Mayotte, tonneau des Danaïdes ou…?
Article de Denys Talon publié le 4 avril 2009
Ça y est, Mayotte, l’ancienne collectivité d’Outre-mer est - enfin - un département. La départementalisation de leur île, les Mahorais la réclamaient depuis longtemps et les résultats témoignent bien de leur impatience : 95,2 % de oui (à faire hurler les démocrates, tant cette unanimité est suspecte…). On me rétorquera que la participation n’a été “que” de 61,02%. Mais souvent un taux d’abstention relativement élevé n’est que le symptôme d’un large consensus, d’une acceptation des changements envisagés. Ici tout était joué, puisque nulle voix discordante ne s’élevait du chœur des politiciens mahorais. Ainsi « l’attachement à la France » se confirme, depuis 1974 et le refus de l’indépendance, alors que les Comores se constituaient en État souverain avec les trois autres îles de l’archipel.
Mais ce statut ne sera effectif qu’en 2011. Les aides versées par le département ne devraient commencer à pleuvoir qu’à partir de 2012 : ASSEDIC, RMI, RSA… et leur arrivée sera échelonnée sur 20 ans. Pour une population de plus de 180 000 habitants, dont une grande partie de clandestins (environ un tiers). Les impôts perçus par le département devront être payés par les Mahorais à partir de 2014 (taxe d’habitation, taxe foncière…). Avec la disparition des règles dérogatoires et l’application du droit commun, quelques changements sociaux sont en perspective. Interdiction de la polygamie. Disparition du « wali », le tuteur matrimonial. Hausse de l’âge légal du mariage de 15 à 18 ans. Diminution des pouvoirs du « cadi », juge religieux musulman (la religion majoritaire de l’île).
Cet événement met également en lumière les enjeux de la région. Rappelez-vous, il y a de cela moins d’un an, l’île d’Anjouan, une des trois îles appartenant aux Comores, après avoir renversé son président local, demandait son annexion à la France. Déclarations enflammées de la part d’Ahmed Abdallah Sambi, président comorien toujours en poste. Silence radio de la part de la France. Aujourd’hui encore les potentats indigènes ne sont pas en manque en terme de gesticulations. Dimanche soir (29 mars), les Mahorais fêtaient leur départementalisation, qui sonne à leurs oreilles comme une « corne d’abondance » et qu’ils appelaient de leurs vœux. Dès le lendemain, le président des Comores voisines faisait son rabat-joie, comme on avait pu le prévoir. Et de dénoncer avec des cris d’orfraie que « l’île de Mayotte est un territoire arabe occupé ». Et d’appeler l’Union africaine, la Ligue arabe à protester contre ce référendum survenu sur un territoire français (à 8 000 km de la capitale, certes), comme si une bombe atomique de destruction massive au phosphore à fragmentation s’était abattue sur Moroni, capitale comorienne. Et l’Union africaine de se fendre d’un communiqué. Et les dirigeants de la Ligue arabe, bonne poire, affirment au sommet de Doha « le rejet de l’occupation française et demandent à la France de poursuivre le dialogue avec le gouvernement comorien pour parvenir à un règlement qui garantit le retour de l’île Mayotte sous la souveraineté des Comores ».
Au-delà de la rhétorique contre un supposé néo-colonialisme et une occasion - unique - pour cet obscur roitelet de se faire voir sur la scène arabe et africaine, voire internationale, peut-être faut-il voir plutôt ce rejet comme une opposition à la présence de la France sur les rives de l’Afrique. D’autant plus que Mayotte n’a pratiquement signé aucun traité sur les frontières de sa ZEE* avec ses voisins. Peut-être Sambi a-t-il peur de voir la position de la France renforcée, par la départementalisation de cette île, à 70km de son Etat ? Peut-être la France fait-elle trembler les chefs africains et arabes avec cette île qui veut rester française, coincée entre la Mozambique et la Tanzanie d’un côté, Madagascar de l’autre ?
Toujours est-il que la France était présente dans la région et avait la souveraineté sur cette île, et que tel est toujours le cas. Le gouvernement aurait pu profiter de l’occasion pour faire valoir combien la départementalisation de Mayotte était essentielle pour préserver, voire renforcer la puissance et le rayonnement de la France en Afrique. Cette idée n’a semble-t-il pas effleuré notre classe dirigeante.
*ZEE
Les réformes ratées du président Sarkozy
Action Française étudiante
Article de V.Chalmel publié le 20 mars 2009
C’est sous ce titre aussi juste qu’irrévérencieux que deux
économistes, Pierre Cahuc et André Zylberberg, respectivement
professeur à Polytechnique et directeur de recherche au CNRS, dressent
le bilan dont sont incapables les médias sur la méthode Sarkozy.
Plusieurs journalistes reconnaissent d’ailleurs en cette occasion
qu’ils sont incapables de mesurer les effets réels des réformes et ne
bâtissent les conclusions de leurs articles que sur les déclarations
d’intention et la communication des protagonistes.
En bref, voici donc la méthode Sarkozy, qui est celle malheureusement de plus en plus répandue à mesure que l’importance des médias se fait plus forte (Monsieur Obama aux états unis, avec l’affaire AIG est pris la main dans le sac à faire la même erreur). L’effet d’annonce tout d’abord vient réveiller l’opinion, et l’annonce de négociations diminue à l’avance les éventuelles vagues d’opposition. La communication triomphale donne aux médias chaque jour le récit d’une réforme construite tambours battants jusqu’au vote d’une loi dans la quiétude générale… Et pour cause, le mot d’ordre est simple, pour aller plus vite, ne surtout pas risquer de donner l’impression d’être en difficultés, on cède. On cède sur tout, et les lobbys concernés ont la part belle d’imposer leurs volontés.
Nombreux sont les exemples de ces ratés, dont les économistes
mesurent quelques temps plus tard les désastres. Parmi les plus
médiatisés, consensus oblige, la réforme des régimes spéciaux de
retraites, dossier « chaud » dont Monsieur Sarkozy a voulu à tout prix
refermer le dossier aussi vite qu’il avait été ouvert, louant sa
méthode et sa rapidité d’action sur un dossier qui mobilisait pourtant
les syndicats les plus véhéments (cheminots, etc…).
Bilan ? Messieurs Cahuc et Zylberberg sont unanimes sur ce sujet comme pour d’autres, les grands gagnants sont bien ceux dont on voulait réduire les privilèges, et les régimes spéciaux de retraites seront contrairement à tout ce qui a été clamé par le gouvernement, encore plus déficitaires à l’avenir !
La liste des réformes ainsi passées au crible par les économistes est édifiante : Carte famille nombreuse, RGPP (Révision générale des politiques publiques), réformes des taxis, de la représentation syndicale, des grandes surfaces, du RSA et des 35 heures, etc.
Ce n’est malheureusement pas une surprise, alors qu’au sortir de la présidence française de l’union européenne Mr Sarkozy et ses communicants, relayés fidèlement par les médias, chantaient les merveilles de son action européenne, nous rétablissions les faits : Ici
Les auteurs s’intéressent à ce qui se passe à l’étranger en citant plusieurs études internationales, ce phénomène est une caractéristique des pays faiblement démocratiques où la crédibilité des acteurs est mince et la transparence absente. La France, selon les critères de gouvernance de ces mêmes études internationales, est très mal classée.
Le problème de la république aujourd’hui ? Ses partis et ses syndicats, c’est clair et net, la gouvernance institutionnelle française est tout ce qu’il y a de plus bancale. La représentation syndicale qui peut se prévaloir de 8% des salariés, et la représentation politique au sein de l’assemblée ne sont que des mascarades. Pas de réformes sociales avec ces syndicats donc, ni de réforme économique avec ces partis qui sont chasse gardée des lobbys. Il reste l’apparence et les médias pour donner l’impression de réussite nécessaire à une réélection.
CRAF : A propos de loi Morano
Communiqué du Centre Royaliste d'Action Française du 13 mars 2009
Nadine Morano, prétendument ministre de la « famille », s’avisant que les temps changent, avec presque 10% de familles recomposées et 14% de familles dites « monoparentales », nous propose une loi élargissant aux tiers la possibilité de partager la garde des enfants. Bien entendu ces tiers peuvent être des homosexuels, d’où une réaction fort pertinente du ministre du logement Christine Boutin qui voit dans cette loi une réintroduction détournée de la notion d'« homoparentalité ».
Il est quand même étonnant qu’une fois de plus le désir d’enfant des adultes prenne dans notre législation le pas sur le droit des enfants à avoir une famille la plus équilibrée possible selon le droit naturel.
L’argument de madame Morano est fort discutable car il s’appuie sur la progression constante depuis ces trente dernières années de la décomposition du tissu familial, ce que les sociologues définissent pudiquement par le phénomène d’ « individuation ».
Le système libéral considère l’individu comme consommateur et se méfie des communautés naturelles comme les familles ou celles dites de destin selon l’expression de Gustave Thibon, comme la province ou la nation, et pousse à l’individualisme. Ainsi ce n’est plus comme communauté qu’est considérée la famille, mais comme un droit au bonheur…Une forme de consommation en quelque sorte. Tout le monde doit avoir sa voiture, son réfrigérateur et son enfant…Soljenitsyne parlait du naufrage spirituel de l’occident, lequel s’observe par la perte du sens, du bon sens commun qui devrait guider nos édiles dans leurs choix politiques. Bien sûr, une telle décision serait pain béni pour le mouvement gay et lesbien, toujours prêt à s’engouffrer dans les brèches législatives.
Nadine Morano pense donc qu’il faut être de son temps en accompagnant les mœurs. Mais méfions nous de ces raisonnements spécieux : 25,1 % des hommes de 12 à 75 ans déclarent consommer une boisson alcoolisée tous les jours de l’année, pour les 65-75 ans on atteint 65,8 % . Doit on en déduire qu’il faut légiférer en systématisant l’usage de l’alcool ?
Autrement-dit, les familles éclatées, recomposées et homoparentales
doivent elles être considérées comme les expressions de la nouvelle
norme familiale ?
Le Centre Royaliste d’Action Française met solennellement en garde le gouvernement de la République : Les familles de France en ont assez d’être aspirées vers le bas par des législateurs lâches qui alignent avec démagogie leurs réformes sur les demandes et les aspirations les plus douteuses et bien en vogue chez ceux qui font l’opinion. Les conséquences d’une telle politique seront désastreuses aussi bien au plan social qu’au plan éthique.
Nous ne voulons pas de la société que vous nous préparez.
Assises du royalisme
édition du 23 février 2009
Un questionnaire préparatoire aux Assises du royalisme est accessible. Il concerne l’ensemble des royalistes français, n’hésitez donc pas à vous y exprimer librement.
Questionnaire et informations : http://assises.monarchiste.com/
Campagne en cours : défense de l’université
Action Française étudiante
Article de Alexandre Apreval publié le 17 février 2009
La position de l’Action Française à propos de l’université n’est pas
la simple conséquence des actuels évènements, à notre sens seulement
révélateurs de la chute finale de cette belle institution.
Cela fait des dizaines d’années qu’elle sombre, délaissée par les élites et récupérée par une certaine gauche. Elle devait être le fourre-tout de l’idéologie égalitariste : tout le monde a le droit au bac, tout le monde a le droit de faire des études supérieures, ce qui n’est pas dit c’est qu’ainsi tous ceux qui n’accéderaient pas aux filières d’excellence auraient le droit à une formation au rabais, sans valeur et conduisant directement aux postes subalternes dont la société capitaliste est si gourmande ou simplement au chômage de masse ; il ne faudrait pas oublier le droit si précieux d’être endoctriné par les belles âmes humanistes de Mai.
L’Université doit redevenir ce qu’elle était : une universitas, au sens médiéval, c’est-à-dire le lieu de l’intelligence, de la questio, du débat intellectuel, et enfin et surtout le lieu de la transmission des savoirs. Autant dire que pour nous, étudiants d’Action Française, l’université doit être au coeur de la cité comme berceau de la civilisation, notion si chère à notre vieux maître.
L’universitas est une universalité : elle est accès à l’universel par la transmission des savoirs, par l’élévation des jeunes par leurs maîtres, parce que du particulier à l’universel nous touchons l’ordre du monde, le cosmos, nous formons une civilisation (qui n’est rien d’autre qu’une voie particulière d’accès à l’ordre supérieur des choses, non pas une race ou un quelconque système économique, c’est pour cela qu’il n’y a pas de civilisation blanche ou capitaliste).
L’université est universalité également au sens juridique : l’État ne saurait y intervenir, encore moins son bras armé, la police, ou son équivalent économique, le marché. Elle est autonome, elle seule saurait décider des règles qui la commandent. Pour cette raison nous réclamons l’autonomie intégrale des universités.
Elle est universalité car cité au coeur de la cité elle est une
communauté d’égaux et de leurs disciples appelés à s’élever à cette
dignité. L’université devrait être un exemple vivant de la communauté
la plus excellente, celle des amis. En bref l’université devrait être
un sanctuaire.
Elle est loin l’université que nous appelons de nos voeux.
Voila pourquoi nous récusons le décret Pécresse modifiant le statut des enseignants-chercheurs, seuls ces derniers sont maîtres de leurs recherches et enseignements, et seuls ils devraient diriger le destin de leur communauté. Cela signifie que nous refusons aussi la toute puissance du président de l’université. Toutefois la contrepartie évidente de l’autonomie est l’excellence, c’est-à-dire la sélection : des professeurs autant que des étudiants. Il est impensable qu’une université autonome, visant comme toute communauté politique à l’excellence, se voit imposer son recrutement de l’extérieur. Nous réclamons donc l’abolition du baccalauréat et la sélection sur concours à l’entrée des universités. Par ailleurs cela pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’ensemble du système scolaire si l’on laissait aux familles quelque liberté pour choisir l’établissement de leur progéniture.
Quant au financement, à côté de la réévaluation des droits d’inscription, nous appelons de nos voeux une véritable politique de bourses, menée par les universités elles-mêmes, permettant aux étudiants les plus méritants (et non les plus défavorisés) de financer intégralement leur cursus universitaire, de sorte que cela serait bénéfique aux établissement eux-mêmes, ainsi pourvus en bons étudiants, et à ces derniers. Nous appelons également à un financement autonome par le biais des droits d’inscriptions et de fondations encore à créer, par exemple d’anciens élèves ; car l’État et le marché ne devraient pas être en rapport direct avec ce sanctuaire. Cependant l’État pourrait accorder un chèque scolaire à chaque étudiant, qui le reverserait à l’établissement de son choix. De cette manière pourraient notamment être préservées les filières fondamentales concernant la civilisation : les humanités.
Pour aujourd’hui, derrière le slogan “autonomie, excellence, communauté” nous appelons les étudiants à soutenir leurs professeurs et à dire non au décret Pécresse. Contactez-nous pour les manières d’agir car bien souvent, dans nos facs, ce sont les vieux trotskistes qui tiennent les mouvements.
Soutien à Aymeric Chauprade
Action Française étudiante
édition du 11 février 2009
Depuis bientôt deux ans, la politique étrangère française s’aligne
clairement sur les intérêts anglo-saxons. L’atlantisme engagé par
Nicolas Sarkozy a été confirmé par la réintégration prochaine de la
France au sein du commandement intégré de l’OTAN, puis par l’éviction
de personnalités comme Aymeric Chauprade (opposant à l’atlantisme et
partisan d’une vision mondiale multipolaire).
Cette démarche brutale révèle l’hégémonie d’une pensée des plus autoritaires. Chauprade n’appartenant pas à l’élite atlantiste a donc été limogé sans préavis. Cela révèle également une homogénéisation atlantiste progressive de la Défense et des Affaires étrangères. En nommant Hervé Morin ,président du Nouveau Centre, et Bernard Kouchner, alias Mr.K: père du droit d’ingérence humanitaire, Nicolas Sarkozy a engagé la France dans un alignement ,sans équivoque, envers Washington. C’est dans le même esprit que le traité de Lisbonne, que le Président de la République attente à la souveraineté de la France.Il rompt avec la tradition d’indépendance française renforcée par de Gaulle, suite à l’atlantisme de certains milieux politiques de la IVème République après guerre.
Nous assistons à une opposition marquée entre l’école capétienne (portée par Jacques Bainville, Charles de Gaulle ou Aymeric Chauprade) et l’école atlantiste-libéral contemporaine(portée par Sarkozy, Blair ou Giscard-D’Estaing).
L’Action Française Etudiante se mobilise pour soutenir Aymeric Chauprade et affirmer son refus face à la réintégration du commandement intégré de l’OTAN par la France.
Une réunion est organisée par L’Action Française Etudiante de la région Rhône-Alpes Jeudi 17h00 afin d’éxiger la réintégration au CID d’un géopoliticien indispensable à la Défense nationale.
Questions israéliennes
Action Française étudiante
Article de Reinelde Maes publié le 29 janvier 2009
Comme Français autant que comme chrétien, les méthodes usitées par
Israël pour mener sa guerre me font horreur. Les quelques morts civiles
engendrées par le Hamas en plusieurs années de combat sont certes très
dommageables (c’est d’ailleurs le fond de la rhétorique israélienne
quant aux victimes civiles palestiniennes). Mais nous parlons à propos
d’Israël d’une monstrueuse escalade technologique qui place cet État
pourtant tout neuf à l’avant-garde de la barbarie postmoderne. Quand
les Européens ont mis au point arbalètes et balistes, il s’est dressé
une autorité universelle, c’est-à-dire « catholique », pour condamner
leur usage, au motif que les hommes ne maîtrisaient pas leur portée.
" Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. " Or, dernièrement,
les Israéliens ont eu massivement recours à des bombes au phosphore
blanc que des civils palestiniens - et de temps en temps des militants
du Hamas - se sont pris quotidiennement sur la figure. Ces bombes tuent
et mutilent, en arrachant les yeux et en brûlant la peau jusqu‘à la
faire fondre. Dans le même ordre d’idées, on peut évoquer aussi les
Smart Bombs GBU 39 à l’Uranium appauvri, qui contaminent le tireur, la
cible, et le sol où elle est tirée, et qu’Israël se vante encore de
faire balancer sur Gaza par son armée de l’air. Or, j’affirme que
lâcher de telles saloperies sur des zones si densément peuplées de
civils, non pas pour arrêter ou éviter un drame susceptible de se
produire dans un avenir proche, mais en pures représailles, comme
contre-attaque réfléchie et consciente, est qualifiable de « crime de
guerre ».
En agissant ainsi, Israël conteste par les faits qu’il y ait
de quelconques « lois de la guerre ».
En tout cas, ces évènements nous amènent à examiner la question plus
globale d’Israël : quoiqu’on puisse être partisan des deux,
l’antisionisme n’est pas réductible à l’antisémitisme. Il est des juifs
antisionistes, des antisémites sionistes : Xavier Vallat n’était-il pas
antisémite et sioniste ? Les antisémites (Brasillach, par exemple), qui
étaient assez articulés pour concevoir un projet sur le long terme pour
les Juifs, l’ont vu… en Israël. Puisque c’est leur caractère « apatride
» (nous rappelons ici les idées assez communes d’alors sans préjuger de
leur exactitude…) qui les rendait si détestables, alors il fallait leur
trouver une terre d’attache qu’ils pourraient s’approprier et défendre
à la manière des nationalistes occidentaux.
Beau résultat. Mais pour ceux d’entre nous qui sont opposés au principe des nationalités, et ne sont donc pas disposés à créer des nations de toutes pièces comme on l’a fait au stupide XIXème siècle, pourquoi devrions-nous accepter cette folie furieuse ?
D’autant que la France a un intérêt dans tout cela, qui n’est probablement pas celui d’Israël : des Juifs, il y en a depuis fort longtemps en France, et reconnaître un quelconque État juif, c’est condamner inévitablement et sans remède possible ceux qui restent parmi nous à ne plus être associés pleinement à notre avenir, mais à être soumis à la propagande constante d’une puissance étrangère et incessamment tournés vers ne patrie de rechange.
Avec le risque évident de voir ramenés dans notre France balkanisée enjeux idéologiques et guerres ethniques, comme on l’a vu !
L’odieux chantage des Turcs
Action Française étudiante
Article de Reinelde Maes publié le 23 janvier 2009
L’on sait la Turquie toujours en quête de reconnaissance européenne.
Profitant de ce que les Russes coupent depuis maintenant trois semaines
les arrivées de gaz à destination de l’Ukraine, et donc de l‘Europe,
lui montrant toute son impuissance, les Turcs ont donc choisi de jouer
la carte du chantage énergétique !
En effet, alors que le projet de gazoduc Nabucco devait permettre l’approvisionnement de l’Europe en gaz de la mer Caspienne transitant via la Turquie en contournant la Russie, les islamistes au pouvoir sont prêts à remettre en cause les accords conclus si les négociations d’adhésion n’aboutissent pas au plus vite. Cette menace d’asphyxie est proprement intolérable, et suffirait à elle seule à justifier une réaction unilatérale et immédiate !
Le rejet de la Chypre, les réformes islamistes, la non-appartenance
de la Turquie à l’Europe culturelle sont peut-être des motifs
honorables pour combattre l’intrusion des Turcs, mais ils sont surtout
terriblement fragiles. Et puis n’est-ce pas la fin naturelle de l’Union
antinationale que d’aliéner notre indépendance jusqu’au bout ? Nous
avons cru légitimer par nos votes des édiles coupées par nature de
toute légitimité.
Comment arrêteront-elles demain les conséquences des logiques qu’elles ont portées hier ? Que les Turcs intègrent ce Machin destructeur que nous quittons. Nous ne perdrons pas temps et salive à cautionner les B.A. des démocrates !
Où l’Europe est définitivement un Super-Etat
Action Française étudiante
Article de Reinelde Maes publié le 22 janvier 2009
L’Europe s’est faite sur le mode d’une pluralité de traités, d’où
résulta une confédération. Néanmoins, des éléments montrent que la
ligne rouge du modèle fédéral est franchie :
D’abord, la superposition de l’ordre juridique avec la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui contrôle les décisions des tribunaux nationaux. Il y a encore partage de compétences régaliennes avec, notamment, le cas de la monnaie. Une armée commune, dont le spectre fut repoussé en 1954, s’ébauche même avec la constitution d’escadrons multinationaux telle que la Brigade Franco-Allemande.
Ensuite, le Parlement européen permet la « participation des peuples » à la politique européenne en assurant leur représentation, complétant ainsi l’organe « antidémocratique » par excellence qu’est la Commission européenne. De plus, si partout l’unanimité est encore la règle, elle de plus en plus souvent délaissée au profit de la « majorité qualifiée », susceptible de contourner les réactions sporadiques de nos édiles incompétentes et vendues quand, par une divine surprise, elles se veulent bien considérer comme étant investies d’une mission de bien commun qu’un « peuple souverain » il est vrai imaginaire leur a confié par un tour de passe-passe mystique.
Finalement, la nécessité d’une réception en droit interne n’apparaît plus comme impérative que pour les traités et directives, et plus pour les règlements, d’application immédiate sans transposition. C’est-à-dire qu’il n’y a pas « encore » autonomie des champs d’application mais seulement primauté du droit européen dérivé sur le droit français, donc aucune protection de ce que l’Europe pourrait consentir à considérer comme des « prérogatives nationales » !
Tout cela nous montre déjà assez la dynamique du passage de l’Union Européenne de la confédération à la fédération, passage que les juristes marquent délicieusement en concluant que « l’Europe n’est pas encore une fédération ». Pour ces pointilleux qui considèrent qu‘on est pas crashé tant qu‘on n‘a pas touché le sol, et que de la vitesse à laquelle on est précipité il ne faut se soucier, délibérer de la réalité de la souveraineté française passe par la question: peut-on revenir sur les délégations de souveraineté librement consenties ? Ils répondent alors que oui car il n’est pas de Constitution officielle, le Traité Constitutionnel Européen fondu en Traité de Lisbonne n’étant, du début à la fin, qu’un « Traité », et de toute façon nous avons un « droit de sécession », ce dont ne sauraient disposer une fédération unie par principe. Mais les moins aveugles savent que dans les faits, il n’en est rien.
Et cela s’explique bien. Car Europe ou pas Europe, il n’y a pas de souverain pour assurer la souveraineté. Du coup, celle-ci n’est pas exercée en vertu d’une légitimité royale quelconque, mais en vertu d’un accord tacite entre politicards, parce que chacun attend son tour pour la gamelle. En fait, rien ne change: de part et d’autre, il y égale médiocrité des édiles décadentes et des bureaucrates bruxellois; sauf que d’un combat national pour l’instauration monarchique, nous passons à un combat à l’échelle européenne. Nos objectifs s’éloignent. L’heure de notre Libération n’en est que plus retardée.
Un fédéralisme chasse l’autre
Action Française étudiante
Article de Reinelde Maes publié le 24 décembre 2008
Les débats récurrents sur la suppression de l‘échelon départemental,
vielle idée revenue en force à la faveur des réformes
institutionnelles, nous amènent à nous poser la question des libertés
locales. En effet, se dirigerait-on enfin vers une réelle autonomie des
corps territoriaux ? Non, hélas. Parce que la République vit de « la
volonté populaire », elle a trop d’intérêts particuliers à satisfaire
pour se permettre de relâcher la bride à ses administrés. Pour cette
raison, l‘éventuelle « décentralisation » sarkozyste ne sera pas plus
efficace que la « décentralisation » socialo-communiste des années 80.
Simplement, nous retrouverons au niveau des régions les lourdeurs
administratives de l’Etat central, sans que la fierté départementale,
pour lacunaire qu’elle fût, soit transférée aux régions, ou que ces
dernières, qui ne correspondent d’ailleurs pas toujours aux provinces
et pays historiques, retrouvent des libertés législatives dignes de ce
nom. Les faits tiennent en échec l’incorporation du terme même de
« décentralisation » à la République, par ailleurs « une et
indivisible ».
Le seul fédéralisme où nous allons, c’est le
« fédéralisme européen », chimère dans laquelle trop de déçus du
personnalisme réactionnaire se sont engouffrés une fois la Deuxième
Guerre terminée et que les identitaires semblent reprendre à leur
compte. La menace de la guerre hier, celle de l’islam aujourd’hui
semblent agiter les esprits et occulter des vérités éternelles: qu’il y
a moins de civilisation européenne que de civilisation française; que
cette dernière dépasse largement le cadre de l’Europe, et que ne pas
voir au-delà du cadre étroit de cette dernière, c’est au propre
« travailler pour le roi de Prusse » qui lui n’a pas d’intérêts que
continentaux, et pour l’Oncle Sam qui en a certes, lui, et ne demande
qu’à renforcer son hégémonie mondiale. La France est aujourd’hui la
seule puissance que l’héritage civilisationnel et la tradition
d’indépendance permettent de rallier les non-alignés et de rivaliser
avec le Grand. Lutte déséquilibrée, certes, et ce d’autant plus que
nous sommes continuellement trahis par des « Américains au passeport
français »; mais que la France se retire définitivement de son rôle
mondial au profit d’une Europe sous contrôle transatlantique, et tout
sera perdu pour les peuples encore ivres de libertés.
De fait, nous le voyons bien, il y a une profonde incompatibilité de la France fédérale et de l’Europe fédérale, la seconde supposant une subordination de l‘Etat au Super-Etat, soit la perte à plus ou moins long-terme de toute faculté d‘initiative ou de défense nationale. Pure folie à l’heure où, partout, en Europe et ailleurs, des Etats puissants se lèvent pour défendre leurs intérêts, économiques notamment. Après avoir joué seule la carte des droits de l’homme deux siècles durant, la France sera-t-elle encore la seule à croire au destin de l’Europe ? Tout ce qui procède de l’irréfragable mouvement de l’Europe vers le fédéralisme doit être vigoureusement dénoncé, tout comme la situation présente qui consacre en tout cas l’incapacité totale de la souveraineté nationale à se défendre elle-même face aux forces centripètes euromondialistes.



