jeudi 6 janvier 2011

Crise belge: les indépendantistes flamands rejettent une base de compromis

Belgique_satelliteGoogle news

édition du 5 janvier 2011

AFP - Bruxelles -  L'espoir d'une sortie rapide de crise en Belgique, après 206 jours d'une crise politique record empêchant la formation d'un gouvernement, s'est évanoui mercredi avec le rejet par les indépendantistes flamands d'une ébauche de compromis sur une réforme du pays.

La Nouvelle Alliance flamande (N-VA) a cependant laissé la porte ouverte à des échanges de vue avec les autres partis.

"La N-VA a des remarques fondamentales sur la note du conciliateur Johan Vande Lanotte", un document de synthèse de 60 pages qui a été soumis aux sept partis engagés dans les pourparlers suspendus depuis octobre, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le parti nationaliste "les lui transmettra ainsi qu'aux six autres partis", les trois néerlandophones --CDV chrétien-démocrate, SPA socialiste et verts de Groen-- et les trois francophones --PS, Ecolo et centristes du CDH.

"On verra si ces remarques sont acceptables pour les autres partis. On pourra alors conclure si engager des négociations finales a un sens", a ajouté la N-VA.

Les sept partis avaient jusqu'à mercredi pour entériner ou pas un rapport sur les convergences possibles en matière de réforme des institutions qui leur a été remis lundi par le sénateur socialiste flamand Vande Lanotte, nommé conciliateur le 21 octobre par le roi Albert II.

La réponse la plus attendue, considérée comme décisive, était celle de la N-VA, la formation ayant les revendications les plus radicales et devenue premier parti de Flandre aux législatives du 13 juin avec 28% des voix.

En fin d'après-midi, seules les deux formations de gauche flamandes, les écologistes de Groen et les socialistes du SPA, avaient donné leur aval.

Optimiste, le président de Groen, Wouter Van Besien, croyait qu'un accord sur "une réforme de l'Etat solide" était possible "dans un laps de temps de quelques semaines sur la base de la note" du sénateur socialiste flamand Vande Lanotte.

La présidente du SPA, Caroline Gennez, s'était, elle, félicitée d'un "texte très équilibré" entre l'"autonomie fiscale considérable" accordée aux régions et la "stabilité" maintenue pour le pouvoir fédéral.

Mais le parti francophone Ecolo a mis un premier bémol, en se disant prêt à rouvrir les pourparlers à condition d'avoir des précisions sur des questions de "financement".

Le parti chrétien-démocrate flamand CDV, par la bouche de son président Wouter Beke, a été moins positif encore, en réclamant que M. Vande Lanotte "adapte" sa note "sur des points essentiels", notamment sur le volet "Bruxelles", "avant de réunir les sept partis".

Le PS, sorti vainqueur des élections côté francophone, a demandé pour sa part dans la soirée une reprise immédiate des négociations institutionnelles et a appelé à former au plus vite un gouvernement, mais il a annoncé des amendements au texte du conciliateur.

Les centristes francophones du CDH se sont dit aussi prêts à revenir à la table des négociations, mais également en demandant des amendements pour "préciser et équilibrer" le projet.

Selon les grandes lignes du document de M. Vande Lanotte, une partie des 130.000 francophones vivant en périphérie flamande de Bruxelles perdraient leurs privilèges judiciaires et électoraux, tandis qu'une autre partie continueraient de jouir d'un statut spécial dans six communes de la banlieue.

Autre exigence des néerlandophones --60% des 10,5 millions d'habitants du pays--, plus du quart (26%) de l'impôt sur le revenu, soit 15 milliards d'euros, jusqu'à présent de compétence fédérale, serait transféré aux régions.

De leur côté, les francophones, ultra majoritaires à Bruxelles, avaient obtenu que la dotation financière de la capitale soit améliorée de 375 millions d'euros.

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jeudi 30 décembre 2010

Deux cents, un chiffre rond qui fatigue

Vande_LanotteLa Libre Belgique

édition du 30 décembre 2010


Le conciliateur royal n’était pas en forme, mercredi. Retrouvera-t-il la pêche jusqu’à pouvoir accéder, en cas de réussite, au “Seize” ?    

Voici un chiffre rond qui était devenu aussi attendu que le passage d’un mercredi à un jeudi. N’empêche, à peine sèches les encres et salives, d’abord autour des six mois écoulés, ensuite autour de la crise désormais la plus longue de notre histoire politique, ce Jour J + 200 d’après les élections du 13 juin ajoute aujourd’hui symboliquement un peu plus de poids encore au ressentiment collectif, autant qu’un peu plus de relief encore aux prochaines échéances.

Prochaines, et proches. Car, à peine passée la Saint-Sylvestre, c’est toujours en principe le 3 janvier, lundi, que le conciliateur royal remettra sa note de synthèse aux sept partis opiniâtrement associés à ce qui n’est encore qu’une prénégociation; avec mission qui leur est assignée de manifester au surlendemain, le mercredi 5, leur volonté ou non de poursuivre.

Johan Vande Lanotte ( photo ) a donc entamé un ultime tour d’horizon avec les états-majors, toujours à tour de rôle, avant de signer sa copie. Après les présidents Gennez (SP.A), De Wever (N-VA) et Di Rupo (PS) mardi, ce devait être, hier, le cas du nouveau président du CD&V, Wouter Beke. Le rendez-vous a été postposé à ce soir. Entre-temps, les deux dirigeants écologistes (Van Besien puis Javaux) auront rencontré le socialiste flamand; Joëlle Milquet (CDH) fermera le ban vendredi.

Pourquoi, ce report ? Pour "des raisons pratiques",  parce que M. Vande Lanotte "ne se sent pas en grande forme" selon son entourage. Ce coup de fatigue, ajoutait sa porte-parole, ne l’empêche pas de poursuivre la rédaction de cette fameuse note dite définitive et présumée volumineuse.

On prête d’ailleurs à l’ancien vice-Premier ministre tant de volonté de décrocher un premier accord qu’il rêverait de prolonger l’expérience, jusqu’au "Seize" inclus s’il se confirmait que l’étoile d’Elio Di Rupo comme "primoministrable" a perdu en brillance au fil du temps. Le coup de barre à quelques heures des 200 jours ne présagerait dès lors en rien l’amorce de l’annonce d’un échec, comme certains déjà l’expliquaient.

En attendant, d’autres supputations, sur l’inclination générale de la note Vande Lanotte, se poursuivent. Une source nordiste disait ainsi, mercredi, se féliciter d’une orientation davantage flamande donnée à la copie, notamment dans le poids des transferts de compétences (l’un de ses chapitres) qui serait désormais gonflé jusqu’à 17 milliards d’euros.

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jeudi 23 décembre 2010

Construction d'une nouvelle mosquée à Tournai

Tournai_be_1La Dernière Heure

édition du 23 décembre 2010


Tournai - Le collège communal de Tournai a marqué jeudi son accord pour la construction d'une nouvelle mosquée sur un terrain de 85 hectares, appartenant à la SNCB holding, situé entre la chaussée d'Audenarde et la rue Hautem, indique jeudi No Télé dans son journal télévisé de 18h.

Le projet fait polémique dans la cité des Cinq clochers. Lors de l'enquête publique qui vient d'être clôturée, une pétition avait été lancée par des riverains opposés au projet. Elle a recueilli plus de 800 signatures. La plupart des riverains s'inquiétait des problèmes de mobilité dans leur quartier.

Actuellement, l'association islamique et culturelle du Tournaisis occupe un bâtiment vétuste dans le centre-ville. Elle avait donc introduit une demande de certificat d'urbanisme à la ville en octobre dernier pour la construction d'un centre culturel et cultuel sur ce terrain inoccupé de 85 hectares situé en périphérie de la ville.

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lundi 15 novembre 2010

Le pauvre wallon plus pauvre

ClochardLe Soir

édition du 15 novembre 2010

Belga - Selon une étude menée par une chercheuse de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps), la pauvreté monétaire est certes plus élevée en Wallonie qu’en Flandre mais les conséquences de cette pauvreté sont aussi plus lourdes à porter dans le sud du pays, rapporte lundi La Libre Belgique.

Ainsi, en Wallonie, 19 % de la population souffre  de pauvreté monétaire, contre 11 % des ménages en Flandre. 

Mais le taux de « déprivation matérielle », à savoir « l’incapacité de posséder des biens et services et/ou de se livrer aux activités qui sont perçues comme des nécessités », est de 18 % dans le sud du pays et de seulement 6 % au nord. 

« Ces résultats tendraient à montrer que la pauvreté monétaire se traduit par des difficultés quotidiennes plus importantes en Wallonie qu’en Flandre », commente la chercheuse Anne-Catherine Guio. 

Près d’un Wallon pauvre sur deux n’a par ailleurs pas accès à des biens ou services considérés comme une nécessité dans la société, alors qu’en Flandre, seuls 28 % des pauvres sont considérés comme « déprivés ».

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mardi 9 novembre 2010

Le parquet de Liège fait appel de la remise en liberté de Jamal Dati

Dati_Jamal

Le Soir

édition du 9 novembre 2010

Âgé de 38 ans, le frère de l’ex-ministre française de la Justice Rachida Dati avait été arrêté mercredi dernier alors qu’il venait de franchir la frontière des Pays-Bas vers la Belgique et qu’il était en possession de 30 grammes d’héroïne et de 5 grammes de marijuana.

Selon ses avocats, Me Berna et Me Faska, il avait acheté cette drogue à Maastricht dans le cadre de sa consommation personnelle et d’une dépendance à la toxicomanie qu’il entretient depuis plusieurs années après des problèmes personnels.

Cinq jours après sa mise sous mandat d’arrêt, il avait comparu mardi matin et obtenu une décision de remise en liberté de la chambre du conseil de Liège. Celle-ci l’a aussi renvoyé devant le tribunal correctionnel où il devra répondre de faits relatifs à l’importation de produits stupéfiants.

Mais le parquet a décidé mardi après-midi de faire appel de cette décision. L’appel étant suspensif, Jamal Dati restera donc détenu pour ces faits, avant sa comparution devant la chambre des mises en accusation dans un délai de quinze jours.

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lundi 8 novembre 2010

Les Assises de l'interculturalité recommandent de changer nos congés

belgique_integrationRTL-Info

édition du 8 novembre 2010

Invitée de l’émission Controverse de ce dimanche qui traitait de la politique d’immigration en Belgique, Joëlle Milquet a évoqué la possibilité de modifier le calendrier des congés légaux. Une recommandation faite par les Assises de l’interculturalité et que la ministre nous a livré en primeur. L’intérêt d’une telle mesure ? Améliorer le "Vivre ensemble".  Que les jours de congés profitent au plus grand nombre, quel que soit leur culture et ce, afin de faciliter l’intégration dans la société belge.

Quels jours de congés, pour qui ?

En pratique, aucun jour de congé légal ne passerait à la trappe. Ce sont les dates qui seraient modifiées. Ainsi, chacun conserverait son quota de 10 jours de congés légaux mais seules cinq dates actuelles seraient maintenues. Il s’agit du 25 décembre, du premier janvier, de la fête du travail, de la fête nationale et de l’armistice. Les cinq autres jours de congés qui sont liés à des fêtes religieuses disparaitraient. Il s’agit de la Toussaint, du lundi de Pâques, de l’Assomption, de l’Ascension, et du lundi de Pentecôte. Ces cinq jours seraient remplacés par trois jours de congés non religieux et commun à tous ainsi que deux autres jours dits "flottants" que chacun pourrait prendre à sa guise.

Difficile à mettre en œuvre

Dans la pratique, cette recommandation semble difficile à mettre en œuvre. Interviewée par Vanessa Costanzo pour RTL-TVi, Patricia Bostoen, préfète du lycée Emile Max, explique la complexité de la mise en place d’un tel système de congé. "La difficulté est que ce serait quasiment à la carte, avec des élèves absents, éventuellement des professeurs absents. Que fait-on avec les élèves présents ? Donne-t-on les cours ? Fait-on les interros ?", alerte-t-elle. Et de continuer, "Je pense qu’on ne peut pas faire ce genre de choses à la carte. C’est la collectivité qui doit primer sur les individus", estime la préfète.

Pourtant, Patricia Bostoen essaye de respecter la culture de chacun de ses élèves, en tentant notamment de faire coïncider les journées pédagogiques avec les jours de fêtes religieuses musulmanes. Difficile dans la pratique, car les dates des grosses fêtes sont souvent connues deux ou trois jours avant celle-ci. De plus, elles changent en fonction des communautés turques ou maghrébines.

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mercredi 3 novembre 2010

Condamnation des propos "consternants" du patron de l'armée

DelcourLa Libre Belgique

édition du 3 novembre 2010


Le président de la Ligue a par ailleurs souligné que "l'armée n'était pas toujours exempte de tout reproche" en matière de respect des droits de l'Homme.

La Ligue francophone des droits de l'Homme a réagi avec consternation aux propos récents du chef de la Défense, le général Charles-Henri Delcour, qui a suggéré au législateur de revoir le cadre légal, les conventions en matière de droits de l'Homme ne permettant pas de prendre des mesures disciplinaires usuelles.

C'est "ahurissant", a commenté le président de la Ligue des droits de l'Homme, Benoît Van der Meerschen. "C'est le droit positif qu'il convient d'adapter aux conventions internationales et pas l'inverse. Ces déclarations constituent une hérésie sur le plan juridique", a-t-il précisé.

Le président de la Ligue a par ailleurs souligné que "l'armée n'était pas toujours exempte de tout reproche" en matière de respect des droits de l'Homme. M. Van der Meerschen a évoqué les recommandations de 2004 du Comité des droits de l'Homme de l'ONU dans lesquelles celui-ci s'était dit "préoccupé par le faible nombre de condamnations pénales ou disciplinaires prononcées à l'encontre des militaires soupçonnés d'avoir commis des violations des droits de l'homme" dans le cadre de missions ONU.

Le chef de la Défense avait lancé vendredi un appel au législateur après que le colonel Gennart eut obtenu du Conseil d'État l'annulation d'une mesure d'ordre après des déclarations portant notamment sur la "flamandisation" de l'armée.

Le Conseil d'État a estimé que la hiérarchie faisait subir au colonel Gennart un préjudice grave et difficilement réparable et qu'il était victime d'une atteinte à l'honneur et à sa réputation."Il est peu commun de voir une émanation du pouvoir exécutif critiquer une décision du pouvoir judiciaire. Quand le droit est dit, on obéit", a rappelé Benoît Van der Meerschen.

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jeudi 21 octobre 2010

Quand la Flandre grappille du territoire à Bruxelles...

belgiqueRTBF

édition du 20 octobre 2010

Vendredi dernier, la frontière linguistique a bougé sans que personne ne s'en aperçoive ou s'en offusque. Sauf un riverain de la commune d'Anderlecht très surpris de découvrir que d'après le panneau qui trônait désormais devant sa maison, il habitait Dilbeek, en région flamande.

Gilles Gallemaers a donc décidé de réagir et a averti la Région bruxelloise, la commune d'Anderlecht et la RTBF. Via un mail intitulé "J'ai été annexé par la Flandre !" et photos a l'appui, il a dénoncé ce changement de frontière un peu surprenant.

"Outre le fait que je pense que ce panneau a été placé  par la commune de Dilbeek ou la Région flamande de façon illégale, il entraîne des désagréments pour moi et les autres habitants de cette zone frontalière de la Région de Bruxelles-Capitale. En effet, les livreurs (j'utilise souvent le commerce électronique et autres services de livraison à domicile), les taxis ou simplement les gens qui doivent se rendre chez moi sur base de mon adresse peuvent être bien déroutés. Plus généralement, ces indications induisent purement et simplement les usagers en erreur".

Route de Lennik, impossible de rater les panneaux "Dilbeek, Vlaanderen" et "De provincie Vlaams Brabant heet u welkom" placé juste devant la maison de Gilles Gallemaers. "J'ai été surpris en rentrant chez moi vendredi d'habiter Dilbeek, en Région flamande et non plus Anderlecht en Région bruxelloise", ironise-t-il. "Vous imaginez bien que je suis tout à fait scandalisé. Je n'imagine même pas le tollé si la situation était inversée. Que l'on aurait, par exemple, placé un signal F43 indiquant 'Uccle' sur une partie de la sacro-sainte terre flamande de Linkebeek ! Je crois que les panneaux n'auraient pas tenu une heure".

Au milieu de notre interview, l'échevin des travaux publics d'Anderlecht arrive sur place, un plan cadastral de la commune sous le bras. Toutes les vérifications ont été faite le matin même, et le doute est levé très rapidement par Mustapha Akouz :"Effectivement cette voirie, ce trottoir du côté droit est bien situé sur la commune d'Anderlecht. Nous avons l'autorisation de la Région, puisque c'est une route régionale, d'enlever maintenant ces deux panneaux malheureux". A peine quelques instants plus tard, voilà le bourgmestre qui arrive lui aussi sur ce fameux trottoir tant convoité par la Flandre.

Gaëtan Van Goidsenhoven ne va pas jusqu'à dire que c'est de la provocation :"C'est de la légèreté et il faudrait de temps en temps respecter les voisins. Un peu de délicatesse aurait pu éviter ce genre de situation". Une situation qui ne va plus durer longtemps. Une camionnette des services communaux d'Anderlecht arrive avec 5 ouvriers à son bord. En quelques minutes les fameux panneaux sont déboulonnés.

"La Région flamande aura bien entendu tout le loisir de venir rechercher les panneaux à l'atelier des travaux publics", précise Mustapha Akouz. A ses frais bien entendu. "Instruction a aussi été donnée aux services de faire le tour des frontières a la fois du coté de Dilbeek et Vlezenbeek afin de vérifier s'il n'y a pas le même problème sur notre territoire. Il faut être prudent, c'est quand même un problème assez dommageable et inquiétant", précise-t-il encore.

Renseignements pris, ce n'est pas la commune de Dilbeek qui a demandé l'installation de ces panneaux. Elle se serait même excusée de cette situation. C'est bien la Région flamande qui les a installés, tentant ainsi de conquérir 325 mètres de Région bruxelloise. C'était sans compter la vigilance des riverains.

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dimanche 17 octobre 2010

Les francophones rejettent la proposition de De Wever

Belgique_scissionLa Libre Belgique

édition du 17 octobre 2010


Le président de la N-VA, Bart De Wever, chargé par le roi d'une mission de clarification de la situation politique eu égard au blocage institutionnel, a fait connaître dimanche aux sept partis engagés dans la discussion un projet d'accord rapidement rejeté par le PS, le cdH et Ecolo qui ont estimé que ce texte ne pouvait pas en l'état rapprocher les points de vue entre francophones et néerlandophones.

"J'ai rédigé un texte que je considère comme étant le meilleur accord qu'il soit possible d'obtenir avec les sept partis concernés", a indiqué dimanche à la presse Bart De Wever, laissant le soin aux partenaires d'éventuellement amender son projet mais mettant en garde ceux qui en voulant "toucher aux fondements risquent de faire s'écrouler le château de cartes".

Dans cette note en cinquante pages destinée à servir de base à la construction d'une nouvelle architecture pour le pays, Bart De Wever proposait notamment de mettre à disposition des Régions "plus de 16 milliards d'euros d'autonomie fiscale touchant l'impôt sur les personnes physiques" (IPP), soit 54% de toutes les dotations actuelles (45% de l'IPP), et un financement structurel complémentaire partiellement conditionné de 350 millions d'euros pour Bruxelles à partir de 2013. Le chargé de clarification entendait également obtenir de ses partenaires "la scission de l'arrondissement électoral de BHV" moyennant le maintien de droits électoraux pour les francophones des communes à facilités.

La note faisait également écho à une importante communautarisation de la justice, notamment en ce qui concerne l'organisation des tribunaux de première instance et des Cours d'appel, les gouvernements des entités fédérées bénéficiant d'un "droit d'injonction positive" pour les matières tombant dans leur escarcelle. L'arrondissement judiciaire de Bruxelles, scindé, se serait retrouvé dans le giron du fédéral. Les Cours constitutionnelle et de cassation ainsi que le Conseil d'État seraient restées au fédéral mais les entités fédérés auraient créé des juridictions administratives en vue d'alléger le travail de sa section du contentieux.

Outre la régionalisation du contrôle et de l'accompagnement des demandeurs d'emploi et la communautarisation des allocations familiales (via la Commission communautaire commune à Bruxelles) et d'une partie des soins de santé (infrastructures hospitalières...), Bart De Wever envisageait également l'intensification de "l'homogénéisation" de nombreuses compétences en les transférant vers les entités fédérées, notamment toute une série de politiques économiques et de logement, de mobilité et de migrations.

"J'ai apporté de la clarté dans mon texte", a conclu dimanche Bart De Wever face à la presse, faisant observer, en latin, que "celui qui sait se vaincre dans la victoire est deux fois vainqueur" (Bis vincit, qui se vincit in victoria).

Après les critiques des FDF, les réactions des partenaires francophones à la discussion, le PS, le cdH, et Ecolo ont été "clairement" négatives, estimant que Bart De Wever avait échoué à rapprocher les points de vue entre francophones et néerlandophones. cdH et Ecolo ont appelé à l'organisation de "réelles négociations".Les partis flamands n'ont pour l'heure pas réagi.Bart De Wever est attendu lundi chez le roi pour faire rapport de sa mission de clarification entamée il y a une semaine.

Le PS a fait dimanche le constat que "le texte déposé par Bart De Wever ne rapproche pas les points de vue entre francophones et néerlandophones, ce qui était pourtant l'essence même de la mission que le Roi lui avait confiée". M. De Wever a présenté dimanche aux sept partenaires engagés dans les discussions institutionnelles ce qu'il a qualifié de "proposition de compromis".

"Même si la note de Bart De Wever s'inspire largement, dans son architecture, du périmètre défini lors de la pré-formation, force est de constater qu'elle remet en cause un grand nombre de convergences et d'éléments d'équilibre entre néerlandophones et francophones", a réagi dimanche le parti socialiste.Selon le PS, "le caractère unilatéral, parfois provocateur, de certaines propositions risque d'accroître les tensions entre flamands et francophones".

Le parti socialiste fait notamment observer que "les mécanismes de financement tels que proposés étranglent le développement de la Wallonie et de Bruxelles et mettent en péril le bien-être des Wallons et des Bruxellois". Par ailleurs, "à terme, le niveau fédéral ne sera plus en mesure d'assurer la solidarité entre tous les Belges".Quant aux droits des francophones de la périphérie, ils "sont bafoués", estime le PS. Et Bruxelles, elle "n'est pas reconnue comme Région à part entière".

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samedi 9 octobre 2010

Heure de vérité pour le nationaliste flamand Bart De Wever... et la Belgique

Bart_de_WaberLe Point

Le chef nationaliste flamand Bart De Wever a 10 jours pour jeter les bases d'une nouvelle Belgique où la Flandre aura plus d'autonomie et démontrer que son objectif immédiat n'est pas l'éclatement du pays, comme le craignent les francophones.

Près de quatre mois après les législatives du 13 juin, Bart De Wever, chef de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), parti indépendantiste sorti vainqueur côté néerlandophone, a provoqué le 4 octobre la rupture des tractations menées depuis une centaine de jours avec six autres partis pour former un gouvernement. Jugeant qu'elles menaient à une impasse, il a exigé qu'elles repartent à zéro. Selon Bart De Wever, qui avait réclamé sans succès pour les régions de Flandre, Bruxelles-Capitale et Wallonie le droit de lever une moitié des impôts sur le revenu, compétence jusqu'ici dévolue au pouvoir fédéral, ses interlocuteurs francophones n'ont pas pris la vraie mesure de sa détermination à transformer l'État belge dans un sens "confédéral".

Après avoir consulté Bart De Wever ainsi que les dirigeants des autres formations flamandes (SPA socialiste, CDV chrétien-démocrate et Groen écologiste) et francophones (PS, centristes du CDH et écolo) engagées dans ces négociations, le roi Albert II lui a donc confié vendredi soir une mission de "clarification". Le chef de la N-VA a beaucoup de cartes en main, mais sa mission est étroitement cadrée, même s'il a fait savoir qu'il parlerait avec qui il voudrait. D'abord, le souverain lui a donné 10 jours pour dénouer la crise, et il devra rendre compte de sa mission dès le 18 octobre. Ensuite, Bart De Wever n'aura pas en principe le choix de ses interlocuteurs puisqu'il s'agit des six mêmes partis. Il est pourtant notoire que le chef de la N-VA aimerait faire rentrer dans le jeu les libéraux francophones du MR, avec lesquels il se sent plus d'atomes crochus idéologiques. Enfin, l'homme fort de la Flandre n'aura pas le loisir de déborder de l'ordre du jour qui lui a été fixé par le Palais : il doit tenter de "rapprocher les points de vue" sur quatre sujets-clés, pas un de plus.

Bruxelles au cœur des négociations

Il est vrai que, parmi ces sujets, le statut des francophones de la banlieue de la capitale, dans le secteur dit de "Bruxelles-Hal-Vilvorde" (BHV), est un casse-tête jusqu'à présent insoluble et générateur de troubles. Le problème des finances insuffisantes de Bruxelles, enclave francophone et capitale à la fois de la Flandre et de la Belgique, est également récurrent. Bart De Wever, qui sait la riche Flandre lassée de payer pour les francophones de Bruxelles et de Wallonie, a refusé un transfert annuel de 500 millions d'euros en sa faveur, en exigeant plus de "garanties" sur son utilisation. Il est d'ailleurs récompensé de sa fermeté. Un sondage lui accorde la sympathie du tiers des 6,2 millions de Flamands (sur 10,5 millions de Belges), alors que son parti avait recueilli 28 % des voix en juin.

Les deux autres sujets - les transferts de compétences du pouvoir fédéral aux régions et la future loi de finances - ne sont pas moins déterminants pour l'avenir de la Belgique. Dans ces conditions, les francophones se préparent au choc. La dirigeante du CDH centriste, Joëlle Milquet, qui avait eu comme les autres leaders francophones des mots très durs pour M. De Wever lorsqu'il avait décidé de stopper les négociations, affirme au journal bruxellois Le Soir daté de samedi que le chef flamand devra "changer d'attitude". En attendant, le gouvernement sortant d'Yves Leterme, qui expédie les affaires courantes depuis le 22 avril, a été prié de se préparer à rester en fonctions encore plusieurs mois et de "faire le maximum" pour l'économie du pays.

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