vendredi 25 mai 2012

Amendes à la pelle

Police_Montr_al_24mai_2012

Le Journal de Montréal

Par Sarah Bélisle le 24/05/2012

Une contravention de 634 $ et une pénible nuit de détention. Ça n’empêchera pas les nombreux manifestants, arrêtés mercredi, de retourner protester.

Ils étaient un peu plus de 500 manifestants arrêtés, un nombre record, et encerclés par des policiers pendant de longues heures qu’ils décrivent comme étant des plus éprouvantes.

Les manifestants arrêtés parlent de la peur, de la soif, du froid, des ecchymoses laissées sur leurs bras par les menottes et de l’envie impérieuse d’uriner sans avoir accès à une toilette.

« Il y en a qui ont même fait pipi dans leur pantalon. Ils en pleuraient d’humiliation », raconte l’un des manifestants détenus du nom d’Hugo, encore sous le choc.

« C’était très difficile, très dur, très fatigant », résume Alice, elle aussi mise en état d’arrestation.

Prise au piège

Paniquée, elle s’est sentie prise au piège sans véritablement savoir ce qui lui était reproché. Elle n’hésite pas à qualifier l’expérience de « traumatisante ».

« Aussi, on avait tous très soif et ils ont distribué des bouteilles d’eau à tous les policiers et pas à nous », déplore-t-elle.

Résignés, plusieurs manifestants se sont assis à même le sol. Un à un, ils ont été menottés à l’aide de câbles de plastique, puis amenés dans des autobus où ils ont passé le reste de la nuit.

Ils ont été relâchés au petit matin, une contravention de 634 $ pour attroupement illégal en main.

Sur le document, les faits reprochés sont inscrits à l’aide d’une étampe de caoutchouc, évitant ainsi aux policiers de devoir l’écrire sur toutes les contraventions.

« Tout le monde s’en fout de l’amende. Elle va être contestée », indique Laura, une étudiante française en échange à l’Université de Montréal pour la session.

Et la contestation s’organise. L’avocat de la CLASSE, Denis Poitras, a publié sur sa page Facebook la marche à suivre à l’intention de ceux qui souhaitent contester leurs contraventions et être défendus par la CLASSE.

De retour dans la rue

S’ils dénoncent d’une même voix le traitement qui leur a été réservé de la part des policiers, il est hors de question pour ces manifestants de baisser les bras.

« C’est très loin de m’empêcher d’y retourner (aux manifestations). Ça me pousse à revenir », clame Maxime Larrivée-Roy. L’étudiant de 29 ans est de toutes les manifestations nocturnes.

« Être confrontée directement à l’injustice me donne encore plus envie de retourner manifester », ajoute Alice, qui se dit fière d’y participer.

Hugo, lui, a « deux fois plus le goût de manifester. »

« Les gens sont très frustrés de ce qui s’est passé. Ça va avoir l’effet inverse et pousser les gens à sortir dans les rues », croit un autre étudiant arrêté, Antoine Prévost.

Démonstration de force

Ils estiment que l’intervention policière relève d’une démonstration de force plutôt que d’arrestations justifiées.

Plusieurs insistent sur le fait qu’ils n’ont tout simplement pas entendu les messages avertissant que la manifestation nocturne était déclarée illégale.

« Des projectiles ont été lancés sur les policiers. On a dit qu'il n'y aurait pas d'actes criminels qui seraient tolérés », explique le commandant Ian Lafrenière, du Service de police de la Ville de Montréal.

« Notre prétention c'est que les gens qui étaient sur place savaient très bien que la marche était illégale, à preuve, on l'a dit dès le départ et les gens ont décidé de marcher quand même », poursuit-il.

Avec la collaboration de l’Agence QMI.

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samedi 19 mai 2012

Des changements sur le web après la loi spéciale

Loi_78_murHuffington Post Québec

La loi spéciale du gouvernement de Jean Charest adoptée vendredi soir à l'Assemblée nationale du Québec a déjà des impacts sur le web.

Le site « Bloquons la hausse » de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a fermé sa page Événements, sorte de forum où étaient annoncées, chaque jour, diverses manifestations au Québec liées au conflit étudiant.

L'attaché de presse de la CLASSE, Renaud Poirier-St-Pierre, a indiqué à Radio-Canada.ca que la page avait été fermée à la suite de l'adoption de la loi spéciale.

Elle le restera au moins jusqu'à la tenue du congrès de la Coalition. Une décision sera prise par la suite, ce qui fait que l'onglet pourrait réapparaître sur le site si le congrès en décide ainsi, a confirmé M. Poirier-St-Pierre.

Le congrès de la CLASSE a lieu dimanche à Montréal. Selon le cahier de préparation au congrès publié sur le site de la Coalition, les délégués discuteront notamment de la poursuite de la grève malgré la suspension de la session et devront se prononcer sur la contestation de la loi spéciale devant les tribunaux.

L'Association des étudiants du Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal doit aussi proposer que la CLASSE organise une campagne d'éducation populaire sur la gratuité scolaire, sur les sources de financement des universités et sur la tarification et privatisation des services publics.

Un nouveau forum web sur les manifestations

Parallèlement, un nouveau site, inspiré du modèle de Wikipédia, a fait son apparition et accomplit la même fonction. On ne connaît pas cependant la provenance des informations qui s'y trouvent, ni leur authenticité.

Les créateurs du site s'engagent à ne garder aucune des adresses IP qui permettraient de retracer des personnes envoyant des informations.

« Il faut nous voir comme un bulletin météo des manifestations étudiantes; où ne pas aller en auto, où ne pas se retrouver à pied, etc... », lancent les auteurs.

Le site comporte une section « Informations légales importantes », où ses créateurs expliquent le nouveau contexte créé par la loi spéciale.

« La loi 78 votée par le gouvernement Charest cause principalement un problème par le fait qu'elle rend les organisateurs coupables du simple fait d'organiser des manifestations. Or, la plupart des démonstrations [sic] qui ont eu lieu à Montréal et Québec ces derniers mois sont des manifestations spontanées. L'application de cette loi au niveau de la culpabilité des organisateurs, dépend d'une démonstration de concertation. ManifsWiki.net permet l'échange d'informations sans concertation entre les citoyens québécois désirant attirer l'attention vers l'existence de manifestations prévues en toute légalité », indique un message sur le site.

La Loi permettant aux étudiants de recevoir l'enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu'ils fréquentent, issue du projet de loi 78, interdit des rassemblements entravant l'accès aux étudiants à leurs cours. Les organisateurs de toute manifestation de 50 personnes ou plus tenue dans un endroit public doivent communiquer aux policiers les détails de l'événement au moins huit heures à l'avance (date, heure, durée, itinéraire et moyens de transport utilisés). Le corps de police peut ordonner des changements de lieu ou d'itinéraire, lorsqu'il juge qu'il y a « des risques graves pour la sécurité publique ».

Dans le cas d'entraves au droit des étudiants à assister à leurs cours, les associations et fédérations étudiantes seront responsables des dommages causés à des tiers : elles devront prouver qu'elles ne contreviennent pas à la loi ou que cela ne fait pas partie d'une action concertée.

http://quebec.huffingtonpost.ca le 19/05/2012

Note BYR: pour plus de clarté concernant le conflit qui oppose le gouvernement du Québec avec les étudiants voici la page de Wikipédia le concernant : Wikipédia grève des étudiants québécois

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Loi spéciale - Comparable à la Loi sur les mesures de guerre ?

Charest

Vigile

Par Jean-François Nadeau le 19/05/2012

Nombre d’historiens du Québec ont décrié hier, sur la foi de leur savoir historique, la loi d’exception du gouvernement libéral. Cas aussi unique qu’inique dans l’histoire du Québec, soutiennent plusieurs d’entre eux, notamment les signataires d’une lettre ouverte publiée aujourd’hui en page Idées.

Existe-t-il des enseignements à tirer d’une comparaison de la crise actuelle avec celle d’Octobre 1970 ? Pour l’historien Jacques Lacoursière, un des premiers à avoir écrit sur cette crise dans Alarme citoyen, la loi 78 « est un peu différente de la Loi sur les mesures de guerre mais s’apparente à un brimage de la liberté d’expression ». D’après lui, « la liberté d’expression est vraiment menacée par des mesures semblables », tout comme elle l’était en 1970. En ce sens, il s’agit pour lui d’un moment « historique ». « Ça me rappelle aussi beaucoup 1972, avec l’arrestation des chefs syndicaux parce qu’ils refusaient de se soumettre. » À son sens, il n’y a rien de bien glorieux dans cette action du gouvernement.

Une première

Dominique Clement, spécialiste de l’histoire des droits de la personne à l’Université d’Alberta, estime qu’il existe une « tradition de lois répressives ». Mais à sa connaissance, « on n’a jamais vu quelque chose de semblable dans l’histoire du Québec ni du Canada. Contre des étudiants, je crois que rien de tel n’a jamais été poussé aussi loin. C’est incroyable. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça », soutient le professeur.

Pour l’historien Christophe Horguelin, qui s’est intéressé de près à l’histoire du Front de libération du Québec (FLQ), l’adoption de cette loi est certes menaçante, mais fait « moins songer à la Loi sur les mesures de guerre qu’à la situation d’agitation sociale qui la précède en 1969 avec les mesures prises alors par Jean Drapeau pour briser sans réserve les manifestations et le droit d’association, des mesures jugées plus tard illégales ».

Louis Fournier, à qui l’on doit une histoire du Front de libération du Québec, pense pour sa part que « la Loi sur les mesures de guerre était une bombe atomique à côté » de la loi du gouvernement de Jean Charest. L’affaire ne lui apparaît pas moins sérieuse : « Je serais plutôt porté à comparer cela avec la crise du printemps 1972 pour ce qui est de l’importance. Les trois présidents des centrales syndicales et plusieurs personnes s’étaient retrouvés en prison. La répression avait été particulièrement dure. »

Sombres journées

Pour Gaston Deschênes, un historien longtemps attaché à l’Assemblée nationale du Québec, « ce ne sont pas de bonnes journées dans l’histoire de notre démocratie. Pendant la Crise d’octobre, on avait suspendu certaines libertés civiles. À part la Loi sur les mesures de guerre, qui a été adoptée à Ottawa, je ne vois pas trop ce qui peut ressembler à ça au Québec dans notre histoire. Peut-être la loi martiale décrétée pendant les événements de 1837-1838 ? Chose certaine, c’est terrible et très important. Donner des pouvoirs d’exception comme ça, c’est incroyable ! On a une belle histoire parlementaire, mais on vient de faire quelque chose de vraiment terrible. »

Pour l’historien Jean-Charles Panneton, qui vient de publier la première biographie de Pierre Laporte, une des victimes de la Crise d’octobre 1970, la comparaison avec ces événements ne vient pas spontanément à l’esprit. Il considère plutôt un rapport comparatif à faire avec les années du régime Duplessis et la lutte de l’Union nationale contre le droit d’association et d’expression. « Je vois plutôt des parallèles avec les lois de Duplessis, les lois 19 et 20 notamment, sur le droit d’association et les syndicats. On est ici devant une attaque en règle du droit d’expression et d’association, comme Duplessis en faisait à l’époque. Beaucoup de marge de manoeuvre est accordée aux policiers. Bien trop à mon sens, qu’on soit favorable ou non aux revendications des étudiants. »

À quoi finalement comparer l’action très autoritaire du gouvernement québécois de Jean Charest dans cette crise ? Si les historiens ont à cet égard des avis différents, tous semblent s’entendre sur le caractère hautement déraisonnable et tragique de cette action législative menée sur les bancs de l’Assemblée nationale hier.

Source
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/350529/comparable-a-la-loi-sur-les- (...)

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vendredi 18 mai 2012

Québec: le gouvernement veut légiférer contre la fronde des étudiants

Montr_al_Manif__tudianteL'Express

Le Premier ministre Jean Charest a provoqué une levée de boucliers en déposant jeudi soir un projet de loi qui restreindrait fortement le droit de grève, pour tenter de briser le mouvement étudiant. 

Une loi pour frapper les organisateurs de piquets de grève au porte-monnaie? Le gouvernement québécois du libéral Jean Charest, a déclenché une levée de boucliers en déposant jeudi soir un projet de loi pour tenter de briser le mouvement de grève des étudiants.  

Jean Charest compte sur une forte restriction du droit de manifester pour aboutir au moins à une "pause" dans le conflit étudiant le plus important de l'histoire du Québec, qui dure depuis la mi février, et a déjà entraîné la démission de la ministre de l'éducation.  

"Je veux que le Premier ministre rencontre les étudiants aujourd'hui", a réagi la dirigeante du Parti Québécois et chef de l'opposition officielle Pauline Marois, bruyamment applaudie par ses partisans. "Il faut dialoguer, sans passer par une loi spéciale-matraque", a-t-elle poursuivi avec émotion. 

Quelques heures plus tard, les leaders étudiants ont lancé un ultime appel à la négociation pour mettre fin à la grève des cours contre la hausse des frais de scolarité à l'université: une augmentation de 1780 dollars (82%), étalée sur cinq ans, pour arriver à près de 4000 dollars par an, plus près de la moyenne nord-américaine.  

Les représentants des principaux syndicats d'étudiants se sont unis pour la première fois à des personnalités politiques de l'opposition -dont Pauline Marois, et plusieurs députés- pour tenir une conférence de presse retransmise en direct à la télévision publique, quelques heures avant le dépôt du projet de loi au parlement. 

Une loi spéciale "ne fera qu'envenimer la situation"

Les professeurs d'université sont entrés à leur tour de plain pied dans le conflit. La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université s'est prononcée contre le projet de loi spéciale, qui "ne fera qu'envenimer la situation" selon elle. 

Jean Charest refuse une nouvelle négociation, invoquant le durcissement de la position des étudiants, ce que ces derniers contestent. Le projet de loi spéciale, dévoilé jeudi soir, prévoit notamment une forte restriction du droit de manifester et de très lourdes amendes pour les organisateurs de piquets de grève. Un individu seul, par exemple, encourrait une amende de 1000 à 5000 dollars. Une association d'étudiants qui organiserait un tel rassemblement ou lancerait le mot d'ordre de bloquer l'accès à une université risquerait, elle, de devoir payer de 25.000 à 125.000 dollars, le double en cas de récidive. 

La nouvelle loi, "pire", pour les étudiants, "que l'augmentation des droits de scolarité"

"Cette loi est, et de loin, pire que l'augmentation des droits de scolarité pour les étudiants" a carrément lancé Léo Bureau-Blouin, le président de la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec). De son côté, Gabriel Nadeau-Dubois, président de la CLASSE, le syndicat le plus radical, a affirmé que le texte était tout simplement "anticonstitutionnel" et a appelé à la "désobéissance civile". 

Selon le gouvernement, 30% seulement des étudiants boycottent les cours, la grève paralysant 14 collèges universitaires sur 48 et "certaines facultés" de 11 universités sur 18 au total. La dernière offre du gouvernement -massivement rejetée par les étudiants grévistes- prévoit une augmentation sur sept ans, au lieu de cinq ans initialement. Jean Charest souligne qu'en contrepartie, les prêts et bourses augmenteront également, ce qui devrait annuler la hausse pour environ un étudiant sur deux.

lexpress.fr avec le 18/05/2012

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mardi 15 mai 2012

Élections françaises : quel impact pour le Québec ?

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Mathieu Bock-Côté

Par Mathieu Bock-Côté le 09/05/2012

Historiquement, la France est le meilleur allié du Québec. Le meilleur parce que le seul. La France est une grande puissance. Ce n’est pas rien, surtout pour un peuple qui a deux fois tenté l’indépendance et qui pourrait la tenter une troisième fois.

Traditionnellement, les appuis français se trouvaient surtout à droite. La sympathie pour le Québec était telle qu’elle était devenu un critère pour évaluer l’engagement d’un homme politique envers la grandeur de la France. C’était l’héritage du général de Gaulle.

Il suffit de penser à des hommes comme Alain Peyrefitte ou à Philippe Seguin, décédés il y a quelques années. Pensons aussi à Alain Juppé, qui n’a jamais laissé planer l’ambiguïté sur ses amitiés souverainistes.

Nicolas Sarkozy a représenté une rupture radicale dans cette histoire. Comme si la question du Québec ne faisait plus partie du calcul de l’intérêt national français. Grand ami de la famille Desmarais, Nicolas Sarkozy ne voulait plus entendre parler des souverainistes.

On se souvient de ses déclarations de 2008 qui laissaient planer le soupçon de la xénophobie sur les Québécois. Mais il y avait aussi un paradoxe idéologique chez lui. Ce défenseur des nations était assez étranger à la tradition internationale de la France.

Avec l’élection de François Hollande, le Québec retrouve un allié à l’Élysée. À plus d’une reprise, il a marqué une claire différence entre le Canada et le Québec. Et dans la grande lutte entre le premier et le second, il a choisi la légitimité québécoise. Il faut saisir l’occasion.

Notons-le, cela correspond aussi à un renversement de situation à gauche, qui était historiquement réfractaire au nationalisme québécois. Il semble bien que pour un temps, les choses changeront. Nos appuis en France passent de droite à gauche.

Prenons un peu de hauteur. Nos relations politiques avec la France ne sont pas à leur meilleur. Si la société québécoise et la société française se sont rapprochées considérablement au fil des dernières décennies, au point de s’interpénétrer culturellement, nos deux États sont plus éloignés qu’avant.

Pour les leaders politiques québécois, il s’agira de retisser des liens à gauche comme à droite. De refaire de la France une priorité québécoise. Il faudra augmenter les investissements diplomatiques, financiers et culturels pour confirmer l’importance du Québec à Paris.

Il faudra aussi refaire du Québec une priorité française. On comprend la France de ne plus nous prendre au sérieux. À deux reprises, elle était prête à se commettre pour notre indépendance. À deux reprises, nous avons préféré demeurer une province. Cela ne fait pas sérieux.

Mais une chose est certaine: l’indépendance ne se fera jamais sans l’appui de la France. L’indépendance d’un peuple, ça se prépare à l’avance dans les capitales étrangères. L’indépendance québécoise se préparera aussi à Paris. La jeune génération souverainiste devrait entendre ce message.

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samedi 21 avril 2012

Montréal : Arrestations massives

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Le Journal de Montréal

Les esprits se sont à nouveau échauffés, samedi, au centre-ville de Montréal, au lendemain d’une manifestation qui a tourné en émeute. Moins patients que la veille, les policiers ont rapidement déclaré la manifestation illégale et procédé à plus de 75 arrestations.

Vers 10h30, quelques centaines de protestataires se sont postés devant les entrées du Palais des congrès, au même endroit où policiers et manifestants se sont affrontés vendredi. Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) contrôlaient l’accès au salon de l’emploi du Plan Nord, un événement ouvert au public.

De nombreuses personnes cagoulées étaient parmi la foule, composée notamment de membres du Réseau de résistance du Québécois et d’autochtones d’InnuPower, qui étaient là pour dénoncer le Plan Nord de Jean Charest, qu’il considère comme « un affront contre le peuple québécois et les nations amérindiennes ».

Dès 11h, la tension a monté d’un cran entre policiers et manifestants. Les agents du Groupe tactique d’intervention du SPVM sont néanmoins parvenues à repousser la foule jusqu’à la place Jean-Paul-Riopelle. Un premier manifestant a alors été arrêté pour avoir refusé d’obtempérer aux ordres des policiers.

journaldemontreal.com le 21/04/2012

Une demi-heure plus tard, des manifestants ont pénétré à l’intérieur du stationnement sous terrain du Palais du congrès, où des voitures ont été vandalisées.

Vers midi, une foule de quelques centaines de manifestants marchaient sur la rue Saint-Urbain, en direction du Palais des congrès. Le SPVM a rapidement donné un ordre de dispersion aux manifestants, alors que ceux-ci se trouvaient à l’angle des rues Saint-Urbain et Viger.

Un peu plus loin, sur la rue Saint-Alexandre, les agents ont fait usage de grenades assourdissantes pour disperser un autre groupe de manifestants. Pris en souricière par les policiers, plus de 75 manifestants ont alors été arrêtés, sur le parvis de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a indiqué l’agent Daniel Lacoursière, porte-parole du SPVM.

Des autobus de la Société de transport de Montréal ont été dépêchés sur place pour embarquer les manifestants appréhendés. Ils pourraient être accusés d’attroupement illégal.

Le Salon du Plan Nord affiche complet

En début d’après-midi, en raison des manifestations, les gens qui se trouvaient dans le Palais des congrès ont été confinés durant un certain temps à l’intérieur. Les policiers leur ont par la suite permis de sortir de l’édifice.

Le Salon du Plan Nord, qui affichait complet, a dû être fermé aux nouveaux visiteurs. Dès 13 h, plus personne n’était autorisé à entrer dans le Palais des congrès.

La maire Tremblay exaspéré

Visiblement exaspéré par les manifestations des derniers jours, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a exhorté Québec d’agir dans ce dossier.

« Le gouvernement doit s'asseoir avec les étudiants. La situation a assez duré », a-t-il mentionné, en matinée samedi, alors qu’il assistait aux funérailles d’Émile «Butch» Bouchard, à Longueuil.

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samedi 14 avril 2012

Référendum de 1995: le projet de constitution du PQ dévoilé

Parizeau

La Presse

Par Paul Journet le 14/04/2012

Peu après une victoire du OUI en 1995, le gouvernement Parizeau ( photo de Jacques Pärizeau )aurait adopté une constitution initiale affirmant que le Québec est un État «laïque» et «pacifiste» et se serait engagé à conclure des ententes avec chacune des nations autochtones.

La Presse a mis la main sur le projet de constitution de 177 articles qui n'a jamais été rendu public. Notre version date de juillet 1995. «C'est le deuxième projet de constitution qui a été préparé par le Parti québécois (PQ). Le premier avait été commandé par le premier ministre René Lévesque à la fin 1984 à son ex-ministre, Jacques-Yvan Morin. Contrairement à celle de Parizeau, cette première constitution était conçue pour être adoptée dans la fédération canadienne», raconte Daniel Turp, ancien député péquiste et constitutionnaliste à l'Université de Montréal.

La constitution initiale devait être adoptée rapidement par les élus pour maintenir l'État de droit. Pendant ce temps, le négociateur en chef Lucien Bouchard aurait essayé de conclure une entente avec le Canada, et le gouvernement aurait préparé sa déclaration de souveraineté. «C'est ensuite qu'on aurait fait le travail pour la constitution permanente. Il a toujours été important que la constitution soit écrite à un moment où l'on était certains que le Québec soit souverain et que tous les Québécois, y compris ceux qui ont voté NON, participent à ce moment fondateur. C'est ma lecture de la chose», raconte Jean-François Lisée, conseiller du premier ministre Jacques Parizeau. Il avoue ne pas se souvenir du contenu de la constitution initiale.

Dans ce texte, Québec se débarrassait de la monarchie en déclarant que le chef de l'État devenait le président du Québec, et non le représentant de la reine. Ce président aurait eu «peu de pouvoirs réels», précise-t-on dans les notes explicatives. Le premier ministre serait demeuré le chef du gouvernement.

Quelques mesures visaient à rassurer la communauté anglophone. On réaffirmait leur droit de faire «instruire leurs enfants dans leur langue» de la maternelle jusqu'à l'université et de maintenir leurs commissions scolaires. Il aurait fallu leur «consentement» pour modifier les articles les concernant. Même chose pour les nations autochtones. Québec s'engageait à conclure des «ententes d'autonomie» avec elles. Une fois ratifiées, elles auraient été constitutionnalisées. En attendant, leurs droits existants auraient été «reconnus et confirmés».

Sans surprise, le multiculturalisme, qui est promu dans la Charte canadienne des droits et libertés, ne figure pas dans le projet de constitution initiale. On aurait affirmé le droit des «communautés culturelles» de «maintenir et de faire progresser leur propre vie culturelle». Le caractère «laïque» et «pacifique» était énoncé dans les principes fondamentaux, tout comme le «respect des croyances religieuses» et «des valeurs fondamentales».

Plusieurs articles de la Charte de la langue française et de la Charte québécoise des droits et libertés y étaient enchâssés. On voulait constitutionnaliser la «protection à la sécurité» des enfants et la protection des personnes handicapées contre «toute forme d'exploitation». Enfin, dans les principes fondamentaux, on lit que l'État du Québec «s'efforce de procurer l'égalité des chances», «doit soutenir le milieu culturel» et s'engage à «oeuvrer pour la paix mondiale», ce qui ne l'empêcherait pas, précise-t-on dans les notes, de participer à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ou au Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD).

***

Pour plus d'information:

Constitution initiale (Partie 1, art.1-96) (1995)

Constitution initiale (Partie 2, art. 97-175) (1995)

Constitution initiale - Note explicative (1995)

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dimanche 11 mars 2012

Un dépanneur de Verdun s'attire les foudres des Jeunes Patriotes

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Montréal - Afin de dénoncer le refus d'un commerçant montréalais de s'adresser à sa clientèle en français, une manifestation a eu lieu samedi après-midi, devant le dépanneur De L'Église, dans l'arrondissement de Verdun.

Pour l'occasion, les Jeunes Patriotes du Québec avaient invité la population à se rassembler devant ce commerce pour y boire un verre et fumer une cigarette. Une suggestion qui se voulait une réplique aux propos du propriétaire qui, en plus de refuser de servir les clients en français, a déclaré, jeudi, sur les ondes du 98,5 FM que les Québécois francophones ne sont bons qu'à «boire de la bière, fumer et recevoir de l'aide sociale».

N'hésitant pas à qualifier le propriétaire du dépanneur de «raciste», un jeune homme rencontré lors du rassemblement s'explique mal l'attitude du commerçant.

«C'est cracher sur les gens qui l'ont accueilli à bras ouverts. J'ai de la misère avec ça», a affirmé celui pour qui le cas du dépanneur De L'Église est loin d'être une exception sur le territoire montréalais.

«Ce n'est pas acceptable et les Québécois doivent se tenir debout. C'est dommage, ce sont des choses qui arrivent tous les jours, mais on l'a entendu parce qu'une recherchiste de l'émission de Benoit Dutrizac a enregistré l'appel.»

http://fr.canoe.ca le 10/03/2012

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Les Québécois ne se reconnaissent plus dans le Canada

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Canoë

Par Huguette Young le 11/03/2012

Ottawa. Les Québécois ne se reconnaissent pas dans le Canada de Stephen Harper. Et ce courant est encore plus prononcé depuis que le premier ministre a remporté une majorité de sièges lors du scrutin du 2 mai.

C'est ce que révèle un vaste sondage de Léger Marketing mené pour le compte de l'Agence QMI.

Confinés dans l'opposition à la Chambre des communes, sans « porte-parole important » du Québec, les Québécois sont plus pessimistes que jamais face à l'avenir sous ce gouvernement « qu'ils ne souhaitaient pas », affirme le sondeur de Léger Marketing, Christian Bourque.

En effet, près des deux tiers des Québécois estiment que le Canada va moins bien qu'il y a 10 ans alors qu'ailleurs au pays, c'est moins que la moitié des répondants qui ont cette opinion.

À peine un Québécois sur cinq estime que le Canada va dans la bonne direction. Moins d'un Québécois sur 10 envisage l'avenir avec optimisme.

À l'instar des autres Canadiens, les Québécois sont préoccupés face à la perspective d'une deuxième récession mondiale, mais l'insatisfaction va plus loin.

Face au gouvernement Harper, il y a une « crise de confiance » au niveau des symboles et des principes de conservatisme social, reprend M. Bourque.

« C'est une droite qui ne nous ressemble pas », affirme-t-il.

Ce « choc » des valeurs se mesure dans plusieurs dossiers où les Québécois et les Canadiens ont des points de vue opposés. Les Québécois sont contre l'extraction de pétrole des sables bitumineux et le financement accru de l'armée canadienne. Ils sont deux fois moins favorables à l'achat de chasseurs F-35, très réticents face au retrait du Canada du Protocole de Kyoto et encore plus réfractaires à la promotion des symboles de la monarchie, mais plutôt favorables au droit à l'avortement.

Moins d'un Québécois sur cinq appuie l'abolition du registre des armes d'épaule alors que le tiers des citoyens hors Québec s'y dit favorable.

Quelques rapprochements

Les Québécois et les Canadiens partagent certaines valeurs, mais celles-ci se comptent sur le bout des doigts : la construction de l'oléoduc Northern Gateway, l'imposition de peines d'adultes pour les jeunes contrevenants coupables de crimes graves et la réduction de 10 % des dépenses de l'État.

La peine de mort pour certains criminels dangereux et une présence militaire accrue dans l'Arctique sont les valeurs pour lesquelles les opinions des Québécois et des Canadiens sont les plus rapprochées.

Ce sondage fait ressortir également que les personnes du ROC (Rest of Canada) vivent, eux aussi, des déchirements existentiels.

S'ils trouvent les Québécois « chialeux » au sujet de leur relation avec Ottawa et estiment que ceux-ci représentent un « fardeau », une majorité souhaite que le Québec demeure au sein du Canada.

À ce titre, les Albertains sont ceux qui sont les plus irrités par les Québécois, peut-être parce que l'Alberta leur envoie un chèque de péréquation directement de leurs poches », croit M. Bourque.

En Ontario et dans les provinces atlantiques, l'attitude à l'égard du Québec est beaucoup plus positive.

Quant aux Québécois, plus de la moitié d'entre eux estiment qu'ils représentent un atout pour le Canada. Or, plus du tiers sont d'avis contraire pour des raisons qui demeurent obscures.

« Les priorités d'autres électeurs »

Pour le politologue Louis Massicotte, de l'Université Laval, ce sondage montre avant tout que le programme du gouvernement Harper « reflète les priorités d'autres électeurs que ceux du Québec ».

« Les Québécois sont dans l'opposition et ils en paient le prix », a-t-il noté.

Historiquement, les Québécois « étaient bien installés » au pouvoir à Ottawa, avec les conservateurs de centre-droite de Brian Mulroney et les libéraux de Jean Chrétien qui décrochaient 44 % du vote au Québec en l'an 2000.

En fait, l'un des « reproches » qui était fait au gouvernement Mulroney, « c'est qu'il s'écrasait devant le Québec », qu'il s'agisse du défunt Accord du lac Meech, du traité canado-américain de libre-échange ou du renforcement de la Loi sur les langues officielles, a rappelé M. Massicotte.

Aujourd'hui, le refus du gouvernement Harper « de pousser le bilinguisme plus loin », passe mal.

« On a l'impression de vivre une régression historique », résume-t-il.

Ce sondage a été réalisé auprès de 2509 répondants du 28 février au 5 mars. La marge d'erreur est de 2 % dans 19 cas sur 20.

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mardi 6 mars 2012

Québec : des détenus se convertissent à l'islam pour être mieux traités

Islam_Qu_becPoste de veille

Pendant que la piètre qualité de la nourriture servie dans plusieurs centres pour personnes âgées soulève l'indignation, le gouvernement du Québec va dépenser des dizaines de milliers de dollars en sous-traitance pour fournir des repas halals et casher aux prisonniers issus de communautés culturelles.

Le ministère de la Sécurité publique a lancé, dans les derniers jours, trois appels d'offres pour obtenir des services alimentaires spécialisés, réclamés par les détenus pour des motifs religieux.

[...] Les aliments ne seront pas préparés dans les cuisines des prisons, comme c'est la coutume, mais bien par des sous-traitants, qui les livreront une fois par semaine aux trois établissements. «Chaque repas doit contenir une protéine (viande), un féculent et un légume», précisent les appels d'offres. Les contrats seront valides pour un an. [...]

Des sources du milieu carcéral ont rapporté au Journal que dans le réseau correctionnel fédéral, le nombre d'accommodements à des fins religieuses est aussi en augmentation, surtout au niveau des repas. Des prisonniers québécois se feraient même convertir à l'islam pour pouvoir prendre leurs repas dans leur cellule, selon un horaire spécial, plutôt qu'en groupe dans la cafétéria. Une situation qui pourrait très bien se produire dans les pénitenciers provinciaux, nous explique-t-on. [...]

…pour qu'une viande soit considérée comme halal, il faut que l'animal ait été égorgé par un humain et non une machine, grâce à une méthode très précise. Les méthodes d'abattage par des machines dans les usines, qui coûtent moins cher, sont évidemment interdites. La personne doit aussi prononcer une prière au moment de tuer l'animal, dont la tête doit absolument être tournée vers La Mecque au moment de l'abattage. [...]

Source : Journal de Montréal, par Jean-Louis Fortin, 1er mars 2012

postedeveille.ca le 02/03/2012

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