qui fonctionnent mal, une
immigration incontrôlée, des zones de non-droit de plus en plus
étendues, une jeunesse sans repères, sans avenir, sans enthousiasme,
une éducation nationale sinistrée, un tissu social partout déchiré, des
familles éclatées, l’immoralité légalisée et institutionnalisée. Le
constat est accablant. Les sociétés européennes, la société française
en particulier, ne peuvent pas continuer sur cette voie. C’est la
perdition assurée. Les gouvernements essayent de reprendre la main par
des effets d’annonce en s’imaginant que quelques mesures techniques
suffiront à arrêter la faillite, rassurer les peuples et les
investisseurs. La construction européenne révèle ses défauts, et le
sort de l’euro est en jeu.
Le régime en France est lui-même en cause : la classe politique a
révélé sa totale incapacité. Personne n’a vu venir la crise, personne
ne sait l’endiguer. La crise financière est devenue une crise
économique qui devient aujourd’hui une crise sociale, laquelle risque
de déboucher sur une crise politique. La représentation dite nationale
ne représente plus la France, mais seulement des intérêts de partis, et
il en est de même de la représentation syndicale. La direction de
l’Etat est l’enjeu d’une lutte continuelle de prétendants dont la règle
est la surenchère démocratique. Aucun d’entre eux ne semble se rendre
compte que demain la France risque d’être en cessation de paiements :
la dette nationale, les dettes sociales sont abyssales. Qui paiera ? Et
comment ?
Les royalistes d’Action française, conformément à toutes leurs traditions, appellent les Français les plus conscients de l’impasse politique dans laquelle se trouve notre pays, à une réflexion sur les institutions. L’Etat national doit être restauré dans sa légitimité profonde autour d’un principe de continuité et de service indépendant des partis. La représentation nationale doit remplir son véritable rôle de représentation réelle des Français et des territoires français. La France doit être en mesure de se faire entendre sur la scène internationale, au-delà des carcans européens. Une monarchie moderne et décentralisée est la solution d’avenir de ce triple besoin. Nous sommes décidés à agir ensemble pour la rendre possible
Bernard Pascaud
Président du Comité directeur de la Restauration Nationale
Stéphane Blanchonnet
Président du Comité directeur de l’Action française
Fracture sociale et République solidaire
Action Française
Article de Marc Savina publié le 11 juillet 2010
Venant de lancer son parti, Dominique de Villepin va devoir conjurer la
double alliance de l’hostilité et de l’indifférence. Sans électeur,
sans ami, sans parrain, c’est à une véritable traversée du désert qu’il
doit se préparer…
Des mots. Encore des mots. Mais surtout du vent, du flan, du bleuf, une
arnaque par le langage. Dominique de Villepin est coutumier du fait ;
souvenez-vous de son invitation à « manger des pommes », de sa
dénonciation de la « fracture sociale ». C’était en 1995. Il fut de
ceux qui suggérèrent ces slogans à Jacques Chirac. Le voici qui
récidive avec « République solidaire » Parti ? Mouvement ? Lancement de
campagne présidentielle ? Qui sait ? Qu’y a-t-il de profond, de solide,
de sûr chez Villepin, véritable publicité pour le dentifrice ?
Les électeurs sont introuvables
C’est qu’on en a connu, nous, Français, depuis quelques décennies, des
candidats du bon sens, des candidats de la rupture, dénonçant les
vieilles traditions de papa et les régimes sclérosés. De Lecanuet à
Bayrou, combien ne se sont pas présentés comme des hommes neufs, des
pucelles effarouchées, de grands bols d’air pur qui allaient secouer la
République ? Mais tous, purs produits des systèmes qu’ils dénonçaient,
tous ont échoué. Un temps fiction camouflée, ils sont redevenus fiction.
On nous a rejoué le 19 juin 2010 le coup du sublime, de la belle
envolée lyrique, de la communion irrationnelle dans « l’amour de la
France ». Il fallait au moins cela comme principe de fondation. C’était
à la halle Freycinet dans le 13e arrondissement de Paris , où trois
mille Français ne demandaient encore qu’à être trompé. Aux cris de «
Villepin président », ils ont acclamé leur nouvel espoir et le baptême
laïc de son parti, République solidaire.
Tous étaient dans l’illusion collective, dans l’envie de croire au
culte qu’on leur présentait. N’ont-ils pas été lassés par le CDS, le
PR, l’UDF, le MODEM, le Nouveau Centre, le RPF, les Madelin, les
Boutin, petites étoiles éphémères ? À l’image de cet Alain Kerhervé qui
n’en finit pas de faire allégeance à des messies successifs. Élu local,
adjoint au maire de Quimperlé en Finistère, patriote sincère, n’en
doutez pas, il était là le 19 juin pour acclamer sa nouvelle idole, qui
est seule capable de redresser la France.
Mais il tenait à peu près le même discours en novembre 2008, dans la
petite salle de la Mutualité où, avec plus de confidentialité, Nicolas
Dupont-Aignan avait lancé Debout la République. Il y croyait, Kerhervé.
Mais Dupont-Aignan l’a déçu et, à présent, il souhaite une fusion de
DLR avec la République solidaire. Et si on remonte plus loin, Alain
Kerhervé pleurait sans doute de joie en 1993 à Villepinte, lorsque
Philippe de Villiers lançait sa campagne électorale… Jamais lassé, ce
militant est exemplaire.
République solidaire est donc un parti de plus, à l’heure où l’électeur
est introuvable, où l’abstention continue sa longue et sûre
progression, à l’heure où les plus tenaces républicains sentent qu’il y
a quelque chose de pourri, du moins qui ne tourne pas rond, dans la
France de Marianne. Témoin, Jean-luc Apatie sur Canal Plus qui a
abandonné l’autre jour quelques secondes la simple analyse politique
pour évoquer, tout à la fois dans une colère sèche et un grand
désarroi, son indignation devant les cas Boutin, Amara, Estrosi,
Woerth, Blanc, Joyandet, sans laisser à la gauche, tout aussi
compromise, le soin d’accabler ses soi-disant adversaires.
Seul comme l’homme du 18 Juin
« On boit ensemble, on est saoul tout seul » affirmait Antoine Blondin.
Qui donc ira coller les affiches de Dominique de Villepin ? L’ancien
Premier ministre revendique 15 000 adhérents pour le Club Villepin et
plus de 8 000 inscrits sur villepin.com, son site de discussion. On
sait le crédit qu’il faut porter à ces chiffres : lorsque Dupont-Aignan
annoncait 10 000 membres pour DLR, il fallait, pour être dans le vrai,
presque diviser par dix. Avec sans doute un peu plus de 2 000
adhérents, Villepin va devoir mobiliser toutes les énergies, à
commencer par celles de sa propre famille, comme son fils Arthur, vingt
et un ans, réquisitionné pour la sono de la halle Freycinet…Quant au
financement de son parti, c’est la première bataille que va devoir
mener Dominique de Villepin.
C’est qu’il va falloir du courage, une santé de fer et un moral d’acier
pour conjurer la double alliance de l’hostilité et de l’indifférence.
Les membres de l’UMP ont ordre de ne pas en parler. On doit minimiser
le phénomène Villepin. « Parler de lui, c’est faire sa publicité » dit
un responsable ; le conseiller de l’Élysée Henri Guaino est allé
jusqu’a railler Villepin qui « veut aller à la rencontre des Français,
qu’il y aille, nous verrons bien ce que ferons ses amis ». Les amis ?
Le compte est vite fait. Il y avait Georges Tron et il y avait Hervé
Mariton. Deux députés. Le second se fait très discret, on ne rompt pas
facilement avec l’UMP, dont le soutien officiel et l’argent pèsent
lourd dans la balance.
Quant à Georges Tron, c’est pire, c’est Judas. Le député-maire de
Draveil en Essonne est allé jusqu’à dire sur France 2, le 21 juin, en
réaction au lancement de République solidaire : « Si [Dominique]
franchit la ligne qui consiste à ne plus être dans la majorité, je
pense qu’il perdra une grande partie de ses amis. » Ce qui est déjà
fait pour Tron puisqu’il a accepté de Nicolas Sarkozy, l’ennemi intime
de Villepin, un poste de secrétaire d’Etat à la Fonction publique en
mars dernier.
Reste Jacques Chirac, exclusivement comparable à Johnny Halliday, tant
ces deux-là ont, sans état d’âme, épousé depuis plus de quarante ans
toutes les modes, tous les styles, véritables couleuvres qui passent
leur vie à glisser entre deux cailloux, increvables parce que n’ayant
jamais eu le moindre parti pris. Chirac, jamais plus populaire que
quand il ne fait rien – grand avantage de ne rien faire mais dont il ne
faut pas abuser, disait Rivarol – ne va sans doute pas se compromettre
beaucoup avec Villepin, position de vieux sage oblige. Du reste, pour
Villepin, Chirac n’est pas non plus une bonne affaire. C’est
contre-productif, ça ramène au passé et lui se veut dans la rupture.
Idéologie, année zéro
Sans électeur, sans ami, sans parrain, c’est à une véritable traversée
du désert que doit se préparer Villepin. Muni d’une conscience
d’anachorète et d’un goût pour la Thébaïde, ce genre d’aventure
politique qu’il a choisi de vivre est ponctuée par les bonnes volontés
de l’amateurisme, les petites mains de l’ombre. De parfaits inconnus
vont se presser autour de lui, « toucher » ce qui n’est plus qu’un
homme seul. Inévitables seront les gaffes, les bévues, les maladresses.
Dupont-Aignan pourrait lui en parler : le 9 novembre, où pour
l’anniversaire de la mort de De Gaulle, il était venu à Colombey avec
une délégation DLR, personne n’avait pensé à une gerbe de fleurs
pourtant attendue en ce genre d’occasion.
C’est un parfait inconnu, Philippe Daubresse, chef de file, excusez du
peu, des ex-UDF de l’UMP, qui a résumé la situation: « Personne ne s’y
trompe : ce nouveau parti n’a qu’un objectif, servir l’ambition et les
rancœurs d’un homme qui revendique tous azimuts l’héritage gaulliste et
centriste. » Personne en effet n’ignore la haine de Villepin portée à
Sarkozy, et chacun pense encore que la référence au gaullisme agit
comme un clignotant magique, un signal de ralliement. Mais pour casser
son image de grand notable tout en présentant une alternative à la
politique libérale du gouvernement, il ne peut qu’orienter son
programme vers la gauche d’où ce « gaulliste et républicain » qu’il
assène invariablement. Comme si le premier terme n’impliquait pas le
second. Façon de promettre la grandeur et l’indépendance mais sans
amoindrissement de la démocratie. Tout le monde est content.
« République » atténue « Gaullisme » comme « Solidaire » conforte
« République. »
Villepin veut nous dire qu’il n’est pas l’homme de
droite que l’on imagine, qu’il sait entendre la France d’en-bas. Voilà
pourquoi il n’a pas cessé de visiter les banlieues ces derniers mois,
fêtant son 56e anniversaire dans la cité des Bergeries à Draveil, chez
son ex-ami Georges Tron, portant le 1er juin 2010 à Mantes-La-Jolie le
maillot bleu d’Anelka et de Ribéry, invitant la « France de la
diversité » à la halle Freycinet pour acclamer son discours-programme.
À grand renfort de références historiques
Il martèle : « le karcher ne tient pas lieu de politique », « quand la
France divise, ce n’est pas la France ». À grand renfort de références
historiques, il sait instaurer le doute sur son milieu politique
d’origine, ne cite que 1789, 1830, Ferry, Zola, Jaurès, Clemenceau sans
complexe, mais Sarkozy et Dupont-Aignan l’ont fait avant lui. Sans
jamais citer le président de la République, Villepin crie son rejet des
« élucubrations sur l’homme africain qui ne serait pas rentré dans
l’histoire ». C’est bon. Ça marche. Il est de gauche autant qu’il est
de droite. Il est différent ! L’homme qui a été deux ans Premier
ministre de Chirac, l’inspirateur de la dissolution de 1997, ose
achever son discours par un volontaire : « Ne soyez pas gagner par le
fatalisme ! »
Villepin et avec lui Dupont-Aignan, en leur accordant le bénéfice du
doute quant à leur sincère désir de défendre notre pays, ne veulent pas
croire ou admettre l’échec de la République, la fin programmée de ce
régime, l’impasse qu’il représente pour la France. Ils se refusent à
pousser le raisonnement jusqu’au bout de sa simple logique qui est
maurrassienne et qui, si l’on veut sauver la France, invite à
travailler au retour du Roi.
En attendant, après « mangez des pommes »,
« fracture sociale » et « république solidaire », je propose donc à
Dominique de Villepin, pour les enjeux de demain, « la Bourgogne aux
escargots », slogan tout à la fois ambitieux et énigmatique, qui fera
bien son petit effet d’ici quatre ou cinq pour redevenir… ministre des
Affaires étrangères.
Action Française 2000 du 1 juillet 2010



