L’échec du souverainisme
Par Antoine Robitaille le 20/02/2012
Québec — Le comité sur la souveraineté mis en place par Pauline Marois, hier, perd son temps, si l’on en croit Mathieu Bock-Côté : « J’ai la conviction que peu importent les efforts, peu importe qu’on monte le son de la chanson souverainiste, la population n’est plus réceptive à ce discours. La population n’est même plus attentive à la question nationale. »
Chargé de cours à l’UQAM et chroniqueur politique bien connu, Mathieu Bock-Côté propose dans son dernier livre, Fin de cycle (Boréal), une série d’hypothèses sur l’échec du « souverainisme ». Selon son habile formule, la souveraineté est une « excellente réponse à une question qui se pose de moins en moins ».
Il y a eu les deux défaites : 1980 (année de naissance de Bock-Côté) et 1995. On a voulu se faire croire, dans les cercles nationalistes, que perdre fut « sans conséquences ». Il suffisait de dire « à la prochaine »... Or, ce fut une erreur : « On ne [rate] pas son indépendance sans en payer le prix », tranche Bock-Côté.
Le prix, c’est un Québec de 2012 qui semble tranquillement se désintéresser de son propre sort comme nation pour se polariser entre une gauche multiculturaliste et une droite libertarienne. Ces deux camps, de dire le doctorant en sociologie, « censurent » et « déclassent » chacun à sa manière la question nationale. « Une certaine gauche cultive un désir d’émancipation cosmopolite radicale en soutenant que les "vrais enjeux" sont mondiaux. De l’autre côté, une certaine droite évacue systématiquement la question du Québec parce qu’elle y voit des ringardises. »
Chroniqueur de droite
Pour plusieurs, Mathieu Bock-Côté fait partie de cette nouvelle droite. Après tout, on lit, entend et voit ce chroniqueur prolixe dans ces médias qui accueillent d’autres ténors de cette « droite décomplexée » : dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, au micro de Dominique Maurais à CHOI-FM, à Québec, et à V, où il discute avec Mario Dumont, etc.
Le 18 mars, il participera, à Lévis, à la troisième rencontre du Réseau liberté Québec, organisme qui réunit et diffuse les idées de droite, surtout libertariennes. « Je ne m’en vais pas leur dire ce qu’ils veulent entendre », rétorque-t-il. Car cette droite, il s’en méfie passablement. Dans un « Devoir de philo », il y a un an, en prenant appui sur son auteur fétiche, Raymond Aron, il dénonçait la « conception appauvrie du lien social » de la nouvelle droite, thème qu’il reprend d’ailleurs dans son livre.
Celle-ci, dans sa frange militante, « s’exaspère de la différence québécoise », qu’elle conçoit comme un « ghetto linguistique qui nous empêcherait d’accéder à l’universel des marchés ». Un désir de « reniement » pointe dans certains propos, souligne-t-il. Il voit un vieux et malsain complexe canadien-français remonter à la surface, complexe qui « prend la forme d’une revendication de la bilinguisation intégrale de la société québécoise [...]. La nouvelle droite désire que les Québécois aient finalement deux langues maternelles. »
Malgré ces différends, il souhaite dialoguer avec ces nouveaux courants. « Je discute avec les gens qui existent. Je ne vais pas m’enfermer simplement avec les gens qui partagent avec moi la nostalgie du pays et qui pleurent ensemble — comme c’est mon cas ! — l’échec de l’indépendance. » Pour caricaturer, disons qu’il se perçoit aussi comme une sorte de missionnaire de la question nationale auprès de la droite : « Il faut être capable de les interpeller et de les sensibiliser à ce qui peut rester de la question nationale. Moi, c’est mon obsession : maintenir les fondements de la question nationale. »
Le péché originel du souverainisme
Si cette nouvelle droite l’inquiète, il n’a pas pour autant délaissé sa principale cible : la gauche progressiste. Si le souverainisme a échoué, explique-t-il en long et en large dans les 174 pages de son livre, c’est qu’il s’est allié puis confondu avec celle-ci. L’idée de l’indépendance était née bien avant la Révolution tranquille, rappelle-t-il, mais lorsqu’elle a pris forme en un projet politique réel, elle s’est rapidement « accouplée avec la vision d’une certaine gauche. Décolonisatrice, d’abord, sociale-technocratique ensuite, au point de se confondre avec elle ». Dans la perspective de Bock-Côté, c’est une forme de péché originel. Le germe des échecs référendaires, voire du souverainisme tout court. Et ce n’est pas tellement la faute à René Lévesque, « personnage politique complexe », dont la volonté de faire progresser le Québec ne faisait pas l’impasse sur les racines de ce même Québec. « Il faut lire les premières pages d’Option Québec pour s’en rendre compte », insiste Bock-Côté, qui les cite et les analyse dans Fin de cycle.
Le PQ persiste dans l’erreur
Aujourd’hui, bien qu’il ait renoué avec le discours identitaire, le PQ met dangereusement l’accent sur le progressisme, croit Bock-Côté. Pauline Marois risque gros à faire comme le Bloc québécois d’avant le 2 mai en justifiant la souveraineté par les « valeurs québécoises » qui seraient plus « progressistes ». Le souverainisme s’est tellement dénationalisé, trudeauisé, que même le fils de Pierre Elliott, spontanément, a lancé la semaine dernière qu’il envisageait de se rallier à un Québec souverain si jamais le Canada continuait sa harpérisation. « Posons-nous la question, écrivait Bock-Côté : pourquoi les trudeauistes d’Ottawa se trouvent-ils désormais des affinités avec les souverainistes de Québec ? Est-ce parce que les premiers ont changé d’idée, ou parce que les seconds ont dilué leur idéal et leur projet ? »
Au fond, la réponse de Bock-Côté à cette question se trouve dans Fin de cycle. Ouvrage somme toute assez pessimiste. « Oui, pessimiste. Mais pas désespéré. » S’il ne croit pas que l’indépendance se fasse à court ou à moyen terme — « à moins d’un miracle ! » —, il ne croit pas illusoire d’espérer que les « fondamentaux » de la question nationale — langue, mémoire et dur désir de durer — pourront être « conservés ». C’est de ce conservatisme-là, sorte de « gaullisme à la québécoise », qu’il se réclame.
Le mariage clanique
Par Mathieu Bock-Côté le 15/02/2012
Dans Le Journal de Montréal, ce lundi, on apprenait qu’une association culturelle musulmane se spécialisait dans le mariage arrangé. Son objectif : permettre aux musulmans de marier des musulmanes. De favoriser les mariages au sein de la communauté.
Nous sommes loin du fait divers.
Cette nouvelle exemplifie les dérives du multiculturalisme, une philosophie destructrice entrée en crise partout, mais que des idéologues radicaux déconnectés du réel défendent encore.
Précisons une chose. Évidemment, les gens peuvent se marier de la façon qu’ils veulent. Les intellos se marient souvent entre eux. Et la colonie artistique n’est-elle pas endogame ? Qui se rassemble s’assemble : on est au courant. Pourquoi les musulmans ne se marieraient-ils pas entre musulmans ?
C’est que l’islam n’est pas présenté ici comme une préférence individuelle, mais comme une identité communautaire. On demande aux musulmans de s’enfermer obligatoirement dans un clan. D’ailleurs, partout en Occident, on sait très bien que les questions identitaires sont de facto politiques.
Ghettoïsation
Il y a un mot pour ça : ghettoïsation. D’ailleurs, il suffit d’un peu d’imagination pour voir l’absurdité de cette situation. Imaginez une association qui propose aux chrétiens blancs de se marier entre chrétiens blancs. On crierait au racisme, non ?
L’objectif est clair : éviter l’intégration. Comme si une frange minoritaire, mais non marginale parmi les nouveaux arrivants veut bien les commodités matérielles de la société occidentale, mais ne veut rien savoir de sa civilisation.
Un peu de lucidité serait nécessaire. Les Occidentaux aiment dire que nos sociétés sont fondées sur le droit. Sur des principes universels. Nous agissons comme si la civilisation occidentale reposait sur une valeur exclusive : fais ce que bon te semble.
Mais la liberté à l’occidentale est-elle vraiment imaginable sans la civilisation qui l’a rendue possible ? Les Occidentaux ont oublié que nos grands principes ne peuvent pas se déraciner de nos mœurs. Sans elles, nos principes se retourneront contre les idéaux qu’ils prétendent servir.
L’exemple du voile
Prenons l’exemple du voile. Certaines islamistes nous disent : les femmes sont libres. De porter ou non la burqa. De quel droit un homme occidental peut-il se placer en surplomb d’une femme musulmane en décrétant avec arrogance qu’elle est soudainement infériorisée ?
Autrement dit, on nous présente un argumentaire féministe en faveur de la burqa. Ce sont les barbus et celles qui les aiment qui défendraient les droits de la personne. Et les sociétés occidentales qui les piétineraient. L’islamisme serait la poursuite du féminisme par d’autres moyens !
Raisonnement tordu
Pire encore : certains Occidentaux se laissent intimider par ce raisonnement tordu. Ils paniquent à l’idée de se faire dire qu’ils ne sont pas assez ouverts. Alors vite, ils jouent à la carpette. Vive le politiquement correct !
La société occidentale se croit très tolérante en incitant ceux qui la rejoignent à conserver intégralement leur culture. Elle n’a pas compris que le meilleur service à rendre aux immigrants, c’est pourtant de les intégrer.
Le sacro-saint droit à la différence doit s’équilibrer avec le devoir de ressemblance identitaire. Être Québécois, ce n’est pas qu’une question de papier. C’est aussi une question d’identité. Celui qui rejoint une société doit apprendre à dire nous avec ceux qui l’accueillent.
Il n’y parviendra jamais s’il s’enferme dans une tribu.
Une arnaque royale
Ainsi, après cinq ans de loyaux services, les gouverneurs généraux passent par « Go » et collectent une pension annuelle équivalant à 100 % de leur salaire…, et ce, jusqu’à la fin de leurs jours !
Sans payer un sou d’impôt, par-dessus le marché !
Dans un monde où le citoyen ordinaire est de plus en plus appelé à se serrer la ceinture, c’est ce qu’on appelle « faire la passe ».
Lutter contre les inégalités
Le 18 janvier 2008, lors d’une visite à un centre d’aide pour itinérants, « son Excellence et la rès honorable »
Michaëlle Jean a prononcé un discours sur la pauvreté.
« Il faut envisager d’autres façons de vivre ensemble, a-t-elle lancé (probablement avec des trémolos dans la voix). Des façons plus justes, des façons plus équitables. »
Je suis parfaitement d’accord avec notre ancienne gouverneure générale.
J’ai d’ailleurs une suggestion : et si on arrêtait tout de suite d’accorder des pensions grotesques à des gens qui ont occupé des postes honorifiques totalement inutiles ?
Il me semble que ça serait un bon début pour lutter contre les inégalités, non ?
Je lance l’idée, comme ça.
Qu’en pensez-vous, Madame Jean ?
La pérennité de la nation
Le pire est que pendant ce temps-là, les Canadiens Anglais sont tout fiers d’accrocher une photo de la Reine dans leur salon.
Comme si ce n’était pas suffisant de voir sa binette chaque fois qu’on sort un 25 sous de nos poches…
D’un côté, on ne cesse de vanter les vertus de l’égalité et de la démocratie. De l’autre, on voue une admiration sans bornes à une bande d’aristocrates qui règnent par la loi du sang.
Cherchez l’erreur…
Les adeptes de la couronne disent que la monarchie est importante, car elle témoigne de la pérennité d’une nation à travers les siècles. Les gouvernements vont et viennent, mais l’essence profonde de la nation survit aux modes…
« La personne royale et sa lignée portent témoignage de la continuité de l'État, de dire l’historien Joseph Savès. Elles manifestent la survivance de la nation à travers les siècles. Elles contribuent aussi à la cohésion nationale, ce qui est d'une grande importance à l'heure du multiculturalisme. »
Bref, les monarchies servent en quelque sorte de guide, de référence.
Vous voulez savoir ce qu’est la nation anglaise, vous qui venez du Pakistan, de l’Inde ou du Vietnam ? Regardez la
famille royale, vous allez tout comprendre.
Canadian idols
Si je vivais à Londres, je serais peut-être sensible à cet argument.
Mais en quoi la famille royale britannique représente l’essence de la nation canadienne ?
On n’a pas les mêmes mœurs ni les mêmes valeurs…
Si les Canadiens nommaient Anne Murray et Peter Mansbridge Reine et Roi du pays, je comprendrais. Vous les regardez et vous avez un arrière-goût d’Alexander Keith dans la gorge…
Mais Elizabeth II et son fils qui a de grandes oreilles ?
C’est comme si je disais que Michel Drucker est l’incarnation parfaite de l’homo quebecus…
L'essence du Canada
Les célébrations du 60e anniversaire du règne d’Elizabeth II nous coûteront 7,5 millions de dollars.
Bof, pourquoi pas…
Après tout, dépenser à gauche et à droite quand on est dans le rouge fait partie de nos traditions, non ?
C’est le Jour du drapeau
Montréal- C’est le jour du Drapeau, au Québec, en ce 21 janvier, 64e anniversaire de l’adoption du fleurdelisé.
Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé prenait la place de l’Union Jack, drapeau britannique, au sommet de la tour centrale de l’hôtel du Parlement. Par décret, le gouvernement du Québec lui avait accordé, le matin même, le statut de « drapeau officiel du Québec ».
Officiellement donc, le drapeau du Québec n’a qu’un demi-siècle. Cette jeunesse n’est cependant qu’apparente. En réalité, les éléments et les couleurs du drapeau sont présents en Amérique depuis des centaines d’années.
À partir du moment où Jacques Cartier utilise la fleur de lis comme emblème en terre d’Amérique jusqu’à la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, nombre d’étendards ou de pavillons se sont succédé sur le territoire du Québec.
Les représentants du roi et les miliciens ont arboré des drapeaux qui comprenaient un, deux ou même trois éléments qui allaient finalement se retrouver, quelque trois cents ans plus tard, dans la composition du drapeau québécois.
La fleur de lis, un des plus anciens emblèmes
La fleur de lis qui apparaît sur le drapeau du Québec est l’un des plus anciens emblèmes du monde. Trois mille ans avant notre ère, on l’utilisait déjà chez les Assyriens comme emblème ou motif décoratif. On la voit ensuite en Inde, puis en Égypte, en Grèce, à Rome et en Gaule. Certains l’ont fait dériver de l’iris, fleur jaune qui croissait sur les rives de la Lys, cours d’eau de Belgique. D’autres y reconnaissent un trident ou une pointe de flèche.
La fleur de lis a occupé une grande place dans l’ornementation en Europe, plus particulièrement en France. Elle a également servi de symbole héraldique en Angleterre et en Écosse.
Source
http://www.drapeau.gouv.qc.ca/drapeau/histoire/fleurdelise.html
Manifestation devant le Centre Bell pour le respect du français
(Montréal) Le drapeau du Québec était plus visible que le logo du Canadien samedi soir, à l'entrée du Centre Bell. Avant le match opposant le Tricolore au Lightning de Tampa Bay, quelques centaines de manifestants se sont massés devant l'amphithéâtre pour exiger que le club montréalais démontre un plus grand respect envers la langue française.
«Quand un entraîneur est incapable de nous dire en français pourquoi ils ne sont pas bons, c'est inacceptable!, a lancé le porte-parole du Mouvement Montréal français (MMF), le comédien Denis Trudel.
Brandissant des affiches réclamant une plus grande place du français au sein du Canadien, les manifestants ont tenté, en vain, d'interpeller les partisans qui semblaient bien pressés d'entrer à l'intérieur du Centre Bell. «Les amateurs de hockey reflètent un peu l'ensemble de la population, a constaté le président du Mouvement Québec français (MQF), Mario Beaulieu. Il y en a qui sont d'accord avec nos revendications. Un sondage a indiqué que 70% des amateurs de hockey trouvaient cela (la nomination de Randy Cunneyworth comme entraîneur-chef du Canadien) inacceptable. Et c'est 83% des francophones du Québec. Je pense qu'il y a quand même un soutien.»
«On dirait qu'on a oublié que le français est menacé, a remarqué Charlie Pellegrin, une jeune militante du Mouvement Montréal Français qui a l'anglais comme langue maternelle. Le fait qu'on soit juste 500 alors qu'il y a un million de personnes qui regardent chaque partie de hockey, c'est un peu triste.» Plusieurs spectateurs ont néanmoins accepté les drapeaux du Québec distribués par les manifestants qui les invitaient à brandir le fleurdelisé pendant la partie.
Mario Beaulieu croit que la nomination d'un entraîneur-chef unilingue anglophone par le Canadien de Montréal est la goutte qui a fait déborder le vase. «Depuis plusieurs années, il y a une anglicisation qui se développe à l'intérieur du Canadien, a-t-il constaté. C'est une culture d'entreprise qui ne respecte pas le statut du français comme langue commune». Mario Beaulieu a aussi déploré que la musique d'ambiance diffusée au Centre Bell soit majoritairement en anglais et qu'il ne reste plus que deux joueurs francophones au sein de l'équipe. «Il y a plus de joueurs québécois au sein du Lightning de Tampa Bay!», s'est-il exclamé.
Présent au rassemblement avec sa conjointe Édith Cochrane, le comédien Emmanuel Bilodeau a demandé qu'une sorte de discrimination positive soit faite à l'endroit des joueurs francophones. «Je me désengage progressivement du Canadien, a déclaré celui qui a incarné René Lévesque au petit écran. Si c'était une équipe de francophones perdante, je serais quand même là à tous les matchs. Je les supporterais et j'adorerais mon équipe. La Coupe Stanley, ce n'est pas une fin en soi. L'important ce n'est pas de gagner ou même de faire les séries. L'important, c'est qu'à chaque match, on ait de grandes émotions et qu'on s'identifie à l'équipe.»
«Les Canadiens ont été créés pour les Canadiens français, a rappelé Charles Roy, un partisan du Canadien «depuis toujours». Mais, je trouve que depuis 1995, le Canadien se fout de ses partisans parce que de toute façon, il va remplir le Centre Bell. C'est une insulte.»
Coralie Laperrière, 16 ans, estime que le Canadien doit donner l'exemple aux jeunes. «Si les jeunes voient que l'entraîneur-chef est un unilingue anglophone, qui va vouloir parler français? a-t-elle demandé. C'est comme si on disait que parler seulement anglais, c'est bon.»
Certains manifestants ont rappelé que le Canadien n'est pas la seule institution touchée par l'anglicisation. «À la Caisse de dépôt, à la Banque Nationale, au Canadien, on nomme des anglophones alors qu'il y a pas beaucoup de décennies, on s'était battu pour prendre le contrôle de nos institutions», a dénoncé Normand Moreau.
Rappelons que plus tôt cette semaine, le directeur général du Canadien, Pierre Gauthier, a fait un léger mea culpa en indiquant que le facteur bilinguisme sera pris en considération lorsque viendra le temps de réévaluer la situation à la fin de la saison.
Le printemps des illusions
Par Richard Martineau le 03/01/2012
S'il y a un événement qui a marqué 2011, c'est bien le printemps arabe.
Non seulement a-t-il pris tout le monde par surprise, mais il nous a prouvé qu'il ne faut jamais vendre la peau du chameau avant de l'avoir décapité.
Le doigt dans l'oeil
Voici ce que les spécialistes du monde arabe écrivaient au début des manifestations en Égypte:
«Les islamistes égyptiens n'ont plus le pouvoir qu'ils avaient» (The Guardian)
«Il n'y aura pas de révolution islamiste en Égypte» (Tunisie Presse)
«Nous assistons à une révolution post-islamiste» (Le Monde)
«Les cache-ta-joie de la révolution égyptienne qui craignent une montée de l'islamisme ne connaissent rien à ce pays» (Libération)
«Ceci n'est pas une révolution islamique, islamiste ou islamisante. C'est même le contraire» (Le Devoir)
Or, tous ces pseudo experts se sont carrément fourvoyés. Le printemps fleuri s'est rapidement transformé en automne glacial, et le premier tour des élections législatives égyptiennes s'est soldé par l'écrasement des partis laïcs et la victoire éclatante des barbus.
Comme quoi Jean Gabin avait raison lorsqu'il disait: «Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien.»
A qui appartient le printemps ?
Pendant que les Occidentaux tendent la main aux barbus qui ont pris le pouvoir en Égypte et en Tunisie en se disant que l'Islam qu'ils défendent est «ouvert» et «modéré» (bonjour la contradiction), certains intellectuels orientaux, eux, refusent d'être aussi naïfs et optimistes.
C'est le cas de l'écrivain d'origine afghane Atiq Rahimi, qui a signé un texte corrosif dans l'hebdo culturel français Les Inrocks.
"Le monde arabo-musulman n'a pas bougé depuis le XVIIIe siècle, écrit-il. Il est resté comme en vacances. Il y a 300 ans, le monde musulman dominait le monde, avec des teintes spirituelles : ils en sont restés là, sur leurs chameaux. Pendant ce temps, le monde occidental inventait la locomotive, ou plutôt le train de l'histoire. Bref, vivait à une autre vitesse.
"En Égypte, au Maroc, en Tunisie, et en Algérie bientôt, ce sont les mouvements islamistes qui sont en train de s'implanter, grâce à l'intervention de l'Arabie saoudite, qui a distribué de l'argent à tout-va.
«Nous allons assister à une »saoudisation« des pays qui se sont révoltés au printemps. Le nombre de lapidations qui ont lieu en Arabie saoudite est incroyable et personne n'en parle, parce qu'ils détiennent le pétrole. Et puis La Mecque s'y trouve, donc c'est le centre de l'Islam.»
Le mythe des médias sociaux
Il n'y a pas que les spécialistes du Moyen-Orient qui se sont plantés: les adeptes des médias sociaux aussi.
À les croire, il suffit maintenant d'avoir un téléphone intelligent et un compte Twitter pour implanter la démocratie dans un pays. Or, comme l'a écrit le journaliste Alain Franchon dans Le Monde, tout ça est de la foutaise.
"Le pouvoir ne revient pas aux gentils utilisateurs de Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, écrit-il: il se prend à l'ancienne, avec des partis de militants bien organisés comme ceux des islamistes.
«Les élections ne se décident pas dans les cafés Internet.» Après les illusions de 2011, la réalité de 2012 ?
Accommodements intolérables !
Par Yves Claudé le 23/12/2011
Après le scandale de l’exclusion musicale (et sociale...) d’une enfant de la maternelle, exaction considérée comme un « accommodement raisonnable tolérable » par la ministre de l’Éducation, Madame Line Beauchamp, voici que la ministre de la Condition féminine, Madame Christine St-Pierre invoque la soi-disant « laïcité ouverte » pour justifier le viol de la neutralité de l’État par l’imposition d’un emblème sexiste et patriarcal dans une institution publique : le hijab (voile islamique) sera autorisé, et même fourni au personnel féminin, par les institutions carcérales québécoises.
Pour répliquer comme il se doit à cette accumulation d’actions antisociales et de leurs pénibles tentatives de justification, je crois qu’il importe d’entreprendre une action collective pour désamorcer les mines anti-personnelles dans le vocabulaire qui nous est imposé en douce par les diverses sphères du pouvoir.
Pour exprimer clairement notre refus de la régression archaïque, ne parlons plus des « accommodements raisonnables », ni même des « accommodements déraisonnables », mais des accommodements intolérables !
Il ne s’agit évidemment pas d’une seule question de vocabulaire, puisque les enjeux sont sociétaux : politiques, éthiques, identitaires, … et même économiques !
En effet, dans leurs accoutrements discursifs pseudo-scientifiques, et à travers leur apologie des accommodements intolérables, Messieurs Bouchard et Taylor, se sont employés à justifier une entreprise multiculturaliste dont les objectifs et résultats sont l’affaiblissement sociopolitique de la nation québécoise, et d’autre part le saccage des acquis de la modernité. Bien d’autres notables, appartenant à des milieux ethniques, politiques, etc., se sont fait les promoteurs d’une entreprise multiculturaliste antiquébécoise et d’un resurgissement des affres d’un passé que l’on croyait ici révolu.
On remarque par ailleurs que le capitalisme marchand envahit l’espace médiatique puis la vie quotidienne des individus avec des dérives sémantiques telles que celles qui tentent de nous faire croire que des téléphones peuvent être « intelligents » ou que des structures informatiques destinées à vampiriser (et à exploiter financièrement…) le vécu et l’intelligence des citoyens seraient des « médias sociaux ».
Alors que les pouvoirs politiques et économiques s’emploient à prendre le vocabulaire en otage, soyons vigilants et renvoyons aux puissants les pommes pourries de leurs pénibles discours !
Mathieu Bock-Côté au sujet des accommodements récemment accordés par le Service correctionnel du Canada
Pauline Marois (PQ) sur l'identité québécoise
La guerre contre Noël
Par Mathieu Bock-Côté le 09/12/2011
Cela fait plusieurs années que j'écris un papier en décembre à propos de la guerre contre Noël.
En 2011, j'espérais faire relâche. J'espérais que ce stupide acharnement contre Noël cesserait. Je me trompais. Vendredi dernier, Service Canada faisait les manchettes. Imaginez un sapin de Noël. Vous y voyez matière à réjouissance ? Des cadeaux et un ange ? Pas Service Canada. Ses fonctionnaires y voient un symbole discriminatoire. Ils voulaient conséquemment l'interdire dans leurs bureaux.
Et lundi, on apprenait que Ville Mont- Royal retirait la crèche devant son hôtel de ville. Pourquoi ? Le maire, las des revendications de certains musulmans demandant qu'on ajoute un symbole représentant l'islam, a décidé de sacrifier la crèche. C'est la politique à l'eau de Javel.
Il n'y a rien d'exclusivement québécois à cela. Partout en Occident, on parle de la guerre contre Noël.
Masochisme identitaire
Le phénomène relève d'abord d'une forme de «christianophobie» ambiante. Vomir sur notre héritage chrétien est devenu une habitude chez ceux qui se veulent hyper modernes. Le masochisme identitaire est à la mode. On en voit des exemples à chaque moment de l'année.
Par exemple, baignez le crucifix dans l'urine, prenez une photo, décrétez qu'il s'agit d'une oeuvre d'art et les bien-pensants viendront applaudir à votre vernissage. Ils vanteront même votre courage. Je parle évidemment de l'affaire du Piss Christ en France, qui a fait la manchette au printemps.
Imaginez ensuite que vous réservez le même traitement aux symboles d'une autre religion. Non! Ne l'imaginez même pas, en fait! Vous risquez les poursuites. On vous accusera d'incitation à la haine, à la discrimination!
Le christianisme est la principale cible d'un inquiétant ressentiment anti-occidental. Pourtant, cela dépasse la question du christianisme. Et pour en revenir à Noël, l'erreur à faire serait de croire que nous parlons de religion. Car ce n'est pas de foi religieuse dont il est question.
"laïcité ouverte"
Les symboles de Noël ne sont pas attaqués en tant que symboles religieux, mais en tant que symboles identitaires de la culture majoritaire. Parce qu'ils représentent la société d'accueil. Ce n'est pas l'athéisme qui a déclaré la guerre à Noël. C'est le multiculturalisme. Son objectif: déchristianiser l'espace public. Et rompre nos liens avec la civilisation occidentale. Tout ça au nom de la «laïcité ouverte». La culture de la société d'accueil n'est plus qu'une culture parmi d'autres. Elle doit s'effacer. Dites le contraire, on vous soupçonnera de xénophobie.
Cette guerre contre Noël serait pourtant sans résultat si elle rencontrait une certaine fermeté chez nos élites. Mais celles-ci ont le «trouillomètre» très sensible. En fait, la guerre contre Noël met en scène la rage multiculturaliste des uns et la peur identitaire des autres.
Soyons clair. Tous les citoyens sont égaux devant la loi. Cela va de soi. Mais toutes les religions ne sont pas égales devant l'identité. Le Québec n'est pas une page blanche.
Le christianisme a laissé une empreinte profonde sur la civilisation occidentale. Et le peuple québécois appartient à la civilisation occidentale. Mieux vaut l'assumer.
Je l'ai écrit 100 fois, je l'écrirai une 101e fois : il ne faut pas confondre l'ouverture à l'autre avec le reniement de soi. Un jour, j'aimerais ne plus avoir à l'écrire.








