Ottawa: 22 000 $ pour la visite de bureaucrates européens
Par Dean Beeby (La Presse Canadienne, Ottawa, Ontario) le 26/02/2012
Le premier ministre Stephen Harper (photo) a personnellement approuvé une facture de près de 22 000 $ liée à la visite de bureaucrates européens au Canada l'automne dernier alors que son gouvernement prêchait la modération sur le plan budgétaire.
Selon des documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le séjour de trois jours a donné lieu à une réception au Musée des beaux-arts du Canada, à deux dîners et à un souper officiel à Rideau Hall. Lors de toutes ces activités, les convives ont pu boire du vin gratuitement.
La note finale pour l'événement, qui s'est déroulé du 18 au 20 octobre, s'élevait à près de 112 000 $ et comprenait les frais de transport, d'hébergement et de divertissement ainsi que 2250 $ en cadeaux offerts aux invités.
Parmi les visiteurs figuraient six personnes du siège social parisien de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui ont discuté avec M. Harper et de hauts fonctionnaires canadiens de la meilleure façon de réduire les dépenses gouvernementales.
Cette réunion des centres de gouvernement de l'OCDE se tient chaque année depuis 1993 dans l'un des pays membres de l'organisation. C'était la première fois qu'elle avait lieu au Canada. Wayne Wouters, le greffier du Conseil privé et le plus haut fonctionnaire du gouvernement, en était l'hôte.
Sur les 45 personnes présentes, 10 faisaient partie du gouvernement conservateur alors que les autres provenaient des pays de l'OCDE ou de son siège social. Stephen Harper a notamment participé à une table ronde.
Étant donné que les coûts excédaient le seuil des 5000 $ imposé par le gouvernement pour ce genre d'événements, le premier ministre a dû lui-même pré-approuver la facture en tant que chef du Bureau du Conseil privé. Sa signature était également nécessaire pour l'alcool gratuit.
«Nous faisons tout en notre pouvoir pour contrôler les coûts associés à cet événement», a écrit Wayne Wouters à M. Harper le 11 septembre dans une note lui demandant son approbation. «En tant qu'hôte, le Canada doit offrir un certain niveau d'hospitalité, incluant une réception pour souhaiter la bienvenue aux délégués le soir de leur arrivée et un souper officiel.»
Il a ajouté que, pour des raisons de courtoisie et de protocole, des boissons alcoolisées seraient servies durant la réception, le souper officiel et les deux dîners. M. Wouters a aussi souligné que le budget pour la réception dépassait le prix maximal par personne établi par le Conseil du trésor, autre détail exigeant l'aval de Stephen Harper.
D'après le porte-parole du Bureau du Conseil privé, Raymond Rivet, la facture totale a tout de même été réduite de 16 000 $ et se trouvait bien en-deçà du budget de 300 000 $ initialement prévu.
La visite des membres de l'OCDE s'est déroulée après que le gouvernement Harper eut ordonné à des dizaines de ministères et d'agences gouvernementales de lui soumettre un plan détaillé pour le 3 octobre montrant comment ils comptaient diminuer leurs dépenses de 10 pour cent afin de réaliser des économies annuelles de quelque 8 milliards $.
Ottawa surveille maintenant de près les fraudeurs d'immigration
Par Daniel Proussalidis le 09/12/2011
Montréal – Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a émis un avertissement sévère aux consultants en immigration véreux et à tous ceux qui ont acquis la citoyenneté canadienne frauduleusement, dont beaucoup vivent à l'étranger.
« Si vous êtes un consultant impliqué dans la vente frauduleuse de la citoyenneté canadienne et si vous créez de fausses preuves de résidence, nous sommes sur votre cas, a averti le ministre Kenney lors d'une conférence de presse vendredi à Montréal.
« Et si vous êtes un étranger et vous souhaitez venir au Canada et devenir un citoyen, vous êtes plus qu'invités à le faire par la voie légale. Mais ne pensez même pas embaucher quelqu'un à l'étranger ou ici au Canada pour vous aider à tricher le système, car nous prenons désormais cette affaire très au sérieux », a poursuivi le ministre.
Le ministre Kenney a fait ces commentaires après avoir annoncé que son bureau avait entrepris de révoquer la citoyenneté de 2100 personnes tout en bloquant les demandes de citoyenneté de 4400 autres résidents permanents, comme l’a d’abord rapporté l’Agence QMI.
Des 4400 résidents permanents qui font l’objet d’une surveillance étroite, près de 1400 ont retiré ou abandonné leur demande de citoyenneté en raison de cette surveillance accrue, a indiqué le ministre.
« Nous parlons ici de cas de fraude en noir sur blanc », a précisé le ministre Kenney, ajoutant que les employés du ministère ciblaient des personnes qui ont payé des milliers de dollars pour créer un faux dossier pour ainsi prétendre avoir séjourné au Canada, sans ne s’être jamais enracinées au pays.
Le ministre a précisé que sur les 2100 cas où la citoyenneté sera révoquée, 1400 personnes ont choisi de ne pas contester cette décision, admettant ainsi leur culpabilité.
« La citoyenneté canadienne n’est pas à vendre, a déclaré le ministre. Comme elle est si précieuse, nous devons nous protéger contre les individus sans scrupules qui essaient de se remplir les poches de façon malhonnête et contournent les règles, et amener d’autres personnes à mentir et tricher pour obtenir la citoyenneté. »
Le gouvernement a commandé 2250 drapeaux pour souligner le jubilé de diamant
Ottawa — Le gouvernement conservateur a commandé plus de drapeaux pour souligner le jubilé de diamant de la reine Élizabeth II, qui marque ses 60 ans de règne.
Patrimoine Canada vient de lancer un appel d'offres pour 2250 grands drapeaux ornés de la feuille d'érable et de la couronne britannique — l'emblème canadien du jubilé de diamant.
Les contribuables ne connaîtront pas le coût de ces drapeaux mesurant 90 cm par 180 cm avant que soit accordé le contrat — qui comprend une option pour 2000 drapeaux supplémentaires.
Cette commande survient quelques semaines après que Patrimoine Canada eut dépensé 55 135 $ pour l'achat de 500 000 petits drapeaux que l'on agite de la main.
Ces achats font partie des préparatifs pour la commémoration de la journée où la reine Élizabeth II a accédé au trône, après le décès de son père, le roi George VI.
Le gouvernement a également commandé un nouveau portrait de la reine, un vitrail, une médaille et des pièces de monnaie à l'effigie de la souveraine.
Les conservateurs ne se sont jamais gênés pour promouvoir la monarchie. Le gouvernement de Stephen Harper a récemment remis l'appellation «royale» dans les noms officiels de la marine militaire et de l'armée de l'air. Il a aussi demandé que le portrait de la reine soit bien en vue dans les ambassades canadiennes à l'étranger et dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères au Canada.
ledevoir.com le 25/11/2011
Un général veut dégraisser l’armée canadienne
édition du 26 février 2011
Ottawa – Un général canadien de haut rang veut mettre au régime le quartier général de la Défense nationale (QGDN), à Ottawa, afin de créer une machine de guerre plus performante.
Le lieutenant-général Andrew Leslie a durement critiqué un système qui, selon lui, favorise le personnel du QGDN plutôt que les soldats de terrain.
«Avant que vous ne parliez de compressions budgétaires en supprimant un navire, une unité de réserve ou régulière, ou de capacités qui peuvent contribuer à une sortie opérationnelle, parlons plutôt du personnel du siège», a dit M. Leslie dans une conférence d’analystes de la défense et d’officiers militaires.
L’opposition la plus farouche vient des bureaucrates contre qui il se bat.
«Personne ne se défendrait aussi vigoureusement, comme une bête traquée, qu’un membre du quartier général menacé de perdre son poste.»
Le général, qui a déjà commandé les Forces canadiennes, a déclaré que l’argent et les ressources devaient être redéployés pour les unités sur le terrain et non pour ceux qui restent assis derrière un bureau.
Plus de 15 000 personnes travaillent à différents postes au quartier général de la Défense nationale, à Ottawa. Andrew Leslie est le général aux trois étoiles qui a été chargé de supprimer le plus d’emplois de bureau possible.
«Le statu quo est intenable, a dit le lieutenant-général. Nous dépensons beaucoup, beaucoup, beaucoup de dollars en consultants, contractuels et autres services professionnels.»
2010 : année record pour l'immigration au Canada
édition du 13 février 2011
Le Canada a accueilli un nombre record d'immigrants l'année dernière, selon un rapport de Citoyenneté et Immigration Canada publié dimanche.
Selon ce rapport, le Canada a ouvert ses portes à 280 636 résidents permanents en 2010. Ce chiffre, inégalé en plus de 50 ans, surpasse de six pour cent les estimations gouvernementales.
Dans un communiqué, le ministre Jason Kenney a indiqué que le nombre élevé d'immigrants économiques en 2010 avait permis à Citoyenneté et Immigration Canada de réduire le nombre de demandes en attente dans la catégorie des travailleurs qualifiés du volet fédéral.
Une telle performance a aussi eu pour effet de diminuer le temps d'attente en vertu du Plan d'action pour accélérer l'immigration et à mieux répondre aux besoins du marché du travail, peut-on également lire dans le communiqué.
Selon M, Kenney, l'économie canadienne, au lendemain de la récession, a besoin d'un taux élevé d'immigration économique pour maintenir sa vigueur.
Un ancien candidat de Canadian Idol arrêté
Dans les résidences qui ont été perquisitionnées, les policiers
affirment avoir trouvé une cinquantaine de composantes électroniques
servant à la détonation à distance d’engins explosifs. Plusieurs guides
de fabrication de bombes ont également été saisis.
Au moins un des accusés, Hiva Mohammed Alizadeh, avait des liens
directs avec des terroristes étrangers. Il avait suivi une formation en
fabrication d’engins explosifs. Les autorités disent avoir procédé aux
arrestations maintenant parce que la menace d’une ou deux attaques
terroristes était bien réelle et aussi pour empêcher les accusés de
transférer des armes à des insurgés talibans qui auraient pu les
utiliser contre des militaires canadiens.
Les deux présumés terroristes arrêtés mercredi à Ottawa ont comparu
jeudi matin et ont été renvoyés en détention provisoire jusqu’au 1er
septembre, un troisième individu devrait être accusé relativement à la
même affaire.
Il s’agit de Khurram Syed Sher, âgé 28 ans, de London, en Ontario, qui
a fait ses études à Montréal. Il a aussi été candidat à l’émission «
Canadian Idol ».
Sa candidature à « Canadian Idol » avait été rejetée dès la première
audition. Khurram Syed Sher avait auditionné à Montréal, il disait être
un diplômé de l’université McGill. Le Pakistanais d’origine avait
interprété avec très peu de succès la chanson « Complicated » d’Avril
Lavigne. Lien vidéo
Hiva Mohammed Alizadeh a été accusé d’avoir financé des activités
terroristes et d’avoir fabriqué ou eu en sa possession des explosifs
dans le but de blesser des gens ou d’endommager des biens, selon les
documents déposés en cour.
L’homme de âgé 30 ans et son présumé complice, Misbahuddin Ahmed, 26
ans, sont aussi accusés d’avoir comploté des activités terroristes avec
des individus du Canada, d’Iran, du Pakistan, d’Afghanistan et des
Émirats arabes unis.
Les deux prévenus de même que Khurram Syed Sher font aussi face à des
accusations d’avoir comploté depuis février 2008 avec des individus
identifiés comme James Lara, Rizgar Alizadeh et Zakaria Mamosta ainsi
que d’autres non identifiés dans le but de mettre sur pied des
activités terroristes.
Alizadeh et Ahmed avaient été emmenés au palais de justice longtemps
avant leur comparution prévue à 9 h 30, tandis que de nombreux
journalistes se massaient devant l’immeuble.
Ils ont été arrêtés dans la capitale fédérale mercredi matin au terme
d’une enquête de plusieurs mois de la Gendarmerie royale du Canada
(GRC) baptisée « Samosa ». Ils seraient liés au réseau terroriste
Al-Qaida.
L’enquête se poursuit et d’autres accusations pourraient s’ajouter.
Canoë
édition du 26 août 2010
Ottawa - La Gendarmerie royale du Canada a confirmé
jeudi avoir démantelé une cellule terroriste qui agissait dans la
capitale canadienne et avoir amassé des preuves accablantes contre les
trois individus arrêtés.
Femmes voilées à l'aéroport Trudeau: Ottawa exige une enquête
édition du 1er août 2010
La réaction de M. Baird fait suite à la publication d'une vidéo sur le site de partage YouTube. Intitulée «Une importante compagnie aérienne canadienne risque votre sécurité», elle a été mise en ligne par un Britannique.
Le ministre du Transport John Baird a demandé la tenue d'une enquête afin de savoir si les membres du personnel des compagnies aériennes respectent les règles les obligeant à voir les visages de tous les passagers qui montent à bord de leurs appareils.
Dans un communiqué émis dimanche, M. Baird a rappelé que des procédures étaient en place à cet effet et que les employés devaient vérifier l'identité de toute personne qui se présente le visage couvert.
Cette façon de faire, a-t-il ajouté, est conforme aux standards internationaux, sans égards à la culture ou à la religion.
Sur la vidéo, on semble y voir deux femmes monter à bord d'un vol d'Air Canada à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, le mois dernier, sans se faire demander de relever le voile cachant leur visage, afin de vérifier leur identité à l'aide de leur passeport.
La vidéo montre aussi un homme voyageant avec le groupe et remettant les passeports aux membres du personnel de sécurité de l'aéroport. Les femmes ont ensuite franchi la barrière sans avoir à montrer leur visage.
M. Baird a qualifié la situation de «très troublante» et ajouté que de telles actions posaient «une menace grave à la sécurité des voyageurs aériens».
La vidéo a été visionnée des milliers de fois. De nombreux commentaires disgracieux et racistes ont été écrits sur la page de la vidéo.
Ce n'est pas la première fois que le gouvernement fédéral est confronté à ce genre de dossier. En 2007, Élections Canada avait décidé que les femmes voilées pouvaient voter sans enlever leur niqab ou leur burqa, une résolution avec laquelle le premier ministre Stephen Harper était en profond désaccord.
La liberté d’être qui on est
Vigile
Article de Valerian Mazataud publié le 24 juillet 2010
Après 30 ans d’égalité sur le papier, les
Acadiens luttent toujours pour faire respecter leurs droits de vivre en
français au Nouveau-Brunswick. Beaucoup déplorent que l’égalité des
deux langues ne se traduise que par un dédoublement des institutions,
mais à traitement égal, la société reste bancale.
Au printemps dernier, il était impossible de flamber son argent en français au nouveau Casino de Moncton, et Michel Carrier, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, a commencé à recevoir des plaintes de la part de joueurs insatisfaits. Michael Novak, président du groupe Sonco Gaming, gestionnaire du casino, avait alors rétorqué que la province ne l’obligeait pas à offrir des services bilingues, pas plus que les autres entreprises privées. « Le gouvernement a manqué une occasion de faire appliquer la loi », déplore Michel Doucet, avocat spécialisé en droit linguistique à l’Université de Moncton, argumentant qu’un établissement de jeu licencié par la province devrait s’assurer de respecter la Loi sur les langues officielles.
C’est un peu comme ça, la vie au Nouveau-Brunswick ; on est heureux des progrès accomplis, mais il y a encore les petits détails : un prospectus en anglais glissé dans un publisac en français, son nom prononcé à l’anglaise à l’hôpital. La romancière France Daigle en a même fait le sujet de son dernier ouvrage, Petites difficultés d’existence (Boréal 2002). Aujourd’hui, « les francophones peuvent très bien assumer qui ils sont sans complexe », mais il est important de « toujours rester aux aguets », reconnaît-elle.
Lorsqu’il n’enseigne pas, l’essentiel du temps de Me Doucet est occupé à contester des réformes gouvernementales qui ne tiennent pas compte des obligations constitutionnelles relatives à la Loi sur les langues officielles. Il y a deux ans, lorsque le gouvernement provincial de Shawn Graham a entrepris une réforme des services de santé, il s’est heurté aux revendications du Comité pour l’égalité en santé, représenté par Me Doucet. Entre autres modifications, la réforme proposait la dissolution des huit régies existantes, y compris la régie francophone de Beauséjour, pour les remplacer par deux régies bilingues. « On sait ce que ça veut dire, nous, une institution publique bilingue. C’est une institution anglophone », ironise Michel Doucet. Il a fallu deux ans de poursuite pour finalement obtenir gain de cause. Aujourd’hui, le réseau de santé Vitalité, qui regroupe les anciennes régies du nord de la province, fonctionne en français.
Pour Me Doucet, l’accès à des institutions en français, c’est une mesure « indispensable pour assurer l’épanouissement de la communauté ». Un avis partagé par Jean-Marie Nadeau, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, un groupe voué à la reconnaissance du peuple acadien, pour qui il est essentiel de « promouvoir le droit d’avoir accès à des institutions en français [...] mais aussi de les faire vivre de l’intérieur ».
Un système bancal
Sur le papier pourtant, l’égalité linguistique ressemble à un vrai conte de fées canadien. En 1969, lors de l’adoption de la Loi fédérale sur les langues officielles, l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick en profitait pour adopter un équivalent provincial. En 1982, la Charte canadienne des droits et libertés était intégrée à la Constitution, avec son article 16 qui garantit, entre autres, des droits et privilèges égaux pour les deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick. Avec un tiers de la population dont la langue maternelle est le français, la communauté regroupait plus de 235 000 personnes lors du recensement de 2006, majoritairement dans le nord de la province, à la frontière gaspésienne et dans la région de Moncton.
Sur le terrain, en revanche, le bilinguisme est « bancal comme la tour de Pise », estime Jean-Marie Nadeau. Ainsi, même après la modification de la réforme de la santé, le réseau francophone reste techniquement moins favorisé que son équivalent anglophone et manque de moyens. En avril dernier, Gino Leblanc, mandaté par le gouvernement pour étudier le dossier de la santé, soulignait les inégalités historiques existantes entre le nord et le sud de la province au chapitre de l’accès aux services spécialisés. « Les trois services prénataux de la province sont anglophones », déplore M. Nadeau. Après une belle victoire, la santé en français en est encore au stade du rattrapage, estime-t-il.
D’après lui, l’actuel gouvernement provincial reste ancré dans une interprétation erronée de l’égalité linguistique, qui cherche simplement à dédoubler les services dans les deux langues. Pourtant, en 2009, dans l’affaire « Desrochers contre Canada (Industrie) », la Cour suprême reconnaissait que « l’égalité linguistique en matière de services gouvernementaux n’est pas nécessairement définie en fonction d’un traitement uniforme ». On pourrait donc allouer plus de moyens à une communauté afin de créer une véritable égalité.
Affirmer son identité
Le système d’éducation a aussi failli passer par la même moulinette. Depuis une quarantaine d’années, les enfants anglophones pouvaient profiter d’un programme d’immersion en français langue seconde, qui leur permettait de suivre tous leurs cours en français dès la première année. En 2007, quand le gouvernement s’est retrouvé confronté à des coupes budgétaires, il a commandé une étude qui lui permettrait de montrer du doigt le programme d’immersion comme une utilisation de ressources injuste, résume Alison Menard, présidente de Canadian Parents for French. Dès l’année suivante, le ministère de l’Éducation a entrepris de ne commencer l’immersion précoce qu’à partir de la cinquième année, mais il s’est heurté à une levée de boucliers de la part d’un groupe de parents anglophones. On a alors coupé la poire en deux et l’immersion commence désormais en troisième année. Malgré ce que le gouvernement veut imposer, « l’égalité ne veut pas du tout dire traiter deux populations de la même manière », déplore Mme Menard.
Cette victoire au goût amer aura au moins eu pour avantage de clairement souligner l’intérêt des anglophones pour leur langue seconde. « Aujourd’hui, les anglophones se sentent une responsabilité sociale de franchir le pas. [...] Il faut leur donner une chance de participer au bilinguisme. C’est notre identité de Néo-Brunswickois », propose Alison Menard.
« Il y a des progrès de tous les côtés, estime France Daigle. Il y a des jours où la langue française coule facilement, et d’autres où seulement l’anglais me vient à la bouche. » Officiellement, 35 % de la population est complètement bilingue, mais le véritable pourcentage est probablement supérieur.
« Je considère que ma langue n’est pas toujours aussi facile d’accès quand je veux l’utiliser. Il y a un voile anglophone, ajoute la romancière. Malgré tout, on n’a jamais été aussi libres de parler le français et d’être qui on est », conclut-elle.
Source
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/293137/nouveau-brunswi (...)
Émeute à la prison temporaire de Toronto
édition du 27 juin 2010
Toronto – Des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc ont été utilisés par les autorités pour disperser les manifestants venus protester contre l’incarcération de centaines d’entre eux à la prison temporaire utilisée pour le sommet du G20.
Quelque 150 protestataires se sont rendus à l'extérieur de cet ancien studio de cinéma situé dans l'est de la ville, dimanche matin, pour chanter et crier afin que les personnes détenues puissent les entendre.
La manifestation avait pourtant débuté dans le calme, mais les esprits se sont échauffés. Des individus qui ont été libérés ont été accueillis en héros par les manifestants.
Les policiers ont arrêté plus de 500 personnes depuis samedi en lien avec les émeutes du G20. Ils ont procédé à l'arrestation de quelque 70 personnes à l'Université de Toronto, dimanche matin. Des jeunes, mais aussi des individus dans la cinquantaine ont été interpellés et menottés.
Des briques, des roches et des bâtons ont été trouvés sur les individus arrêtés, des articles que la police qualifie «d’armes de rue». Plusieurs des personnes interceptées portaient des vêtements noirs. La plupart des casseurs qui ont vandalisé des commerces du centre-ville, samedi, étaient habillés en noir.
Les émeutiers portant du noir sont souvent identifiés au Black Bloc, une structure informelle d'activistes qui s’attaquent avec violence aux symboles du capitalisme. Des dizaines de vitrines de commerce ont été fracassées dans le centre-ville de Toronto depuis samedi après-midi.
Au moins quatre voitures de police ont été incendiées.
Le Groupe intégré de la sécurité (GIS) du G20 a mentionné que 14 personnes ont été soignées pour des blessures mineures, dont huit policiers.
Des anarchistes s'attaquent à une banque
édition du 19 mai 2010
Ottawa . Un groupe d'anarchistes a revendiqué un attentat au cocktail molotov contre une banque à Ottawa. Le groupe a lancé son engin explosif contre une succursale de la Banque Royale du Canada, dans le quartier du Glebe, à Ottawa, dans la nuit de mardi à mercredi.
La police évalue les dommages à 300 000 $.
Le groupe a choisi de filmer son geste et d'afficher le vidéo sur un site internet, ottawa.indymedia.org. Sur ces images, on voit deux personnes s'éloignant, à la course, de la banque. Puis, le feu éclate à l'intérieur de l'immeuble et les fenêtres volent en éclats.
Dans le communiqué accompagnant ces images, le groupe prétend qu'il fera pire aux réunions du G8 et du G20, qui se dérouleront à Huntsville et à Toronto, le mois prochain.
Il dit s'être attaqué à cette banque, en particulier, parce qu'elle finance les sables bitumineux albertains, un projet qu'il qualifie des plus destructeurs de l'histoire de l'humanité. Il reproche également à la banque d'avoir été un des commanditaires des Jeux olympiques de Vancouver qui se sont tenus, selon lui, sur des terres volées aux autochtones.
La Banque Royale a émis un communiqué, tôt mercredi matin, où elle affirme travailler avec la police afin que ceux qui ont posé ce geste soient arrêtés.
La banque dit également qu'elle ne commentera pas les déclarations du groupe et qu'elle se contente d'assurer la sécurité de ses employés et de ses clients.








